Chapter 8
Qu'elles soient des bibliothèques de textes, des bibliothèques d'images fixes ou animées ou des bibliothèques sonores, ou bien qu'elles associent les trois supports, les cyberbibliothèques créées par les bibliothèques et médiathèques pour faire connaître leurs collections se développent très rapidement. Elles permettront à un large public d'avoir accès à des documents jusque-là pratiquement impossibles à consulter parce qu'appartenant à des fonds anciens, des fonds locaux et régionaux, ou des fonds spécialisés. Ces fonds étaient souvent très difficilement accessibles pour des raisons diverses: souci de conservation des documents rares et fragiles, heures d'ouverture réduites, nombreux formulaires à remplir, délais de communication, pénurie de personnel, qui étaient autant de barrières à franchir et qui demandaient souvent au chercheur une patience à toute épreuve et une détermination hors du commun pour arriver jusqu'au document.
Grâce à la cyberbibliothèque, la bibliothèque peut enfin rendre comptatibles deux objectifs qui jusque là ne l'étaient guère, à savoir la conservation des documents et la communication de ceux-ci. D'une part le document ne quitte son rayonnage qu'une seule fois pour être scanné, d'autre part le grand public y a enfin accès. A long terme, une fois numérisés, tous ces fonds qui dorment sur les rayonnages pourront être utilisés sans le parcours du combattant qu'on vient d'évoquer. Assis sur sa chaise ou dans son fauteuil, le lecteur pourra avoir accès à des oeuvres en cliquant de l'une à l'autre, au gré de son humeur, de ses centres d'intérêt ou d'une curiosité passagère, de façon encore plus pratique qu'en se promenant dans les rayonnages, et surtout de façon beaucoup plus exhaustive puisque, dans les bibliothèques, une bonne partie des collections se trouve rangée dans des magasins et n'est donc pas en libre accès pour le lecteur qui "chine". Si le lecteur veut ensuite consulter le document lui-même - dans certains cas, la consultation à l'écran ne peut remplacer le "contact" direct avec l'oeuvre - il pourra ensuite se lancer dans les différentes étapes de la consultation "traditionnelle", mais ceci en connaissance de cause, après que le "feuilletage" à l'écran lui ait permis de sélectionner les documents en question afin de ne demander que ceux qui l'intéressent vraiment.
Le terme cyberspace (de l'anglais cyberspace) doit sa paternité à l'auteur de science-fiction William Gibson qui le décrit dans son roman Neuromancien paru en 1984:
"Cyberespace: une hallucination consensuelle expérimentée quotidiennement par des milliards d'opérateurs réguliers, dans chaque nation, par des enfants à qui on enseigne des concepts mathématiques... Une représentation graphique des données extraites des banques de tous les ordinateurs dans le système humain. Complexité incroyable. Des lignes de lumière qui vont dans le non-espace de l'esprit, des agglomérats et des constellations de données. Et qui fuient, comme les lumières de la ville."
Nombreux sont les bibliothécaires qui rêvent de pouvoir offrir à leurs lecteurs de véritables cyberespaces dans lesquels ils puissent travailler. Reste à savoir si on leur en donnera les moyens. "Les bibliothèques françaises développent une connexion à l'Internet ouverte au public, mais elles sont malheureusement encore peu nombreuses, moins d'une dizaine en avril 1997", écrivait Florent Latrive dans le quotidien Libération du 25 avril 1997.
La Bibliothèque publique d'information (BPI), la Médiathèque d'Issy-les-Moulineaux ou la Bibliothèque municipale de Lyon, par exemple, mettent Internet à la disposition de leur public.
Situés dans le département du Lot-et-Garonne (sud-ouest de la France), les quatre villages d'Armillac, Labretonie, Laperche et Saint-Barthélémy comptent 950 habitants. Leur site, le site d'ARPALS (Amicale du regroupement pédagogique Armillac Labretonie Saint-Barthélémy), a pour sous-titre: "Internet et Multimédia aux champs ou comment amener la culture en milieu rural". Il a été créé par une association de parents d'élèves d'un Regroupement pédagogique intercommunal (RPI), et ce "regroupement pédagogique permet à des villages de mettre 'leur école en commun' pour éviter des fermetures de classes dans le monde rural."
L'association a mis sur pied tout un ensemble d'activités pour conserver les habitants actuels et en attirer d'autres: d'une part des animations telles que repas, kermesse ou bal masqué, qui sont annoncées sur le site web, d'autre part une bibliothèque intercommunale de 1.300 livres en partenariat avec la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) de Villeneuve-sur-Lot. Le site présente une sélection de livres avec un résumé pour chacun d'eux.
L'association a également mis en place une multimédiathèque ouverte 22 heures par semaine pour un public allant de 3 à 76 ans. Quatre ordinateurs (ordinateurs multimédias Scenic Multimédium de chez Siemens Nixdorf, complétés de deux imprimantes couleurs Hewlett Packard et d'un scanner à plat Hewlett Packard) permettent la consultation de CD-ROM, le libre accès à Internet et l'utilisation de logiciels bureautiques tels que Works, Dbase for Windows, Corel Draw, Publisher, PhotoPaint, etc.
Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Jean-Baptiste Rey, webmestre du site, précisait: "Notre site Internet a été lancé en 1996. Son but est de faire connaître l'existence de la médiathèque intercommunale de St-Barthélémy et ce que nous y faisons. C'est un moyen pour nous de démontrer l'utilité et l'intérêt de ce type de structures et la simplicité de l'usage des nouvelles technologies dans le cadre d'une bibliothèque." Le but du site est d'aider la bibliothèque à intégrer Internet dans son fonctionnement et dans les services qu'elle offre à son public. Son but est "également de pallier à la faiblesse de notre fonds documentaire. Internet et le multimédia nous permettent d'offrir beaucoup plus de ressources et d'informations à nos usagers".
Mais, jusqu'à une époque récente, à l'exception de quelques initiatives le plus souvent dues à des bibliothécaires passionnés qui se battent pour franchir toutes sortes de barrières, y compris psychologiques et budgétaires, les espaces Internet dans les bibliothèques semblaient malheureusement se développer moins vite que les cybercafés, Internet dans les établissements d'enseignement, Internet à La Poste et Internet chez France Télécom. La situation devrait maintenant évoluer assez rapidement puisque, en avril 1998, le ministère de la Culture a annoncé un budget de 10 millions de FF pour la création d'"espaces culture multimédia".
Dans son courrier électronique du 8 juin 1998, Christiane Jadelot, ingénieur d'études à l'INaLF-Nancy (INaLF: Institut national de la langue française), expliquait:
"Je pense qu'il faut équiper de plus en plus les laboratoires avec du matériel de pointe, qui permette d'utiliser tous ces médias. Nous avons des projets en direction des lycées et des chercheurs. Le ministère de l'Education nationale a promis de câbler tous les établissements, c'est plus qu'une nécessité nationale. J'ai vu à la télévision une petite école dans un village faisant l'expérience de l'Internet. Les élèves correspondaient avec des écoles de tous les pays, ceci ne peut être qu'une expérience enrichissante, bien sûr sous le contrôle des adultes formés pour cela. Voilà ma petite expérience. Je me suis équipée maintenant à domicile dans un but plus ludique, en espérant convaincre ma fille d'utiliser au mieux tous ces outils!"
Voici les projets français lancés en 1998.
En janvier 1998, lors d'une cérémonie d'inauguration dans le bureau de poste d'Autrans (Isère), La Poste a lancé le projet Cyberposte dans la région du Vercors. Cette inauguration a marqué le premier pas dans la réalisation du projet national des 1.000 bureaux Internet d'ici la fin 1998. Dans tous les bureaux de poste de la région, Internet est désormais à la disposition du public au moyen d'une carte à puce (90 FF pour trois heures de connexion) et d'une adresse électronique pour tous. Le but du projet est de familiariser le public avec les nouvelles technologies et, à long terme, de lui permettre d'effectuer des téléprocédures.
En février 1998, France Télécom annonçait à son tour un plan national d'ouverture d'espaces multimédias ouverts à tous, avec priorité pour les étudiants et les enseignants. En partenariat avec les collectivités locales, une centaine d'espaces multimédias sont prévus pour les trois ans qui viennent, et vingt d'entre eux devaient être opérationnels à la fin 1998.
Le 14 avril 1998, le gouvernement lançait trois appels à projets multimédias à l'intention des bibliothèques, des PME (petites et moyennes entreprises) et du secteur éducatif, qui représentent 22 millions de FF destinés à soutenir les initiatives sélectionnées, et qui sont répartis ainsi: 5 millions pour les PME, 5 millions pour les bibliothèques et 12 millions pour les écoles. Mis en place par le ministère de la Culture et de la Communication et le ministère de l'Environnement et de l'Aménagement du territoire, ce programme est destiné à faciliter l'acquisition de matériel multimédia par les bibliothèques des petites communes, les établissements scolaires et les PME des régions rurales et des zones en reconversion industrielle. L'objectif est un souci d'équité territoriale pour faire face à l'inégalité géographique existante alors qu'Internet devrait au contraire permettre à tous d'accéder aux mêmes services quel que soit le lieu géographique.
A cette occasion, Catherine Trautman, ministre de la Culture, annonçait que, "après le monde universitaire, le monde des entreprises, c'est le monde de la culture qui s'empare de l'Internet", et que 1998 serait donc "l'année de lancement de l'Internet culturel". Elle précisait aussi que "cette politique ne vise pas seulement à améliorer notre position dans la compétition économique, mais aussi, fondamentalement, à garantir une nouvelle liberté d'expression et de communication pour nos concitoyens". 5 millions de FF ont été débloqués pour inciter les bibliothèques de villes de moins de 5000 habitants à s'équiper de connexions Internet, et les villes intéressées devaient déposer leurs dossiers avant le 30 juin. D'ici la fin de 1998, une centaine d'"espaces culture multimédia" devaient être créés dans les bibliothèques et centres culturels.
Quant à nos voisins anglais, ils ont lancé le 16 avril 1998 un très important programme d'investissement dans les technologies de l'information sur cinq ans (1998-2002). En dévoilant ce programme, Tony Blair, premier ministre, déclarait: "Nous sommes au coeur de la révolution de l'information. Il est vital que la Grande-Bretagne ouvre la voie afin que nous soyons les pionniers de l'Europe dans ce que l'on appelle l'âge de l'information." La moitié du budget de 600 millions de livres (environ 6 milliards de FF) sera consacré à l'achat de matériel, et l'autre moitié à la formation. L'achat de matériel devait permettre le câblage des écoles britanniques en 1998, l'achat de 10.000 ordinateurs portables pour les professeurs, la mise en ligne de l'information dans les bibliothèques et la connexion de tous les établissements de santé. Le budget attribué à la formation permettra de financer la création de 40.000 blocs de formation dans les centres d excellence IT (IT: information technology - ces centres sont de nouveaux établissements spécialisés créés par le gouvernement), une formation de base à tous les professeurs et à tous les bibliothécaires, un bagage informatique à la plupart des élèves anglais, et la formation aux technologies de l'information de 200.000 travailleurs britanniques.
En ce qui concerne les grandes bibliothèques, une très intéressante initiative est celle menée à bien par Pierre Pelou, directeur de la Bibliothèque de l'Office des Nations Unies à Genève (ONUG). Ouvert depuis juillet 1997, un Cyberespace est mis gratuitement à la disposition des représentants des missions permanentes, délégués de conférences, fonctionnaires internationaux, chercheurs, étudiants, journalistes, membres des professions libérales, ingénieurs et techniciens. Le personnel du Cyberespace collabore aussi avec la Section de formation des Nations Unies pour l'organisation de l'enseignement à distance.
Ce Cyberespace a été aménagé au premier étage de l'imposante bibliothèque par Antonio Bustamante, architecte au Palais des Nations (bâtiment qui abrite les Nations Unies à Genève). Les 24 stations comprennent chacune un ordinateur Intel Pentium MMX 200Mhz avec une mémoire de 32 Mo, un disque de 2,5 Go, un lecteur 16x de CD-ROM, des cartes Matrox Millenium Graphics et Matrox Media XL-MPEG, et un casque individuel. Chaque groupe de trois ordinateurs est relié à une imprimante laser.
En plus de l'utilisation du traitement de texte WordPerfect et de l'accès au courrier électronique, chaque station permet la consultation des services suivants:
- Internet,
- le système optique des Nations Unies,
- un serveur regroupant une cinquantaine de CD-ROM en réseau,
- la banque de données UNBIS (United Nations Bibliographic Information System) coproduite par les deux bibliothèques des Nations Unies à New York et à Genève,
- le catalogue de la Bibliothèque de l'Office des Nations Unies à Genève,
- Profound, qui est une collection de banques de données économiques et commerciales,
- RERO, qui est le catalogue du Réseau romand des bibliothèques suisses et qui comprend celui de la Bibliothèque des Nations Unies de Genève à titre de bibliothèque associée,
- un ensemble de CD-ROM multimédia (Encarta 97, L'état du monde, Elysée 2, Nuklear, etc.),
- des vidéocassettes multistandards et des disques DVD (digital versatile disk) présentant des programmes, films et documentaires sur l'action internationale, l'action humanitaire, etc.
Les avantages d'Internet pour les bibliothécaires? Voici un sujet de réflexion mené par de très nombreux organismes.
Une réflexion particulièrement intéressante est celle de l'Internet Public Library (IPL), qui se définit comme la première bibliothèque publique d'Internet et pour Internet. Cette cyberbibliothèque dispose de 20.166 documents sélectionnés, catalogués et décrits par le personnel de l'IPL. En tant que bibliothèque expérimentale, l'IPL gère aussi une section intitulée IPL Services For Librarians, qui est consacrée aux avantages d'Internet pour les bibliothécaires et les professionnels de l'information, et qui donne des informations sur les réalisations et la formation professionnelle dans ce domaine.
Pour les bibliothécaires, Internet est un outil de communication sans précédent.
D'abord le courrier électronique. Ceux qui ont pu y goûter sont enthousiasmés par les avantages qu'il procure. Doté d'une adresse électronique, tout professionnel dispose d'un outil de communication simple et rapide pour entrer en relation avec les collègues de sa ville, de sa région, de son pays et du monde entier. Plus besoin d'attendre que la ligne de son correspondant soit libre. Plus besoin non plus d'effectuer des calculs de fuseaux horaires quand on téléphone dans un autre continent. Le message attend le correspondant dans sa boîte aux lettres électronique, et le correspondant lit et répond à ses messages au moment choisi par lui. Le courrier électronique est également moins formel que le courrier classique. On ne peut pas jeter sur le papier une question de trois lignes avec un simple bonjour et au revoir, alors que c'est possible sur écran. Pas d'enveloppe, pas de timbre, pas de télécopieur engorgé. Tous ceux qui ont pratiqué le courrier électronique pendant quelques semaines se demandent comment ils ont jamais pu s'en passer.
Par le biais d'Internet, les bibliothécaires ont également la possibilité de participer à un ou plusieurs forums de discussion leur permettant de s'informer, de suivre et participer à des débats, de demander des avis et des conseils. Pour un bibliothécaire ou documentaliste travaillant seul, c'est un grand "bol d'air" sur l'extérieur. Pour celui qui est entouré de collègues, le forum de discussion lui permet la fréquentation de personnes venant d'autres horizons.
Créée en 1993, la liste de diffusion Biblio-fr est à destination des bibliothécaires et documentalistes francophones, et elle est ouverte aussi à toute personne intéressée par la diffusion électronique de l'information documentaire. Elle comptait 3.329 abonnés le 20 décembre 1998.
Modérée par Hervé Le Crosnier, professeur à l'Université de Caen (Normandie), cette liste de diffusion est le regard francophone des documentalistes sur les questions soulevées par le développement d Internet : diffusion de la connaissance, organisation de collections de documents électroniques, maintenance et archivage de l'écrit électronique. Le but de Biblio-fr est également d'assurer la présence de la langue française sur un réseau multilingue qui accorde leur place à toutes les cultures.
Biblio On Line, qui se présente comme le serveur français des informations culturelles sur Internet, est un excellent outil à destination des bibliothèques. Jean-Baptiste Rey, son rédacteur, expliquait dans son courrier électronique du 8 juin 1998:
"Le site dans sa première version a été lancé en juin 1996. Une nouvelle version (l'actuelle) a été mise en place à partir du mois de septembre 1997. Le but de ce site est d'aider les bibliothèques à intégrer Internet dans leur fonctionnement et dans les services qu'elles offrent à leur public. Le service est décomposé en deux parties:
- une partie "professionnelle" où les bibliothécaires peuvent retrouver des informations professionnelles et des liens vers les organismes, les institutions et les projets et réalisations ayant trait à leur activité,
- une partie comprenant annuaire, mode d'emploi de l'Internet, villes et provinces, etc... permet au public des bibliothèques d'utiliser le service Biblio On Line comme un point d'entrée vers Internet.
Personellement Internet a complètement modifié ma vie professionnelle puisque je suis devenu webmestre de site Internet et responsable du secteur nouvelles technologies d'une entreprise informatique parisienne. Il semble que l'essort d'Internet en France commence (enfin) et que les demandes tant en matière d'informations, de formations que de réalisations soient en grande augmentation."
L'Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques (ENSSIB) tient à jour une section Référence, qui comprend notamment des dossiers thématiques (histoire du livre, enseignement à distance, bibliothèques électroniques, cours sur Internet en sciences de l'information, économie du document, normes et normalisation, droit de l'information) et une liste des revues en sciences de l'information.
L'ENSSIB héberge également la version électronique du Bulletin des bibliothèques de France (BBF), revue professionnelle bimensuelle créée en 1956. "Professionnels et spécialistes de l'information y discutent de toutes les questions concernant la politique et le développement des bibliothèques et des centres de documentation: évolution par secteur, grands projets, informatisation, technologies de l'information, écrits électroniques, réseaux, coopération, formation, gestion, patrimoine, usagers et publics, livre et lecture..."
Le serveur permet l'accès aux textes intégraux des articles depuis 1995. Dans son courrier électronique du 6 juillet 1998, Annie Le Saux, rédactrice du Bulletin des bibliothèques de France, expliquait:
"C'est en 1996 que le BBF a commencé à paraître sur Internet (les numéros de 1995). [...] Nous nous servons beaucoup du courrier électronique pour prendre contact avec nos auteurs et pour recevoir leurs articles. Cela diminue grandement les délais. Nous avons aussi recours au Web pour prendre connaisance des sites mentionnés lors de colloques, vérifier les adresses, retrouver des indications bibliographiques dans les catalogues des bibliothèques..."
Publié deux fois par an, au printemps et à l'automne, Cursus est le périodique électronique étudiant de l'Ecole de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l'Université de Montréal (Québec).
Concernant les revues professionnelles anglophones, le Library Journal Digital (LJDigital), sélection électronique du Library Journal, est la plus ancienne revue américaine des bibliothèques. Les vingt numéros annuels sont lus par 100.000 abonnés, qui disposent de 7.500 analyses faites par des bibliothécaires sur des livres, documents audio, documents vidéo, CD-ROM, sites web, magazines, etc., soit 250 à 300 analyses par numéro, le plus souvent avant la publication des dits documents.
Publiée par les bibliothèques de l'Université de Houston (Texas, USA), la Public Access Computer Systems Review (PACS-R) est une revue électronique sur les systèmes informatiques dans les bibliothèques. Elle est diffusée gratuitement sur Internet et d'autres réseaux informatiques à environ 8.000 personnes dans une soixantaine de pays. Les contributions traitent des thèmes suivants: bibliothèques numériques, systèmes de livraison des documents, édition électronique, systèmes expert, systèmes hypermédias et multimédias, bases de données locales, ressources et outils d'information en réseau, catalogues en ligne. Ses archives sont intégralement disponibles sur le Web.
Les associations de bibliothécaires sont également présentes sur le Web. Fondée en 1906 et reconnue d'utilité publique en 1969, l'Association des bibliothécaires français (ABF) est, avec ses 3.500 adhérents, la plus ancienne et la plus importante association de bibliothécaires en France. Elle regroupe des bibliothécaires de tous types d'établissements et de toutes catégories. L'Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS) dispose d'un site bilingue français-anglais articulé autour de trois grandes rubriques : vie associative, vie professionnelle, produits et services.
Créée en 1937, l'American Society for Information Science (ASIS) est une association de recherche regroupant 4.000 professionnels de l'information et favorisant les nouvelles théories et techniques permettant d'améliorer l'accès à l'information. L'Association for Research Libraries (ARL) est une organisation à but non lucratif regroupant les bibliothèques des institutions de recherche nord-américaines. Elle est à la fois un forum pour les échanges d'idées et un agent pour l'action collective, cette action consistant à développer la communication dans le domaine de la recherche.
A la fois sobre et superbe, le site de l'International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA) offre une mine d'informations dans tous les domaines de la bibliothéconomie. Organisme international indépendant à destination des bibliothécaires du monde entier, l'IFLA se veut un carrefour pour échanger des idées et promouvoir la coopération internationale et la recherche dans tous les secteurs d'activité des bibliothèques. Ses objectifs sont de représenter les bibliothécaires au niveau international, promouvoir la formation continue du personnel des bibliothèques, et développer et mettre en oeuvre des directives pour les bibliothèques.
Dans son courrier électronique du 18 juin 1998, Olivier Bogros, créateur de La bibliothèque électronique de Lisieux (Normandie), donnait son sentiment sur la place d'Internet dans les bibliothèques: