Dernières Années de la Cour de Lunéville Mme de Boufflers, ses enfants et ses amis

Part 26

Chapter 263,268 wordsPublic domain

«Je n'ai rien de plus à vous dire sur l'état du Roi, que ce que je vous en ai marqué. Sa Majesté a donné quelques signes de connoissance, mais sa situation est absolument désespérée; je ne vous parle pas de l'accablement de la Cour. Nous sommes tous dans la douleur.»

Le 23, les plaies étaient sèches et noires; le malade vivait dans un assoupissement continuel et on ne parvenait à le réveiller que par de violents cordiaux.

Le chancelier, l'intendant et les gens de service ne quittaient plus la chambre du monarque.

Un envoyé du Roi nouvellement élu de Pologne, Stanislas Poniatowski, s'étant présenté de la part de son maître, La Galaizière ordonna de le laisser pénétrer auprès du moribond; le Roi entendit encore ce qu'on lui disait, mais il ne put articuler un mot; il eut seulement la force de tendre la main à l'ambassadeur.

Puis Mme de Boufflers se présenta pour revoir une dernière fois celui dont elle avait embelli la vie, mais le chancelier, agissant en maître, eut la cruauté de lui faire refuser la porte.

L'agonie fut longue et douloureuse. A quatre heures et quelques minutes le Roi, toujours installé dans son fauteuil, rendait le dernier soupir.

La triste nouvelle se répandit bientôt dans la ville; la désolation était générale, on n'entendait que cris, clameurs et gémissements. Si les Lorrains avaient conservé pour leur ancienne dynastie une inaltérable affection, ils avaient su cependant apprécier la bonté de Stanislas et tout le bien qu'il avait cherché à leur faire; ils lui étaient sincèrement attachés. Enfin la pensée d'appartenir à un nouveau maître leur causait une véritable angoisse et redoublait la douleur qu'ils éprouvaient.

Aussitôt que Stanislas eut expiré, on l'exposa sur un lit de parade, la face découverte. L'embaumement eut lieu le lundi suivant. Immédiatement après, le corps fut placé dans un cercueil «fermant à clef, garni de velours cramoisi et bordé d'un galon d'or» et transporté dans une chapelle ardente; sur la bière furent déposés la couronne, le sceptre et le cordon bleu avec l'ordre du Saint-Esprit. Le cœur, qui était d'une taille extraordinaire, fut embaumé, puis enfermé dans une boîte de plomb et déposé sur un grand plat d'argent recouvert d'un crêpe[125].

[125] Après l'autopsie, les entrailles du Roi furent renfermées dans une caisse de plomb et déposées à l'église paroissiale de Lunéville, dans un monument en forme d'urne. En 1793 le monument fut brisé, la caisse de plomb convertie en balles et les restes qu'elle contenait dispersés. Ce n'est qu'en 1859 que le monument fut restauré.

Jusqu'au 3 mars ce fut un interminable défilé de toutes les autorités, de tous les corps constitués et d'une grande partie de la population.

Enfin le jour fixé pour les obsèques arriva. Le convoi funèbre partit de Lunéville le lundi à six heures du soir pour se rendre à l'église de Bon-Secours.

Le cortège était somptueux. En tête marchait la maréchaussée de Lunéville. Trois voitures drapées et avec les chevaux caparaçonnés contenaient les huissiers, les gentilhommes de la Chambre, le cardinal. Les ordres religieux, les confréries, cent pauvres habillés en casaque noire, les valets de pied, les palefreniers à cheval, tous portant un flambeau à la main, escortaient les voitures.

Ensuite venait le char funèbre recouvert d'un grand poêle «dont quatre aumôniers à cheval, habillés en surplis et bonnet carré, portaient les quatre coins». Il était accompagné par tous les gardes du corps, leurs officiers et de nombreuses troupes.

Malgré un temps affreux, une foule énorme suivit le convoi; sur la route l'affluence du peuple était si considérable qu'elle retardait la marche des chevaux. La tristesse et la consternation se lisaient sur tous les visages: «C'est que la dernière illusion de la patrie allait descendre dans les caveaux de Bon-Secours avec le cercueil de Stanislas.»

On n'arriva à l'église qu'à une heure avancée de la nuit et le corps y fut déposé en grande pompe[126].

[126] Le monument de Stanislas est placé dans l'église de Bon-Secours, du côté de l'Épître, vis-à-vis le mausolée de la reine de Pologne. Ce dernier représente un ange conduisant la princesse à l'immortalité. Il est de toute beauté.

Le mausolée du Roi est d'un travail moins délicat. La statue du prince est assise sur une urne, laquelle est appuyée contre une grande pyramide.

Le lendemain eut lieu la cérémonie officielle[127].

[127] En 1793, le caveau de Stanislas fut profané, les cercueils qu'il contenait brisés et les ossements dispersés. Ce n'est qu'en 1803 que l'administration municipale fit ouvrir le caveau et recueillir dans un même cercueil les ossements qui gisaient épars; c'étaient ceux du Roi et de la Reine de Pologne, du duc et de la duchesse Ossolinski; il y avait aussi le cœur de Marie Leczinska qui, suivant son désir, avait été déposé, après sa mort, dans le caveau.

Le testament de Stanislas montre bien la bonté de son cœur; il débute par cet aveu charmant et vraiment touchant:

«Au nom de la Très Sainte Trinité.

«Ma plus grande satisfaction pendant ma vie étant de rendre heureuses les personnes attachées à mon service, je souhaiterais, après ma mort, pouvoir leur continuer le même bonheur, mais en me réglant sur la possibilité, j'ai tâché de laisser à celles qui en auront le plus besoin quelques ressources en me perdant, et à toutes en général une marque de mon souvenir»[128]...

[128] Voir appendice, no III, le testament du Roi.

Le Roi, en effet, laissait à tous les fonctionnaires de sa cour, à tous les pensionnés, une année de traitement, à tous ses domestiques une année de gages. Personne n'est oublié depuis le plus élevé jusqu'au plus humble.

Quelques-uns, les amis les plus chers, sont l'objet de legs particuliers: la princesse de Talmont, M. de la Galaizière, le maréchal de Bercheny, le prince et la princesse de Beauvau, Alliot, Rönnow, Solignac, etc.[129].

[129] Voir appendice, nos IV, V, VI.

Le Roi désigne comme ses exécuteurs testamentaires MM. de la Galaizière et Alliot[130].

[130] Comme cette infinité de legs devait absorber des sommes considérables, il avait eu la précaution de déposer de son vivant 940,000 livres au trésor royal de France pour subvenir aux dispositions de son testament, et le Roi, «son très cher frère et gendre», s'était engagé à les faire payer au moment de son décès à ses exécuteurs testamentaires.

Par un oubli qui serait inexplicable s'il n'était volontaire, ni Mme de Boufflers ni ses enfants n'étaient nommés dans le testament. Cédant à un sentiment de délicatesse, Stanislas n'avait pas voulu que la marquise fût l'objet d'aucun traitement particulier, mais dans les dernières années de sa vie il lui avait donné un grand nombre d'objets mobiliers tirés des châteaux de Lunéville et de Commercy.

Le lendemain de la mort du Roi, M. de la Galaizière, muni de pleins pouvoirs envoyés d'avance de Paris, prenait définitivement possession des deux duchés au nom de Louis XV. Le même jour il mettait les scellés sur tous les châteaux royaux et il envoyait son frère, M. de Lucé, porter à Versailles le testament de Stanislas.

En même temps il abdiquait ses dignités de chancelier et de garde des sceaux de Lorraine et Barrois, et reprenait sa qualité de simple intendant de province.

* * * * *

Si nous n'avons que rarement indiqué nos sources au cours de ce récit, c'est pour ne pas surcharger le texte de renvois et de notes. En dehors des indications que nous avons données, l'immense majorité de nos documents provient des manuscrits de la bibliothèque de Nancy; ils nous ont été communiqués par l'aimable et savant conservateur, M. Favier, qui s'est mis à notre disposition avec la plus extrême obligeance. Nous lui adressons l'expression de notre bien sincère gratitude.

* * * * *

Nous avions l'espoir d'achever dans le volume que nous publions aujourd'hui la vie de Mme de Boufflers; l'abondance de documents intéressants et inédits ne nous l'a pas permis. Nous verrons dans une étude qui paraîtra très prochainement ce que devint la marquise après la mort du Roi de Pologne et nous la conduirons jusqu'à sa mort en 1786. Nous verrons également quel fut le sort de Mme de Boisgelin, du spirituel chevalier, de Tressan, de Panpan et des principaux personnages qui ont joué un rôle à la Cour de Lunéville.

APPENDICE

I

Montesquieu avait écrit à Solignac en lui envoyant son Lysimaque:

«Monsieur,

«Je crois ne pouvoir mieux faire mes remerciements à la Société littéraire qu'en payant le tribut que je lui dois, avant même qu'elle me le demande, et en fesant mon devoir d'académicien au moment de ma nomination; et comme je fais parler un monarque que des grandes qualités élevèrent au trône de l'Asie, et à qui ces mêmes qualités firent éprouver de grands revers; que je le peins comme le Père de la Patrie, l'amour et les délices de ses sujets, j'ai cru que cet ouvrage convenoit mieux à votre Société qu'à tout autre. Je vous supplie d'ailleurs de vouloir bien lui marquer mon extrême reconnaissance.

«Vous me dites, Monsieur, des choses bien flatteuses, quand vous me parlez d'un voyage en Lorraine; vos paroles ont réveillé en moi toute l'idée de ce bonheur que l'on trouve dans la présence de Sa Majesté.

«Du reste, Monsieur, je me félicite de ce que votre Société a un secrétaire tel que vous, et aussi capable d'entrer dans les grandes vues du Roi et dans l'exécution des belles choses qu'il a projetées.

«Je vous supplie de vouloir bien me conserver l'honneur de votre amitié; il me semble que la mienne s'augmente pour l'historien de la Pologne.

«J'ai l'honneur d'être, Monsieur, avec un attachement respectueux, votre très humble et très obéissant serviteur,

«MONTESQUIEU.

«A Paris, ce 4 avril 1751.» (_Inédite._)

II

26 février 1766.

RAPPORT OFFICIEL PAR RÖNNOW, MÉDECIN DU ROI

«Le 5 février à sept heures du matin, le Roi en se levant seul approcha de la cheminée pour se chausser, en robe de chambre d'une étoffe de soie des Indes fort mince et fortement doublée de ouate de coton. Le feu prit au bas de sa robe du côté gauche et s'alluma si promptement que la flamme surpassait la tête avant qu'on vînt à son secours.

«Nous, soussigné, premier médecin et chirurgien du Roi de Pologne, certifions avoir vu, quelques minutes après l'accident, les brûlures de Sa Majesté et avons trouvé toute la main gauche, depuis le poignet jusqu'au bout des ongles en dessus et en dessous, vivement brûlée au point que Sa Majesté ne se plaignit que de sa main et de ses ongles.

«Nous avons en outre trouvé une brûlure sur la partie antérieure de la cuisse gauche d'environ dix à douze pouces de longueur sur deux à trois de largeur dont Sa Majesté ne se plaignit point; une autre sur le bas-ventre qui s'étendait depuis la hanche gauche, jusqu'à trois ou quatre pouces au delà du nombril côté droit, qui avait environ vingt à vingt-trois pouces de largeur sur huit, neuf à dix pouces de hauteur. Comme la flamme avait surpassé la tête et avait mis le feu dans son bonnet de nuit, du même côté, elle avait brûlé la joue, la lèvre inférieure de la bouche, la narine intérieurement et extérieurement, et les cils des paupières et le sourcil de l'œil gauche, de même l'oreille et les cheveux au-dessus. Toutes les brûlures du visage ont été guéries au bout de dix ou douze jours. La main et les doigts après la première exfoliation parurent d'une bonne couleur; mais de jour à autre il se formait de nouvelles escarres gangreneuses, qui firent tomber toute la peau de la main et des doigts; la même chose est arrivée à celle du bas-ventre et de la cuisse, dont la plupart est tombée par elle-même et d'autres qu'il a fallu séparer par les instruments. Malgré tout cela, et l'usage du quinquina intérieurement et extérieurement, dont on avait fait usage dès le commencement des premières taches, conjointement avec d'autres remèdes antiseptiques tant intérieurs qu'extérieurs, les plaies n'ont pas voulu se nettoyer et ont toujours fourni une matière licheneuse et fétide.

«Du quinzième au seizième jour de l'accident, le Roi s'étant couché à huit heures du soir eut un frisson dans son lit à dix heures, au point qu'il a fallu le réchauffer avec des serviettes chaudes; ce frisson fut suivi d'un peu plus de fièvre; néanmoins sans altération. Après ce temps la suppuration des plaies a toujours été en diminuant et l'assoupissement est toujours devenu plus considérable jusqu'au dernier jour que les plaies étaient presque sèches.»

III

PRINCIPAUX PASSAGES DU TESTAMENT DU ROI

30 JANVIER 1761.

«Au nom de la Très Sainte Trinité.

«Ma plus grande satisfaction pendant ma vie étant de rendre heureuses les personnes attachées à mon service, je souhaiterais, après ma mort, pouvoir leur continuer le même bonheur, mais en me réglant sur la possibilité, j'ai tâché de laisser à celles qui en auront le plus besoin quelques ressources en me perdant, et à toutes en général une marque de mon souvenir...

«Je déclare en conséquence par ces présentes... que ma dernière volonté est qu'il soit payé à chacun de mes officiers et domestiques qui sont compris dans l'état général de ma maison et qui seront à ma mort à mon service une année pleine et entière de leurs gages.»

(En dehors de ces libéralités, beaucoup d'officiers et de serviteurs reçurent encore des legs supplémentaires.)

Le tout se montait à 506,462 l. 6 s. 3 d.

Le Roi faisait ensuite des legs particuliers à un grand nombre de personnes et à tous ceux de ses serviteurs qui l'approchaient le plus fréquemment:

«Au comte de Ligniville, grand veneur, pour marque de mon souvenir, 10,000 l.

«A M. de la Galaizière, mon chancelier, pour marque de mon souvenir, un diamant de la valeur de 60,000 l.

«A Alliot, commissaire général de ma maison, pour reconnaître ses services, 60,000 l.

«Au Père Hubermonovitz, mon confesseur, 12,000 l.

«A Rönnov, mon premier médecin, 10,000 l.

«A Solignac, mon secrétaire, 5,000 l.

«Voulant donner à ma chère cousine, la princesse de Talmont, une dernière marque de mon souvenir, je veux qu'il lui soit délivré une somme de 24,000 l.

«Il sera délivré aux Pères Minimes de Bon-Secours, dans l'église desquels je choisis ma sépulture, près du corps de la Reine, ma très chère épouse, une somme de 6,000 l., pour l'exécution de la fondation faite d'un service perpétuel le jour de mon décès, pour le repos de mon âme et de celle de la Reine.

«Je veux qu'incontinent après mon décès il soit célébré deux mille messes pour le repos de mon âme.»

(Suivent encore d'autres legs pieux à des institutions religieuses.

Il lègue à la Reine sa fille une rente de 121,000 livres viagères provenant de ses différentes propriétés.)

«Dans l'espérance où je suis qu'il plaira au Roi d'accorder à la Reine la jouissance du château de Commercy, j'y ai fait à mes frais une dépense considérable pour rendre cette maison commode, utile et agréable et je donne à la Reine tous les meubles et effets mobiliers qui y sont.

«Je laisse à l'absolue disposition du Roi, mon très cher frère et gendre, tous les meubles meublants à moi appartenant dans mon château de Lunéville, de même que ceux de la Malgrange, Einville, Hauviller et Chanteheu.

«Je donne au prince de Beauvau la ménagerie à moi appartenant au bout des bosquets de Lunéville et tout ce qui en dépend.

«Je donne au maréchal comte de Bercheny tous mes chevaux de carrosse, de chaise, de selle, de manège qui sont dans mes écuries, tous mes mulets, tous mes carrosses, berlines, chaises, brancards, chariots, fourgons et tous les harnais et équipages de chevaux...

«Je donne au comte de Ligniville mon équipage de chasse.

«Je donne mon grand service de porcelaine de Saxe à colonnes et tout ce qui le compose en glaces, groupes, vases et figures à Mme la princesse de Beauvau pour marque de mon souvenir.

«Tous mes livres de Lunéville seront remis à ma bibliothèque publique de Nancy, lui en faisant don.

«L'argent qui se trouvera dans ma cassette au moment de mon décès doit être remis à la reine, ma fille, pour acquitter les frais d'exécution du testament[131].»

[131] A la mort de Stanislas on trouva dans sa cassette 580,000 livres; dans le tiroir de sa table 1,200 livres.

IV

ÉTAT DES PENSIONS ACCORDÉES PAR LE ROI AU PREMIER DÉCEMBRE 1765[132].

Savoir:

Mlle Carbonnard dite Bereza 250 Mme la princesse de Talmont 24.000 M. de Vauchout 4.000 M. de Béthune 3.000 M. le comte de Cucé 4.000 M. le marquis de la Vergne 1.000 M. l'abbé Mias Kouski 600 M. le comte de Clermont fils 1.000 M. le comte de Croix 6.000 ------- _A reporter_ 43.600 _Report_ 43.600 M. de Saint-Lambert 500 M. de Lubert 1.000 Les quatre fils de feu M. de la Barollière, 600 livres chacun 2.400 M. Dumont 500 Mme la marquise de Boufflers 12.000 Mme la comtesse de Bercheny 3.000 Mme de Marsanne 1.000 Mme de Polignac 1.000 Mme d'Orlick 1.000 Mme de Mennessaire 1.000 Mme de Villaucourt 1.000 Mlle de Saint-Lambert 600 Multzer, valet de chambre tailleur du Roi 100 La veuve Frantz Ney 200 Le sieur Montigny, fils 300 Le sieur Najac, officier 200 Le sieur Bacusheim 150 Mlle d'Ossay de Rieuse 100 OEme, ancien couvreur de table 414 Le sieur Suster, premier valet de chambre 300 Le sieur Montauban, premier valet de chambre 300 Le fils de feu le sieur Lapierre 336 M. Peterson 300 La veuve Bagnol 200 Le fils de feu Frantz Ney 100 Mlle Carbonnard dite Bereza 250 Le sieur Belpré fils 100 La veuve Osseloks 300 Mme Boyard mère 700 ------- _A reporter_ 72.950 _Report_ 72.950 Mlle Boyard 700 La veuve Trabouillet 300 Mlle Montauban 200 La veuve George 700 ------- 74.850

[132] Archives Nationales, K 1188.

Pensions accordées aux personnes qui étaient au service de feu la Reine:

Mme la marquise de Boufflers 2.000 Mme la marquise de Choiseul 2.000 Mme la marquise Desarmoises 2.000 Mme la marquise de Bassompierre 2.000 Mme la comtesse de Raigecourt 2.000 Mme la marquise de Montrevel 2.000 Mme la marquise de Mauconseil 2.000 M. le marquis de Choiseul 3.000 M. Hurdvansky 2.200 Mme de Beauregard 800 Mlle de Ligniville 500 Mlle Montigny 300 Mlle Marchant 300 Mlle Tournel 500 ------- 21.600

V

ÉTAT DES OFFICIERS ET DOMESTIQUES COMPOSANT LA MAISON DE FEU S. M. LE ROI DE POLOGNE AU 1er MARS 1766 ET DES APPOINTEMENTS ET GAGES DONT ILS JOUISSAIENT ET POUR LESQUELS ILS ÉTAIENT EMPLOYÉS CHAQUE MOIS SUR LES ÉTATS GÉNÉRAUX ET PARTICULIERS DE LA MAISON DE LADITE MAJESTÉ.

Savoir:

_Grands officiers._

M. le prince de Beauvau, grand maître de la maison 24.000 M. le comte de Lomont, grand chambellan 6.000 M. le maréchal de Bercheny, grand écuyer 6.000 M. le comte de Ligniville, grand veneur 4.000 M. le comte de Tressan, grand maréchal des logis 4.000 ------- 44.000

_Premiers gentilshommes de la Chambre._

M. le comte de Brassac 6.000 M. le comte de Croix 6.000 M. le marquis de Mennessaire 4.000 M. le comte de Thianges 4.000 M. le chevalier de Beauvau 4.000 M. le comte de Bassompierre 4.000 M. le marquis d'Amezaga 2.000 M. le chevalier de Marbeuf 4.000 M. le chevalier de Soupire 2.000 M. le chevalier de Lévy 4.000 M. le comte de Bercheny 2.000 M. le comte de Sommièvre 2.000 M. le comte de Cucé 4.000 M. le comte de Choiseul-la-Baume 4.000 M. le marquis de Boesse 4.000 M. le baron de l'Hôpital 4.000 ------- 60.000

_Gentilshommes de la Cour._

M. de Valanglart 2.000 M. de Plunkett 2.000 M. de Szitt 2.000 M. Alliot de Serdier 2.000 M. de Lamotte 2.000 ------- 10.000

_Intendants, contrôleurs, trésoriers de la maison, secrétaires et notaires._