Correspondance: Les lettres et les arts
Part 22
Dans le mystère de la conception, si obscur, pense-t-on à cela? Un enfant naît: pourquoi un garçon, pourquoi une fille? on l'ignore. Mais quelle complication d'obscurité et de misère, si la nature a un moment d'incertitude, si le garçon naît à moitié fille, si la fille naît à moitié garçon? Les faits sont là, quotidiens. L'incertitude peut commencer au simple aspect physique, aux grandes lignes du caractère: l'homme efféminé, délicat, lâche; la femme masculine, violente, sans tendresse. Et elle va jusqu'à la monstruosité constatée, l'hermaphrodisme des organes, les sentiments et les passions contre nature. Certes, la morale et la justice ont raison d'intervenir, puisqu'elles ont la garde de la paix publique. Mais de quel droit pourtant, si la volonté est en partie abolie? On ne condamne pas un bossu de naissance parce qu'il est bossu. Pourquoi mépriser un homme d'agir en femme, s'il est né femme à demi?
Certes, mon cher docteur, je n'entends pas même poser le problème. J'indique seulement les raisons qui m'ont fait souhaiter la publication du _Roman d'un inverti_. Peut-être cela inspirera-t-il un peu de pitié et un peu d'équité pour certains misérables. Et puis, tout ce qui touche au sexe touche à la vie sociale elle-même. Un inverti est un désorganisateur de la famille, de la nation, de l'humanité. L'homme et la femme ne sont certainement ici-bas que pour faire des enfants, et ils tuent la vie, le jour où ils ne font plus ce qu'il faut pour en faire.
Cordialement à vous.
III
Médan, 18 juillet 1895.
Cher Monsieur,
Je crois qu'il ne faut pas passer outre aux inquiétudes de l'éditeur, car il serait désastreux que quelque ennui arrivât. Pour mon compte, je ne suis pas d'avis de trouver un éditeur quand même. Mais je serai fort heureux de garder le manuscrit de l'ouvrage, dans les conditions où vous me l'offrez, et avec la pensée qu'il pourra être utilisé un jour.
Cordialement à vous.
IV
=Réponse à une Enquête sur le Langage intérieur[79].=
Voici l'observation prise sous la dictée du Maître:
«Étant enfant, j'avais une bonne mémoire scolaire; j'avais le prix de mémoire; déjà à cette époque je travaillais sans trop de zèle, le nécessaire, rien de plus: arrivé en étude, je me mettais à la besogne, avec le désir de terminer le plus vite possible et de ne plus rien faire.
«Au lit je récitais tout bas mes leçons avant de m'endormir, c'est un excellent moyen pour retenir.
«Le lendemain, je les savais, j'en disais très bien le mot à mot avec beaucoup de précision; je ne me trompais et n'hésitais que rarement; j'avais donc une mémoire excellente qui me permettait d'apprendre vite et bien. Mais tout disparaissait assez rapidement, les mots s'envolaient avec le temps, et l'âge a amené l'oubli des textes les mieux sus.
«Déjà à cette époque, ma mémoire était ce qu'elle est aujourd'hui, elle se chargeait rapidement, avidement... puis elle se déchargeait. C'est une éponge qui se gonfle, puis qui se vide; c'est un fleuve qui entraîne tout et dont les eaux courent tôt se perdre sur un banc de sable.
«Un caractère très net de ma mémoire, c'est que la persistance des souvenirs dépend de mon désir et de ma volonté de retenir. J'ai une excellente mémoire visuelle, mais si je ne regarde pas _en voulant_ retenir, il ne reste rien; si je n'ai pas la volonté de me souvenir, tout se perd. Nommé président de la Société des Gens de lettres, j'ai mis plus de trois semaines à me rappeler les physionomies des vingt-quatre membres du Comité.
«A la suite d'une enquête faite pour construire un roman, je retrouve, quand j'ai idée de voir, tous les souvenirs dont j'ai besoin.
«Mes souvenirs visuels ont une puissance, un relief extraordinaire; ma mémoire est énorme, prodigieuse, elle me gêne; quand j'évoque les objets que j'ai vus, je les revois tels qu'ils sont réellement avec leurs lignes, leurs formes, leurs couleurs, leurs odeurs, leurs sons: _c'est une matérialisation à outrance_; le soleil qui les éclairait m'éblouit presque; l'odeur me suffoque, les détails s'accrochent à moi et m'empêchent de voir l'ensemble. Aussi pour le ressaisir me faut-il attendre un certain temps. Je n'écrirai que l'an prochain mon roman sur Lourdes, je prendrai les notes que j'ai recueillies; l'évocation se fera; tout sera au point; sur l'ensemble, les grandes lignes, les grandes arêtes se détacheront, nettes...
«Cette possibilité d'évocation ne dure pas très longtemps; le relief de l'image est d'une exactitude, d'une intensité inouïes, puis l'image s'efface, disparaît, cela s'en va; ce phénomène est heureux pour moi; j'ai écrit beaucoup de romans, j'ai entassé un nombre considérable de matériaux: si tous mes souvenirs me restaient, je succomberais sous leur poids. De la trame du roman, l'oubli est encore plus rapide; arrivé à la fin de l'ouvrage que j'écris, j'en oublie le commencement. Il me faut autant de plans que de chapitres projetés: pour vingt chapitres, vingt plans détaillés. Alors je pars tranquille, avec ce guide-âne je suis sûr de ne pas me perdre en route; mon sous-main, couvert d'indications, de notes d'échos, de rappels, m'est indispensable, je le consulte sans cesse.
«En résumé, ma mémoire se caractérise par la puissance énorme des souvenirs qu'elle me fournit, par la fragilité de ces souvenirs.
«Je ne me souviens pas pour le plaisir de me souvenir, je n'exerce pas cette grosse mémoire pour le plaisir de l'exercer; tout ce qui ne nécessite pas un peu d'invention, lire, corriger des épreuves, m'endort, mais je ne dors plus dès que je puis créer, dès que fonctionne le centre d'invention littéraire.
«On sait comment je compose mes romans; je rassemble le plus possible de documents, je voyage, il me faut l'atmosphère de mon sujet; je consulte les témoins oculaires des faits que je veux décrire; je n'invente pas, le roman se fait, se dégage tout seul des matériaux. Ainsi, pour _La Débâcle_, je suis allé à Sedan, j'ai consulté les meilleures sources d'informations; les personnages se sont présentés tout seuls; ne fallait-il pas un colonel, un capitaine, un lieutenant, un caporal, des hommes...? Une fois le personnage apparu, je le fais mien, je vis avec lui; je ne me plais qu'en ce qui vit.
«Chez moi le mot n'a pas grande importance. Il peut être éveillé par l'image ou par l'argument; je puis parler facilement, je ne m'élève à la véritable éloquence que sous l'influence de la passion; j'abhorre le lieu commun, il me paralyse, m'empêche de parler.
«Souvent le mot écrit m'étonne comme si je ne l'avais jamais vu; je lui trouve un aspect bizarre, laid, disgracieux: il éveille toujours une image appropriée; mentalement je ne le lis ni ne le parle, je ne suis pour lui ni visuel, ni moteur. Quand j'écris, la phrase se fait en moi toujours par euphonie; C'est une musique qui me prend et que j'écoute; gamin, j'adorais les vers et en écrivais beaucoup; la musique véritable me laisse froid, je n'ai pas, je crois, l'oreille très juste; c'est par un véritable raisonnement que j'aime la musique; elle a été longtemps pour moi lettre close, mais j'entends le rythme de la phrase; je me fie à lui pour me conduire, un hiatus me choque et me gêne.
«Je ne prépare pas la phrase toute faite; je me jette en elle comme on se jette à l'eau, je ne crains pas la phrase; en face d'elle je suis brave; je fonds sur l'ennemi, j'attaque la phrase laissant à l'euphonie le soin de l'achever.
«Chez nous romanciers, ceci est rare. Tous les écrivains que j'ai connus polissent leur phrase avant de l'écrire; la première heure est la moins bonne, c'est la période des tâtonnements; au bout d'un certain temps tout s'arrange, se dessine et le bon travail commence.
«Pour moi c'est le contraire, ce que je fais de mieux est ce que je fais d'abord. La fatigue arrive vite; mes quatre ou cinq pages écrites, je cesse; je ne dépasse pas trois heures par jour; on m'a fait une réputation de travailleur, c'est une erreur; je suis très régulier et très paresseux; je vais très vite, pour en finir le plus rapidement possible et ne plus rien faire.
«Je termine en disant que je suis myope et porte du 9; cela est venu à dix-neuf ans; je me suis aperçu que je ne pouvais plus, comme l'année précédente, lire de chez moi les affiches annonçant les représentations théâtrales, dont j'étais très friand.
«Mes organes des sens sont bons; l'odorat est excellent. Je rêve assez souvent; mes rêves manquent de lumière; je n'y vois pas le grand soleil, le plein jour; c'est une clarté élyséenne qui entoure les objets et les personnes, un peu flous, à demi perdus dans une lumière diffuse et grise...».
V
Paris, 18 janvier 1896.
Mon cher Docteur,
J'envoie à votre éditeur la préface corrigée.--Sans doute, ce serait bien agréable et bien beau d'aller à Alger, mais si vous saviez quelle continuelle besogne me cloue ici.
Bien cordialement à vous.
* * * * *
[1] Le peintre impressionniste Paul Cézanne était d'Aix comme Antony Valabrègue.
[2] et [3]: Voir le livre de Paul Alexis: _Émile Zola_; et voir aussi le premier volume de cette _Correspondance_, qui contient les Lettres que Zola écrivit dans sa jeunesse à Baille, à Cézanne et à Marius Roux.
[4] _Contes à Ninon_.
[5] La Confession de Claude.
[6] Exclamation que Paul Cézanne lançait au moindre ennui qui lui survenait: «Il est bien noir pour moi, le ciel de l'avenir.»
[7] _Thérèse Raquin._
[8] Lettre communiquée par M. Emery Duchesne qui l'a trouvée dans les papiers de son père; celui-ci fut le collaborateur de M. de Villemessant au _Figaro_.
[9] _La Confession de Claude_.
[10] Villemessant était alors directeur de _L'Évènement_; Bourdin, son gendre, était secrétaire de la rédaction.
[11] A propos d'un volume que Champfleury venait de publier sur les chats.
[12] Délibération relative à une proposition tendant à donner à une voie d'Aix le nom de François Zola, le père d'Émile Zola, qui fit creuser dans la ville un canal qui porte son nom.
[13] Rhunka était un petit singe femelle de race macaque.
[14] A propos de _La Curée_, qui allait paraître dans _La Cloche_, dont Ulbach était le directeur.
[15] C'est de Paul Cézanne dont il est question.
[16] _La Curée._
[17] _Lise Tavernier_, probablement.
[18] _Les Héritiers Rabourdin_
[19] Répétitions des _Héritiers Rabourdin_, au théâtre Cluny.
[20] _Son Excellence Eugène Rougon._
[21] En réponse à un article très vif sur et contre _L'Assommoir_. Cette lettre fut insérée dans _Le Figaro_ du 7 septembre et en même temps qu'un nouvel article de M. Millaud aussi vif que le précédent. Émile Zola écrivit alors la lettre suivante en date du 9 septembre. Mais Villemessant considéra que ce débat ne pouvait se prolonger et ne voulut pas insérer cette seconde lettre. Les choses en restèrent là.
[22] _Le Bouton de rose._
[23] _Une page d'amour._
[24] _Une page d'amour._
[25] La mère de Georges.
[26] _Bouvard et Pécuchet._
[27] La revue _La Jeune France_ avait publié, dans son numéro du 1er février 1879, un article de Gustave Rivet sur le Naturalisme. Cette lettre, adressée à l'auteur de l'article, fut insérée dans _La Jeune France_ du 1er mars 1879.
[28] Il s'agissait d'une demande pour un poste de conservateur d'une bibliothèque, Flaubert se trouvant dans une situation précaire à ce moment-là; malgré toutes les précautions des amis, cette demande avait été ébruitée, et les journaux s'en étaient emparé. Grand chagrin de Flaubert, et immense tristesse des amis qui auraient voulu que Flaubert ne sût rien avant la chose résolue.
[29] Flaubert s'était cassé la jambe.
[30] _Giacinta._
[31] Cette jeune fille est morte depuis une quinzaine d'années.
[32] Les _Chroniques parisiennes_, adressées par Sainte-Beuve à la _Revue Suisse_ et que M. Jules Troubat venait de recueillir en volume chez Calmann-Lévy.
[33] Paul Cézanne.
[34] Lettre relative aux funérailles de Madame Zola mère.
[35] En réponse à une lettre qui accompagnait l'envoi d'un volume: _Les Chrysanthèmes de Marie_, et dans laquelle M. Chaigneau répondait à un article de Zola sur Victor Hugo.
[36] Les funérailles de Gustave Flaubert.
[37] Renseignements pour _Pot-Bouille_.
[38] C'est Zola qui a poussé Rod à faire de la littérature.
[39] Série d'articles publiés ensuite en volume sous le titre: _Une campagne_ (1880-1881).
[40] _Pot-Bouille_.
[41] C'était un racontar, imaginé par Mme Louise Colet, dans un article médisant sur Sainte-Beuve.
[42] _Au Bonheur des Dames._
[43] A propos des statues de Dumas père et de Balzac.
[44] Alexandre Dumas père.
[45] _Essais de psychologie contemporaine._
[46] A cette époque, directeur de l'Ambigu. Il s'agit des représentations de _Pot-Bouille_.
[47] Personnage de _La Joie de vivre_.
[48] _Germinal_.
[49] En réponse à une demande de préface pour son volume de vers _Fleurs d'Enfer_, paru chez A. Ghio en 1884.
[50] Cette lettre a été motivée par deux articles parus dans _La Nouvelle Revue_ (avril-mai 1884). Elle a été publiée, avec la réponse au destinataire, dans l'ouvrage de M. Georges Renard intitulé: _Études sur la France contemporaine_ (Paris, Savine, 1888;--p. 57).
[51] M. Zevort fut, en troisième, au collège d'Aix, pendant l'année scolaire 1856-1857, le camarade d'Émile Zola. Nous avons eu sous les yeux les palmarès du collège d'Aix, pendant les années qu'y passa Zola, du mois d'octobre 1852 au mois d'août 1857, comme interne pendant les quatre premières années, comme externe surveillé pendant la dernière. Élève de septième, Zola obtient un 2e prix d'instruction religieuse, un 1er accessit d'excellence, un 2e prix de thème latin, un 1er prix de version latine, un 2e accessit de grammaire française et calcul (_sic_), un 1er prix d'histoire et de géographie, un 1er prix de récitation classique.
En sixième il a eu une 1re mention d'inscription au tableau d'honneur, un 1er accessit d'instruction religieuse, un 2e accessit d'excellence, un 1er prix d'histoire et de géographie, un 3e accessit de récitation classique (rien en latin, rien en exercices français).
En cinquième, ni tableau d'honneur, ni instruction religieuse, mais un 1er accessit d'excellence, 1er prix de thème latin, 1er prix de version latine, 2e prix de version grecque, 3e accessit d'exercices français, 2e accessit d'histoire et géographie, 3e accessit de récitation classique, prix unique de dessin et travaux graphiques et 3e accessit d'instruments à vent (_sic_).
En quatrième, même insuccès en tableau d'honneur et en excellence, mais réussite pour toutes les autres matières: 1er prix d'excellence, de thème latin, de version latine, 2e de version grecque, 1er de vers latins, 2e de grammaire-générale et d'histoire et géographie, 1er d'arithmétique et géométrie et d'anglais.
En troisième section des sciences (sous le régime de la bifurcation) Zola obtient, outre un prix de tableau d'honneur et un 2e prix d'instruction religieuse, le 1er prix dans les cinq facultés de sa section, c'est-à-dire l'excellence, l'arithmétique et l'algèbre, la géométrie et applications, la physique, chimie et histoire naturelle, la récitation classique; il est presque aussi bien partagé dans les sections réunies où il emporte le 1er prix de version latine, le 1er prix de narration française et le 1er accessit d'histoire et de géographie, sans parler du 1er prix d'italien et du 2e accessit de dessin et travaux graphiques. Après cette année scolaire 1856-57, qui fut une année triomphale, Zola quittait le collège d'Aix.
[52] En réponse à une lettre où Jean Richepin exprimait la grande joie que lui avait causée _Germinal_.
[53] Céard venait d'avoir le chagrin de perdre sa mère.
[54] La fille de Guillemet, aujourd'hui Mme André Delaistre.
[55] Né à Rounes (Aube) en 1861, mort dans la même ville en 1885. Il était fils d'un inspecteur d'académie et débuta dans les lettres en 1884 par un volume de critique, _L'Évolution naturaliste_, où se trouvaient rassemblées les principales physionomies de la littérature contemporaine: les de Goncourt, Zola, Coppée, Sully-Prudhomme, Maupassant, Bourget, Richepin, Rollinat, Becque, etc. La même année, il publiait en collaboration avec un de ses amis, un tout jeune homme: Henri Fèvre, un roman, _Autour d'un Clocher_ (Bruxelles, in-18), dont certaines descriptions attirèrent l'attention du parquet. Il fut poursuivi et condamné à un mois de prison et mille francs d'amende. Il voulut présenter lui-même sa défense, et son plaidoyer a été publié par lui sous ce titre: _Pour la liberté d'écrire_ (1885).
Le jury qui le condamna était composé d'un marchand de futailles, d'un vérificateur de bâtiments, d'un charpentier, d'un emballeur, d'un maître maçon, de trois propriétaires, d'un ingénieur, d'un épicier, d'un négociant et d'un maître couvreur.
[56] Loi sur la presse votée en 1883, article 28.
[57] _La Terre._
[58] Toutes ces armoiries étaient pour orner les chapiteaux de la salle de billard de Médan, qui existent toujours.
[59] Goncourt, Daudet, Zola.
[60] _Renée._
[61] _La Bête humaine._
[62] Communiquée par M. Prudhomme, archiviste de l'Isère.
[63] _L'Argent_, alors en préparation.
[64] Le siège de député de la 2e circonscription du Ve arrondissement étant devenu vacant à la suite de la nomination de M. de Lanessan au poste de gouverneur général de l'Indo-Chine, un groupe de jeunes gens avait délégué MM. Clément-Janin et Bougenot pour offrir la candidature à Émile Zola.
[65] Il s'agissait de l'offre de la statue de Balzac faite à la Société des gens de lettres par M. D. Osiris.
[66] Voici la copie de cette lettre:
9 mars 1892.
«Cher monsieur Zola,
«C'est avec émotion que je vois la division Margueritte et le nom de mon père jouer un rôle dans _La Débâcle_. Je pressens que vous serez sympathique aux efforts perdus de cette belle cavalerie et à la mort de son chef, sacrifié avec tant d'autres à Sedan.
«Laissez-moi saisir cette occasion--je n'en pourrai trouver une meilleure--pour me décharger auprès de vous, en toute franchise, d'un regret qui me pèse depuis longtemps. En m'associant, il y a quelques années, à ce manifeste contre vous, j'ai commis une mauvaise action dont mon extrême jeunesse m'empêcha alors de comprendre la portée, mais dont j'ai eu quelque honte depuis, lorsque j'ai mieux compris le respect qu'on se doit, d'homme à homme, et que je devais surtout, moi débutant de lettres et fils de soldat, à une vie d'écrasant labeur, de fier combat et d'exemple, comme la vôtre.
«Il y a longtemps, cher monsieur Zola, que je voulais vous écrire cela. En tardant, je n'ai fait que prolonger mes regrets et la conscience de mes torts. Voudrez-vous bien accepter ces excuses aussi franchement et complètement que je vous les offre.
«PAUL MARGUERITTE.»
[67] Pour _L'Attaque du Moulin._
[68] De _L'Attaque du Moulin._
[69] En réponse à une lettre qui accusait Zola d'avoir démoralisé la nation en publiant _La Débâcle_.
[70] Allusion au banquet donné à l'occasion de l'achèvement des _Rougon-Macquart_ et où Catulle Mendès prit la parole.
[71] Personnage de _Lourdes_.
[72] Paul Charpentier, fils de M. et de Mme Georges Charpentier.
[73] Il n'a paru que des extraits dans les _Novosti_ de Saint-Pétersbourg.
[74] Remise à M. Seménoff.
[75] _L'Enfant roi._
[76] En réponse à une lettre dans laquelle Maurice Le Blond, secrétaire général et fondateur du Collège d'esthétique moderne, annonçait à Zola qu'il avait été nommé, par la jeunesse littéraire, président d'honneur de cette société.
[77] A propos de son enquête sur le divorce.
[78] Préface du volume: _Perversion et Perversité sexuelles_ (Paris, Masson).
[79] Extrait du volume: _Le langage intérieur et les paraphasies_, page 85 (Paris, F. Alcan).
* * * * *
TABLE
LETTRES A ANTONY VALABRÈGUE
LETTRES A DIVERS ÉCRIVAINS ET ARTISTES:
A Jules Claretie
Au Directeur de la _Revue du Mois_
A Alphonse Duchesne
A Jules Claretie
A Bourdin
A Coste
Au même
A Théodore Duret
Au même
Au même
A Champfleury
A Théodore Duret
Au même
A Marius Roux
A Louis Ulbach
A Théodore Duret
A Marius Roux
Au même
Au même
Au même
A Antony Valabrègue
A Marius Roux
A Antony Valabrègue
A Louis Ulbach
A Antony Valabrègue
A Gustave Flaubert
A C. Montrosier
A Antony Valabrègue
A Louis Ulbach
A Maurice Dreyfous
A Ernest d'Hervilly
A Marie Laurent
A Marius Roux
A Gustave Flaubert
A Ivan Tourguéneff
A Antoine Guillemet
A Georges Charpentier
A Gustave Flaubert
Au même
Au même
A Marius Roux
A Georges Charpentier
Au même
A Ludovic Halévy
A Marius Roux
A Albert Millaud
Au même
A Alexandre Parodi
A Gustave Flaubert
Au Directeur du _Bien public_
A Léon Hennique
A Henry Céard
A J.-K. Huysmans
A William Busnach
Au même
A Madame Charpentier
A Léon Hennique
A Théodore Duret
A Gustave Flaubert
Au même
A Henry Céard
A Paul Bourget
A Henry Céard
A Gustave Flaubert
A Léon Hennique
Au même
A Gustave Flaubert
Au même
A Henry Céard
Au même
A Léon Hennique
A Gustave Rivet
A Gustave Flaubert
A Laffitte
A J.-K. Huysmans
A Luigi Capuana
A Gustave Flaubert
A Henry Céard
A Laffitte
A Mademoiselle Marie Van Casteel de Mollenstem
A Jules Troubat
Au même
A Antoine Guillemet
A Madame Charpentier
A Gustave Flaubert
A Laffitte
A Jules Troubat
A Henry Céard
A Antoine Guillemet
A Henry Céard
A J. Camille Chaigneau
A Jules Claretie
A J.-K. Huysmans
A Ferdinand Fabre
A J.-K. Huysmans
A Edouard Rod
A Antoine Guillemet
A Henry Céard
A Coste
A Jules Troubat
A J.-K. Huysmans
A de Cyon
Au même
Au même
Au même
Au même
A Édouard Rod
A Henry Céard
A Frantz Jourdain
A Ivan Tourguéneff
Au même
A Théodore Duret
A Alphonse Daudet
A Frantz Jourdain
A J.-K. Huysmans
A Théodore Duret
A Gustave Geffroy
A Henry Céard
Au même
Au même
A Gustave Geffroy
A Léon Hennique
A Paul Bourget
Au Dr Maurice de Fleury
A Antoine Guillemet
A Simon
A Frantz Jourdain
A Ferdinand Fabre
A Édouard Rod
A Antoine Guillemet
A Ernst Ziégler
A Auguste Barrau
A Georges Renard
A Édouard Rod
A Henry Céard
Au même
Au même
Au même
A Ernst Ziégler
A Georges Charpentier
A Henry Céard
A Georges Charpentier
A Ferdinand Fabre
A Georges Montorgueil
A Zévort
A Édouard Rod
A Francis Magnard
A Jean Richepin
A Charles Chincholle
A Gustave Geffroy
A Coste
A Henry Céard
A Coste
A Antony Valabrègue
A Antoine Guillemet
A Henry Céard
Au même
Au journal _Le Figaro_
A Alphonse Daudet
A Henry Céard
Au même
Au même
Au même
A J. van Santen Kolff
Au même
A Antoine Guillemet
A J. van Santen Kolff
A Antoine Guillemet
A Henry Céard
A Édouard Lockroy
A Alphonse Daudet
A J. van Santen Kolff
A Henry Bauer
Au même
A Octave Mirbeau
A Georges Charpentier
A Emile Verellen
A Henry Céard
A Léon Hennique
A J.-K. Huysmans
A Henry Bauer
A J.-K. Huysmans
A Octave Mirbeau
A J. van Santen Kolff
A Alphonse Daudet
A Henry Bauer
A Alphonse Daudet
A J. van Santen Kolff
A Georges Renard
A J. van Santen Kolff
A Coste
A J. van Santen Kolff
A Guy de Maupassant
A Octave Mirbeau
A Alphonse Daudet
Au Dr Maurice de Fleury
A Alphonse Daudet
A J. van Santen Kolff
A J.-K. Huysmans
A Henry Céard
Au même
Au même
Au Dr Gouverné
A Coste
Au même
A Georges Charpentier
A J.-K. Huysmans
A Jules Lemaitre
A J. van Santen Kolff
A Henry Céard
A J. van Santen Kolff
Au même
Au même
A Alphonse Daudet
A J. van Santen Kolff
A Alphonse Daudet
A Ludovic Halévy
A J. van Santen Kolff
Au même
A Clément-Janin
A André Maurel
A Jules Claretie
A Frantz Jourdain
A J. van Santen Kolff
A Chadourne
A J. van Santen Kolff
A Alphonse Daudet
A Paul Margueritte
A Alfred Bruneau
A Henry Céard
A Alfred Bruneau
Au colonel en retraite Henri de Ponchalon
A Alphonse Daudet
A Gustave Toudouze
A J. van Santen Kolff
A Félix Albinet
A Raymond Poincaré
A Marcellin Pellet
A Arthur Meyer
A M. Bonnet
A Georges Charpentier
A Fernand Desmoulin
A Paul Brulat
A Georges Charpentier
A Seménoff
A Jean Ajalbert
A Henry Bérenger
A Delpech
A l'«Union des Écrivains russes»
A Alfred Bruneau