Confidences et Révélations: Comment on devient sorcier

Part 36

Chapter 363,519 wordsPublic domain

Ce foulard était confié par un spectateur. Aussitôt que je l’avais entre les mains, je le pressais, l’étirais et le retournais en tous sens pour prouver qu’il ne contenait rien, puis, le prenant par le milieu, je le secouais et j’en faisais sortir un plumet. En retournant le foulard du côté opposé, j’en retirais un second, un troisième, un quatrième plumet et jusqu’à un panache de tambour-major. Enfin une véritable pluie de plumets venait couvrir la scène.

Ces subtilités étaient le préambule d’un tour beaucoup plus surprenant encore, et qu’on pourrait appeler à plusieurs titres le bouquet de l’expérience.

Je m’approchais des spectateurs, et après avoir une dernière fois bien secoué et retourné le foulard de tous côtés, j’en faisais sortir une énorme corbeille de fleurs que je distribuais aux dames.

Ce tour faisait partie des expériences annoncées sur ma première affiche.

LA SUSPENSION ÉTHÉRÉENNE.

Dans l’année 1847, on se le rappelle, il n’était question que de l’éther et de ses merveilleuses applications. J’eus alors l’idée d’user à mon profit l’engouement du public pour en faire un à-propos qui eut un succès prodigieux.

--Messieurs, disais-je avec le sérieux d’un professeur de la Sorbonne, je viens de découvrir dans l’éther une nouvelle propriété merveilleuse.

Lorsque cette liqueur est à son plus haut degré de concentration, si on la fait respirer à un être vivant, le corps du patient devient en peu d’instants aussi léger qu’un ballon.

Cette exposition terminée, je procédais à l’expérience. Je plaçais trois tabourets sur un banc de bois. Mon fils montait sur celui du milieu, et je lui faisais étendre les bras, que je soutenais en l’air au moyen de deux cannes qui reposaient chacune sur un tabouret.

Je mettais alors simplement sous le nez de l’enfant un flacon vide que je débouchais avec soin, mais dans la coulisse on jetait de l’éther sur une pelle de fer très chaude, afin que la vapeur s’en répandît dans la salle. Mon fils s’endormait aussitôt, et ses pieds, devenus plus légers, commençaient à quitter le tabouret.

Jugeant alors l’opération réussie, je retirais le tabouret de manière que l’enfant ne se trouvait plus soutenu que par les deux cannes.

Cet étrange équilibre excitait déjà dans le public une grande surprise. Elle augmentait encore lorsqu’on me voyait retirer l’une des deux cannes et le tabouret qui la soutenait; et enfin elle arrivait à son comble, lorsqu’après avoir élevé avec le petit doigt mon fils jusqu’à la position horizontale, je le laissais ainsi endormi dans l’espace, et que pour narguer les lois de la gravitation, j’ôtais encore les pieds du banc qui se trouvait sous cet édifice impossible, tel que le représente la gravure ci-dessus.

La première représentation eut lieu le 10 octobre 1849.

LA GUIRLANDE DE FLEURS.

Ce tour était très compliqué et formait à son dénouement un très joli tableau.

J’empruntais deux mouchoirs et trois montres; j’en faisais un paquet que je mettais dans une sorte de pistolet-tromblon, et j’y joignais trois cartes choisies dans un jeu par un des spectateurs. Pendant ce temps, on apportait une guirlande de fleurs que l’on suspendait à de petits rubans placés au milieu de la scène.

J’annonçais alors que ces fleurs allaient me servir de point de mire, et que lorsque je ferais feu de ce côté, les montres, les mouchoirs et les cartes iraient se grouper autour d’elles.

En effet, lorsque le coup partait les cartes apparaissaient sur la guirlande, les montres en dessous et les mouchoirs pendaient sur le côté.

(Un erratum à signaler sur le dessin ci-dessus, c’est que le graveur a oublié d’y mettre les mouchoirs).

Au commencement du tour, bien que je n’eusse besoin que de deux mouchoirs, j’en empruntais trois, parce que j’en gardais un pour faire un autre tour sous forme d’intermède, dans le but d’allonger cette petite scène qui, sans cela, eût été beaucoup trop courte.

Je mettais de l’esprit de vin sur ce mouchoir, je l’enflammais et je montrais les ravages du feu en passant mon bras par un énorme trou. Puis sous le prétexte de me servir de ce principe des homœopathes: _similia similibus curantur_, je versais encore de l’esprit de vin sur le linge brûlé, je l’enflammais de nouveau, et en frappant seulement avec la main sur le mouchoir incendié, je le faisais reparaître dans son état primitif.

Le tour de la guirlande a été représenté pour la première fois le 18 janvier 1850.

LE CARTON DE ROBERT-HOUDIN.

La plus simple des lois naturelles veut que le contenant soit plus grand que le contenu; ici c’est le contraire. On peut donc appeler ce tour _impossibilité réalisée_.

En effet, j’apportais sous mon bras un carton à dessin qui n’avait pas plus d’un centimètre d’épaisseur et je le posais sur de légers tréteaux placés dans le plus complet isolement au milieu de la scène; puis j’en retirais successivement:

1º Une collection de gravures;

2º Deux charmants chapeaux de dame garnis de fleurs et de rubans, aussi frais que s’ils sortaient à l’instant même des mains de la modiste;

3º Quatre tourterelles vivantes;

4º Trois énormes casseroles en cuivre remplies, l’une de haricots, l’autre d’un feu ardent, et la troisième d’eau bouillante.

5º Une grande cage remplie d’oiseaux voltigeant de bâtons en bâtons[30].

6º Enfin, après que le carton avait été fermé une dernière fois, mon plus jeune fils, le héros de la suspension éthéréenne, soulevait le couvercle, montrait au public sa tête souriante et sortait aussi de cette étroite prison.

L’IMPRESSION INSTANTANÉE,

Ou la communication des couleurs par la volonté.

Je présentais au public plusieurs flacons remplis de diverses couleurs, et j’annonçais que, par un procédé nouveau, je pouvais faire passer des liquides colorés à travers un faible ruban de soie, à quelque distance que ce fût.

Je mettais alors au milieu des spectateurs un petit pupitre sur lequel j’étendais un linge.

Messieurs, disais-je, voici un cachet communiquant par un léger cordon à cette bouteille qui est pleine d’une liqueur rouge; veuillez essayer d’en imprimer l’empreinte en pressant sur l’étoffe.

Un des spectateurs essayait, mais en vain; l’étoffe restait entièrement blanche.

--Pour faire passer le liquide jusque dans le cachet, ajoutais-je avec un grand sérieux, il manque une formalité; il faut que j’en donne le commandement. Je le fais en ce moment. Essayez maintenant, je vous prie.

En effet, le nom gravé sur le cachet s’imprimait en beaux caractères rouges; mais sitôt que je donnais un ordre contraire, on avait beau appliquer le cachet, le liquide ne passait plus.

Je prenais ensuite un autre flacon contenant du bleu, j’y attachais le ruban par une de ses extrémités, et afin qu’on fût bien assuré qu’il n’y avait aucune préparation dans le cachet, je priais un spectateur d’attacher une clé à l’autre bout du ruban. Ces conditions remplies et le commandement en étant donné, on pouvait écrire sur le linge avec la clé comme si c’eût été un pinceau.

Je terminais cette expérience en faisant subitement changer un bouquet de roses blanches en roses d’un rouge très vif.

LE COFFRE TRANSPARENT,

Ou les Pièces voyageuses.

Ce tour avait pour but de montrer avec quelle facilité je pouvais faire passer invisiblement des pièces de monnaie d’un endroit à un autre.

J’empruntais huit pièces de cinq francs que je faisais marquer avec beaucoup de soin par les spectateurs, puis je les mettais ostensiblement dans un vase en cristal que je tenais à la main.

Je posais un autre vase sur une table à l’extrémité de ma scène et j’annonçais qu’en frappant avec ma baguette sur celui où se trouvaient les pièces, une d’elles en sortirait à chaque coup pour passer dans le verre vide.

Effectivement, au son que ma baguette produisait sur le cristal, une pièce en sortait pour passer dans l’autre vase, et l’on en entendait le son argentin.

Au lieu de faire passer la huitième comme les autres, je la sortais du vase et je la remettais entre les mains d’une dame, en la priant de bien la serrer pour l’empêcher de s’échapper.

Mais à l’instant où frappant sur la cloche, je disais: partez, la pièce emprisonnée sortait de la main et on l’entendait rejoindre ses compagnes.

Pour terminer l’expérience d’une manière concluante, je suspendais à de minces cordons de soie accrochés au plafond, un coffre de cristal transparent. Je le faisais balancer dans l’espace et lorsqu’il se trouvait à son plus grand éloignement de la scène, j’y envoyais les pièces que l’on voyait parfaitement arriver dedans.

A chacune de ces expériences, l’identité des pièces était constatée.

Représenté pour la première fois le 4 septembre 1849.

LE GARDE-FRANÇAISE,

Ou la Colonne au gant.

On apportait sur une table un petit automate revêtu du costume de Garde-Française: il portait un mousquet et se tenait au port d’arme prêt à recevoir un commandement.

En automate bien appris, il commençait par saluer respectueusement l’assemblée, et après s’être débarrassé de son arme, il envoyait de la main droite quelques baisers aux jeunes enfants qu’il apercevait dans la salle.

J’empruntais à plusieurs dames de l’assemblée quatre bagues et un gant blanc, j’en faisais un paquet et je le mettais dans le petit fusil que j’avais préalablement chargé et amorcé.

--Tenez, disais-je à mon Garde-française, je vous rends votre arme contenant un gant et quatre bagues; montrez maintenant votre adresse, en envoyant tous ces objets sur ce point de mire. Je lui montrais une colonne en cristal qui se trouvait sur une autre table.

L’automate mettait en joue, posait le doigt sur la gâchette, visait et, au signal que je lui en donnais, faisait feu. Les objets contenus dans le fusil étaient projetés sur la colonne, et le gant, gonflé comme s’il eût été porté par une main invisible se dressait sur le sommet du cristal, étalant à chacun de ses doigts une des bagues qui m’avaient été confiées.

Je variais quelquefois l’expérience. Je mettais dans le fusil une seule bague et deux cartes choisies secrètement par des spectateurs. L’automate dirigeait son arme vers un vase de fleurs que je lui indiquais, et lorsqu’il faisait feu, un petit amour sortait du milieu des roses en battant des ailes et portait à la main une torche allumée au bas de laquelle la bague était accrochée. Quant aux deux cartes, elles avaient dévié de leur chemin et s’étaient fixées sur ma poitrine.

LE PATISSIER DU PALAIS-ROYAL.

Voyez ce charmant petit automate; à l’appel de son maître il vient sur le seuil de sa porte, et, fournisseur aussi poli que pâtissier habile, il salue et attend les commandes de sa clientèle. Des brioches chaudes et sortant du four, des gâteaux de toute espèces, des sirops, des liqueurs, des glaces, etc., sont aussitôt apportés par lui que commandés par les spectateurs, et quand il a satisfait à toutes les demandes, il aide son maître dans ses tours d’escamotage.

Une dame, par exemple, a-t-elle mis secrètement sa bague dans une petite boîte qu’elle ferme à clé et qu’elle garde entre ses mains? à l’instant même le pâtissier lui apporte une brioche dans laquelle se trouve la bague qui vient de disparaître de la boîte.

Voici une autre preuve de son intelligence.

Une pièce d’or lui est remise dans une petite corbeille par un spectateur, qui lui dit ce qu’il doit prendre sur cette pièce en francs et centimes. Il s’enferme chez lui, et quelque compliqué que soit son compte, il fait son calcul et rapporte en monnaie le reste de la somme.

Enfin une loterie comique est tirée, et c’est encore le pâtissier qui est chargé de la distribution des lots.

Aussi intéressante par sa complication que par la gaîté qu’elle apportait parmi les spectateurs, cette pièce était la mieux goûtée de mes expériences et terminait toujours brillamment ma séance.

Le pâtissier du Palais-Royal a été représenté pour la première fois à l’ouverture de mon théâtre.

DIAVOLO ANTONIO,

Le Voltigeur au Trapèze.

J’avais donné à cet automate le nom de Diavolo Antonio, célèbre acrobate, dont j’avais cherché à imiter les périlleux exercices. Seulement l’original était un homme, et la copie n’avait que la taille et les traits d’un enfant.

J’apportais mon jeune artiste de bois entre mes bras, comme je l’eusse fait pour un être vivant, je le posais sur le bâton d’un trapèze, et là je lui adressais quelques questions auxquelles il répondait par des signes de tête.

--Vous ne craignez pas de tomber?

--Non.

--Etes-vous bien disposé à faire vos exercices?

--Oui.

Alors, aux premières mesures de l’orchestre, il saluait gracieusement les spectateurs, en se tournant vers toutes les parties de la salle, puis se suspendant par les bras, et suivant la mesure de la musique, il se faisait balancer avec une vigueur extrême.

Venait ensuite un instant de repos, pendant lequel il fumait sa pipe, après quoi il exécutait des tours de force sur le trapèze, tels que de se soulever à la force des bras et de se tenir la tête en bas, tandis qu’il exécutait avec les jambes des évolutions télégraphiques.

Pour prouver que son existence mécanique était en lui-même, mon petit Diavolo abandonnait la corde avec ses mains, se pendait par les pieds, et quittait bientôt entièrement le trapèze.

Cet automate a paru pour la première fois sur mon théâtre le 1er octobre 1849.

LE VASE ENCHANTÉ,

Ou le Génie des Roses.

Au commencement de cette petite scène, qui tenait de la féerie, on apercevait sur une table placée au milieu de ma scène, un vase étrusque orné de pierreries, d’un travail et d’un goût exquis. Il était surmonté de branches et de feuilles de rosier.

Je priais une dame de choisir une carte dans un jeu et de l’enfermer dans une petite boîte que je lui présentais. Aussitôt la carte sortait de la boîte, revenait entre mes mains et se trouvait remplacée par un charmant canari.

J’enfermais ce petit oiseau dans une cage.

--Mesdames, disais-je ensuite, ce serin est tellement obéissant, que lorsque je vais lui en donner l’ordre, il sortira à travers les barreaux de sa cage pour aller se percher sur le bouquet qui couronne ce vase. Afin de le mieux attirer, je vais faire pousser des fleurs sur ce feuillage.

J’étendais alors ma baguette sur le rosier et l’on voyait apparaître de petits boutons qui grossissaient à vue d’œil, s’épanouissaient insensiblement, et devenaient de magnifiques roses.

Ce prestige ne s’était pas plus tôt accompli, que le serin disparaissait de la cage et se montrait sur le sommet du rosier en gazouillant de toute la force de son gosier.

Là, selon le désir des spectateurs, il chantait tel air qu’on lui désignait. Lorsque chacun avait entendu le morceau de son choix, le musicien s’envolait, et rentrait dans la coulisse.

Pour terminer cette charmante scène, le vase s’ouvrait en plusieurs parties, formait un élégant kiosque dans lequel un Indien exécutait, avec la plus rare perfection, sur une corde raide, des danses acrobatiques.

LA CORNE D’ABONDANCE.

Parmi les modifications que j’avais apportées aux séances des prestidigitateurs qui m’avaient précédé, j’ai signalé, dans le cours de cet ouvrage, le genre de cadeaux que j’offrais au public comme souvenir de mes séances.

Comte et ses émules faisaient des distributions de jouets d’enfants et de sucreries qui se trouvaient invariablement dans un chapeau. Je pensai qu’il était peu convenable d’offrir des éventails, des fleurs et des bonbons, en les faisant sortir d’une source qui n’était pas toujours d’une propreté irréprochable, et pour obvier à cet inconvénient, j’inventai la corne d’abondance.

Je présentais au public une sorte de grand cornet qui s’ouvrait en deux parties, afin qu’on pût mieux en visiter l’intérieur, puis dès qu’il était refermé, j’en retirais des bonbons et des fleurs.

C’est aussi de ce cornet que je faisais sortir des journaux comiques, des albums, des quadrilles illustrés, etc.

Je m’étais exercé à lancer ces différents objets avec une sûreté de direction telle qu’ils arrivaient immanquablement aux personnes même les plus éloignées de ma scène.

Cette distribution, ainsi que celle de la bouteille inépuisable, produisait dans la salle une animation des plus plaisantes. C’était à qui posséderait un de ces cadeaux, et l’on m’adressait de tous côtés des supplications télégraphiques auxquelles je me faisais un devoir de répondre.

TABLE.

Pages.

INTRODUCTION DANS LA DEMEURE DE L’AUTEUR I

PRÉFACE 1

CHAP. Ier. Un horloger raccommodeur de soufflets.--Intérieur d’artiste.--Les leçons du colonel Bernard.--L’ambition paternelle.--Premiers travaux mécaniques.--Ah! si j’avais un rat!--L’industrie d’un prisonnier.--L’abbé Larivière.--Une parole d’honneur.--Adieu mes chers outils! 5

CHAP. II. Un badaud de province.--Le docteur Carlosbach, escamoteur et professeur de mystification.--_Le sac au sable, le coup de l’étrier._--Je suis clerc de notaire, les _minutes_ me paraissent bien longues.--Un petit automate.--Protestation respectueuse.--Je monte en grade dans la basoche.--Une machine de la force... d’un portier.--Les canaris acrobates.--Remontrance de Me Roger.--Mon père se décide à me laisser suivre ma vocation 15

CHAP. III. Le cousin Robert.--L’événement le plus important de ma vie.--Comment on devient sorcier.--Mon premier escamotage.--_Fiasco_ complet.--Perfectibilité de la vue et du toucher.--Curieux exercice de prestidigitation.--Monsieur Noriet.--Une action plus ingénieuse que délicate.--Je suis empoisonné.--Un trait de folie 31

CHAP. IV. Je reviens à la vie.--Un étrange médecin.--Torrini et Antonio: un escamoteur et un mélomane.--Les confidences d’un meurtrier.--Une maison roulante.--La foire d’Angers.--Une salle de spectacle portative.--J’assiste pour la première fois à une séance de prestidigitation.--_Le coup de piquet de l’aveugle._--Une redoutable concurrence.--Le signor Castelli mange un homme vivant 45

CHAP. V. Confidences d’Antonio.--Comment on peut provoquer les applaudissements et les ovations du public.--Le comte de ...., banquiste.--Je répare un automate.--Atelier de mécanicien dans une voiture.--Vie nomade: heureuse existence.--Leçons de Torrini; ses principes sur l’escamotage.--Un _grec_ du grand monde, victime de son escroquerie.--L’escamoteur Comus.--Duel aux coups de piquet.--Torrini est proclamé vainqueur.--Révélations.--Nouvelle catastrophe.--Pauvre Torrini! 65

CHAP. VI. Torrini me raconte son histoire.--Perfidie du chevalier Pinetti.--Un escamoteur par vengeance.--Course au succès entre deux magiciens.--Mort de Pinetti.--Séance devant le pape Pie VII.--Le chronomètre du cardinal ***.--Douze cents francs sacrifiés pour l’exécution d’un tour.--Antonio et Antonia.--La plus amère des mystifications.--Constantinople 84

CHAP. VII. Suite de l’histoire de Torrini.--Le Grand-Turc lui fait demander une séance.--Un tour merveilleux.--Le corps d’un jeune page coupé en deux.--Compatissante protestation du Sérail.--Agréable surprise.--Retour en France.--Un spectateur tue le fils de Torrini pendant une séance.--Folie: Décadence.--Ma première représentation.--Fâcheux accident pour mes débuts.--Je reviens dans ma famille 115

CHAP. VIII. Des Acteurs prodiges.--J’arrive à Paris.--Mon mariage.--Comte.--Etudes sur le public.--Un habile directeur.--Les billets roses.--Un style musqué.--_Le Roi de tous les cœurs._--Ventriloquie.--Les mystificateurs injustifiés.--Le père Roujol.--Jules de Rovère.--Origine du mot _prestidigitateur_ 131

CHAP. IX. Les automates célèbres.--Une mouche d’airain.--L’homme artificiel.--Albert-le-Grand et saint Thomas-d’Aquin.--Vaucanson; son canard; son joueur de flûte; curieux détails.--L’automate joueur d’échecs; épisode intéressant.--Catherine II et M. de Kempelen.--Je répare le Componium.--Succès inespéré 153

CHAP. X. Les supputations d’un inventeur.--Cent mille francs par an pour une écritoire.--Déception.--Mes nouveaux automates.--Le premier physicien de France; décadence.--Le choriste philosophe.--Bosco.--Le jeu des gobelets.--Une exécution capitale.--Résurrection des suppliciés.--Erreur de tête.--Le serin récompensé.--Une admiration _rentrée_.--Mes revers de fortune.--Un mécanicien cuisinier 178

CHAP. XI. Le pot-au-feu de l’artiste.--Invention d’un automate écrivain-dessinateur.--Séquestration volontaire.--Une modeste villa.--Les inconvénients d’une spécialité.--Deux _Augustes visiteurs_.--L’emblême de la fidélité.--Naïvetés d’un maçon érudit.--Le gosier d’un rossignol mécanique.--Les _Tiou_ et les _rrrrrrrrouit_.--Sept mille francs en faisant de la limaille 193

CHAP. XII. Un _grec_ habile.--Ses confidences.--Le _Pigeon_ cousu d’or.--Tricheries dévoilées.--Un magnifique _truc_!--Le génie inventif d’un confiseur.--Le prestidigitateur Philippe.--Ses débuts comiques.--Description de sa séance.--Exposition de 1844.--Le Roi et sa famille visitent mes automates 215

CHAP. XIII. Projets de réformes.--Construction d’un théâtre au Palais-Royal.--Formalités.--Répétition générale.--Singulier effet de ma séance.--Le plus grand et le plus petit théâtre de Paris.--Tribulations.--Première représentation.--Panique.--Découragement.--Un prophète infaillible. Réhabilitation.--Succès 239

CHAP. XIV. Etudes nouvelles.--Un journal comique.--Invention de la _seconde vue_.--Curieux exercices.--Un spectateur enthousiaste.--Danger de passer pour Sorcier.--Un sacrilége ou la mort.--Art de se débarrasser des importuns.--Une touche électrique.--Une représentation au théâtre du Vaudeville.--Tout ce qu’il faut pour lutter contre les incrédules.--Quelques détails intéressants 258

CHAP. XV. Petits malheurs du bonheur.--Inconvénients d’un théâtre trop petit.--Invasion de ma salle. Représentation gratuite.--Un public consciencieux.--Plaisant escamotage d’un bonnet de soie noire.--Séance au château de Saint-Cloud.--La cassette de Cagliostro.--Vacances.--Etudes bizarres 281

CHAP. XVI. Nouvelles expériences.--La _Suspension éthéréenne_, etc.--Séance à l’Odéon.--_Un double accroc._--La protection d’un entrepreneur de succès.--1848.--Les théâtres aux abois.--Je quitte Paris pour Londres.--Le directeur Mitchell.--La publicité anglaise.--_Le grand Wizard._--Les moules à beurre servant à la réclame.--Affiches singulières.--Concours public pour le meilleur calembour 298

CHAP. XVII. Le théâtre Saint-James.--Invasion de l’Angleterre par les artistes français.--Une fête patronnée par la reine.--Le Diplomate et le Prestidigitateur.--Une Recette de 75,000 francs.--Séance à Manchester.--Les spectateurs au carcan.--_Wat à capital curaçao._--Montagne humaine.--Cataclysme.--Représentation au palais de Buckingham.--Un repas de Sorciers 316

CHAP. XVIII. Un régisseur optimiste.--Trois spectateurs dans une salle.--Une collation magique.--Le public de Colchester et les noisettes.--Retour en France.--Je cède mon théâtre. Voyage d’adieu.--Retraite à Saint-Gervais.--Pronostic d’un Académicien 344