Part 4
Pour le soulagement des fatigues continuelles de la Religion, & pour mieux perseverer dans l'étroite regularité, la Mere Prieure pourra permettre quelquefois, que l'on fasse quelques honêtes & Religieuses récreations, qui ne seront plus frequentes que tous les mois une fois, cependant aux mois qui précédent l'Avent & le Carême, on en pourra avoir deux; commençant le matin à l'heure du dîner jusqu'après le souper, sans quitter pourtant l'heure ordinaire de l'Office & de l'Oraison. Dans ce tems de récréation. La Mere Prieure (si elle le juge à propos) pourra faire manger dehors du Refectoire en ce jour, mais toutes ensemble en commun, & non pas aux cellules particulieres, faisant seulement lire un peu au commencement, & après elle donnera permission que l'on puisse parler, & quitter le travail manuel, s'entretenant d'agréables & vertueux discours; évitant les ris superflus, & de dire des paroles qui puissent fâcher les Soeurs, s'abstenant des jeux des mains, ou d'autres qui sentent le prophane & le seculier; afin que telles récréations n'empêchent en rien la dévotion, mais qu'elles servent plûtôt à la renouveller avec une plus grande ferveur.
SECONDE PARTIE.
Du Culte Divin.
De l'Office Divin.
Chapitre I.
Tout l'Office Divin se dira toujours dans le choeur, s'il n'y a quelque empêchement legitime, & se dira conformément à l'usage Romain, avec un ton clair, expeditif, & devot, laissant finir le verset d'un choeur avant que l'autre commence. L'Office de la Fête de notre Pere Saint Augustin se fera avec Octave, & aussi les solemnités de Notre-Dame.
Nous n'usagerons jamais aucun chant, ni musique dans notre Eglise, pas même aux Fêtes les plus solemnelles. Les Prêtres & Chapelains liront seulement les Messes sans chanter en quelque sorte que ce puisse être, excepté cependant à l'Office & aux Messes de la semaine Ste durant laquelle on pourra faire quelque chose de plus qu'à l'accoutumé, pourvû que l'on n'excede point la modestie & l'humilité, qui est propre à notre institut: le même se pratiquera aux obseques des Religieuses défuntes.
Outre le grand Office, nous dirons tous les jours dans le choeur l'Office de Notre-Dame, excepté les Fêtes commandées, la Vigile de Noël jusqu'après l'Octave, & depuis le Dimanche des Palmes jusqu'après l'octave de Pâques, toute l'Octave de la Pentecôte, & les jours ausquels on dit l'Office de la Bien heureuse Vierge.
_Nous nous leverons pour Matines avec l'ordre suivant._
[En marge: En France ces heures se raportent ainsi qu'il ensuit]
_Depuis le vingt-huitiéme d'Août jusqu'au quatorzieme de Septembre à huit heures._
[En marge: 4. heures & demie]
_Depuis le quatorziéme de Septembre, jusqu'au vingt-neuf, à huit & demie._
[En marge: 4. heures & demie]
_Depuis le vingt-neuviéme Septembre jusqu'au dix-huitiéme d'Octobre à neuf._
[En marge: 4. h. 3. quarts.]
_Depuis le dix-huitiéme d'Octobre, jusqu'à l'onziéme de Novembre à dix._
[En marge: 5. h. & quart.]
_Depuis l'onziéme de Novembre, jusques au vingtiéme de Janvier, à onze._
[En marge: 5. h. & demie.]
_Depuis le vingtiéme de Janvier, jusqu'au neuviéme de Fevrier, à dix & demie._
[En marge: 5. h. & demie.]
_Depuis le neuviéme de Fevrier, jusqu'au vingt-quatriéme, à dix._
[En marge: 5. h. & demie.]
_Depuis le vingt-quatriéme de Fevrier, jusqu'au douziéme de Mars, à neuf._
[En marge: 5. h. & quart.]
_Depuis le douziéme de Mars, jusqu'au vingt-cinq, à huit & demie._
[En marge: 5. heu.]
_Depuis le vingt-cinquiéme de Mars, jusqu'à l'onziéme d'Avril, à huit._
[En marge: 4. h. 3. quarts.]
_Depuis l'onziéme d'Avril, jusqu'au vingt-cinquiéme, à sept & demie._
[En marge: 4. h. & demie.]
_Depuis le vingt-cinquiéme d'Avril, jusqu'au premier d'Août, à sept._
[En marge: 4. heures.]
_Depuis le premier d'Août, jusqu'au vingt-huitiéme, à sept & demie._
[En marge: 4. h. & demie.]
_La nuit de la très-sainte Nativité de Notre-Seigneur, nous nous leverons à sept heures._
[En marge: 1. heure après minuit.]
Toutes les heures se diront le matin, excepté None, laquelle depuis le Samedy in albis jusqu'à la sainte Croix de Septembre, se dira après l'heure du silence, & le repos de midy, & aux jours de jeûnes elle se dira le matin.
De la Méditation & Examen.
Chapitre II.
Le matin après les Matines étans dans le Choeur, nous ferons une heure d'Oraison mentale toutes ensemble, excepté celles qui en seront exemptées par infirmité, ou par quelqu'autre empêchement légitime au jugement de la Prieure: laquelle Oraison pour l'ordinaire se fera sur le sujet de la vie, & de la Passion de Notre-Seigneur J. Christ. Cependant selon la diversité des tems ou des Fêtes on pourra choisir quelques autres matieres. Prenant garde que des points de la méditation, nous en tirions quelque fruit qui tende à la gloire de Dieu, comme sont la connoissance, la loüange, & l'admiration de quelques-unes de ses perfections, le remerciant de tous ses bienfaits, comm'aussi de tirer quelqu'instruction ou correction pour notre profit particulier & pour le bien de notre prochain.
De même le soir après Complie, nous ferons toutes ensemble (excepté celles qui seront exemptées comme nous avons dit) une heure de méditation sur la vie de Notre-Dame. Que si les sujets viennent à manquer, on la pourra faire sur la Mort, sur le Jugement, sur l'Enfer, sur le Paradis, ou bien sur les sentimens ausquels chacune se trouvera portée, en tirant quelque chose pour notre propre instruction, ou pour le bien de notre prochain, comme il est dit ci-dessus: dans cette heure d'Oraison seront comprises les Litanies de Notre-Dame.
Le soir avant que d'aller reposer, nous ferons l'examen de conscience l'espace d'un quart d'heure, dans le Chapitre, ou dans le Choeur, selon la volonté de la Mere, après lequel on dira le _Confiteor_, _Misereatur_, _Indulgentiam_, _De profundis_, ou autres choses, avec trois Oraisons, telles qu'il plaira à la Prieure, qui donnera aussi de l'eau benîte à toutes; cela fait, on fera le signal du repos, & toutes les Soeurs s'en iront dans leurs cellules pour dormir, observant inviolablement le silence, même en se retirant jusqu'au matin après Prime.
Un quart d'heure après, la Prieure ou quelqu'une des Discrettes envoyée par elle, ira voir si toutes les Religieuses sont au lit, & elle donnera pénitence à celles qu'elle trouvera occupées à autre chose sans permission, faisant ensorte que toujours toutes aillent se reporter en même tems, & qu'aussi elles se levent toutes à la même heure. La Maîtresse des Novices fera de même envers ces Novices.
Les Soeurs Converses, au lieu de l'Office divin, diront ce qui suit: Pour les Matines & Laudes, elles diront la Couronne de Notre-Dame; pour les Vêpres & Complie, la troisiéme partie du Rosaire; pour les heures, la Couronne de Notre-Seigneur, de trente trois _Pater noster_, & cinq _Ave Maria_, trois _Pater noster_, & autant d'_Ave Maria_, à l'honneur de la très-Sainte Trinité, & cinq en l'honneur des cinq playes de Notre-Seigneur.
Elles feront les examens de conscience, & la meditation, quand, & comme elles le pourront selon leur capacité, & lors qu'il leur restera du tems après qu'elles auront achevé les services de la Maison.
Des suffrages pour les Morts.
Chapitre III.
Lors que quelqu'une de nos Soeurs Religieuses passera de cette vie en l'autre, le jour de sa mort, toutes les autres ensemble diront l'Office des Morts dans le Choeur, & trente jours après immediatement consecutifs, chaque Soeur du Choeur dira en particulier les Vêpres des Morts. Et les Soeurs Converses au lieu des Vêpres diront durant ces trente jours la troisieme partie du Rosaire, ou bien la Couronne.
Les mêmes Prieres se feront lorsqu'arrivera la mort de Monseigneur l'Archevêque, & de notre Confesseur, de même aussi à celle de nos Bienfacteurs qui auront laissé à notre Monastére, des revenus suffisans au moins pour la nourriture d'une Religieuse. Et encore de ceux qui auront contribué quelque aumône signalée pour nos bâtimens. De plus lesd. bienfacteurs participeront particulierement à tous les mérites des Religieuses de ce Monastére, & tous les jours toutes feront dans le Choeur une Priere spéciale à leur intention.
De plus, il y aura chaque mois un jour, auquel toutes les Messes qui se diront dans notre Eglise, seront pour les morts: Et les Religieuses ce jour là, ou quelque autre jour, diront séparément une Office des Morts pour les ames des Soeurs décédées, & des personnes ci-dessus nommées.
D'assister à la Ste Messe, de la Confession & de la Communion.
Chapitre IV.
Chaque Religieuse entendra la Messe tous les jours, excepté celles qui par le conseil du Médecin, ou de la Supérieure, en seront exemptées pour quelque cause légitime. Laquelle Supérieure aura un soin particulier de faire parfaitement observer cet article, distribuant l'occupation de chacune, ensorte que nulle ne puisse rejetter la cause de son manquement sur le trop d'affaires: Et celle qui par négligence, ou peu de dévotion, aura manqué d'assister à la Messe, sera punie comme pour une faute griéve. Nous n'aurons qu'un seul Confesseur, cependant trois fois l'année nous nous confesserons toutes à un Confesseur extraordinaire, qui nous sera presenté par Monseigneur notre Illustrissime Archevêque, ainsi qu'il est porté dans le Concile de Trente.
Et durant le tems des Confessions extraordinaires, aucune ne se confessera ou traitera avec le Confesseur ordinaire.
Toutes les Religieuses pour l'ordinaire communieront tous les Dimanches, & toutes les Fêtes de Commandement, & de plus à pareil jour de la semaine que sera échûë la Fête de l'Annonciation, en mémoire & en action de graces de ce Mystére, par lequel l'humanité de Notre Seigneur, & la sainte Vierge sa Mere furent élevées à un si haut degré d'excellence, & elles prieront Dieu que la connoissance de ce sacré Mystere, soit portée par tout le monde.
Que si la Fête de l'Annonciation se rencontre le Dimanche, ou le Lundy, ou bien le Samedy, on pourra si l'on veut remettre cette Communion au Jeudy, à l'honneur du très-saint Sacrement.
Hors ce tems-là, nulle Religieuse ne communiera sans permission & du Confesseur, & de la Prieure ensemble.
S'il y a quelque Religieuse qui ne se comporte pas avec l'édification requise, la Mere Prieure en avertira le Confesseur, afin qu'il juge, s'il est à propos, de la priver quelquefois de la Ste Communion. Ce qu'il pourra même faire quand bon lui semblera, sans que la Prieure le sçache; soit pour lui toucher le coeur, ou pour exciter en elle un plus grand respect envers le très-saint Sacrement, & singulierement quand deux jours de Communion se suivront immédiatement, attendu que toutes personnes n'en sont pas également capables.
Et puisque les Soeurs se confessent souvent, elles s'étudieront à être briéves avec le Confesseur ordinaire, autant qu'il leur sera possible, ne s'arrêtant pas à plusieurs manquemens generaux qui obscurcissent la Confession; & elles diront seulement en peu de paroles, & avec la clarté nécessaire, les fautes particulieres qu'elles auront commises depuis leur derniere confession. Et elles éviteront encore d'être du nombre de celles, qui toutes les fois qu'elles changent de Confesseur, veulent faire une confession generale sans aucune nécessité, principalement de toute leur vie. Il sera pourtant à propos pour augmenter leur dévotion, & pour renouveller leur esprit, qu'elles en fassent une tous les ans: commençant dès le tems où elles l'auront faite la derniere fois, & employant une semaine entiere à la méditation des vérités qui pourroient les aider à cela, comme il sera dit aux avis Spirituels. Et dans ce même tems chaque Religieuse pourra demander quelque pénitence à la Prieure, pour l'expiation des fautes qu'elle aura commises durant toute l'année. Et parce qu'au tems de Pâques & de Noël, l'excellence des Mystéres qui y sont representés, ravit les coeurs à d'autre chose qu'à penser aux pechés: l'on pourra choisir une autre saison plus commode pour faire lad. confession annuelle; comme seroit huit jours avant la Nativité de Notre-Dame, afin que ce nous soit un motif de renaître à une plus grande perfection: & la vigile de la même Fête, nous renouvellerons toutes ensemble nos voeux dans le Choeur, en prononçant chacune ces paroles.
Dieu Tout-Puissant & Eternel; Je Soeur N. Religieuse de l'Annonciade, quoique très-indigne de votre divine presence, cependant me confiant en votre divine & infinie bonté, pressée du désir de vous servir; je renouvelle mes voeux de pauvreté, de chasteté & d'obéissance, en presence de la très-sacrée Vierge Marie ma Maîtresse, de notre Pere Saint Augustin, & de toute la Cour Céleste, priant votre divine bonté de m'accorder la grace de les observer parfaitement, par les mérites de Notre-Seigneur Jesus-Christ, & par l'intercession de sa très-Sainte Mere, de notre Pere St Augustin, & de tous les Bien-Heureux du Ciel. Ainsi soit-il.
Après cela, chacune pourra de coeur & d'affection demander diverses graces, selon son besoin.
De la même façon, nous renouvellerons nos voeux le jour de l'Annonciation, qui est notre fête particuliere.
TROISIÉME PARTIE.
Des divers Offices du Monastére.
Dans cette troisiéme Partie, entre plusieurs choses, il y est particulierement traité des divers Offices nécessaires au gouvernement du Monastére, ainsi qu'il suit.
De l'Office de la Prieure.
Chapitre I.
Il est certain que le premier Office, & le plus important qui soit conferé dans le Monastére, est celui de la Mere Prieure; c'est pourquoi il est nécessaire que nous traitions des qualités qu'elle doit avoir, plus amplement que de toute autre Officiere.
La Prieure donc est obligée de considerer premierement, qu'elle a été faite, la Mere, la Guide, & la Gardienne de toutes les Religieuses; qu'en cette qualité de Gardienne, il lui convient de veiller diligemment sur une charge si importante, ayant à rendre à Dieu un compte très-étroit de toutes les ames de chacune, comme de la sienne propre: & de plus de toutes les inobservances que les Religieuses commettront contre la Régle, les Constitutions, & les Ordonnances des Supérieurs.
Comme Mere de toutes, elle doit être douce, & charitable envers chacune, patiente à suporter leurs imperfections, prudente à sçavoir mêler la sévérité avec la douceur, en les corrigeant; égales envers toutes, non partiale avec aucune, & liberale à dépenser volontiers pour les nécessités des Soeurs, quand ce ne seroit que pour la moindre des Converses.
Comme Guide des autres, sa vie doit être exemplaire; c'est pourquoi elle se doit trouver la premiere au Choeur, au Réfectoire, à l'Oraison, & aux fatigues communes du Monastére, pourvûë qu'elle n'en soit empêchée par quelque cause légitime & évidente.
Elle doit être humble, n'avoir rien à elle, se mépriser soi-même, vigilante au gouvernement, zélée pour la gloire, & pour l'honneur de Dieu, & singulierement pour celui de sa très-Ste Mere, & enfin dans l'observance de notre Institut, & des Régles communes.
Il lui est encore décernée d'avoir la sur-intendance de toutes les autres Officieres du Monastére, & elle procurera que toutes accomplissent parfaitement leurs Offices, conformément aux Régles qui en sont données à chacune, & que toutes les Religieuses soient dévotes, humbles, pauvres, & en general dans l'exacte observance de nos Régles & Constitutions.
Si la Prieure manquoit en quelque chose, de sorte qu'elle eût besoin de correction, comme seroit, si elle étoit trop austére, ou trop indulgente dans son gouvernement, ou envers sa personne, en ce cas qui la reconnoîtra telle, la pourra avertir avec amour, & respectueusement.
Que si pour quelque égard, elle n'avoit pas l'assurance de le faire, elle pourra alors en avertir le Confesseur, afin qu'il fasse cet office; que si cela ne suffisoit encore, elle pourra prendre occasion d'en avertir Monseigneur l'Archevêque, ou son Vicaire, afin qu'il y remédiât. Et si la faute dans laquelle la Mere seroit lors tombée étoit forte importante, qu'il y eût besoin d'un prompt reméde, & que personne dans la maison n'eût la hardiesse de la reprendre, on pourra alors écrire le plus secretement qu'il sera possible au Supérieur, sans permission de lad. Mere, & à l'insçu d'aucune autre. Ce que chacune des Religieuses pourra toûjours faire, lorsqu'elle aura besoin d'avertir le Supérieur de ses nécessités particulieres: cependant, on n'en usera que rarement, & non dans d'autre cas, que pour quelque personnelle, importante, & pressante nécessité.
Quand il surviendra à la Prieure quelque chose digne de consideration, elle en consultera avec la Soûprieure, & les Discrettes, & accomplira ce que la pluralité des voix aura arrêté.
Quant aux choses d'importance (comme d'entreprendre quelque bâtiment de grand prix, d'emprunter une somme considerable, introduire quelque nouvelle coûtume dans le Monastére, & autres choses semblables) la Supérieure ne le pourra faire avec le seul conseil des Discrettes, mais outre la pluralité des voix du Chapitre, il lui est nécessaire d'avoir le consentement de Monseigneur l'Archevêque, ou de son Vicaire, & que la Supérieure sçache que plus souvent elle consultera, plus elle assurera sa conscience, & gouvernera la maison avec beaucoup plus de bienséance & de gravité; pour cet effet, elle ne laissera jamais passer une semaine ou 15. jours au plus, qu'elle n'assemble les Discrettes, pour voir avec elles s'il se presente quelque affaire où elle ait besoin de leur conseil, pour y mettre ordre.
De l'Office de la Sous-Prieure.
Chapitre II.
Après l'Office de la Prieure, le plus important est celui de la Sous-Prieure, à laquelle on doit porter presque autant de respect & de consideration qu'à la Prieure même.
Son Office sera d'aider la Prieure au gouvernement en tout ce qu'elle lui ordonnera. Et de plus, elle representera la Mere, & disposera comme elle-même en son absence, au Choeur, au Réfectoire, au Chapitre, & en tous les autres exercices, & offices communs.
Elle ne pourra changer aucunes des choses qui apartiennent ausd. offices, quelques petites qu'elles soient, sans la permission expresse de la Prieure.
Il convient aussi à la Sous-Prieure, d'être l'une des Conseilleres de la Mere Prieure, avec les Discrettes, dans les cas qui méritent consideration.
La Sous-Prieure doit être d'une vie exemplaire, dans l'observance de nos Constitutions, & des Ordonnances des Supérieurs, & doit prendre garde qu'elles soient observées par les autres.
Et en general, elle s'étudiera autant qu'il lui sera possible, de posseder toutes les qualités que nous avons dit ci-dessus être requises à la Mere Prieure.
Elle doit être âgée de 40. ans, & Professe de 5. ans.
C'est à elle plus qu'à toutes autres d'avertir la Prieure, quand elle excédera en quelque chose, comme aussi à corriger les inférieures, lorsqu'elles feront des fautes.
Des Discrettes.
Chapitre III.
Les Discrettes n'excéderont point le nombre de cinq, & ne pourront être moins de trois; leur office sera de conseiller la Prieure dans les choses difficiles, & durera trois années comme celui de la Prieure, & de la Sous-Prieure. Elles ne pourront être parentes entr'elles, ni de la Prieure ou Sous-Prieure au premier degré.
Celles qui ne seront pas âgées de 35. ans accomplis, & qui n'auront passé 5. ans de profession, ne pourront être élûës à cet Office. On fera attention d'élire à cet Office, des personnes de meur, & sain jugement, dont la vie serve de bon exemple au Monastére.
Afin qu'aux consultes, on procéde avec esprit, les Discrettes s'étudieront à aimer le bien commun, ne s'attachant point trop à leur propre jugement, à être libre de passions déreglées, & elles diront leurs avis sincérement avec grande modestie, sans se troubler, si l'on n'agit ainsi qu'il aura semblé bon à chacune d'elles.
Avant que de donner leur avis, elles se leveront, & diront: _Sit nomen Domini benedictum_.
Avant que l'on commence la consulte, elles invoqueront l'assistance du Saint Esprit par l'Oraison: _Deus qui corda fidelium_. Et à la fin, elles rendront graces à Dieu, en disant au moins un _Pater noster_ & un _Ave Maria_. Ce que l'on fera encore en toutes autres actions publiques, où toutes les Religieuses, ou une partie d'entr'elles seront assemblées.
De l'Office de la Maîtresse des Novices.
Chapitre IV.
L'Emploi de Maîtresse des Novices, est de telle importance, que les Religieux d'Egypte, selon que raporte St Jean Climaque, élisoient à cette Charge le plus homme de bien d'entr'eux; faisoient Abbé celui qui tenoit le second rang en réputation de bonne vie, & donnoient au troisiéme le soin de la porte du Monastére.
C'est pourquoi les Religieuses doivent bien considerer toutes les qualités de celle à qui elles donneront leurs voix. Et en effet, l'expérience fait connoître que tout le bien, & tout le mal de la Religion, dépend de la bonne & sainte, ou de la mauvaise éducation des Novices.
Il est donc nécessaire que la Maîtresse des Novices ait plusieurs qualités. Mais entre les autres, il faut qu'elle soit très-exacte dans l'observance des Régles & des Constitutions du Monastére, qu'elle soit charitable, modeste, diligente, dévote, accommodante, expérimentée dans l'Oraison, & dans la Méditation, & qu'elle ait un coeur de Mere envers ses Novices.
Cette Maîtresse instruira ses Novices, tant pour les actions extérieures, que pour les intérieures, selon les instructions qui à cet effet lui seront données par écrit.
Si entre les Discrettes, il s'en trouve quelqu'une capable d'exercer cet office, elle sera éluë pour Maîtresse; & quand il n'y en aura point, on en élira une de celles qui ont voix au Chapitre; cette Maîtresse doit être âgée de 35. ans pour le moins.
Et sur toutes choses, elle doit être saine, afin qu'en toutes les observances & austerités de la Régle, ses forces lui permettent de donner bon exemple à ses Novices.
De l'Office de la Sacristine.
Chapitre V.
L'office de la Sacristine sera d'avoir un soin très-particulier, que les choses de l'Eglise, & singulierement celles qui sont pour le service de la Messe, soient très-nettes & très-propres, c'est pourquoi on élira à cet office une personne qui soit naturellement portée à la propreté.
Elle aura de même soin de donner en tems & lieu, les ornemens au domestique, qui les portera au Chapelain, ou Clerc de l'Eglise, ce qu'elle fera avec telle modestie Religieuse, & briéveté de paroles, que les Ministres en demeurent édifiés.
Elle aura encore soin de sonner au tems convenable les Offices & les Messes, & de conserver les ornemens & les linges de la Sacristie dans les armoires, ou dans les coffres, ainsi qu'il lui sera ordonné.
De l'Office de la Procureuse.
Chapitre VI.
Cet Office demande une personne qui ait bon jugement, & qui soit expérimentée dans les affaires séculieres, puisqu'elle doit manier l'argent, recevoir les revenus, payer, acheter, & pourvoir aux nécessités du Monastére. Le tout cependant par dépendance, & par l'ordre de la Mere Prieure.
La Procureuse après avoir acheté les étoffes, & autres choses nécessaires au vêtement, elle les mettra entre les mains de la Robiere, laquelle aura soin de pourvoir au besoin particulier de chacune. De même les choses convenables pour le vivre étant achetées, la Procureuse les donnera à la Dépensiere, pour les employer & les distribuer, selon l'office qu'elle exerce. Elle fera de même à l'égard des autres Officieres, comme à la Sacristine, à l'Infirmiere, & autres.
La Procureuse parlant avec les Séculiers ne sera jamais seule, mais elle aura sa compagne d'office avec elle (si elle en a une) ou bien une des Tourieres, pour l'assister & entendre tout ce qui sera traité par elle.
Tous les trois mois elle rendra compte à la Mere, & à deux Discrettes, de la recette & de la dépense du Monastére, & en même tems elle recevra de l'argent pour l'employer à la dépense des trois mois suivans, ou bien au commencement de chaque mois, ainsi que la Supérieure jugera plus à propos.
De l'Office de l'Infirmiere.
Chapitre VII.