Part 9
Quelques écrivains modernes ont cherché à rétablir les faits et à rendre à de Ville la place qu'il aurait dû toujours occuper[85]; l'abbé Caron, entre autres[86], dans une notice lue à la Société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, semblait avoir justement attribué à chacun le rôle joué dans la construction de la machine, et nous croyions la question jugée, lorsque nous avons reçu de Liége une, petite brochure[87], dans laquelle non-seulement Rennequin Sualem est regardé comme l'inventeur de la machine, mais où de Ville est traité d'imposteur, et où nous voyons que le conseil communal de Liége, pour honorer l'inventeur de cette machine, vient d'appeler une des rues de la ville du nom de Rennequin. Il nous paraît donc nécessaire de faire connaître les nombreuses pièces qui constatent le rôle joué par de Ville dans l'établissement de la machine de Marly.
Ce qui a beaucoup contribué à faire dépouiller de Ville de son titre d'inventeur de la machine, ce sont surtout sa position de fortune et ses titres. Comment supposer, en effet, qu'un chevalier, baron du Saint-Empire, possédant des terres, pût être en même temps un savant? Non, le baron de Ville n'a dû être que le négociateur de l'entreprise, l'entremetteur de la cour de Louis XIV avec le véritable auteur de la machine, simple ouvrier, _ferè analphabêtos, sed manuariâ arte excellens_[88]. On attribue aussi à Rennequin la construction de la machine hydraulique de la terre de Modave, qui a attiré les regards de Colbert, et comme c'est de cette construction qu'est venue la première idée de la machine de Marly, on en tire la preuve qu'on lui doit l'invention de cette dernière machine. Mais ce qu'on ne dit pas, c'est que cette machine hydraulique de Modave n'était qu'une imitation de celles dont on se servait déjà depuis longtemps dans les mines de Hongrie et de Suède; que, par conséquent, ce n'était point une invention de Rennequin, et que c'est à de Ville, ingénieur instruit et au courant de tout ce qui avait été fait en ce genre, que l'on en doit l'application dans le domaine des comtes de Marchin.
Suivons maintenant de Ville à la machine de Marly. Avant de penser à établir un mécanisme capable de faire monter l'eau de la Seine à Versailles, il est nécessaire de trouver une chute assez puissante pour faire mouvoir ce mécanisme. Il faut pour cela un homme instruit et expert dans les travaux hydrauliques. Qui est chargé de ce travail? De Ville. Nous le voyons, en effet, rechercher et reconnaître les pentes de la Seine, indiquer et faire exécuter les travaux nécessaires pour établir les digues et agrandir le lit du fleuve laissé à la navigation[89].
La chute trouvée, qui voyons-nous encore préparer et ordonner tous les travaux de construction de la machine, faire arriver les eaux des sources de Prunay, de Louveciennes et de Bougival, afin de les joindre à celles élevées de la Seine? C'est encore de Ville[90].
Le roi désire qu'un essai de ce que peut une machine de ce genre pour élever l'eau soit tenté devant lui. N'est-ce pas encore de Ville, et ici sans le secours de Rennequin, qui fait construire la pompe du moulin de Palfour, et démontre ainsi au roi, par avance, la certitude du résultat de ses opérations[91]?
N'est-ce pas lui aussi que nous voyons, en 1683, indiquer à l'arpenteur Caron, et dessiner sur le terrain les places que devront occuper les chevalets, puisards, réservoirs, etc., nouveaux, nécessités par l'augmentation du mécanisme de la machine[92]?
En 1684, Vauban, chargé par le roi d'examiner la machine, la visite dans tous ses détails, et c'est de Ville qui lui en explique le mécanisme.
On le voit encore non-seulement surveiller et diriger les travaux sur place, mais de plus faire des voyages à Liége pour s'entendre avec ceux qui fabriquent les pompes, et faire venir de ce pays et fers et mécaniques.
Et si on le voit ainsi partout, c'est qu'il ne pouvait en être autrement. N'était-ce pas lui, en effet, qui avait présenté les projets d'après lesquels on exécutait cet immense appareil[93], et n'était-il pas responsable de la réussite de cette machine dont on attendait de si grands résultats? Aussi, lorsque le succès a couronné son entreprise, avec quelle magnificence le roi le récompense! En 1684, après l'expérience de l'arrivée de l'eau au sommet de la tour, le roi lui accorde 6,000 livres de gratification. En 1685, les 6,000 livres de gratification lui sont continuées, et le 28 juillet de la même année, quand l'eau de la Seine est enfin arrivée à Versailles, Louis XIV lui fait un don de 100,000 livres. Puis il lui fait bâtir près de la machine une magnifique habitation[94], le nomme gouverneur de cette machine, et aux 6,000 livres de gratification qu'il conserve sa vie durant, il en ajoute 6,000 de pension[95].
Voilà, d'après les documents que nous donnons à la suite de ce récit, la part de de Ville dans l'établissement de la machine de Marly. Voyons maintenant celle de Rennequin.
Rennequin Sualem était un ouvrier charpentier de Liége, d'une grande intelligence et d'une habileté peu commune. Il tenait le premier rang parmi les constructeurs des mécaniques dont on se servait dans les mines du territoire liégeois pour épuiser les eaux souterraines. On a vu qu'il construisit la machine dont de Ville se servit à Modave pour élever les eaux du Hoyoux. Aussi, lorsque celui-ci fut chargé par Colbert de venir étudier les moyens de donner de l'eau à la ville royale, se fit-il accompagner de l'habile exécuteur de ses idées.
En étudiant les diverses pièces que nous faisons connaître, nous ne voyons apparaître Rennequin que lorsqu'il s'agit de la construction de la machine. Nous le trouvons établi auprès de de Ville, et à la tête de tous ces ouvriers liégeois habitués depuis longtemps à des travaux analogues, les commandant, les dirigeant dans l'exécution d'un mécanisme souvent modifié et amélioré par sa longue pratique et sa haute intelligence; mais nous ne le rencontrons ni lorsqu'il s'agit de la recherche de la chute d'eau nécessaire à l'établissement de la machine et de la construction des digues; ni lorsque, pour augmenter les eaux élevées par la machine, on vient y ajouter celles des diverses sources des environs; ni, enfin, dans la combinaison qui fait distribuer en trois parties distinctes la route que doit suivre l'eau pour son ascension au haut de la tour. Son rôle, enfin, paraît avoir été celui d'un mécanicien plein de sagacité, de connaissances et de talent dans son art, et sans lequel peut-être les idées de de Ville n'eussent pu être exécutées; et c'est probablement dans ce sens que ses compagnons, ayant pu apprécier à l'oeuvre la facilité avec laquelle il saisissait les problèmes les plus difficiles de la mécanique, savait les réduire en pratique, et combien de fois les difficultés les plus grandes avaient été surmontées par lui dans la construction de la machine, l'en regardaient comme le véritable inventeur. Rennequin, enfin, était un habile charpentier-mécanicien, et probablement le premier de cette époque dans ce genre de travail. C'est ainsi qu'il fut toujours considéré pendant sa vie.
En 1688, des pompes et une machine à cheval sont nécessaires pour le service de la maison des demoiselles de Saint-Cyr; c'est Rennequin et Lambotte qui sont chargés de son exécution[96]. Et lorsque la machine de Marly est enfin entièrement terminée, on le voit chargé de sa surveillance, y rester attaché, ainsi que les autres ouvriers de Liége, avec le titre d'ingénieur et de chef des charpentiers liégeois, et on lui accorde en outre un logement spécial et 1,800 livres d'appointements.
Ainsi, il résulte de l'étude de nos documents que de Ville a été véritablement, comme le dit la légende du plan de la machine dessinée en 1688; l'inventeur, et Rennequin Sualem le constructeur de cette célèbre machine, et qu'ils ont été tous deux récompensés suivant le rôle qu'ils avaient joué chacun dans son exécution.
Si cependant quelques personnes, s'appuyant sur l'opinion de Weidler et sur l'inscription de la pierre tumulaire de Bougival, veulent conserver à Rennequin le titre d'inventeur, nous les prierons de se rappeler que Weidler n'a établi son dire, que sur les propos d'ouvriers parents ou amis de Rennequin, et plusieurs années après la mort de celui-ci; et que, quant à l'épitaphe placée par les mêmes parents dans l'église de Bougival après le décès de la veuve de Rennequin, et longtemps après la mort de celui-ci, on y aurait probablement répondu avant la mort de de Ville, arrivée en 1722, si elle n'eût pas été enfouie et ignorée dans un coin obscur dont l'a fait sortir la révolution, pour la livrer à la publicité dans un cabaret de la chaussée. D'ailleurs un acte beaucoup plus sérieux et authentique, son acte de décès dressé du vivant de sa veuve, porte son véritable titre: _constructeur_ et non inventeur de la machine[97].
Que sont d'ailleurs ces deux faibles preuves auprès de celles indiquées dans les notes qui suivent en faveur de de Ville?
Ce sont d'abord les registres des bâtiments qui donnent à de Ville le titre d'_ingénieur_, tandis qu'ils donnent à Rennequin celui de _charpentier liégeois_;--puis le plan de la machine, dessiné par Liévin Creuil en 1688, c'est-à-dire quand elle venait d'être terminée, et qui dit en toutes lettres: «Cette machine a été inventée et exécutée par M. le baron de Ville.» Et plus loin: «Elle a été construite par ordre du roi, sur les projets et par la direction de M. le baron de Ville.»--Les écrivains qui, sous Louis XIV et depuis lui, ont été puiser aux sources et ont parlé de la machine, Dangeau, l'abbé de Choisy, Claude Saugrain, Piganiol de la Force, ont tous attribué son invention à de Ville. _Cassan_, dans un poëme sur l'arrivée de la Seine au château de Marly, de 1699, ne lui fait-il pas dire en passant devant le pavillon que de Ville habitait:
Et reprend en ce lieu l'usage de la voix, Pour se plaindre en passant _du chevalier de Ville_,
* * * * * * * *
Qui t'oblige, dit-elle, _avec ton art maudit_ _A venir malgré moi m'enlever de mon lit_?
La _Gazette de France_ de 1682 indique les travaux de la machine comme faits par le _sieur de Ville, gentilhomme liégeois_. La Chesnaye-Desbois, dans son _Dictionnaire de la noblesse_, et le père Anselme, dans l'_Histoire généalogique de France_, disent, en parlant de sa fille qui avait épousé le baron de Montmorency: «Elle était fille d'_Arnold de Ville_, chevalier, etc., gouverneur et directeur de la machine de Marly, _dont il était l'inventeur_[98].»--Le duc de Luynes, dans ses Mémoires, cite aussi de Ville comme l'_auteur de la machine_.--Ceux qui étaient plus à même que tous autres de savoir la vérité sur ce sujet, les contrôleurs chargés plus tard de la direction, le considérèrent toujours comme l'inventeur, et M. Gondouin, dans un rapport écrit en 1792, dit positivement: «Lors de la construction de la machine, le sieur de Ville, mécanicien et _inventeur de la machine_, en fut nommé le gouverneur[99].»
Enfin, lui-même, au moment suprême où le coeur de l'homme s'ouvre à la vérité, dans son testament retrouvé au château de Modave[100], ne vient-il pas consacrer de nouveau son titre d'inventeur en exprimant ainsi l'une de ses volontés: «J'ordonne que tous les ouvrages que j'ai composés concernant les constructions de la machine de Marly soient imprimés suivant mes dessins en grand.»
Il résulte donc positivement de tout ceci que le baron de Ville a été bien véritablement l'inventeur, ou pour mieux dire l'_auteur du projet de construction de la machine de Marly_, et que Rennequin Sualem en a été l'habile et adroit constructeur.
Que maintenant les habitants de la ville de Liége, qui veulent honorer le nom de celui de leurs compatriotes auteur de cette célèbre machine, soient heureux. Leur bonne fortune veut qu'au lieu d'un seul nom, ils en aient deux à offrir en exemple à leur industrieuse population: celui du noble employant les loisirs que lui donne la richesse à cultiver la science pour en faire une application grande et utile, et celui du modeste artisan dont le génie inculte saisit avec facilité les plus hautes conceptions de la science, et sait dans la pratique les résoudre avec bonheur.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
NOTE Nº 1.
DÉPENSES DE CONSTRUCTION DE LA MACHINE DE MARLY,
Extraites des registres des bâtiments du roi, déposés aux Archives de l'Empire.
ANNÉE 1681.
ORDONNANCES.
Au sieur de Ville, gentilhomme liégeois, pour payement des fers corroyés qu'il a fait venir de Liége, pour servir à la machine du moulin de Palfour. 2,845l. 3s. »d. Aux ouvriers. 977 19 »
ORDRES.
26 mars.--Au même, pour _id._ 2,845 3 » Aux ouvriers. 977 19 »
22 juin.--A George d'Espa, taillandier liégeois, pour une manivelle qu'il a livrée pour la machine, _id._ 490 » » Aux ouvriers. 455 10 »
A Lambotte, charpentier liégeois, pour l'entretennement de la machine. Pour trois mois 360 » » A Valland, pour clous 32 1 » ----------------- Total. 5,160l. 13s. 2d.
MARLY 1681.
28 octobre 1681.--A Raoul de Pierre, dit Laporte, charpentier, sur la machine de la rivière de Seine. 2,000l. »s. »d.
OUVRAGES DES ILES DE CROISSY.
ORDONNANCES DU 22 JUIN 1681.
11 octobre.--A Renkin-Sualem, pour son travail et soins à la construction de la machine, pendant un mois. 150 » » A Paul Sualem, autre charpentier liégeois, pour son travail pendant. 150 » »
ORDRES DU 22 JUIN AU 11 JANVIER 1682.
Aubert, charpentier;--Leboeuf, Gonnot, Guyot, Simon, Feuillastre, Boursault, Dupuis, Houet, Morin, terrassiers. Des charpentiers liégeois. Laporte, charpentier. Morel, _id._
A Rankin-Sualem, charpentier liégois, pour un mois de son travail. 150l. »s. »d. Despas, forgeron liégeois. Sommes. 210,575 13 »
ANNÉE 1682.
_Pour les grandes pompes sur la rivière de Seine, pour l'élévation et conduite des eaux à Versailles._
ORDRES
A Laporte, charpentier;--Clerget, Berlin, Ogier, Leroy, Boileau, terrassiers;--Paul Sualem, charpentier liégeois, Rankin-Sualem, _id._;--Toussaint Michel, menuisier liégeois;--Lafontaine, maçon;--Morel, serrurier;--Pauli, maître de forges liégeois;--Arnault, pour loyer de la maison de la chaussée, occupée par les menuisiers et par le modèle de la machine;--Menoiet, marchand de fer et charbon de terre;--Caron, arpenteur;--Dupont, terrassier;--Lemaire, fondeur;--Lahaye, plombier, Despas, _id._;--Devienne, maçon;--Noiret, marchand;--Duvivier, maçon;--Allan, pour charbon;--Devolman, garde de la prévôté de l'hôtel;--de Ville, ingénieur;--Montagne, serrurier;--Miche, menuisier,--Robert, terrassier;--Berger, de Spa, pour fers corroyés;--Lesieur, charpentier;--Frades, de Vienne;--Cuvier, marchand de bois;--Piat, charpentier;--Corbey, cordier;--Baffront, maçon;--Bourienne, terrassier;--Duval, serrurier;--Godefroy, chirurgien, pour pansements de blessés;--au sieur Desvongoins, pour tuyaux;--Pays, pour peaux de vaches;--Langlois, pour ficelles;--Rousseau, charron;--Lecerf, plâtrier;--Aimond, marchand;--Jean Siane, charpentier liégeois;--Hardel, paveur,--Goutier, maçon;--Martin, maçon,--Remy, pour les conduites de grès;--et aux divers ouvriers de la machine.
Sommes. 515,815l. 17s. 1d.
On trouve particulièrement dans ce chapitre:
A Paul Sualem, charpentier liégeois, pour son travail d'un mois. 150 » » A _Renkin-Sualem_, _id._ _id._ 150 » » A Siane, _id._ _id._ 150 » » A Toussaint Michel, menuisier liégeois, _id._ 67 10 » 1er mars.--Au sieur Pauli, maître de forges de Liége, sur les corps de pompe de fer fondu qu'il fait pour la machine.--A-compte. 1,000 » »
(Il y a ainsi plusieurs à-compte.)
12 avril.--A Clerget, maçon, pour payement de 4,920 l. pour ses travaux. 420 » » 5 juillet.--A Allen, pour son payement de goudrons et poix noires, qu'il a livrés. 761 10 » 12 juillet.--_Au sieur de Ville_, ingénieur, sur les fers et autres ustensiles qu'il fait venir de Liége, pour la machine. 900 » »
(Il y a ainsi plusieurs à-compte.)
26 juillet.--A Robert, pour payement de 1,426 l. 13 s. 9 d., pour la maçonnerie de remplissage de la digue qui joint une petite île à l'île de Chatou. 276l. 13s. 9d.
26 juillet.--A Devienne, pour payement de 1,998 l. 15 s. pour la fouille et transport de terre du réservoir, près le premier repos de la machine. 198 15 »
9 août.--A Menoist, pour payement de 2,649 l. 5 s. 2 d., pour fourniture de gros fers et charbon pour ladite machine. 269 5 2
23 août.--A Martin Nicolle, pour payement de deux grands bateaux qu'il a livrés pour servir aux ouvrages de la machine. 257 » »
6 septembre.--A Berlin, pour payement de 2,808 l. 10 s. pour les moellons qu'il a fournis. 408 10 »
6 septembre.--A Raffront, pour payement de 1,354 l., pour moellons qu'il a fournis à la machine. 104 » »
_Id._--A Allen, pour payement de 1,859 l. 5 s., pour le charbon de terre et autres fournitures qu'il a faites. 959 15 »
_Id._--A Menoist, pour payement de 1,879 l. 15 s. 10 d., pour fourniture de gros fers. 879 15 10
13 septembre.--A Berlin, pour payement de 1,404 l. de moellons. 604l. »s. »d.
11 octobre.--A Devienne, pour payement de 11,455 l. 3 s. 7 d., pour ouvrages de remplissage et pavé de la digue. 855 3 7
18 octobre.--A Raffront, pour payement de 1,976 l. de moellons. 761 » 5
_Id._--A Frades et Devienne, pour payement de 8,249 l. 14 s. 4 d., pour moellons. 449 14 4
_Id._--A Noiret, pour payement de 8,874 l. 2 s. 9 d., pour divers ouvrages de fer. 874 2 9
_Id._--A Frades et Devienne, pour complément de 11,455 l. 3 s. 7 d., pour remplissage de la digue, près l'île de Chatou. 300 » »
1er novembre.--A Eux, pour payement de 3,040 l. 11 s., pour moellons. 640 11 »
6 décembre.--A Eux, pour payement de 5,197 l. 10 s., pour 12,300--3/4 de moellons. 1,797 10 »
_Id._--A Charruel, couvreur, pour payement de 422 l. 3 s., pour la couverture de la nouvelle forge. 122 12 3
_Id._--A Mathelin, pour payement de 153 l., pour transport de terre. 53 » »
13 décembre.--A Frades et Devienne, pour payement de 300 l., pour voitures de glaise. 100l. »s. »d.
20 décembre.--A Eux, pour payement de 2,499 l., pour moellons fournis. 999 » »
27 décembre.--A Lamontagne, pour payement de 938 l. 14 s., pour plates-bandes. 438 14 »
Id.--A Menoist, pour payement de 1,998 l. 5 s., pour fers. 398 5 »
En outre:
Octobre 1682.--A Boudet, sur les tuyaux de fer de fonte, qu'il doit livrer pour la machine de la rivière de Seine. 17,300 » »
Au sieur Desvaugoins, sur les tuyaux pour la nouvelle machine de la rivière de Seine. 92,200 » »
Au sieur Lebreton, sur les tuyaux pour la nouvelle machine de la rivière de Seine. 2,000 » »
A Lahaye, _id._ 5,500 » »
A Coulon, _id._ 1,000 » »
ANNÉE 1683.
ORDRES DU 10 JANVIER 1683 AU 2 JANVIER 1684.
A Laporte, Aubert, charpentiers;--Raffront, maçon;--Frades, maçon;--Devienne, maçon;--Noiret, serrurier;--Menoist, serrurier;--Allan, marchand de charbon;--Grey-Spa;--de Ville, ingénieur;--Hardel, terrassier;--Bourienne, _id._;--Gondaut, charron;--Devaux, voiturier;--Martin, terrassier;--Caron, arpenteur;--Lejongleur, pour les eaux;--Arnault, pour loyer;--veuve Raffront, _id._;--Duvivier, Decoste, maçons;--Benoist, terrassier;--Montoque, _id._;--Marchand, paveur;--Mathelin, terrassier;--Langlois, cordier;--Berlin, paveur;--Delaunay, Richard, terrassiers;--Lahaye, plombier;--Morel, serrurier;--Louchard, cordier;--Rousseau, charron;--Langlois, cordier;--Remy, fontainier;--Paul et Rankin-Sualem, charpentiers;--Sianne, _id._;--Miché, menuisier;--Mathieu, plombier;--Desyaugoins, fabricant de tuyaux,--Godefroy, briquetier;--Masson, serrurier;--Laharpe, plombier;--Esmery, _id._;--Boileau, marchand de fer;--Pernolle, _id._;--Bourbonnais, pour un soufflet de forges;--Nicolle, terrassier;--Levasseur, _id._;--Charruel, couvreur;--Delbert, plombier;--Bachelart, voilurier;--Duval, serrurier;--Simon, maçon;--Malin et Vaillant, marchands de fer;--Crosnier, terrassier;--Lambotte, mécanicien;--Viart, terrassier;--Noël, serrurier;--veuve Lavier, menuisier;--Vivret, marchande de toiles;--Namurois, serrurier;--Pays, corroyeur;--Baumont, terrassier;--Racine, _id._;--Belier, _id._;--Renault, serrurier;--Lapoterie, marchand de fer;--Sauvage, _id._;--Gervais, serrurier;--Guessard, id.;--Ansaume, maçon;--Desjardins, tailleur;--Chenet, chirurgien;--Lucas, plombier;--Duremar, serrurier.
Sommes. 858,228l. 15s. 6d.
On trouve particulièrement dans ce chapitre:
A Frades et Devienne, pour payement de 2,025 l., pour le transport des sables provenant de l'atterrissement qui s'est fait au-dessous de la machine dans la rivière de Seine. 75l. »s. »d.
A Menoist, pour payement de 948 l. 13 s., pour fers par lui fournis. 348 13 »
A Allen, pour payement de 1,308 l. 4 s., pour fournitures de charbon de terre. 808 8 »
A Hardel, pour payement de 895 l. 8 s. 4 d., pour pavage qu'il a fait au rétablissement du grand chemin. 95 8 4
A Haffront, pour payement de 5,109l. 5 s. 10 d., pour maçonnerie au deuxième puisard. 359 5 10
A Noiret, pour payement de 7,674 l. 1 s. 6 d., pour fournitures de fers de pieux. 474 1 6
A Marchand, pour payement de 3,229 l. de pavés. 729 » »
A Frades et Devienne, pour payement de 1,747 l. 17 s. 6 d., pour moellons et libage. 947 17 6
A Montagne, pour payement de 1,369 l. 4 s. 4 d., pour ouvrages de fer. 469 4 4
A Frades et Devienne, pour payement de 2,892 l. pour transports de terre. 72l. »s. »d.
Aux soldats suisses, qui ont fait des fascines et travaillé. 123 13 6
A Bourienne, pour payement de 2,736 l. 14 d., pour fouilles au deuxième puisard. 86 14 6
A Marchand, pour payement de 3,229 l. 8 s., pour pavés. 500 » »
A Noiret, pour payement de 1,604 l. 6 s. 6 d., pour fouilles. 304 6 6
A Charuel, pour payement de 439 l. 7 s. 6 d., pour couverture. 39 7 6