Cours de philosophie positive. (6/6)

Part 37

Chapter 372,763 wordsPublic domain

Résultat nécessaire de ce double mouvement mental et social, le régime monothéique vint constituer, au moyen âge, la dernière phase suffisamment durable de l'état préliminaire de l'humanité, pendant que l'ancienne concentration politique aboutissait à une dispersion graduelle, accélérée par d'inévitables invasions, et rendant plus indispensables le lieu spirituel qui pouvait seul maintenir, et même étendre, l'assimilation universelle. Le système primordial subit alors, à tous égards, une intime modification générale, indice spontané d'une irrévocable décadence, soit par la simplification et la réduction de la philosophie théologique, livrant désormais à l'esprit rationnel une partie de plus en plus grande du domaine primitif de l'esprit religieux; soit par la transformation naturelle de l'activité conquérante en activité essentiellement défensive; soit par l'altération profonde qu'apportait à l'organisme antique l'admirable séparation dès lors instituée entre les deux puissances élémentaires; soit aussi par l'ébranlement décisif que recevait le principe des castes d'après la suppression catholique de l'hérédité antérieure du sacerdoce. Mais, avant son extinction graduelle, l'organisme théologique et militaire, ainsi radicalement modifié, devait épuiser enfin ses éminentes propriétés civilisatrices, en déterminant, chez l'élite de l'humanité, une dernière préparation indispensable à sa vie définitive, et qui devait consister, d'une part, dans le premier établissement social de la morale universelle, d'une autre part, dans l'évolution directe, quoique nécessairement partielle et empirique, des divers élémens propres à la sociabilité moderne. Cette double opération capitale, qui fit alors justement surgir le premier sentiment instinctif de la progression humaine, dut être surtout dirigée par le système catholique, dont la formation successive constitue jusqu'ici le chef-d'œuvre politique de la sagesse humaine, d'autant plus digne d'une éternelle admiration, qu'il était ainsi forcé d'employer une philosophie extrêmement imparfaite, toujours essentiellement appuyée sur la considération vague et indirecte de la vie future, dont l'économie ancienne n'avait fait qu'un usage secondaire. Quoique la division fondamentale des deux puissances, d'abord empiriquement établie d'après l'irrésistible tendance de la nouvelle situation sociale, ait dû être profondément entravée, et même bientôt compromise, par les graves imperfections de la théologie dirigeante, nous y avons cependant reconnu le plus grand perfectionnement qu'ait encore éprouvé la saine théorie générale de l'organisme social, envisagé comme destiné à l'ensemble de notre race. Malgré son existence passagère, cette tentative anticipée, trop supérieure, à tous égards, à l'état social correspondant, n'en a pas moins réalisé suffisamment un résultat vraiment fondamental, base impérissable de tous les progrès ultérieurs, en constituant enfin l'indispensable indépendance de la morale envers la politique, tellement convenable aux nouveaux besoins de l'humanité, qu'elle a dû essentiellement résister ensuite à l'entière décadence de la philosophie théologique qui lui servait de principe intellectuel, en restant dès lors de plus en plus exposée à des perturbations funestes mais momentanées. Quant à l'aptitude temporaire de ce régime monothéique à seconder directement la première élaboration décisive des élémens définitifs de la sociabilité humaine, elle résultait nécessairement de sa tendance générale à transformer, et ensuite à supprimer l'esclavage antique, de manière à permettre le libre essor de la vie industrielle, principal attribut de l'existence moderne: sous le rapport spéculatif, il devait d'abord favoriser spontanément l'universelle propagation, et même l'extension graduelle, de l'évolution scientifique, tant qu'elle pouvait conserver envers le monothéisme une harmonie que le polythéisme n'avait pu longtemps admettre; en outre, l'évolution esthétique, quoique la moins encouragée par un tel système, devait y trouver naturellement une dissémination graduelle, et surtout une libre incorporation sociale, très-supérieures à ce que l'antiquité avait habituellement réalisé. L'exacte appréciation historique des divers résultats essentiels propres à cette grande transition humaine, nous a conduits à y distinguer deux époques principales, dont la première, s'étendant du début du cinquième siècle à la fin du septième, est caractérisée, à tous égards, par l'établissement initial de la nouvelle société, à l'issue des invasions, et n'accomplit d'autre élaboration immédiate que la transformation universelle de l'esclavage en servage, première source nécessaire de l'entière émancipation personnelle. Mais la phase suivante, où le régime monothéique a développé enfin ses vrais attributs, soit par l'indépendance régulière du pouvoir spirituel, soit par la prépondérance de l'organisation défensive destinée à contenir suffisamment le système d'invasion, a dû ensuite être subdivisée en deux périodes, chacune composée aussi d'environ trois siècles, selon que l'activité féodale dut être dirigée d'abord contre les sauvages polythéistes du nord, et ensuite contre l'irruption du monothéisme musulman. Dans la première, l'organisme, soit spirituel, soit temporel, propre au moyen âge, tend directement vers sa constitution définitive, mais sans pouvoir encore l'y réaliser suffisamment: la libération individuelle, à la suite d'une convenable initiation à la vie laborieuse, s'accomplit essentiellement chez les habitans des villes, désormais appelés à développer de plus en plus la nouvelle activité industrielle; les langues modernes s'élaborent rapidement, à mesure que l'humanité s'éloigne définitivement de la sociabilité antique, et préparent ainsi un essor esthétique vraiment original; l'élément scientifique et philosophique, extérieur à la société ancienne, commence à s'incorporer directement à la société nouvelle. La dernière époque est le temps de la plus grande splendeur du régime monothéique, parvenu enfin à sa pleine maturité, par une suffisante indépendance politique du pouvoir spirituel, et par l'entière constitution de la hiérarchie féodale. Cet énergique organisme accomplit alors directement son plus noble office temporaire, soit en faisant convenablement prévaloir la morale sur la politique, de manière à ébaucher le développement décisif du sentiment universel de la dignité humaine, soit en préservant l'élite de l'humanité de l'oppressive domination de l'islamisme. Sous sa tutélaire prépondérance, l'industrie urbaine, bientôt consolidée par un indispensable affranchissement collectif, conduisant rapidement à l'entière abolition de la servitude rurale, tend graduellement à régénérer l'existence temporelle de l'homme, dès lors amené, dans tout le monde civilisé, à la vie définitive la plus conforme à sa nature habituelle, malgré une haute répugnance primitive, enfin surmontée par une suffisante préparation. L'ensemble de la situation encourage alors spontanément l'évolution esthétique, qui, dans tous les beaux-arts, manifeste partout une marche à la fois originale et populaire, à laquelle cependant l'instabilité radicale d'un tel état social devait bientôt interdire un développement convenable. En même temps, l'esprit scientifique et philosophique, dont l'activité, quoique toujours continue, avait dû être beaucoup ralentie, tant que l'élaboration sociale du catholicisme avait dû justement absorber les plus hautes intelligences, recevait naturellement une impulsion croissante depuis que le système catholique était ainsi pleinement réalisé: il constituait déjà une rivalité de plus en plus dangereuse envers l'esprit purement religieux, qui, par la mémorable transaction scolastique, est obligé d'abandonner aussi à la métaphysique le domaine moral; de manière à organiser passagèrement, dans notre système mental, une certaine unité ontologique, dont la nature éminemment précaire est aussitôt annoncée par le succès de la conception, radicalement contradictoire, d'un gouvernement providentiel subordonné à des lois immuables, concession involontaire mais décisive de l'esprit théologique à l'esprit positif. Malgré ces éminentes propriétés diverses du régime monothéique, son ascendant général devait néanmoins cesser après le suffisant accomplissement de la mission nécessairement temporaire qui lui appartenait dans l'ensemble de l'évolution humaine, et dont la juste prépondérance avait pu seule contenir jusqu'alors les germes de décomposition spontanée inhérens à un tel système. Sous l'aspect politique, l'indépendance du pouvoir spirituel, qui en constituait le principal caractère, y devait être finalement incompatible, soit avec l'esprit de concentration absolue, inséparable de l'activité militaire, restée dominante quoique passée à l'état défensif, soit même avec la nature, non moins despotique, propre à toute autorité religieuse; d'où résultait sans cesse un imminent conflit entre deux tendances également perturbatrices d'un tel organisme, flottant toujours entre la théocratie et l'empire. Dans l'ordre mental, une théologie qui, dès sa première élaboration historique, n'avait pu s'incorporer le mouvement intellectuel, déjà dirigé par une métaphysique implicitement hostile, ne pouvait éviter d'en être enfin discréditée quand elle aurait suffisamment réalisé, par l'établissement incontesté de la morale universelle, la haute mission sociale qui avait pu seule faire longtemps oublier son infériorité philosophique, désormais de plus en plus antipathique à l'esprit humain, alors pressé de poursuivre son libre développement spéculatif, bientôt inconciliable avec toute théologie quelconque. Nous avons reconnu que l'ensemble de ce mémorable régime transitoire devait, à tous égards, après le temps de son principal ascendant, devenir graduellement incompatible avec les divers progrès que lui-même avait d'abord ébauchés. C'est ainsi qu'a nécessairement commencé l'état essentiellement métaphysique, qui, pendant les cinq siècles qui nous séparent du moyen âge proprement dit, devait graduellement réaliser, par une double série d'opérations simultanées et solidaires, les unes négatives, les autres positives, la dernière transition indispensable à l'avénement direct du régime final de l'humanité, soit en effectuant la démolition progressive du système théologique et militaire, soit en élaborant la préparation décisive des nouveaux élémens sociaux. L'impuissance organique propre à la métaphysique obligeait d'ailleurs ce double mouvement à s'accomplir sous la haute prépondérance politique, inévitable quoique toujours décroissante, de l'ancien organisme, que l'irrévocable transformation subie au moyen âge rendait, à tous égards, de plus en plus modifiable.

Pour apprécier convenablement cette importante progression, à la fois révolutionnaire et régénératrice, particulière à l'Europe occidentale, comme l'initiation catholique et féodale d'où elle dérivait, nous avons dû y distinguer d'abord deux époques successives, selon que la décomposition générale et la recomposition partielle y présentent un caractère purement spontané ou essentiellement systématique. Dans la première, s'étendant du début du XIVe siècle à la fin du XVe, l'irréparable dissolution du régime ancien s'accomplit naturellement d'après le seul antagonisme de ses élémens principaux; le pouvoir temporel annulle socialement le pouvoir spirituel, soit en détruisant l'autorité européenne des papes, soit ensuite en brisant l'unité de la hiérarchie catholique par la nationalisation des divers clergés: en même temps, le conflit permanent des deux élémens généraux du pouvoir temporel, l'un local, l'autre central, se développe de manière à tendre rapidement vers l'entière prépondérance de l'un d'eux. Pendant que toutes les forces politiques concourent ainsi à démolir instinctivement l'organisme monothéique, les nouveaux élémens sociaux, coopérant seulement à ces luttes comme simples auxiliaires, s'efforcent surtout de les utiliser pour l'accélération de leur propre essor partiel, dont la réaction nécessaire seconde éminemment le mouvement de décomposition. La vie industrielle s'étend et se consolide, de manière à soustraire irrévocablement la masse des populations civilisées à la prépondérance des mœurs militaires et des liens féodaux, et en faisant aussi ressortir naturellement l'inaptitude croissante de la morale purement théologique à régler une sociabilité qu'elle n'avait pu suffisamment pressentir: l'essor esthétique, sous l'impulsion acquise au moyen âge, parvient bientôt à un mémorable élan, déjà instinctivement hostile à l'ordre ancien, mais promptement entravé par l'incohérence et l'instabilité de la situation sociale, qui fait naître le besoin d'une direction artificielle et précaire, fondée sur une servile imitation de l'antiquité: l'évolution scientifique, suivant encore la direction scolastique, enrichit et agrandit silencieusement le domaine de la philosophie naturelle, d'après l'heureuse stimulation continue émanée des conceptions, alors éminemment progressives, de l'astrologie et de l'alchimie, mais en demeurant ainsi compatible avec la prépondérance philosophique de l'esprit métaphysique, auquel la présidence du mouvement critique procurait momentanément une importante destination sociale. Quand la désorganisation spontanée, surtout spirituelle, est suffisamment avancée, elle passe nécessairement à l'état systématique, par l'avénement naturel des principes émanés de la nouvelle situation sociale, et dont l'indispensable réaction générale était destinée à poursuivre les conséquences révolutionnaires des luttes antérieures jusqu'à l'entière démolition du régime ancien, de manière à dévoiler directement la tendance instinctive de la sociabilité moderne vers une régénération totale, évidemment impossible sans une telle préparation négative. C'est alors aussi que le développement continu des nouveaux élémens sociaux devient régulièrement assujetti à des encouragemens de plus en plus systématiques, qui ne pouvaient être habituels avant que la concentration temporelle fût convenablement réalisée. Notre appréciation historique a dû partager l'ensemble de cette double progression systématique, jusqu'au début de la grande révolution française, en deux phases très-distinctes, qui se succèdent vers le milieu du XVIIe siècle: elles sont caractérisées, dans la série négative, par les dénominations de protestante et déiste, suivant que l'esprit critique y contient l'action dissolvante du principe du libre examen individuel entre des limites qui semblent compatibles avec l'existence indéfinie de l'ancien organisme, ou bien étend ensuite sa démolition métaphysique jusqu'à rendre logiquement impossible cette existence contradictoire: ces deux phases présentent d'ailleurs des différences exactement équivalentes, quoique moins apparentes, dans la série positive. La première, politiquement envisagée, commence par l'universelle consécration dogmatique, sous des formes nécessairement diverses mais pareillement décisives, de l'entière subalternisation du pouvoir spirituel envers le pouvoir temporel, d'après l'essor, direct ou indirect, de l'esprit protestant: elle aboutit à la mémorable dictature de l'un des deux élémens temporels, auquel l'autre s'est enfin servilement subordonné. Cette issue, aussi passagère qu'inévitable, nous a nécessairement offert deux modes très-différens, selon que la prépondérance devait appartenir à l'élément monarchique ou à l'élément aristocratique, distinction ordinairement liée à la prééminence respective du catholicisme ou du protestantisme; le premier cas ayant dû être, finalement, par sa nature, beaucoup plus favorable que le second, soit à l'irrévocable démolition du régime ancien, soit à l'avénement décisif du nouvel état social. Nous avons d'ailleurs reconnu que l'une ou l'autre dictature avait spontanément développé, à partir de son entière installation, un caractère politique essentiellement rétrograde, naturellement contenu pendant les luttes antérieures, et consistant en une tendance plus ou moins prononcée à reconstruire sous sa tutelle l'ancienne constitution sociale, ou du moins à arrêter sa dissolution ultérieure, tout en secondant, par une irrésistible inconséquence, le développement continu de la sociabilité moderne: cet esprit rétrograde du pouvoir dirigeant, ou plutôt résistant, était d'ailleurs, dans une telle situation, indispensable à l'ordre, comme l'esprit révolutionnaire du mouvement social l'était simultanément au progrès. Pendant que s'accomplissait cette extrême transformation du régime monothéique, l'évolution industrielle, directement accélérée par une protection systématique, qui toutefois la subordonnait encore aux inspirations militaires, marchait rapidement à l'entière possession temporelle de la société européenne: l'évolution esthétique, pareillement encouragée, faisait partout surgir, à tous égards, malgré les entraves d'une situation confuse et mobile, d'éternels témoignages de l'entière conservation, et même de l'extension réelle, des facultés poétiques et artistiques de l'humanité, désormais appelées à une influence sociale de plus en plus intime et universelle: l'évolution scientifique, parvenue, dans le domaine inorganique, et surtout mathématique, à l'éclat le plus caractéristique, commence à manifester directement l'incompatibilité déjà radicale de l'esprit positif avec la prépondérance de l'ancienne philosophie, principalement par suite des éminentes découvertes qui renouvellent totalement le système des notions astronomiques, ainsi toujours destiné à déterminer les grandes transitions mentales, comme dans les passages antérieurs du fétichisme au polythéisme et de celui-ci au monothéisme: enfin, sous cette irrésistible impulsion, une crise vraiment décisive s'opère bientôt dans l'évolution purement philosophique, d'après l'heureuse émancipation fondamentale de l'esprit positif envers l'esprit métaphysique, qui aboutit au compromis, évidemment provisoire, institué par Descartes, dernière modification du partage primordial organisé par Aristote et Platon entre la philosophie naturelle et la philosophie morale, répartition déjà altérée, au profit de la métaphysique, par la scolastique du moyen âge; la méthode positive entre alors irrévocablement en possession exclusive de l'étude entière du monde extérieur, en réduisant l'ancienne méthode à l'étude, aussi restreinte que possible, de l'intelligence et de la sociabilité, où elle ne pouvait plus maintenir longtemps une suprématie devenue profondément stérile. Tout cet ensemble d'opérations critiques et organiques amène nécessairement la phase finale de la double progression préparatoire propre aux sociétés modernes, où l'ébranlement philosophique porte enfin une atteinte irréparable aux bases les plus essentielles de l'ancienne économie, de manière à rendre irrécusable la nécessité d'une rénovation totale: toutefois l'inconséquence métaphysique, graduellement développée à mesure que les vues vraiment générales étaient radicalement entravées par l'essor exorbitant de l'esprit de détail, continue à rêver la régénération sociale comme fondée sur la conservation contradictoire des impuissans débris du régime antique; vaine solution, correspondante au besoin de repousser à peu de frais le reproche, de plus en plus imminent, d'une tendance uniquement négative, qui, en réalité, ne pouvait immédiatement conduire qu'à une entière anarchie intellectuelle et morale, en détruisant, sans pouvoir encore les remplacer, les fragiles fondemens spirituels de l'ordre social. En même temps, le progrès continu de l'évolution industrielle obtient spontanément de la dictature temporelle la plus extrême concession pratique compatible avec l'existence de l'ancien système, qui dès lors subordonne volontairement sa propre activité militaire aux succès industriels, partout érigés en but essentiel de la politique européenne: l'évolution esthétique, malgré sa stérilité positive, et l'évolution scientifique, dont l'éclat se maintient, obtiennent alors un ascendant analogue; elles commencent à s'affranchir de toute protection facultative, et s'incorporent profondément à la sociabilité moderne, en exerçant une influence croissante sur l'éducation universelle. Tandis que ces trois évolutions simultanées devenaient, à tous égards, essentiellement incompatibles avec le régime primitif, les vices radicaux inhérens à la spécialité exclusive qui avait dirigé, depuis la fin du moyen âge, leur commun développement empirique, manifestaient aussi une inévitable extension, qui tendait à y entraver radicalement tout grand progrès ultérieur: soit par les collisions de plus en plus graves, que le défaut de coordination systématique suscitait au sein de l'industrie; soit par l'impuissant désordre que l'absence de direction générale faisait naître dans l'art moderne, depuis que l'artifice du régime classique avait été, sous la phase précédente, essentiellement épuisé; soit par les abus inhérens à l'irrationnelle dispersion de la culture scientifique, surtout depuis que son extension décisive au monde organique devait signaler l'imminent danger d'un esprit trop analytique. À ces divers titres, il devenait dès lors graduellement évident que la progression moderne exigeait désormais l'élaboration directe d'une réorganisation totale, quoiqu'une vaine métaphysique persistât à préconiser dogmatiquement l'empirisme et l'individualité.