part d'iceulx estoient de l'armée du duc d'Anjou; et n'y eust, pour
l'heure, poinct de combat entre les gens de pied.
Le XIIIIe jour, au matin, l'Admyral fit mettre son armée en bataille, demandant à combattre, ce qui luy fut reffuzé, mais après, en escarmouchant, il print le bagaige de ses ennemys.
Le XVe, le Prince de Navarre fut miz en la place et charge du Prince de Condé, au grand contantement de toute l'armée.
Le XVIe Martigues et Brissac estantz advertys que Montgommery estoit party pour s'aller joindre aulx quatre viscontes[66], le suyvirent toute une nuict, et l'assaillirent en ung village où l'escarmouche fut bien chaulde, mais peu y furent thués, seulement le comte de Morète, qui estoit venu avec Brissac, y demeura.
[66] Les vicomtes de Monclar, de Bourniquel, de Paulin et de Gourdon.
Le duc de Lorrayne a escript au duc de Deux Pontz, son cousin, qu'il le prioit de n'entrer poinct aulx pays du Roy de France, et qu'on luy donroit cent mille escuz et ses fraiz payez, pour fère retirer son armée, lequel a respondu qu'il estoit venu, avec le consentement de l'empire, pour le secours de ceulx qui estoient affligés en France pour la religion, et qu'il y vouloit enployer son pouvoir, son honneur et sa vie. On luy fit sçavoir que le prince de Condé avoit esté thué, à quoy il respondit qu'il en estoit bien fort marry, mais que sa venue n'estoit poinct pour le prince, mais pour la cause. Il a douze mille chevaulx et est sur le passaige de la rivière de Sône prez Disjon en Bourgoigne.
L'avantgarde du dict duc de Deux Pontz a baillé une extraicte[67] au duc d'Aumalle, et luy a prins son artillerye et beaulcoup de prisonniers.
[67] Escarmouche, engagement partiel.
Le cardinal de Lorrayne a promiz au Roy qu'il fera en sorte que le duc de Deux Pontz viendra à composition pour donner quelque fin à la cause et se retirer.
L'Empereur estant requis par le Sr. de La Forest, envoyé devers luy de la part du Roy de France, de commander et empescher que les Alemans ne s'eslevassent contre luy, a respondu qu'il ne pouvoit le fère, et que les princes de l'empire luy avoient donné entendre que, despuis peu de jours, le duc d'Aumalle avoit gasté le pays sur les frontières de l'empire, qui les avoit occasionnez d'en vouloir avoir leur revanche, et souhaitoit qu'on y pourveust par le moyen de quelque bon accord entre le Roy et ses subjectz.
La diette des princes d'Allemaigne commence le XXVe d'avril à Francfort.
Le duc de Saxe a faict publier que toutz ses subjectz se retirassent du service des Roys de France et d'Espaigne, sur peyne de confiscation de biens, à cause de quoy plusieurs s'en retournent journellement.
PUBLICATION FAICTE DE PAR LA ROYNE D'ANGLETERRE, pour réprimer toutz piratages et déprédation sur la mer; traduicte d'anglois.
PAR LA ROYNE.
D'aultant Que la Majesté de la Royne Est Informée, Par certaines plainctes, tant par ses propres subjectz que aultres, qu'il y a plusieurs personnes, sur la mer estroicte, de diverses nations, et aulcuns, natifz ez dominions de Sa Majesté, ayans navyres armés en forme de guerre, lesquelz, en partie, se sont miz manifestement à la mer comme marchandz, et après, par moyens sinistres, ilz ont changé leur train, et se sont armez à la guerre; aulcuns aultres se sont secrectement transportez hors des lieux obscurs, prétendans, en ces temps tumultueulx, que l'on voyt tant, en l'orient, entre le roi de Dennemarc et Suède et leurs adhérans, comme, en l'occidant, ez dominions de France (déplorables à considérer), de servir sur la mer, ou de l'une ou de l'aultre part, et, en effect, à la fin se sont déclinez de tout licite service de guerre à vivre comme pirates, desrobant et pillant toutz honnestes marchandz, de quelconque nation, lesquelz ilz peuvent subduyre, sans différance.
Pour ce remédier, nonobstant que Sa Majesté naguières ayt donné certains ordres exprès, par toutz ses portz, que nulle manière de personnes (aultres que merchandz cogneuz) seroient permiz de vendre, ou distribuer, aulcunes sortes de denrées, ou marchandises, en aulcuns portz de Sa Majesté, ne que aulcun, en son royaulme, servyroit de vivres ou secourroit aultrement aulcune manière de personnes, aulcunement suspect de pirataige; et, pour le présent, sur ces nouvelles plainctes, Sa Majesté trouvant que sur ce n'est ensuyvy tel ample remède qu'on espéroit;
Pour ce, Sa Majesté a trouvé expédiant de ordonner et publier, par son éedict, aulcun ultérieur effectuel remède; et, pour ce, elle charge et commande expressément à toutz ses subjectz de désister d'ayder ou recepvoir aulcun pirate ou aulcune personne, n'ayant suffizante authorité de Sa Majesté, ou n'estant merchand cogneu par trafficque, achapt, vante, ou change, ou par forniture de vivres à eulx ou à aulcuns de leur compaignye, moyennant quoy iceulx ou aulcuns d'eulx seront plus suffizans pour retourner à la mer, à commettre aulcun pirataige ou désordre, sur peyne, en ce faisant, d'estre puniz incontinent, comme debvroient estre les principaulx offanceurs et pirates.
En oultre, quiconque armera ou préparera, doresenavant, aulcun navyre à la mer, (réservé telz qui, par l'auctorité de Sa Majesté, sont spéciallement ordonnez à garder la mer, comme Sa Majesté a, pour le présent, occasion de ce fère, pour aulcuns aultres respectz, ou telz qui auront expresse licence et permission de Sa Majesté), iceulx advertiront l'officier des portz de toute leur équipage, lequel le visitera et serchera deuhement, affin qu'il arreste telles personnes, qui seront ainsy manifestement forniz à la guerre et non pour merchandise ou pescherye, et, s'il y a aultre manière de souspicion que icelluy, nonobstant qu'il prétendra de trafficquer pour merchandise ou pescherye, peult avoir aulcune intention (par ses provisions et équipages), aultre que de user le train de merchandise ou pescherye que, en tel cas de suspicion, les officiers des ports l'arresteront, et ne le laysseront passer en aulcune manière sur la mer, sans suffizantes obligations et soubz préallable suffizante caution de ne user aulcune chose que licite train de merchandise et pescherye, et, si les officiers permettent aulcune personne de sortir à la mer, aultrement que dessus est declairé, ilz en respondront, [non] tant seulement pour quelconques piratages que aulcune telle personne viendroit à fère, après, à la mer; mais demeureront en pryson jusques à ce que les offanceurs puissent estre prins, en cas qu'ils soyent vivantz.
Et générallement Sa Majesté déclaire et dénonce que toutz les pirates et pilleurs, sur la mer, sont hors de sa protection, et licite d'estre prins, puniz et opprimez par aulcune personne, par rigueur.
DONNÉ au Pallays de Sa Majesté à Westmester, le XXVIIe jour d'avril, en l'unzième année du très noble règne de Sa Majesté.
Et plus bas:
DIEU GARDE LA ROYNE.
XXXIVe DÉPESCHE
--du VIe de may 1569.--
(_Envoyée par le Sr. Francesco Thiathe._)
Instructions du conseil d'Angleterre pour la flotte de la Rochelle.--Entrée du duc de Deux-Ponts en France.--Arrivée en Angleterre des envoyés de la reine de Navarre.--Nouvelles de la flotte de Hambourg.--Mission de l'évêque de Ross auprès d'Élisabeth, pour lui demander, au nom de Marie-Stuart, un secours de troupes, ou, à défaut, l'autorisation de passer en France.--Résultat de l'assemblée de l'Islebourg.--Emprisonnement du duc de Chatellerault et de milord Herries en Écosse.
AU ROY.
Sire, despuis mes précédantes, qui sont du dernier du passé, j'ay sceu que les seigneurs de ce conseil ont escript une lettre à sir Jehan Basin, conducteur de la flotte de la Rochelle, contenant trois chefz: le premyer, qu'il ayt à laysser aller et mettre incontinent en liberté deux navyres bretons, qu'il a arrestez, et, qu'en cella il n'a rien faict sellon sa charge, luy enjoignant de n'uzer, en tout son voyage, d'aulcune démonstration que de paix et amytié à toutz les subjectz de Votre Majesté, qu'il trouvera en mer: le second, que, nonobstant le retour de Colverel par deçà, pour l'occasion duquel il mandoit vouloir relascher à Porsemue jusques à ce qu'il eust de leurs nouvelles, il ne laysse de poursuyvre sa routte, à la plus grand dilligence qu'il pourra, et qu'il trouvera le commis du dict Colverel sur le lieu, qui luy fera délivrer le sel et vin qu'il y va quérir; et le troiziesme, qu'il n'est besoing qu'il attande les deux navyres de guerre, qu'on avoit mandé luy estre baillez par le visadmyral du Ouest, oultre les deux qu'il meyne de ceulx de ceste Royne, parce qu'il pourra, sans iceulx, continuer seurement son voyage, veu la bonne paix d'entre la France et l'Angleterre; qui sont choses qui conviennent assés à ce que les dictz seigneurs m'avoient promiz, mais, nonobstant cella, je sentz bien que les nouvelles qu'ilz ont du passaige du duc de Deux Pontz, par deçà la rivière de Sône, esmeut diversement leur affection et volonté sur les affères de votre royaulme, les agitant davantaige ceulx qui sont freschement arrivez de la Rochelle, lesquelz, à ce que j'entendz, sont principallement venuz pour se condouloir avecques ceste Royne, de la part de la Royne de Navarre et de monsieur le Prince, son filz, et de ceulx de ce party, sur la mort de monsieur le prince de Condé, et luy racompter la façon et yssue du combat, auquel il a esté thué, et comme le dict sieur Prince de Navarre, estant subrogé en la place de son oncle, offre continuer les trettez et conventions qu'il avoit commancez avecques la dicte Dame; et l'asseurent, au reste, que leur armée est plus forte qu'elle n'estoit auparavant la bataille, et que le cappitaine Piles, avec quatre mil homes, tant de pied que de cheval, s'y est joinct et monsieur Dandellot prest de recuillir les viscontes, lesquelz admènent une autre grosse trouppe.
Par lesquelz propos, et autres, que je n'ay encores sceuz, ilz s'esforcent d'encorager ceste princesse à prendre leur party et à bien espérer de l'yssue de leur entreprinse; dont pourra estre qu'ilz impètreront quelque chose d'elle, mais je métray peyne de les empescher, pour le service de Votre Majesté, aultant qu'il me sera possible, et de vous tenir dilligemment adverty de tout ce que je pourray descouvrir de leurs actions. Je croy que quel semblant que leur face la dicte Dame, elle n'a opinion que leurs affères soient en bon estat; car je sçay que le susdict Colverel luy a rapporté qu'ilz n'avoient plus d'armée en campaigne, et qu'ilz n'estoient pour y en mettre, ayant seulement XII mille hommes, tant de pied que de cheval, du reste de la bataille; et a rapporté aussi à la dicte Dame, ainsy qu'elle mesmes me l'a dict, que la Royne de Navarre avoit vollu vendre tout le sel et vin, qui luy avoit esté consigné pour les Anglois, affin d'envoyer l'argent en Allemaigne; mais qu'il avoit remonstré que cella luy estoit desjà vandu et ses deniers advancez; dont Mr. l'Admyral avoit prié la dicte Dame de ne point contrevenir au marché et promesse qui avoient esté faictz en cella.
La flotte, que ceulx cy ont dépesché pour Hembourg, relasche encores, par vent contraire, à l'emboucheure de ceste rivière, mais elle fera voille au premier bon temps, et semble que le party, dont, cy devant, j'ay faict mention, de cent dix mille escuz de la vante des draps et laynes de ceste flotte, qui doibvent estre miz ez mains du Sr. de Quillegrey, à Hembourg, est conclud; dont l'on me donne entendre que c'est pour fère fondz à lever gens pour ceste Royne, en ce qu'elle en pourra avoir besoing contre le duc d'Alve, mais je crains qu'il aille à soubstenir et fère durer la guerre en votre royaulme. Tant y a que ce n'est argent contant, car le drap est encores icy, et il fault trouver ung achapteur de dellà. Vray est qu'on m'a dict qu'il y va ung nombre d'angellotz, en espèces, pour estre consignez au dict Quillegrey. Je croy que le duc d'Alve pourra ayséement traverser ces marchez s'il s'y veult bien employer.
L'évesque de Rosse estant naguières arrivé, de la part de la Royne d'Escoce, a esté bien receu de ceste Royne et des seigneurs de son conseil, et a proposé à la dicte Dame que, veu l'estat des affères de sa Mestresse, elle luy veuille promptement bailler son, tant de foys promis et tant espéré, secours pour estre remise en son estat, ou bien luy permettre d'en aller procurer ailleurs. Sur quoy elle ne luy a encores respondu, seulement luy a dict, en passant, que luy mesmes n'estimeroit raysonnable qu'elle la layssât passer en France pour aller trouver ceulx qui l'avoient, à ce qu'elle dict, autreffoys conseillée de luy quereller sa couronne, et il a répliqué qu'il failloit donques qu'elle s'y employât si bien qu'il ne fût besoing de recourir à nul autre prince. L'on est après à y dellibérer.
L'assemblée de l'Islebourg, à ce que j'entendz, a eu telle yssue: qu'ayant la Royne d'Escoce, jouxte l'adviz que je luy donnay d'escripre incontinent à ceulx de son party qui s'y debvoient trouver, envoyé bien à propos ses lettres, elles y arrivèrent, le propre jour de l'assignation, et eurent tant d'efficasse qu'estant la tenue remise au lendemain pour la révérence du jour de Pasques, le duc de Chatellerault fut meu de si grand repentance qu'il ne cessa, toute la nuict, de pleurer, et mylord Herriz tumba mallade, et, tant ces deux que les autres principaulx du party de la dicte Dame ne vollurent, le lendemain, rien accorder ny mesmes entrer en l'assemblée; dont le comte de Mora, frustré de son espérance, recourut aulx menasses et en fin les fist constituer prisonniers et mettre dans le château; mais il n'a peu encores tirer autre chose du dict duc, sinon qu'il conduyra sa teste jusques au poteau plus tost qu'il recognoisse autre pour son souverain que la Royne, sa Mestresse. Et j'entendz que les comtes d'Arguil, de Hunthely et d'Atil sont si fortz, vers le Nort, qu'ilz y font entièrement obéyr la dicte Royne; ilz craignent toutesfoys bien fort que le chateau de Donbertan soit contrainct de se rendre, par faulte de vivres, qui est leur principalle espérance, dont désirent qu'il y puisse aller quelque rafreschissement, de France, dans la fin de ce moys; et croy que c'est, à ceste heure, le plus important et le plus hasté ez affères de la dicte Dame. Sur ce, etc.
De Londres ce VIe de may 1569.
A LA ROYNE.
Madame, je n'ay rien, à présent, qui soit pour estre commiz à une ordinaire dépesche, que ce que Votre Majesté verra en la lettre du Roy; oultre laquelle je ne vous diray, Madame, sinon que la Royne d'Angleterre est, à présent, bien fort agitée pour les divers succez des choses de France, à cause du passaige du duc de Deux Pontz par deçà la Sône et pour la venue de ces nouveaulx messagiers de la Rochelle, lesquelz, tout ainsy que pour mon regard je la sollicite de se porter droictement en la cause que vous pourchassez pour le recouvrement de l'obéyssance de voz subjectz, qui est bien fort convenable à sa qualité de Royne, eulx, et les depputez des princes d'Allemaigne, la sollicitent de ne laysser deffinir la cause de sa religion par les armes, sans y opposer les siennes, et s'esforcent, par plusieurs aparans argumens, l'attirer à leur intention, avec l'assistance de ceulx d'auprès d'elle qui les favorisent; et je la retiens, d'autre part, par le moyen du respect qu'elle porte à Voz Majestez, avec le support d'aulcuns autres des siens, qui m'aydent à luy fère bien recepvoir mes remonstrances. Tant y a qu'il se cognoist assés qu'en fin le Roy et Vous, Madame, n'avés à espérer de ce costé, ny, comme je croy, de celluy de voz aultres plus estroictz aliez, qu'aultant que la bonne conduicte et prospérité de voz propres affères les retiendra en votre amytié et intelligence; car, certes, ilz tendent toutz à advantaiger leurs propres affères, mesmes il semble qu'ilz serchent d'en fère l'establissement sur les évènementz de votre royaulme, comme sur ung estat qui ne peult, tant que ces malheureux troubles et divisions dureront, estre que tout ouvert et exposé à l'injure de tout le monde.
La dicte Dame, par aulcuns siens propos, lesquelz seroient longs à mettre icy, monstre avoir adviz, de plusieurs endroictz, que, si ce mal ne s'achève bien tost ou ne se divertit ailheurs, qu'il est pour vous attirer toutes les aultres guerres de la chrestienté en votre royaulme, et semble bien qu'elle vous en vouldroit veoir deschargez. Je métray le plus de peyne que je pourray de garder qu'il ne vous viègne guières de mal de ce costé, ou poinct du tout, s'il est possible, et au moins de vous tenir toutjour bien advertye des desseings et pratiques, que je descouvriray qu'on mènera pour vous en fère, et sur ce je suplieray le Créateur, etc.
De Londres ce VIe de may 1569.
XXXVe DÉPESCHE
--du XIIe de may 1569.--
(_Envoyée par La Vergne._)
La reine d'Écosse sollicite avec instance la protection de Charles IX.--Délibérations du conseil d'Angleterre sur les remontrances des ambassadeurs de France et d'Espagne, sur les demandes de l'évêque de Ross et les sollicitations des envoyés de la Rochelle.--Relâche de la flotte de Hambourg à Harwich.--Des images de saints et des ornements d'église appartenant à un Espagnol, sont brûlés en place publique.--_Lettre de Marie Stuart à l'ambassadeur._--Elle réclame un prompt secours pour le château de Dumbarton, et envoie un avis qui lui est donné par le comte de Hunteley.--_Lettres de Marie Stuart à Élisabeth_, au sujet de la mission qu'elle a confiée à l'évêque de Ross.--_Mémoire_ dans lequel l'ambassadeur signale la division toujours croissante entre les membres du conseil d'Angleterre, les démarches faites auprès de l'ambassadeur d'Espagne pour prévenir la guerre et la nécessité de secourir la citadelle de Dumbarton.
AU ROY.
Sire, ayant présentement receu des lettres de la Royne d'Escoce, avec aulcuns adviz de ses affères, qu'elle me prie vous fère incontinent sçavoir, j'ay bien vollu tout aussi tost dépescher ce mien secrétaire pour vous apporter la coppie de ses mesmes lettres et mémoires, et ne les retenir, attendu la prompte provision qu'elle y requiert, qu'aultant que j'ay miz à fère ceste petite dépesche, laquelle vous venant si soubdain après l'aultre mienne, du VIe du présent, sans que j'aye encores receu la responce que j'atandz des seigneurs de ce conseil sur la plus part des choses que, à présent j'ay à démesler avec eulx pour votre service, je vous diray seulement, Sire, que la division et compétance, qui se manifeste meintennant, et laquelle commance à produire, entre ces seigneurs, les effectz que, par plusieurs de mes précédantes, je vous ay mandé, est cause dont ilz me uzent de longueur; et je les attandz paciemment, cognoissant qu'encor que cella ne soit pour torner du tout à bien, il semble au moins qu'il destornera quelque mal; et j'entretiens cependant les deux partiz en l'affection de la paix envers Votre Majesté, lesquelz la confirmeront par après, comme j'espère, plus clairement, quant les choses auront prins leur ply.
Ilz furent, hier, en grand contention touchant la responce qu'ilz avoient à fère à ma remonstrance, conforme au propos que j'ay dernièrement tenu à ceste Royne, et à une autre de l'ambassadeur d'Espaigne, et aussi à celle de l'évesque de Rosse pour la Royne d'Escoce, et croy que celle du Sr. du Puench de Pardaillan pour ceulx de la Rochelle fut pareillement mise en dellibération, sur lesquelles, tant les ungs que les aultres, au sortir du conseil, monstrèrent qu'ilz n'en estoient demeurez ny bien contantz, ny bien d'accord. Aussi tost que j'auray notice de ce qui fut débattu entre eulx, j'en donray adviz à Votre Majesté.
Ceste Royne changea, hier, de logis et s'en alla à Grenuich pour quelque souspeçon de malladie qu'il y a en ceste ville, qui n'est causée, comme je croy, que par la siccité du temps, y ayant plus de six sepmaines qu'il n'y a pleu; elle y séjournera jusques à la St Jehan.
La flotte pour Hembourg, nonobstant le vent contraire, s'est conduicte, par marées, jusques à Haruich, et se tient là parée pour se mettre à la voille, au premier bon temps. Elle est en si bon équipage de toutes choses nécessaires, mesmes de gens de combat, en nombre de plus de deux mile cinq cens, que, nonobstant les adviz qu'ilz ont des aprestz du duc d'Alve pour les empescher, ilz dellibèrent poursuyvre leur routte; et je croy, à la vérité, qu'on les laira passer.
Aulcuns vaysseaulx françoys, partiz d'icy avec la flotte de la Rochelle, ès quelz se sont enbarquez le Sr. Du Doict, Rouvray et Valfenière, et envyron soixante Françoys avec leurs morrions et haquebutes, doibvent encores prendre à Plemmue vingt hommes, entenduz en mines et contre-mines, et quelques charpentiers, massons, bolangiers, cordonniers, mareschaulx et autres artizans, mais non en grand nombre, que le conseiller Cavaignes a eu secrecte commission de fère lever, au pays d'Ouest, pour fère passer à la Rochelle, ce qui monstre, Sire, qu'on y crainct le siège. Et ceulx cy cependant tiennent en suspens leurs entreprinses pour attandre le succez que prendront celles de Votre Majesté. Ilz ont mandé fère une description d'hommes, par tout le royaulme, de l'eage de sèze jusques à soixante ans, et se pourvoir d'armes; et, pour une souspeçon qu'ilz ont eu de quelque entreprinse sur les isles de Gergé et Grènezé, ilz ont mandé retirer, dans les chasteaulx des dictes isles, la grosse artillerye qui estoit despartye ez portz et hâvres d'icelles, et iceulx garnir de pièces de fer.
Hier, ung nombre d'images et ornemens d'esglize d'ung certain merchant espaignol, nommé Anthoine de Goaras, familier et domestique de l'ambassadeur d'Espaigne, furent bruslez, la moictié devant sa maison, et l'aultre moictié en la grand rue de Chipsy, criant le peuple que c'estoient les dieux d'Espaigne qu'on brusloit; et ung principal serviteur du dict ambassadeur fut miz en prison, l'accusant ung Anglois qu'il avoit dict, voyant brusler les dictes images, qu'il verroit bien tost brusler de mesmes ceste ville, mais cella ne s'est peu vériffier; dont il a esté, despuis, relaxé. Sur ce, etc.
De Londres ce XIIe de may 1569.
A LA ROYNE.
Madame, pour satisfère à la Royne d'Escoce sur les lettres, qu'elle m'a escriptes du XXVIIIe du passé, ès quelles elle monstre avoir grand besoing d'une non trop grande, ny trop mal aysée, mais bien prompte assistance et faveur de Voz Majestez, pour obvyer à la totalle ruyne de ses affères, j'ay bien vollu vous en fère, tout incontinent, ceste dépesche et la vous envoyer par ce mien secrétaire, à qui j'ay aussi donné charge, Madame, de se présenter devant Votre Majesté sur ce que, cy devant, l'on vous a raporté de luy, affin que luy commandiez ce qu'il vous plairra, et de vous fère entendre aulcunes choses de l'estat des affères de deçà, comme l'on y commance de jouer le jeu, dont, cy devant, vous ay donné adviz, qui ne fault doubter que ne produyse d'heure en heure plusieurs nouveaultez, lesquelles je ne fauldray vous mander ainsy qu'elles adviendront, vous suppliant cependant, Madame, vouloir commander deux choses: l'une, de donner nouvel adviz à Monseigneur votre filz, comme il n'est rien alé d'icy à la Rochelle que ce que, par mes précédantes, et meintennant par celles du Roy, je vous ay mandé, qui est si peu, que ceulx du dict lieu n'en pourront guières advancer leurs entreprinses, ny guières retarder celles de mon dict seigneur; et l'aultre, qu'il vous playse me fère donner quelqu'adviz de l'estat de voz affères, et comme il vous playt que je les représente; car, certes, cella est de grand moment et importance en ce lieu, pour y rabattre les faulx bruictz, qu'on y sème ordinairement au désavantaige du bon succez de voz entreprinses; et je prieray Dieu, etc.
De Londres ce XIIe de may 1569.
LETTRE DE LA ROYNE D'ESCOCE AU Sr. DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--de Wynkfeild, le XVIIIe d'avril 1569.--
Monsieur de La Mothe, par lettres, que j'ay receu d'Escoce despuis le partement de l'évesque de Rosse, j'ay entendu comme les choses y sont passées, c'est que le duc de Chatellerault, et les aultres qui estoient encores en mon obéyssance, se trouvans destituez de tout secours et pressez par mes rebelles, qui avoient eu loysir de se préparer devant qu'il luy fût permiz partir de ce pays, davantaige qui estoient fortiffiez d'argent de ce costé pour lever et entretenir soldatz, et, en oultre, assistez ouvertement de gens de pied et de cheval angloix par milor Husdon gouverneur de Warvich, ilz ont esté contrainctz se renger à ce que la Royne d'Angleterre dict au duc de Chatellerault à son partement, que, s'il ne recognoissoit l'authorité de mon filz, ainsy que je vous ay escript ces jour passez, il ne s'atendît d'avoir support ou faveur d'elle, mais au contraire qu'elle luy nuyroit où elle pourroit. Soubz ceste condition, le dict duc et lord Herys ont fyé leurs personnes au comte de Mora, lequel les ayant en sa puyssance, les a faictz mettre prisonniers au chateau d'Edembourg, où ilz sont meintennant, pour les forcer, ainsy qu'ilz disent, de consentir à quelques articles qu'il leur propose, oultre leur dicte soubzmission. Ilz se plaignent, me suppliant employer mes amys, avec protestation que ce qu'ilz ont faict estoit pour se réserver à me pouvoir encores fère service, et pour n'estre du tout ruynez, voyant la Royne d'Angleterre bandée avec mes rebelles; et que, si pour saulver leurs vies et sortir de prison, ilz se condescendent, d'avanture, à autre chose, ilz me supplient estimer (quelque seureté que preignent mes dictz rebelles) que ceste ne durra plus long tems qu'ilz pourront avoir secours; ce que je vous prie fère entendre au Roy, monsieur mon beau frère, et à la Royne, madame ma bonne mère, ensemble la négociation que vous entendrez de l'évesque de Rosse. Je leur escriptz présentement et me remectz sur vous, m'asseurant que ferez, en cecy comme en aultres choses, office de bon amy.
J'espère que Dieu permettra qu'en brief le dict seigneur aura rengé toutz ses rebelles, et qu'estans ses affères réduictes, il aura pityé des miennes, et y mettra la main; mais cependant le chateau de Donbertan, qui estoit ce qui m'estoit obéyssant de mon royaulme, et l'espérance du recouvrement d'icelluy, est en telle nécessité de munitions de grosse artillerye et de vivres, que, s'il n'est secouru, entre cy et le commancement de juing, milor Flamy, qui l'a en garde, sera contrainct le rendre et s'en aler avec les aultres, ainsy qu'il m'a mandé pour dernier adviz, n'ayant moyen tenir plus longuement. Je vous prie, monsieur de La Mothe, le remonstrer affin qu'il y soit pourveu, s'il est possible. L'évesque de Rosse vous informera plus particullièrement de toutes choses, qui sera cause que je ne feray ceste plus longue que pour prier Dieu vous donner, monsieur de La Mothe, ce que plus desirés, etc.
ADVIZ DE LA ROYNE D'ESCOCE.
Je viens, tout présentement, de recepvoir l'adviz, cy cloz, du comte de Huntely, lequel j'ay faict translater, de mot à mot, affin que vous le voyez. Je croy qu'il fera ce qu'il dict; car, oultre l'obligation envers moy de sa vye et de ses biens, que je luy ay donnez, il a capitalle hayne avec le comte de Mora, qui a faict morir son père et son frère, et a vollu en fère aultant de luy, et exterminer sa maison. Le comte de Huntely tient encores, en mon nom, tout le pays du Nort en obéyssance, et a dompté toutz ceulx qui tenoient pour mes rebelles. Il est bien loing du secours que la Royne d'Angleterre pourra fère à mes dictz rebelles, et, avec peu de ayde, aura moyen de les venir trouver, ou, pour le moins, de leur oster beaulcoup de pays et se saysir de plusieurs lieux d'importance; et, si du costé de Dunbertan, il y a concurrance, tout le pays du Ouest ne fauldra s'eslever en ma faveur, quelque, appointement ou promesse qu'il y ayt du duc de Chatellerault avec le comte de Mora et ses conplices; car, nul des deux ne peult longuement consister, si l'aultre n'est du tout ruyné et destruict. Je vous prie, monsieur de La Mothe, donner adviz de cecy au Roy, et le supplier de rechef vouloir donner quelque secours à mon pouvre royaulme affligé, et, si ses affères ne me remettent encores l'entier support, qu'il luy playse ne laysser perdre Donbertan à faulte de munitions et quelque peu d'argent. Et sur ce etc.
Escript, le dernier d'avril, à Winkfilde.
LETTRE DU COMTE DE HUNTELEY A LA ROYNE D'ESCOSSE.
J'ay, cy devant, escript à Votre Majesté, par la voye de milor Heriz, le tour que le duc de Chatellerault et ceulx du costé de dellà m'ont faict, accordant avec le comte de Mora, dont je n'avois rien sceu jusques à ce qu'ilz m'ont appoincté ung jour à Édinbourg, lequel j'ay reffuzé; et, pour ce, je supplie Votre Majesté se haster de me fère enpuis tendre son intention; car estant si loing des aultres je ne m'asseurer, sinon de mylord Cranfurd et mylord Ogilby, qui n'ont rien avec eulx. Par quoy, si je puis évitter ma totalle ruyne, je ne feray rien jusques à ce que j'aye adviz de Votre Majesté, autrement je la supplie ne prendre en mauvaise part quelque chose que je face, et estre asseurée que, tant que je vivray, elle me trouvera fidelle à son service, et qu'il vauldra mieulx que je sois asseuré que de périr avec les traistres, si ce n'est le playsir de Votre Majesté. Ilz vous ont malheureusement trompée, et avant que le dommaige en tumbe sur moy, à quoy je n'auray poinct d'esgard pourveu que je puysse servir à Votre Majesté, laquelle je supplie très humblement haster secours de estrangiers, ou le retour de Votre Majesté, s'il est possible. En quelque sorte que ce soit, s'il vient armée de France, faictes qu'elle descende au Nort; car cecy est le plus seur et je hazarderay tout pour votre service. Quelque chose que cependant se soit passée, le duc de Chatellerault n'a pas faict honnestement à l'endroict de Votre Majesté, ny de moy, et, pour ce, je la supplie très humblement vouloir haster l'ayde de France et Espaigne, et je prendray la chose sur moy: deux mille ou quinze cens hommes suffiront, avec quelques munitions. Et, quoy que je face, je supplie Votre Majesté estre asseurée que toute l'Europe cognoistra que ma vie, et tout ce que j'ay, sont à votre commandement. Le pourteur est seur, avec lequel je supplie Votre Majesté me mander ce qu'il luy playrra que je face.
LETTRE DE LA ROYNE D'ESCOCE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
--de Winkfild, le XXIIIIe d'avril 1569.--
Madame ma bonne seur, voyant que le terme est passé, de huict ou dix jours, que j'atandois le retour de Sandy Bog, l'ung de mes serviteurs, qu'incontinent après la réception de voz favorables lettres, apportées par Borthuic, je dépeschay, je n'ay vollu différer vous envoyer notre conseiller, l'évesque de Rosse, présent pourteur, pour vous supplier que je ne soys plus remise sur ce que mes rebelles feront, ny pour aultre occasion dilayée; car je crains que desjà ma longue demeure, et rudesse de voz frontières, et estroicte garde où je suis, ayent par tropt esbranlé la constance d'aulcuns mes obéyssans subjectz, pour se veoir privez de ma présence et intelligence de mon intention et volonté, combien que je ne me puisse persuader qu'ilz facent ung si faulx et si lasche tour que celluy, qu'il vous a pleu m'advertir avoir entendu de mes rebelles. Comme que ce soyt, je n'ay affère qu'à vous, j'implore de tant plus tôt votre support et ayde que ma demeure, et paciente attante de votre bon playsir, m'a causé ce dommaige. Je m'asseure qu'au besoing vous me ferés paroistre votre naturelle amytié, de quoy je vous suplie, considérant le commung proverbe que: _bis dat, qui tempestivè dat._
Je vous ay serché, avant toutz autres princes; je desire, pareillement, qu'avant toute autre, m'obligiez à vous, comme plus au long j'ay donné charge au dict évesque vous fère sur ce instante requeste et déclaracion de la sincère et naifve affection que j'ay de vous devenir obligée par favorable et briefve expédition, comme de sang et naturel je la suys, vous supliant le croire de tout ce qu'il vous dira, de ma part, comme feriez moy mesmes, et luy donner prompte résolution, pour ce que l'estat de mes affères, comme bien le pouvez considérer, et le long temps que je suis icy retenue à regrect, et la sayson propre à fère voyage le requièrent, affin que du tout je m'attande à votre support, ou me résolve, avecques votre bonne grâce, d'en aller sercher aillieurs. Sur quoy, pour ne fère tort à la suffizance de Mr. de Rosse, je prieray Dieu, après vous avoir présenté mes très humbles recommendacions qu'il vous doinct, etc.
AULTRE LETTRE DE LA DICTE ROYNE D'ESCOCE.
--du XXVe d'avril, à Winkfild.--
Madame ma bonne seur, aussi tost que j'ay receu voz lettres par Borthuic, je dépeschay ung mien serviteur, nommé Alexandre Bok, en Escoce, lequel j'ay attandu jusques au XXe jour, au bout duquel terme; n'en ayant aulcune nouvelle, et estant informée que mylor Husdon a assisté et fortiffié mes rebelles, en personne, accompaigné des bandes de Baruich, à l'exécution de l'usurpée administration de Mora et ses complices, et que ung serviteur du duc de Chatellerault, qui jà avoit eu sa commission, fut renvoyé arrester, après l'advertissement de Mora, et ses lettres prinses, qui, je croy, estoient pour moy, toutesfoys je n'en puys rien sçavoir, qui me faict croyre que je suys en dangier n'avoir nulles nouvelles d'Escoce, s'il ne vous playt y mettre autre ordre. Par quoy je n'ay vollu plus longuement différer la dépesche de mon conseiller l'évesque de Rosse, présent pourteur, pour vous supplier que, sans plus vous attandre aulx bons ou mauvais déportemens de mes subjectz, vous me donniez résolue responce, [et que] suyvant ma longue et instante requeste, vous me remettiez en mon estat ou bien me permettiez aller sercher ailleurs secours des autres princes, mes amys et alliez; car il y a près d'ung an que j'attandz votre résolution, durant lequel temps mes rebelles se sont fortiffiez de beaulcoup. Par quoy plus longuement, ne puys je, de mon gré, recepvoir aulcun délay, sans me résouldre à quelque party, comme plus au long l'évesque de Rosse vous fera entendre de ma part; auquel vous suppliant de donner crédict comme à moy mesmes, je vous présenteray mes affectionnées recommendacions à votre bonne grace; priant Dieu qu'il vous doinct, etc.
AULTRE LETTRE DE LA ROYNE D'ESCOCE.
--du XXVIIIe d'avril, à Winkfild.--
Madame ma bonne seur, ayant, despuys le partement de Sandy Bok, receu lettres de quelques ungs de mes obéyssans subjectz par ung mien gentilhomme, et entre aultres du duc de Chatellerault, se plaignans d'estre retenuz prisonniers et menassez, s'ilz ne s'accordent à tout ce qu'il plairra à Mora et ses complices, il m'a semblé vous en debvoir advertir pour ce que leurs ennemys disoient qu'ilz avoient jà tout librement consenty à leurs usurpations, et aussi me souvenant qu'en votre dernière lettre me mandiez qu'aviez miz ordre que Mora ne procèderoit point par armes; encores j'ay bien vollu vous asseurer qu'il n'en a rien gardé, et puys qu'il tient ainsy mes subjectz, et des principaulx, les voulans forcer d'advouher et aprouver leurs perverses actions contre moy, il n'est plus temps de différer. Par quoy, je vous supplye, sans m'amuser davantaige, me donner briefve responce, par l'évesque de Rosse, ou que me voulez remettre présentement, sellon ma requeste, en mon pays, ou que du tout me reffuziez; car de moyen, entre ces deux, ou délay, ne se peut il plus longuement recepvoir.
[L'estat] de mes affères me contrainct à vous parler ainsy librement et de vous presser, de rechef, de m'en donner briefve résolution; car quelque aultre responce, ou délay, que je reçoipve de vous, excepté l'accord de ma tant inportune requeste, je ne la sçaurois prendre qu'à reffuz, qui seroit cause qu'à mon regrect j'accepterois aulcun autre ayde, qu'il plairroit à Dieu m'envoyer. Je n'ay vollu faillir vous fère cest advertissement pleynement, affin que ne peussiez m'en sçavoir mauvais gré, ou prendre à offence ce qui pourra s'en ensuyvre, vous asseurant que je ne feray jamais chose pour vous offancer ou desplaire, si aultrement je puys sauver mon estat et délivrer mes opressez subjectz de l'opression des rebelles. Je vous supplie, Madame, lyez moy à vous par amytié et bons offices, et non plus par estroicte garde de celle qui ne desire que, obtenant le fruict de mon labeur, icy, vous rendre toute l'amytié et debvoir, que seur peult fère à son aymée et chère seur, comme j'ay instruict mon conseiller, l'évesque de Rosse, pour vous fère entendre, plus au long, de ma part, sur lequel me remettant, je finiray, priant Dieu vous donner, etc.
MÉMOIRE AU DICT LA VERGNE POUR DIRE A LEURS MAJESTEZ:
Que ce que je leur ay mandé, de la secrète division et parcialité de ce royaulme, commance se mettre en évidence entre ceulx du conseil, s'estans les principaulx ouvertement opposez à l'authorité et manyement du secrétaire Cecill, de sorte que le tout va estre remiz à eulx, sans qu'il oze rien plus expédier de luy mesmes, encor que ne soit de grand importance;
Que l'on commance fère chemyn à l'ambassadeur d'Espaigne pour accommoder les différans des prinses, et le dict Cecill, mesmes, luy a mandé qu'il s'y employera plus dilligemment que nul aultre;
Que ce que la Royne d'Escoce requiert, touchant son château de Donbertan, pour fère venir quelque rafreschissement de France, affin que, par faulte de vivres, il ne soit contrainct de se rendre, a besoing de prompte provision, et semble qu'il est expédiant et nécessaire de la fère; mais, quant au reste, semble qu'il sera bon de temporiser, jusques à ce que la Royne d'Angleterre aura accordé ou reffuzé le secours.
XXXVIe DÉPESCHE
--du XVIe de may 1569.--
(Envoyée par homme exprès, nommé Lamberty, jusques à Calais.)
Sollicitations pressantes faites au nom de la reine de Navarre et du prince, son fils, auprès d'Élisabeth.--Opinion du duc de Norfolc sur les projets de la reine.--Promesse d'un secours d'argent pour l'armée du duc de Deux-Ponts.--Nouvelles avances faites à l'ambassadeur d'Espagne.--L'évêque de Ross est entendu devant le conseil.--Maladie grave de Marie Stuart.--Mesures rigoureuses prises en Angleterre contre les pirates.--Bruit général répandu à Londres d'un échec essuyé en France par les troupes du roi.--Le comte d'Ormond et milady Chic, dame d'honneur d'Élisabeth, sont forcés de s'éloigner de la cour.--_Lettre de Marie Stuart_ à l'ambassadeur.--_Remontrances_ de l'ambassadeur à Élisabeth, pour demander la répression de la piraterie, la restitution des prises et la communication du contrat fait par les marchands anglais avec les habitans de la Rochelle.--_Réponse de la reine_ aux remontrances.
AU ROY.
Sire, vous ayant, par ung des miens, le XIe du présent, escript assés au long ce qui s'offroit, lors, à ma cognoissance, inportant icy vostre service, je continueray de dire meintennant à Vostre Majesté comme, entendant les dilligentes et continuelles pratiques que le Sr. du Puench de Pardaillan a, toutz ces jours, secrètement menées avec les principaulx de ceste court, estant souvant en des longz et bien estroictz conseilz avec eulx, j'ay envoyé prier ceulx, que je sçay estre bien affectionnez à la prospérité de voz affères, de ne luy laysser rien inpétrer de ceste Royne qui soit à vostre préjudice; à quoy m'ayans promiz s'opposer fermement, j'ay despuys sceu, par le duc de Norfolc, que le dict Sr. du Puench a faict beaulcoup d'honnestes messages, de la part de la Royne de Navarre et de monsieur le prince son filz, à la Royne d'Angleterre, confirmant de leur part ce que feu monsieur le prince de Condé a, de son vivant, tretté avecques elle; avec quelque condoléance de sa mort, racomptant la façon et yssue du combat, où il a esté thué, bien fort à son advantaige, et que, nonobstant la perte de luy, ilz demeurent encores aussi fortz et aussi bien conduictz qu'auparavant; de tant qu'il leur reste les mesmes capitaynes et conducteurs, et que le capitayne Piles, avec quatre mille hommes, s'est, despuis, joinct à leur armée, et les vycomtes prestz de s'y joindre, avec d'aultres bonnes forces; mais que pour toutes ses persuasions il n'a rien inpetré de nouveau de la dicte Royne d'Angleterre ny de ceulx de son conseil, et si, d'avanture, il a obtenu quelque chose, c'est si secrètement qu'il n'en a rien sceu, qui pourtant ne peult estre aulcun secours en masse, dont l'on doibve fère cas, ny que j'en doibve estre aulcunement en peyne; et m'a adjouxté le dict sieur duc qu'il semble que le jeu dure trop en France, et que la Royne, sa Mestresse, et tout ce royaulme désirent infinyement d'y veoir une bonne paix et ung accord en la religion, et qu'il n'est pas possible de garder ceulx, qui sont icy, de la mesmes religion de ceulx de la Rochelle, de leur donner toutjour quelque assistance.
Despuys, icelluy Sr. du Puench a prins son congé et je suys après à fère guetter quel chemyn il prendra; car quelcun m'a dict qu'il semble vouloir passer en Allemaigne pour aller fère le mesmes office devers les princes protestans, ce que je ne puys croyre, de tant que le Sr. de Voysin y est naguières allé. Mr. le vydame de Chartres ne s'est encores présenté en ceste cour, ny n'est encores arrivé en ceste ville, et semble qu'il ne sera guières bien venu de ceste Royne pour la recordation, qu'elle a, du premier voyage qu'il fyt icy, aulx premiers troubles, et, aussi, qu'elle a opinion qu'il faict ce second, meintennant, pour habandonner la cause de ceulx avec qui il a toutjour esté, et qu'elle a entendu qu'il s'est maryé contre l'opinion de la Royne de Navarre et au regrect des principaulx de leur trouppe.
L'on faict icy cependant grand dilligence, parmy ceulx de la novelle religion, de dresser ung party pour fère fornyr deux cens mille talars en Allemaigne pour l'armée du duc de Deux Pontz; et semble que desjà il y ayt certaine asseurance d'en pouvoir fère avancer la moictié par les mains du Sr. de Quillegrey, qui est en Hembourg (qui ne se peult fère que le crédict de ceste Royne, ou du corps en général de ce royaulme, n'y soit enployé), et que l'aultre moictié se fornyra, à ce prochain mois de juing, aussi tost que la flotte des draps de Londres sera arrivée par dellà. En quoy, Sire, ceulx cy ont de quoy collorer et excuser si bien leur faict, qu'il est mal aysé que je les en puisse convaincre, encores semble il qu'il fault accepter le désadveu et excuse qu'ilz en font, pour quelque bien, en ce qu'ilz n'ozent manifestement vous offancer. Je feray encores dilligence de descouvrir mieulx ce qui en est; tant y a qu'il fault fère estat que les quarante mille livres esterlin, revenans à cent trente trois mille escuz, qui doibvent estre mises ez mains du dict Sr. de Quillegray, de la vante des draps de ceste flotte, est aultant d'argent contant pour ceulx de la nouvelle religion en Allemaigne. La dicte flotte, qui va en Hembourg, n'a eu encores que demy jour de bon vent; par ainsy, elle n'est hors des costes d'Angleterre.
Ceulx de ce conseil ont mandé à l'ambassadeur d'Espaigne, qui est icy, que s'il veult depputer commissaires, de sa part, sur le faict des prinses, qu'ilz en depputeront aussi, de la leur, pour y procéder en si bonne façon que le Roy, son Maistre, en demeurera contant, qui est signe qu'ilz veulent bien fort entrer en pratique avecques luy. A quoy il leur a faict des responces qui ne les ont contantez, dont les choses demeurent toutjours en suspens. Et sur certaine remonstrance, que je leur ay baillée par escript, conforme aulx derniers propoz que j'ay tenuz à ceste Royne, ilz m'ont respondu assez conformément à la bonne paix d'entre Voz Majestez, voz pays et subjectz, mais non tant sellon les légitimes entretennemens d'icelle, ny sellon la réparation de vos dictz subjectz, comme je demandoys, ainsy que Votre Majesté le verra; mais les principaulx m'ont promiz de fère réformer la dicte responce.
Les affères de la Royne d'Escoce ont été proposées au dict conseil, et Mr. l'évesque de Roz a esté deux foys ouy, dont, sur aulcunes difficultez, l'on a envoyé devers la dicte Dame. J'espère, par le premier, vous donner bon compte de tout ce qui y a esté dict. J'entendz qu'elle est tumbée ung peu mallade, néantmoins elle m'a naguières escript, et affin que soyés mieulx asseuré de ses nouvelles, je vous envoye la coppie de sa lettre, et prie Dieu, etc.
De Londres ce XVIe de may 1569.
L'on me vient d'advertir qu'encores ce matin les seigneurs de ce conseil ont dépesché nouvelles commissions contre les pirates, et dellibèrent, en toutes sortes, d'en purger la mer, et d'en fère pendre aultant qu'il s'en pourra attrapper.
A LA ROYNE.
Madame, oultre le contenu en la lettre du Roy, j'ay bien peu que vous mander en ceste cy, si n'est de certaines nouvelles qu'on va semant en ceste court, et par Londres, qu'il y a eu quelque rencontre en Xainctonge, où aulcunes troupes du camp de Monseigneur, filz de Vostre Majesté, ont esté deffaictes, et Messieurs de Thavanes, de Martigues, de Brissac, d'Estrocy, de La Chastre et aultres plusieurs, demeurez prins et blessez; et que le duc de Deux Pontz a deffaict, aussi, quelque trouppe, que menoit le baron des Adrectz, et contrainct Mr. d'Aumalle se retirer, deux grandz journées, dans le pays, et mettre une rivière devant luy: de quoy je suys en peyne, bien que pour venir la dicte nouvelle de costé suspect, ceste Royne ny les seigneurs de ce conseil n'y adjouxtent grand foy. Et j'espère en Nostre Seigneur que l'événement n'aura esté tel; mais quoy qu'ayt succédé, je vous supplie très humblement, Madame, qu'il vous playse m'en fère donner adviz, affin de le représenter icy à la vérité, et en la façon qu'il fault, pour garder la réputation de voz affères, affin de n'en laysser aprofiter ceulx du contraire party.
Il se dict que, vers le cap d'Ouest, a freschement désembarqué une troupe de gentishommes et damoyselles, vennantz de la Rochelle, et que, parmy, y a ung des principaulx chefs de leur armée. Je métray peyne de sçavoir que c'est, pour vous en donner plus grand notice par mes premières; priant Dieu, etc.
De Londres ce XVIe de may 1569.
Je viens d'estre adverty que le comte d'Ormont a esté, ce matin, banny de court, et que Mylaris Chic s'en est banye elle mesmes, pour avoir, eux deux, esté surprins ensemble en lieu secret et trop suspect. La dicte Mylaris Chic est une des dames d'honneur de ceste Royne.
LETTRE DE LA ROYNE D'ESCOCE AU Sr. DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--Wymkfild, le VIIe de mai 1569.--
Monsieur de La Mothe, j'ay esté bien ayse de veoir, par les lettres du Roy, Monsieur mon bon frère, les bonnes nouvelles de la victoire, qu'il a pleu à Dieu luy donner; mais je suys en peyne de n'en avoir point eu de la Royne, Madame ma bonne mère, et que l'on faict encores courre le bruict que les ennemys sont les plus fortz; et, pour ce, je vous prie, Monsieur de La Mothe, m'escripre amplement et librement la vérité de toutes choses. Si je puys obtenir congé pour ung des miens, je ne fauldray l'envoyer par dellà pour me resjouir avec le dict seigneur de l'heureux succez de ses affères; sinon je vous adresseray mes lettres à la première commodité; et sur ce, je prie Dieu vous donner, Monsieur de La Mothe, ce que plus vous desirez, etc.
Chiffre--[Je vous prye ne laysser cependant passer l'occasion de remonstrer au Roy la nécessité du prompt secours pour Donbertan, et l'importance de la place, et vous asseurer que, quelque chose, que je trette pour sortir d'où je suys, je ne diminueray jamais de la volonté et affection envers ceulx que je doibz; et me semble, Monsieur de La Mothe, que c'est la sayson que, si vous parlez un peu brusquement à la Royne d'Angleterre, j'en auray meilleur marché.]
REMONSTRANCE FAICTE PAR LE Sr. DE LA MOTHE FÉNÉLON A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
1.--Que, pour remédier aulx désordres, qui se commettent en mer au préjudice de la bonne paix d'entre voz deux Majestez, voz pays et subjectz, il soit vostre bon playsir fère proclamer en vostre royaulme, ainsy que le Roy, Mon Seigneur, a mandé proclamer au sien, que nul de voz dictz subjectz ayt à armer vaysseaulx pour les mettre en mer, si Vostre Majesté, pour occasion de guerre ou pour la garde de ses places, expressément ne le permet et commande.
2.--Et, si aulcuns y veulent mettre navyres pour aller à leur traffic avec plus grand équipage de guerre, qu'il n'est accoustumé à commun train de merchandise ou de pescherie, il soit mandé de ne les laysser sortir, sans bailler suffizante caution devant voz officiers qu'ilz n'attempteront rien au préjudice de la paix, n'y n'empescheront ou retarderont aulcunement le libre commerce qu'en temps d'icelle est accoustumé.
3.--Et que ceulx, qui sont desjà en mer, soyent révoquez par cry public, et déclairez désadvouhez et hors vostre protection, si, du dernier jour de may prochain en là, ilz continuent d'y estre en aultre façon que cy dessus n'est dict, pour estre puniz et chastiez comme brigans et volleurs.
4.--Et, affin de mieulx observer ceste vostre ordonnance, mander à voz officiers des lieux que, quant quelques vaysseaulx partiront, ils facent inventoire de tout ce que dans iceulx sera trouvé, avec obligation qu'à leur retour ils reprendront port au lieu mesmes d'où ilz seront départiz, et représenteront leur dict inventoire, avec certiffication du lieu où ilz auront chargé et aschapté leurs merchandises, et aultres choses, qui se trouveront de plus en leurs dictz vaysseaulx.
Et, à deffault de ne monstrer telle certiffication, soit mandé saysir le tout, soubz la main de Vostre Majesté, pour estre, ce qui ne se trouvera de bonne prise, baillé en garde à quelques bons personnaiges resséans et solvables, affin de le restituer à qui il apartiendra.
5.--Et de tant qu'aulcuns de voz subjectz, et aultres, estrangiers, qui se sont retirez en voz portz, ont, despuys cinq ou six moys, ouvertement et sans punition aulcune, usé de toute licence en mer à prendre et arrester les biens, personnes et navyres des Françoys, dont, et des voyages de la Rochelle et aultres semblables déportemens, aulcuns ont estimé qu'il y avoit guerre entre ces deux royaulmes,
Affin d'en oster l'opinion, et obvyer au mal qui s'en pourroit ensuyvre, il vous playse, suivant les communs trettez et la mutuelle déclaration, que Voz Majestez ont naguières faicte, l'une à l'aultre, sur l'entretennement de la paix, et veu l'ordonnance que le Roy, Mon Seigneur, de son costé a mandé publier pour asseurer la mer et le commerce aulx Angloix en son royaulme,
Mander aussi qu'il soit usé de pareille correspondance aux Françoys, pour leur rendre la mer et le commerce libres et asseurez de deçà, et que ce qui leur a esté prins et transporté, ou aultrement arresté en ce royaulme, Vostre Majesté veuille déclairer, qu'après sommaire vériffication faicte comme il leur appartient, l'adjudication et dellivrance leur en sera faicte, et que ceulx, qui s'en trouveront saysiz ou coupables, seront contrainctz par la voye de justice [de les rendre] ou d'en payer la juste valleur.
6.--Et, de tant qu'aulcuns de ceulx, qui se sont retirez en voz portz, au sortir d'iceulx, courent ordinairement la mer jusques dans ceulx du Roy; dont naguières ilz ont miz en alarme la coste de Normandie, et se sont esforcez d'allumer la guerre entre ces deux royaulmes, il vous playse leur deffandre toute retrette en vos dictz portz, et ordonner, attandu les violances qu'ilz ont commises, et qu'ilz ne cessent de commettre toutz les jours sur les bons subjectz du Roy, qu'ilz seront prins et apréhendez, quelle part où ilz seront trouvez en ce royaulme, pour estre puniz comme infracteurs de paix, perturbateurs du repoz public, et volleurs manifestes.
7.--Que, pour la restitution des prinses, Vostre Majesté, jouxte sa promesse et celle des seigneurs de son conseil, soit contante de depputer deux personnaiges, de bonne qualité, Angloix, l'ung de lettres, et l'aultre merchand, pour aller en France, et il en sera depputé aultant, de Françoys, pour venir, en mesme temps, en Angleterre, affin d'estre présens et adjoinctz sur les lieux aulx commissaires de la dicte restitution, pour tenir la main que, d'ung costé et d'aultre, elle soit droictement faicte.
8.--Et, pour oster le souspeçon et jalouzie que le Roy prend, et qu'il ne peult fère qu'il ne preigne, de la contractation de voz subjectz avec ceulx de la Rochelle, encores que je ne sçay comme il prendra ce voyage qu'on y va fère à présent, il vous playse, à tout le moins, fère en sorte que ceste roulte et ce traffic ayent dorsenavant à cesser;
Et me déclairer s'il vous playt accepter l'offre, que le Roy m'a commandé expressément de vous fère, c'est qu'il accomodera vostre royaulme, et voz subjectz, de toutes ces choses nécessaires qu'ilz vont quérir à la Rochelle, en telz aultres endroictz de son royaulme, qui présentement luy obéyssent, qu'il vous plairra choysir, et de leur y fère donner toute faveur, seuretté et bon trettement.
9.--Et, affin qu'il voye sur quel fondement ces premier et second voyages au dict lieu ont esté entreprins, au préjudice de ce qu'il vous avoit faict requérir et remonstrer au contraire, il vous playse luy fère communication du contract et marché, que Vostre Majesté allègue avoir esté faict là dessus, affin qu'il en puysse demeurer aucunement satisfaict.
RESPONCE FAICTE PAR LA ROYNE D'ANGLETERRE à la susdite remonstrance, suivant les articles cothez.
_Au premier._--Il y est pourveu par la proclamation du XXVIIe d'avril dernier.
2.--Il y est aussi pourveu en la mesmes proclamation.
3.--Il y est aussi pourveu par certains ordres, envoyés du conseil, à toute portz, en mars dernier, de quoy l'ambassadeur a eu coppie.
4.--Cella ne peult estre par ordre exécuté, comme l'article requiert, car les navyres, qui sortent d'ung port, ne retournent pas toutjours en icelluy, mais en aultres.
5.--Il n'y a poinct de besoing, là, de déclaration par parolles, car, par manifestes oeuvres, il est déclairé que toutz Françoys sont souffertz hanter en Angleterre, combien que les Anglois sont journellement arrestez en France; à quoy il n'est remédié par oeuvres.--Asseurément, il ne peult estre longuement observé, de la