De la télépathie: Étude sur la transmission de la pensée

Chapter 2

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«_La découverte d'un nouveau mode de communication par une action plus immédiate, peut-être à travers l'éther, n'est nullement incompatible avec le principe de la conservation de l'énergie, ni avec aucune de nos connaissances actuelles, et ce n'est pas une preuve de sagesse que de se refuser à examiner des phénomènes, parce que nous nous croyons sûrs de leur impossibilité. Comme si notre connaissance de l'Univers était complète!

«Est-il donc impossible qu'une pensée ou image puisse être transportée d'une personne à une autre par un processus auquel nous ne sommes pas accoutumés, à travers un intermédiaire immatériel, éthéré peut-être?_

«Ici, j'ai l'évidence pour moi, j'affirme que j'ai vu et je suis parfaitement convaincu du fait. D'autres ont vu aussi. Pourquoi alors parler de cela à voix basse comme d'une chose dont il faut rougir? De quel droit rougirions-nous donc de la vérité?»

Au temps de la conquête de l'Algérie, les cheiks arabes initiés à ces procédés, étaient avisés de l'issue des engagements avant que le télégraphe ait pu en apporter la nouvelle aux autorités françaises. M. de Lesseps en rapporte des exemples curieux.

Les Anglais en fournissent de nombreuses preuves à propos de la guerre qu'ils engagèrent avec les Cipayes.

Il y a un ensemble considérable de phénomènes dans notre vie dont le déterminisme n'est pas connu et que l'on attribue au hasard. Un grand nombre de ces phénomènes sont dus à cette cause: l'influence réciproque que les individus exercent les uns sur les autres par leurs vibrations cérébrales.

«On ne saurait nier _a priori_, écrit M. Fouillée, que certaines ondulations cérébrales ne puissent se transmettre au loin et produire un effet sensible sur les cerveaux en sympathie[5]».

[Note 5: _Psychologie des Idées-Forces_, t. II, p. 394.]

D'ailleurs, on a réussi à photographier la pensée elle-même, confirmant ainsi qu'elle est bien un mode vibratoire.

Une personne se place devant un appareil renfermant une plaque sensible et pense fortement à quelque chose dont elle essaie de se figurer le plus exactement possible les contours et l'image, à un chien, par exemple, et lorsqu'on révèle cette plaque on voit apparaître un chien. Le docteur Baraduc, qui s'est fait une spécialité de ces expériences, avait une collection remarquable de ces photographies de l'invisible. Le cliché qui m'a le plus impressionné est celui qui a été obtenu en plaçant devant l'appareil une mère qui avait perdu son petit bébé et qui se le représentait cérébralement avec force. Le cliché reproduit le bébé étendu mort sur sa couchette comme la mère l'avait vu lorsqu'il expira et comme elle se le représentait au moment de reproduire sa photographie.

La photographie de la pensée prouve objectivement que la pensée est un mouvement vibratoire, comme la parole est un mouvement vibratoire, comme la lumière, la chaleur et tous les phénomènes naturels. Nous savons scientifiquement que tout mouvement vibratoire est transmissible par les atomes fluides qui se le repassent de l'un à l'autre. Nier la télépathie est faire preuve d'ignorance.

Ce qui a empêché de concevoir ces choses plus tôt, ce sont les philosophies subjectivistes par lesquelles on niait l'objectivité des phénomènes. Or, la vérité est inverse, non seulement le monde extérieur est objectif, composé d'une substance réelle en mouvement (même lorsqu'elle ne tombe pas sous nos sens actuels), mais le plus profond de nous-même, notre entendement, notre être intime, notre conscience même est objective, car il n'y a pas de conscience en dehors de la sensation et il n'y a pas de sensations sans vibrations d'une substance. Notre pensée est un mouvement vibratoire aussi réel que la parole, mais mille fois plus complexe, et si l'humanité était plus savante, elle ramènerait ainsi l'Idée, la Pensée, la Conscience à la mathématique et à la mécanique avec autant de précision qu'on le fait pour la parole. En attendant, la plaque photographique confirme déjà ce que nous avançons[6].

[Note 6: Les lecteurs studieux qui voudront arriver à comprendre la possibilité et la mécanique de ces phénomènes, ainsi que d'autres faits étranges dont _L'Idée Libre_ pourra entretenir ses lecteurs plus tard, devront faire une étude du «Secret de l'Univers devant la Science officielle», par E. Hureau.--En vente à _L'Idée Libre_ (5 francs).]

On a dit: «le cerveau secrète la pensée comme le rein secrète l'urine». Si choquante, si puérile, si fausse que soit une telle comparaison, elle a fait école. Mais une secrétion est quelque chose de matériel, toute le monde voit l'urine. Mais quel savant a vu la pensée dans son laboratoire et en a fait un examen dans des tubes d'analyses? Un histologiste anglais, plus sérieux, disait au contraire que, bien qu'ayant passé une partie de sa vie à regarder au microscope des fragments de matière cérébrale, à suivre les formes des cellules, les trajets des fibres, le groupement des faisceaux, cela ne lui avait rien appris sur la pensée et il ajoutait que celui qui se borne à regarder des structures matérielles reste aussi étranger aux phénomènes de l'esprit que le cocher de Londres qui parcourt sans cesse avec son cab les rues de la grande cité est ignorant de ce qui se dit et se fait à l'intérieur des maisons.

Un savant qui découpe des tranches de cerveau pour y trouver l'explication des systèmes de la pensée est aussi ridicule qu'un enfant qui découperait les fils, bobines et ressorts d'un sonnette électrique pour comprendre son fonctionnement. Il n'y trouverait jamais le fluide impondérable qui l'anime et il pourrait dire que l'appareil secrète le son comme le foie secrète la bile.

La Télépathie au point de vue pratique

Pour pratiquer la télépathie, deux conditions sont nécessaires. Ce sont, d'une part, chez l'opérateur, la concentration et l'extériorisation de la pensée. Pour agir mentalement à distance, il faut se recueillir ou diriger sa pensée avec persistance vers le but choisi. On provoque ainsi un dégagement partiel de l'être psychique et l'on crée un courant de vibrations qui nous unit à notre correspondant. Chez celui-ci, un degré suffisant de sensibilité est nécessaire. Là, comme en tout, le succès dépend de la persévérance.

Quand vous avez trouvé une personne de bonne santé, mais sensitive, impressionnable, vous pouvez essayer avec elle la transmission de pensée.

Bandez-lui les yeux, qu'elle tende un moment tous ses muscles, chasse toute préoccupation extérieure, qu'elle crée le vide en son cerveau. Alors elle devra prendre vos mains entre les siennes, les porter une ou deux minutes à ses tempes pendant que vous pensez mentalement: «Je veux que tu obéisses».

Le sujet ainsi préparé, vous lui ferez savoir que vous allez lui transmettre une des deux injonctions mentales suivantes: en avant ou en arrière. Il posera très légèrement les doigts de sa main gauche sur la face interne de votre main droite, votre bras droit replié à 90 degrés, sans raideur.

Après quelques séances de répétition, le sujet devra se sentir entraîné et pencher du côté que vous avez voulu mentalement.

Ensuite, vous essaierez avec les injonctions de le pencher à droite ou à gauche. Puis vous réunirez les quatre injonctions: en avant, en arrière, à droite, à gauche.

Le suggestionneur doit être énergique, convaincu, capable d'effort mental. Il peut graduer les entraînements d'après son intelligence personnelle. Le sujet doit prendre comme suggestionneur une personne très sympathique, la sympathie étant la conséquence de deux fluides qui s'attirent, s'accordent. Commencer les entraînements seuls, car les pensées des assistants troublent l'atmosphère mentale, à moins qu'ils soient solidaires de vos expériences.

Ensuite, vous entreprenez, par exemple, l'expérience suivante:

Vous faites asseoir votre sujet dans une chaise confortable, la figure tournée vers un coin de la chambre. Vous pouvez lui bander les yeux et lui remettre crayon et papier. Vous prenez un paquet de cartes à jouer et allez vous placer à quelque distance derrière le sensitif. Tirez une carte. Attachez-vous d'abord à la couleur: rouge ou noire; puis trèfle, pique, coeur ou carreau; ensuite, vous essayerez de transmettre la valeur de la carte: as, roi, dix, etc. La personne qui doit recevoir le message notera l'information qui lui viendra. Après quelques essais, on transmettra des messages très exacts. Dès que les organisations mentales des deux personnes sont en harmonie, on peut expérimenter avec des pièces de monnaie, des mots isolés, de courtes phrases et plus tard des messages de n'importe quelle longueur.

En prenant du sel, du sucre, du vinaigre, etc., dans la bouche, on peut transmettre le goût à la personne qui joue le rôle de récepteur. En demandant à une personne éloignée de se rendre passive à une certaine heure, et de prendre note des pensées qui lui viendront, on obtiendra les mêmes résultats.

On a fait aussi les expériences suivantes: on plaçait un sujet dans un angle de la pièce, face au mur et les yeux voilés; les opérateurs réunis autour d'une table, à trois mètres derrière lui, fixaient intensément leurs regards sur un objet quelconque placé sur la table en pleine lumière, et le sujet impressionné par la volonté des opérateurs nommait ou dessinait l'objet.

Pour les sujets qui voudraient pousser plus loin ces expériences, un régime devient nécessaire, végétarisme de préférence, du thé plusieurs fois par jour, et, matin et soir, une heure d'isolement, de concentration, de méditation. Alors, un sixième sens, que l'on peut appeler le sens astral, se développe.

Puisque les anarchistes veulent surtout se modifier eux-mêmes avant de modifier les autres, c'est en développant des facultés nouvelles qu'ils s'individualisent.

La télépathie ou sixième sens va enrichir le cerveau d'images nombreuses venant du plan astral qui actuellement échappent à nos cinq sens comme échappent à un aveugle les vibrations spéciales ou images qui n'impressionnent que le sens de la vue. Tout sens ne répond qu'à un certain ordre de vibrations, tout ce qui est en dehors de ce mode est obscurité, néant, pour ce sens. Toutes les vibrations d'une certaine forme et vitesse sont néant pour l'ouïe, mais affectent l'oeil, sans lequel un aspect de l'univers serait inexistant; toutes les vibrations plus lentes à larges amplitudes sont néant pour l'oeil, mais affectent l'ouïe. Chaque sens nous révèle une partie de l'Univers ou un _plan_ de l'Univers: le plan auditif, le plan optique, etc. Un nombre infini de vibrations, c'est-à-dire d'images, d'êtres et de choses échappent encore à l'organisme humain dont l'évolution n'est pas terminée. Le sens télépathique nous révélera les images d'un autre plan, qu'on peut appeler le plan astral.

La faculté de voir à distance et à travers les corps opaques ne nous paraît extraordinaire, incompréhensible, que parce qu'elle constitue un sens dont nous ne jouissons pas encore dans l'état normal. Les aveugles de naissance ne comprennent pas qu'un fluide lumineux est l'intermédiaire qui nous met en rapport avec les objets éloignés et nous en apporte l'image. Sans la connaissance des propriétés du fluide odique, magnétique ou nerveux (atomes vitaux renfermés dans les conduits nerveux et les plexus organiques, atomes suréthérés, moins denses et plus vibrants), nous ne comprenons pas la vue sans le secours des yeux. Pourtant, en nous plaçant dans certains états, actuellement provoqués et artificiels, mais naturels pour l'avenir, nous pouvons voir comme avec les rayons Roentgen et mieux encore. C'est ce qui a lieu dans le vrai somnambulisme.

«Une somnambule douée de la vision à travers les corps opaques fut mise à notre disposition, écrit le docteur J. Charpignon dans son admirable traité de _Physiologie du Magnétisme_, dont nous recommandons la lecture. Nous lui collâmes les yeux avec plusieurs bandes de papier collant, nous recouvrîmes cet appareil d'un bandeau qui descend jusqu'aux narines et les bords de ce bandeau sont aussi collés sur la peau des ailes du nez, fermant la plus minime fissure. Alors nous donnâmes à la somnambule des objets divers, elle les nomma aussitôt, nous ouvrîmes un livre, elle lût très couramment, etc.».

Le somnambulisme dont nous parlons n'a rien à voir avec ces femmes aux yeux mal bandés que l'on voit dans Paris, sur les places ou dans les fêtes. Il s'agit là de mots conventionnels employés par le camelot qui joue le rôle de magnétiseur et la réponse de la prétendue somnambule est contenue dans la question de son associé. Ces méthodes sont en vente dans les commerces de prestidigitation et ne demandent que quelques semaines d'entraînement.

En nous isolant du monde physique, en fermant chaque jour nos sens extérieurs pendant un temps régulier, à heure fixe, nous permettrons au nouveau sens de fonctionner, de recevoir les images invisibles.

La science est arrêtée dans une impasse, elle ne peut plus dans l'étude des phénomènes supérieurs de la vie, de la pensée, de la clairvoyance, du spiritisme, se baser sur l'observation qui est sa méthode. Les méthodes employées jusqu'ici ne peuvent aller plus loin, puisque nos sens actuels ne répondent pas à la délicatesse, à la subtilité des ondes d'un autre ordre, des vibrations d'un rythme plus complexe. Sous nos sens matériels et grossiers pouvait tomber la matière dense, mais l'autre: la matière subtile et ce qui s'y reflète, s'y photographie, y palpite, n'est plus de leur domaine. Alors le progrès est fini?--Non. Car un sixième sens s'élabore pour nous montrer des choses, occultes aujourd'hui, mais objectives quand nous les verrons.

Aussi commençons-nous seulement aujourd'hui à pouvoir comprendre cet aphorisme, dédaigné, incompris:

«_Aphorisme 255.--Si l'extension d'un sens (du sens de la vue par le télescope) a pu produire une révolution dans non connaissances, quel champ plus vaste encore va s'ouvrir à notre observation, si, comme je le pense, l'extension des facultés de chaque sens, de chaque organe peut être portée par le magnétisme aussi loin et même plus loin que les lunettes n'ont porté l'extension de la vue; si cette extension peut nous mettre à portée d'apprécier une multitude d'impressions, de les combiner, et par là de parvenir à une connaissance intime et particulière des objets qui les produisent._»

(_Mémoires et Aphorismes_, par Mesmer).

Ces connaissances et vibrations nouvelles enrichiront notre système de pensées, notre mental, notre corps mental: combinaison d'atomes spéciaux vibrants distribués en conduits et circonvolutions. Nous avons chacun notre corps mental siégeant dans le cerveau, comme chacun notre intestin, notre estomac; il a été constitué par l'ensemble des images photographiées dans son sein et disposées, comparées, arrangées par notre entendement.

Nous appelons «lumière» certains mouvements affectant l'oeil; nous appelons «pensée» certains mouvements affectant le mental. Ce sont toujours des vibrations.

Chaque mental a sa constitution propre, résultat de ses opérations antérieures; aussi chacun de nous contemple-t-il le monde extérieur à travers son mental. Bien que vivant dans le même Univers et dans la même société: les images, les événements, les phénomènes étant extérieurement les mêmes--nous voyons tous différemment. Les syndicalistes, les socialistes, les catholiques regardent les mêmes choses et voient souvent le contraire.

«Empruntons une comparaison à la lumière, écrit Annie Besant. Si nous mettons un morceau de verre rouge devant nos yeux et si nous regardons des objets verts, ils nous paraîtront noirs. De même si nous regardons un objet bleu à travers un verre jaune». Notre sphère mentale étant déjà en activité, ayant déjà sa couleur (du rouge révolutionnaire au blanc royaliste) le panorama social se teinte pour chacun de nous différemment. Il existe des individus qui, mis en présence, n'ont aucune vibration qui puisse se répondre: ils se haïssent du premier coup.

Le mental est comme un aimant, il attire et il repousse. Si nous avons donné à notre corps mental une nourriture intellectuelle choisie, s'il vibre d'un mode sage, scientifique, élevé, tout ce qui est faux, hypocrite, viendra se choquer contre ce corps mental et rebondira «comme une pierre qui heurte une roue en mouvement.» Nous ne pourrons plus recevoir que ce qui est juste, raisonnable, sage, et toutes les incohérences, toutes les folies, seront chassées. Ainsi les Garnier, Bonnot, Valet, Callemin, n'auraient pas été accessibles à de tels égarements. Ils ont privé l'humanité de leur superbe énergie en pleine jeunesse. Je crois qu'ils auraient plus fait pour l'éducation des hommes, en s'efforçant d'acquérir et d'apporter des connaissances; et par la parole, l'écrit, l'éducation, l'invention, ils auraient pu faire évoluer des cerveaux.

Je connais un jeune anarchiste qui a failli se laisser aveugler par le banditisme: qui même s'est laissé entraîner à certaines actions qu'il regrette. Un jour il assiste à une véritable révélation scientifique. Son mental prend conscience de l'évolution substantielle des choses et des êtres. Il s'aperçoit que lui qui croyait tout savoir parce qu'avec des «copains» audacieux on paraphrasait des sentences narquoises, il s'aperçoit qu'il ne sait rien et que les «pontifes» étaient des imbéciles. Aujourd'hui, il regarde avec pitié ces pauvres têtes faibles qui se croient fortes parce qu'elles se laissent hypnotiser par quelques poseurs de l'anarchie, fiers de faire cénacle, et qui se croient des chefs parce qu'ils manifestent une volonté faite d'incompétence, têtue et brutale.

Maintenant que le mental de ce jeune homme s'est enrichi, qu'il est constitué d'atomes plus nombreux, plus vibrants, plus riches, ces suggestions malsaines ne pourront plus jamais pénétrer, pas plus que les doigts d'un éphèbe dans le biceps solide d'un athlète. Son mental est réceptif pour la science et le vrai; il est répulsif pour la phraséologie des vaniteux, des ambitieux et des arrivistes.

C'est à ce perfectionnement mental que coopère actuellement _l'Idée Libre_, et je crois les résultats déjà obtenus intéressants.

«_Trop longtemps, écrit admirablement Lorulot, dans l'Idée Libre de décembre 1911, nous nous sommes contentés de répondre par des clichés pompeux ou par des phrases retentissantes. Nous pensons qu'il est temps de substituer aux formules abstraites et aux déclamations puériles, des conceptions basées sur les faits, l'expérience et la connaissance._»

Ce que nous pouvons recevoir de l'Univers, ce que nous pouvons admirer et comprendre, marque, non pas les limites de cet Univers, mais le stade de notre évolution. La réalité est constamment agrandie par l'apparition et le développement des sens. Pour chaque être, la réalité est un rapport, une relation entre son organisation et les effets qui l'impressionnent. La vérité est toujours au-delà de ce qui pour nous est réel, car elle est au-delà de ce que nous révèle notre organisation qui n'a pas atteint les limites du perfectionnement. Nous nous rapprochons donc de la vérité, nous atteignons de plus en plus la réalité objective et certaine des choses en essayant de développer des sens et des facultés qui nous manquent. C'est ce qui se produit dans l'état merveilleux du somnambulisme. Cet état nous révèle un aspect invisible de la réalité. L'impondérable, l'éther devient luminescible, devient fluide éclairant pour l'être en somnambulisme, et par conséquent toutes les images qui vibrent dans ce fluide invisible, peuvent lui apparaître comme apparaissent à nos yeux les images matérielles des objets lointains lorsque la lumière physique, en les baignant, établit un rapport possible entre eux et nous.

Perfectionnons nos sens et surtout notre corps mental et nous pourrons voir et utiliser de plus en plus de forces. L'Univers ne peut rien ajouter à lui-même, c'est nous qui devons sans cesse développer des pouvoirs perceptifs en sensibilisant nos nerfs par l'entraînement, l'étude, l'isolement et la méditation, afin d'atteindre de lui une portion toujours plus étendue. Voilà pourquoi l'étude ou la conquête d'un sixième sens nous paraît un problème majeur.

ÉMILE HUREAU.