Comte du Pape

Chapter 26

Chapter 262,851 wordsPublic domain

On partit en procession croix en tête, chacun ayant revêtu le costume: longue robe et capuche. Suivie de la soeur Sainte-Julienne, madame Prétavoine se faufilait de groupe en groupe, excitant le zèle des fidèles par l'entremise de la soeur qui traduisait ses paroles enflammées, mais, il faut le dire, en les affaiblissant; car, étant de caractère doux et d'humeur placide, elle n'était nullement faite pour prendre le clairon qui sonne la bataille.

On arriva devant le Colisée.

Le mot d'ordre donné par madame Prétavoine était qu'il fallait entrer.

On se présenta à la porte orientale, celle qui s'ouvre vis-à-vis la rue conduisant à Saint-Jean de Latran; mais devant les gardiens on s'arrêta, et un mouvement d'hésitation s'étant produit, on continua la procession en longeant les murs du Colisée comme on l'avait déjà fait les vendredis précédents.

Contrairement à ce qu'on attendait, madame Prétavoine, ou plus justement comme on disait «la Française», n'avait fait aucune tentative sérieuse pour forcer l'entrée de l'arène: bien qu'elle fût aux premiers rangs du cortége, elle avait suivi l'impulsion donnée sans faire de résistance.

--Elle n'avait donc de l'audace qu'en parole.

Mais elle avait parfaitement prévu ce mouvement, et avant d'intervenir elle avait voulu qu'il fût bien constaté que personne n'avait osé se mettre en avant.

Cette constatation faite et bien faite, elle intervint et passant en tête du cortége, elle prit la croix de bois noir de la confrérie qui portait d'un côté l'éponge et de l'autre la lance et la couronne d'épines.

Une fois qu'elle la tint entre ses mains nerveuses, elle releva la tête et se retournant vers les membres de la confrérie qui la suivaient, elle leur fit comprendre d'un seul regard que celle qui maintenant les conduisait ne reculerait pas.

Un frémissement courut dans le cortége, et plus d'une des _amantes de Jésus_ regrettant déjà d'être venue se demanda quelle bonne raison on pourrait invoquer pour s'en aller discrètement.

Bientôt on arriva à la porte qui regarde le mont Palatin et madame Prétavoine tenant la croix droite, se présenta pour passer.

Ce qui s'était produit déjà à la porte orientale se répéta, on barra le passage au cortége.

Mais cette fois celle qui tenait la tête de ce cortége n'était pas d'humeur à se retirer docilement. Inclinant la croix en avant comme elle eût fait d'une lance, elle la présenta à ceux qui lui faisaient obstacle et ils reculèrent de quelques pas; peut-être eussent-ils foncé sur une lance, mais pour un Italien mettre la main sur une croix est une grande affaire.

Profitant de ce moment d'hésitation, madame Prétavoine avança vivement et celles qui étaient derrière elle enhardies, la suivirent.

Il y eut un mouvement de bagarre et de confusion; malheureusement dans ce pêle-mêle madame Prétavoine avait redressé la croix; alors l'homme de police ne voyant plus devant son visage ce signe saint, reprit courage et en même temps le sentiment de la consigne; s'avançant à son tour il mit la main sur l'épaule de madame Prétavoine.

D'autres gens de police étaient accourus et l'entrée se trouvait barrée.

--Osez-vous porter la main sur une chrétienne, s'écria madame Prétavoine en se servant de sa langue maternelle, sur une Française!

--Il est défendu d'entrer, vous n'entrerez pas, répondit en italien l'homme de la police.

--Que dit-il? demanda madame Prétavoine à la soeur Sainte-Julienne.

Celle-ci traduisit les quelques mots qui venaient d'être prononcés.

--J'entrerai, s'écria madame Prétavoine, de bonne volonté ou de force.

Et se tournant vers son armée:

--Suivez-moi, s'écria-t-elle en brandissant sa croix d'une main.

Mais elle était solidement tenue par le bras, et elle ne put se dégager; d'autre part l'impulsion qu'elle attendait de sa troupe ne se produisit pas.

On parlait fort, on gesticulait avec véhémence, mais on ne se précipitait pas en avant comme elle l'avait espéré.

Un autre homme de police était survenu, et celui-là paraissait avoir un grade; il entendait et parlait le français.

--Allons, madame, dit-il à madame Prétavoine, retirez-vous, il est défendu d'entrer, vous ne pouvez pas passer.

--Vous n'avez pas le droit d'arrêter une chrétienne.

--Je ne vous arrête pas, madame, je vous prie de vous retirer.

--C'est un sacrilége, c'est une persécution

--Allons, madame, retirez-vous.

Et de la main il fit signe à son subalterne de lâcher madame Prétavoine.

Celle-ci ne fut pas plus tôt libre qu'elle se précipita en avant, mais elle ne put pas écarter le barrage vivant qui s'était formé devant elle.

Des bras s'étendirent pour la repousser, alors tombant à genoux:

--Tuez-moi, s'écria-t-elle, sur la terre arrosée du sang des martyrs, je mourrai pour ma foi.

--Il n'est pas question de mort ni de martyre, retirez-vous, voilà ce qu'on vous demande; allons, allons, obéissez.

--Je ne me retirerai pas.

--Ne m'obligez pas à la rigueur.

--Oseriez-vous porter la main sur une Française?

--J'ai une consigne, je la ferai respecter.

Tout cela n'était pas bien tragique, cependant l'exaspération commençait à gagner madame Prétavoine, d'ailleurs il était dans son plan de pousser les choses à l'extrême.

--La France va bientôt vous mettre à la raison et vous chasser de Rome.

Le patriote italien se fâcha cette fois, et il fit un signe à ses hommes, qui, prenant madame Prétavoine chacun par le bras, l'entraînèrent au dehors.

--Vous tous soyez témoins! s'écriait la prisonnière vers son armée.

Mais le moment de la débandade était venu: que faire contre la force?

La soeur Sainte-Julienne, bien qu'épouvantée, n'avait cependant pas abandonné madame Prétavoine, et elle marchait près d'elle en l'engageant doucement à se calmer.

Se calmer! il était vraiment bien question de cela. Au contraire elle résistait.

--Allez prévenir mon fils, dit madame Prétavoine, afin qu'il prévienne lui-même notre ambassadeur.

Puis, s'adressant aux gens de police:

--Vous savez que c'est à une Française que vous avez affaire?

Assurément les martyrs chrétiens qui dix-huit cents ans plus tôt avaient passé à cette même place, entraînés vers le cirque où ils allaient être livrés aux bêtes pour la plus grande joie du peuple romain, n'avaient pas une attitude plus triomphante que celle de madame Prétavoine marchant entre ses deux agents de police, la tête haute, les yeux perdus dans le ciel qui s'entr'ouvrait pour elle; et si la Providence avait permis que les élèves de l'Académie de France fussent là, ils auraient certainement vu au-dessus de sa tête ce limbe brillant qu'on appelle l'auréole des martyrs. Malheureusement ils n'avaient pas été prévenus, et ils ne jouirent point de ce spectacle curieux qui bien probablement ne se reproduira pas dans notre siècle d'impiété; il n'y avait que des Anglais qui, leur Guide à la main, cherchaient les vestiges de la _maison Dorée_ de Néron, de vulgaires curieux ou des Romains indifférents qui regardaient passer cette dame que conduisaient des agents de police.

Ils ne la conduisirent pas bien loin; sur un geste de leur chef, ils s'arrêtèrent et lâchèrent leur prisonnière:

--Vous êtes libre, madame, dit le chef; je vous engage à rentrer chez vous.

--Mais...

Mais ils lui avaient déjà tourné le dos, et en riant ils retournaient vers le Colisée.

Madame Prétavoine pensa à courir après eux, mais elle ne pouvait pas cependant les arrêter pour qu'à leur tour ils l'arrêtassent.

Au surplus, l'effet qu'elle avait cherché était produit.

LIII

Il fut considérable, cet effet, grâce au bruit que firent les journaux dévoués au Vatican, autour de cette arrestation.

L'_Osservatore romano_, la _Voce della verita_, la _rusta_, le _Vessilloicattolsco_, partirent en guerre avec un ensemble parfait: c'était la persécution religieuse qui commençait; à Paris, l'_Univers_, le _Monde_, l'_Union_, la _Gazette de France_, demandèrent si le gouvernement n'allait pas enfin se concerter avec les puissances étrangères afin de rétablir le Souverain Pontife dans les conditions nécessaires du libre gouvernement de l'Église catholique, qui seul pouvait protéger la religion menacée. A Rome, à Paris, les journaux libéraux intervinrent, et dans le _Siècle_ notamment parut un article du correspondant romain de ce journal, qui racontait tout au long l'incident avec une ironie douce et une politesse légèrement dédaigneuse.

Madame Prétavoine avait réussi: elle avait l'auréole et elle n'avait pas le martyre.

Cependant elle continuait sa vie simple, ne se montrant que dans les églises et s'enfuyant humblement aussitôt que quelqu'un essayait de lui parler de sa gloire.

--Dieu ne m'a pas jugée digne de souffrir pour lui, disait-elle modestement.

Quelques jours après que les journaux eurent commencé leur tapage, elle reçut la visite de Lorenzo Picconi qui venait lui apprendre que les choses avaient changé d'aspect et qu'on espérait maintenant obtenir ce qu'elle avait demandé.

A peine Lorenzo était-il sorti qu'on lui monta une dépêche télégraphique.

Elle était de l'abbé Guillemittes et ne contenait que six mots; mais quels mots!

«Tout va bien; voyez notre ami.»

Bien que cette dépêche fût encourageante, madame Prétavoine ne voulut pourtant pas voir l'évêque de Nyda, comme le lui conseillait le nouvel évêque de Condé.

Il lui paraissait plus sage d'attendre.

Elle n'attendit pas longtemps.

Le lendemain Baldassare lui apporta une lettre de Mgr de la Hotoie.

«Je suis invité à vous conduire demain au Vatican, j'aurai l'honneur de vous attendre à midi; veuillez revêtir la toilette d'étiquette pour les audiences.»

Elle voulut que Baldassare emportât un souvenir pour «cette chère petite Cécilia»; cependant dans son trouble, de joie, elle eut la force de se renfermer dans une générosité tempérée par la réflexion: elle allait bientôt quitter Rome; il n'y avait plus nécessité à gaspiller l'argent; elle n'en avait que trop dépensé.

Bien entendu elle avait fait revenir Aurélien de Naples, et quoiqu'il ne pût l'aider à rien, elle voulait qu'il fût là pour jouir du triomphe qu'elle lui avait ménagé.

Quand elle partit pour se rendre chez l'évêque de Nyda, elle l'envoya au Vatican.

--Informez-vous dans quelle salle je serai reçue et tenez-vous à la sortie de cette salle afin que je puisse vous dire tout de suite ce qui se sera passé.

Quand Mgr de la Hotoie la vit entrer à midi moins cinq minutes, il l'accabla de compliments.

--Mes félicitations, chère madame; ce n'est pas une action d'éclat, c'est un coup de maître. Toutes les difficultés sont aplanies. Vous n'avez plus que des amis; on ne parle que de vous; Mgr le cardinal-vicaire est vivement touché de vos charités et monseigneur (il nomma le personnage que Lorenzo Picconi avait mis en action) fait votre éloge et celui de votre fils avec un feu d'autant plus flatteur pour vous qu'il ne vous connaît pas personnellement; il me disait encore hier: «C'est un plaisir rare et délicat de pouvoir servir une personne méritante qu'on ne connaît pas et qu'on n'a jamais vue»; et je sais de source certaine que Son Éminence n'a rien négligé pour que vous obteniez la grâce que vous sollicitez; il faudra l'en remercier.

--Je ne veux devoir qu'à vous, monseigneur, qu'à vous seul.

L'évêque de Nyda avait de la finesse, il comprit ce mot normand, qui voulait dire: Je m'acquitterai envers ceux qui m'ont servi, mais à vous, le peu que je dois, je le devrai toujours.

--Vous voyez, dit-il, que le vrai mérite est toujours récompensé.

C'était là une parole bien mondaine pour un évêque; madame Prétavoine le corrigea:

--Je vois que les prières de ceux qui mettent leur espoir en Dieu sont toujours exaucées, dit-elle, lorsqu'elles ont pour elles l'intercession d'un saint.

Mgr de la Hotoie ne répondit que par un discret sourire, mais tout bas il se dit que cette brave dame était vraiment supérieure à ce qu'il avait cru en ces derniers temps: elle avait du sens et de l'esprit; tant il vrai qu'il n'y a pas de gens fins devant une flatterie, si bête qu'elle soit.

Il se montra plein de déférence pour elle en montant le doux escalier de marbre qui conduit à la salle Mathilde, et les gardes devant lesquels ils passèrent purent croire que c'était une grande dame, peut-être même une princesse, que ce monsignore accompagnait.

Arrivés dans la salle d'audience, il ne la quitta point, restant près d'elle jusqu'au moment où Sa Sainteté parut.

Quand au bout de vingt-cinq minutes madame Prétavoine sortit de cette audience, elle était réellement transfigurée; elle n'avait jamais été belle, même à vingt ans; elle l'était en ce moment.

Aurélien l'attendait comme elle lui avait recommandé, elle se jeta dans ses bras, tremblante, éperdue.

--Eh bien? murmura-t-il, ne pouvant contenir son impatience.

Elle l'embrassa de nouveau, et pendant qu'elle le tenait ainsi, elle lui dit vivement, à voix basse, dans l'oreille:

--Comte, camérier de cape et d'épée, chevalier de l'ordre de Saint-Sylvestre.

Quelle joie! Quel triomphe! quand ils purent s'entretenir librement.

Mais madame Prétavoine ne s'endormit pas dans son ivresse.

--A quelle heure part ce soir le train pour la France? demanda-t-elle.

--A dix heures trente-cinq minutes.

--Alors cela me donne neuf heures.

--Eh quoi! voulez vous donc partir?

--Assurément, ce soir même: nous n'avons pas de temps à perdre, nous n'en avons déjà que trop perdu; il faut que je rentre à Condé pour voir ce qui s'y passe, surtout ce qui se passe à la Rouvraye. Maintenant il s'agit de réussir auprès du vieux comte de la Roche-Odon, comme nous venons de réussir auprès du Saint-père; heureusement l'abbé Guillemittes est évêque de Condé, et il nous servira. Pour vous, bien entendu vous restez à Rome. Le pèlerinage de notre diocèse arrivera dans dix jours; il faut que vous soyez ici pour qu'on vous voie dans votre gloire; c'est la place que vous occuperez dans la maison du Saint-Père qui vous imposera comme candidat politique dans les élections prochaines. Maintenant, mon cher enfant, votre fortune est faite, vous n'avez plus qu'à marcher seul.

--Et vous ne voulez pas rester près de moi?

--J'ai été à la peine, il n'est pas nécessaire que je sois à l'honneur; et puis pour vous, dans votre intérêt, il vaut mieux que vous paraissiez seul; je n'ai que trop agi jusqu'à ce jour; désormais il sera bon que vous agissiez vous-même, il faut qu'on prenne confiance en vous, et pour cela je dois m'effacer.

Neuf heures pour tout ce que madame Prétavoine avait à faire, c'était peu: prendre congé des personnes chez lesquelles elle avait été reçue; faire ses adieux à Mgr de la Hotoie; porter un dernier cadeau à Baldassare et à Cécilia; régler avec Lorenzo Picconi les honoraires du service rendu par lui et ses protecteurs; enfin se présenter chez madame de la Roche-Odon, pour toute autre que pour elle, il y avait de quoi employer plusieurs journées. Mais madame Prétavoine connaissait l'art d'économiser les mouvements et les paroles inutiles; à cinq heures du soir il ne lui restait plus à faire que la visite à la vicomtesse de la Roche-Odon: il est vrai que ce n'était pas la partie la plus agréable et la plus facile de sa tâche.

Elle n'avait revu la vicomtesse qu'une fois depuis la remise du consentement au mariage, et cette entrevue dans laquelle madame la Roche-Odon avait accueilli Aurélien comme un futur gendre, avait été plus que froide.

Devant cette grande dame, madame Prétavoine n'avait jamais été à son aise, et une seule fois, ayant aux mains le faux de Michel, elle l'avait dominée; mais chose bizarre, puisqu'elle possédait toujours cette arme, c'était la vicomtesse maintenant qui la dominait: elle avait notamment une manière de la regarder de haut en relevant la tête qui la troublait et soulevait en elle comme un sentiment de malaise, et cependant, si une de ces deux femmes devait rougir devant l'autre, madame Prétavoine croyait bien sincèrement que c'était madame de la Roche-Odon et non elle-même.

Cette seconde entrevue ne fut pas plus expansive que ne l'avait été la première; au récit que fit madame Prétavoine des insignes faveurs que daignait leur accorder le Saint-Père, madame de la Roche-Odon répondit seulement par quelques signes de tête et, quand ce récit fut terminé, par un mot de félicitation adressé à Aurélien; encore ce mot fût-il une blessure:

--Cette récompense était bien due aux vertus de madame votre mère, dit-elle; ce sont elles que Sa Sainteté a voulu anoblir.

Heureusement Michel, qui était là, intervint pour sauver la situation: il n'avait pas gardé rancune à madame Prétavoine, lui, et même il trouvait que c'était bien joué. Au point où en étaient les choses maintenant, le prompt mariage de sa soeur lui paraissait une bonne affaire, et puisque «l'imbécile de Prétavoine» se présentait, autant lui qu'un autre; il y avait de la ressource en lui, et quand il serait un beau-frère pour de bon, on pourrait en tirer quelque chose.

--Ne m'invitez-vous pas à aller en déplacement de sport chez vous, ma chère madame Prétavoine? dit-il gaîment. Je serai bien aise de voir vos courses. On dit que le saut de votre rivière est curieux pour les chevaux qui courent mieux qu'ils ne sautent.

--Ne serez-vous pas chez votre soeur, chez vous, mon prince?

--C'est entendu. D'ailleurs, je commence à en avoir assez de Rome, ça pue la ruine.

A neuf heures et demie, madame Prétavoine se sépara des soeurs Bonnefoy en les embrassant, et, à la porte, sous la madone, elle embrassa aussi la soeur Sainte-Julienne, qui pleurait, la pauvre fille, désolée de ne pas pouvoir la conduire jusqu'au chemin de fer, mais madame Prétavoine avait voulu être seule avec son fils.

Lorsqu'ils furent ensemble dans la voiture qui les conduisait à la gare, elle ne dit rien cependant, et elle resta à le regarder, perdue dans une muette admiration. Tout à coup elle lui prit la main, et, comme si elle suivait sa pensée intérieure:

--Comte! monsieur le comte! s'écria-t-elle.

L'épisode qui suit _Comte du Pape_ et termine les _Batailles du Mariage_ a pour titre: _Marié par les Prêtres_.