Comment on construit une maison
Chapter 17
--Je ne le crois pas, par cette raison que les paratonnerres ne protègent que les points qui sont renfermés dans un cône dont ils sont le sommet; du moins, c'est ce que l'on admet. Car, entre nous, les physiciens ne sont pas parfaitement d'accord sur l'effet du fluide électrique, sur le degré d'efficacité des paratonnerres et sur les précautions à prendre lorsqu'on les établit. Je m'en tiens à ma propre expérience, qui m'a démontré que jamais un édifice, si exposé qu'il fût, n'était foudroyé lorsque les paratonnerres sont nombreux, que les conducteurs sont suffisants, qu'ils sont mis en communication les uns avec les autres et que leur extrémité inférieure plonge dans l'eau ou dans une terre très humide. Vous savez que l'eau est conducteur de l'électricité; si le fil du paratonnerre se termine dans une terre sèche, l'électricité s'accumule et produit des étincelles en retour qui sont très dangereuses. Le même effet se produit s'il y a des interruptions dans le fil conducteur; le paratonnerre produit alors l'effet d'une bouteille de Leyde, il se charge et devient plus dangereux qu'utile. On a recommandé aussi les attaches avec isolateurs en verre; mais je n'ai jamais vu que des paratonnerres, bien établis d'ailleurs, causassent des accidents faute d'isolateurs. Je considère cette précaution comme superflue, par cette raison que le fluide cherche sa voie la plus directe. Le fil établi dans de bonnes conditions est cette voie; aussi ne faut-il pas lui faire faire des détours brusques, anguleux, et, autant que possible, il faut le mener par le plus court chemin et celui qui se rapproche le plus de la verticale, dans le sol humide.»
À dîner, il ne fut question que de la maison neuve et de l'arrivée de Mme Marie. On discuta fort comment on s'y prendrait pour que la surprise fût complète. Puis le _cérémonial_ fut réglé. M. de Gandelau y avait songé. Les entrepreneurs et chefs d'atelier du pays qui avaient travaillé à la maison étaient convoqués, et un dîner leur serait offert dans le jardin. L'instituteur qui avait donné ses soins à Paul, le maire, le curé de la commune, et quelques voisins et amis, entre autres M. Durosay, qui avait reparu dans le pays, étaient priés de venir assister à l'inauguration. Les ouvriers n'avaient pas été oubliés, ils recevraient tous une gratification; il y aurait le soir un bal dans le nouveau parc pour tous les gens du pays, avec les rafraîchissements obligés, et les pauvres de la commune recevraient, dès le matin, des distributions en nature.
Paul craignait fort que sa soeur n'eût quelque soupçon de la surprise qu'on lui ménageait; que, si on se taisait au sujet de la maison dont, avant la guerre, il avait été question dans les lettres écrites à Mme Marie, ce silence ne lui parût suspect.--«Il a raison, dit Mme de Gandelau. Si Marie nous demande ce qu'est devenu ce projet et le programme qu'elle avait envoyé, si elle s'informe de nos occupations pendant l'année dernière, nous serons obligés d'accumuler mensonges sur mensonges; nous nous couperons, et d'ailleurs cela me répugne un peu de ne pas lui parler sincèrement. Nous ne saurons pas mentir pendant deux ou trois heures; puis, Lucie nous trahira.
--Oh! non, répondit Lucie, je ne dirai rien, bien sûr.
--Tes yeux parleront pour toi, chère enfant. J'arrangerai cela. Vous me laisserez quelques instants seule avec Marie. Je lui dirai que Paul, pour s'occuper pendant ses vacances trop prolongées, a bâti une petite maison, avec les conseils de son cousin. Je lui laisserai supposer que c'est quelque fantaisie de collégien. Elle ne pensera qu'à un amusement, se figurera quelque petit modèle de construction assez bien réussi. On pourra donc en parler à l'aise, sur le ton de la plaisanterie. Puis, après déjeuner, nous lui proposerons d'aller voir la maison de Paul.»
C'est ainsi que les choses furent réglées.
Paul dormit peu pendant cette nuit quoiqu'il fût parti de Paris de grand matin et qu'il eût usé et abusé de ses jambes tout le jour.
Le 19 mai 1872, à 9 heures 40 minutes, M. et Mme N... descendaient à la gare de X..., où M. de Gandelau les attendait avec une bonne calèche. Vingt minutes après on entrait dans la cour du château. Inutile de dire les embrassades, les joies entremêlées de larmes, prodiguées pendant les premières minutes de ce retour.
Mme de Gandelau avait fait arranger les chambres des époux avec tout le soin dont elle était capable, comme s'ils dussent faire un long séjour au château.
La mère ne manqua pas de trouver sa fille embellie; Mme Marie trouva Paul grandi, presque un homme, et Mlle Lucie presque une jeune fille.
Grâce à Mme de Gandelau, pendant le déjeuner, il ne fut question de la maison de Paul que comme d'un incident sans conséquence. On parla des voyages, de la guerre. Après vingt-deux mois d'absence, les sujets de conversation ne manquaient pas. Mais Paul était agité, distrait; sa soeur en fit la remarque. Paul rougit jusqu'au blanc des yeux.
«Je crois que Paul médite quelque chose, dit M. N...,»
M. et Mme de Gandelau se regardèrent en souriant.
«Qu'y a-t-il donc, dit Mme Marie... une conspiration?
--Peut-être, répondit Mme de Gandelau, mais laisse-nous le plaisir de la mener à bonne fin.
--Conspirez, maman, je vous aiderai de tout mon coeur.»
Il n'y avait pas à parler, pour le moment, de la promenade projetée, car on se trahissait. Mme de Gandelau proposa à sa fille de prendre quelque repos dont elle devait avoir besoin. M. N... demanda la permission d'expédier certaines lettres urgentes et le château rentra dans le silence. La journée était chaude et on n'entendait plus que le bourdonnement des insectes sur les pelouses. Paul cependant ne pouvait tenir en place.
«Vous n'êtes pas encore un diplomate, lui dit son cousin. Diable! tenez-vous en repos. Il n'y a plus que vous qui bougiez dans la maison. Vous allez vous trahir, si vous continuez. Allez-vous-en dans votre chambre, prenez un livre... ennuyeux; vous vous endormirez et le temps passera.
--Mais tous les invités qui attendent là-bas.
--Ah oui, c'est vrai! Eh bien montez à cheval, courez jusqu'à la maison, dites à tous les invités d'admirer les merveilles du nouveau domaine et de prendre patience. Dites que madame votre soeur est un peu fatiguée et qu'elle ne fera son apparition que dans l'après-midi. Puis revenez.»
Paul ne se le fit pas répéter, tant l'immobilité lui semblait chose impossible. Il aurait donné à ce moment dix ans de sa vie pour que sa soeur se décidât à monter en voiture.
On ne saurait dire ce que pensait le poney de l'allure que Paul lui fit prendre par cette chaleur de 25 degrés à l'ombre. Il arriva écumant à la maison neuve, si bien que la plupart des personnes déjà réunies crurent à quelque fâcheuse nouvelle. Quand Paul, de l'air le plus effaré du monde, leur dit que Mme Marie devait retarder son entrée de quelques heures, parce qu'elle se reposait:
«Si ce n'est que cela, dirent-ils tous, rien ne presse, et c'est bien naturel, après un si long voyage.»
Puis chacun voulut avoir des nouvelles des arrivants, puis on demandait à Paul de voir ceci et cela. Paul bouillait.
«Vous n'allez pas remonter à cheval dans l'état où vous êtes, lui dit le maire; vous voilà en nage et votre poney est blanc d'écume; reposez-vous un peu et buvez un coup de vin.»
Il fallut se rendre, car M. le maire, de son côté, avait apporté un panier de petit vin de Saumur. On trinqua à la santé des nouveaux arrivés et à la prospérité de la maison, si bien que Paul perdit là une heure. Enfin il put reprendre le chemin du château, même allure. Mais, en atteignant la crête du plateau, il vit de loin la calèche qui se dirigeait du côté de la maison. Il fit un détour afin de prendre les promeneurs à revers, et les atteignit au moment où le nouveau domaine allait leur apparaître. «Voilà, dit sa soeur, un cavalier bien échauffé, d'où vient-il? Est-ce lui qui dirige toute la conspiration?--Certainement, répondit sa mère, regarde!»
En effet, on voyait se dessiner la silhouette de la maison de Paul, avec ses toits d'ardoises étincelants aux rayons du soleil... Il y eut un silence et, il faut le dire, un peu d'émotion.
«Je m'en doutais,» dit Mme Marie, en embrassant sa mère et M. de Gandelau. «Ainsi donc, pendant vos angoisses de l'an dernier, vous pensiez à nous, à ce point de réaliser ce projet de maison que j'avais cru n'être qu'une idée en l'air? Et Paul!
--Paul reprit M. de Gandelau, Paul a travaillé, et a pris sa bonne part dans la réussite du projet. Si jamais il devient un architecte distingué, tu eu auras été la cause première.
--Et vous, mon ami, dit Mme de Gandelau à son gendre, qui lui baisait tendrement la main, vous ne dites rien!
--M. de Gandelau m'en avait écrit, et j'étais dans le secret; Marie peut vous dire si je l'ai bien gardé!
--Ainsi nous étions trahis, mon pauvre Paul! s'écria Mme de Gandelau.
--M. de Gandelau voulait savoir si un établissement dans cette terre ne dérangerait pas nos projets d'avenir. Je lui répondis qu'au contraire il les devançait, et que la seule cause qui m'eût empêché d'entreprendre ici la construction d'une maison après notre mariage, était la crainte de vous affliger et de vous faire supposer que peut-être nous n'attachions pas à votre hospitalité maternelle le prix que vous savez lui donner. Marie désire résider ici une grande partie de l'année; elle est aimée et connue dans ce pays où elle est née; rien ne pouvait lui être plus agréable que de suivre votre exemple, près de vous, presque sous vos yeux, sans vous causer les embarras d'une installation permanente dans la maison que vous habitez. Je n'avais pas besoin de la consulter, car je savais que vous réalisiez un rêve qu'elle caressait, sans trop espérer sa réalisation prochaine.
--Tout est donc pour le mieux,» reprit Mme de Gandelau, en regardant son mari, car elle se rappelait ce qu'il lui avait dit un soir, deux ans auparavant.
[dessin]
La famille fut accueillie devant le perron de la nouvelle maison par des vivats. Avant d'entrer, on en fit le tour; et se trouvant en face du groupe des entrepreneurs et chefs ouvriers, Paul les présenta à sa soeur en disant que c'était grâce à leur zèle et au désir de la voir bientôt dans le pays, que cette construction avait dû d'être terminée en moins de deux ans. Le compliment de Paul, assez bien tourné, et surtout les façons gracieuses de sa soeur, qui s'enquit près de chacun d'eux de ce qu'ils avaient fait, de leurs familles, et leur exprima le désir qu'elle avait de les employer souvent, lui gagna le coeur de ces braves gens qui, la plupart, l'avaient vue toute petite.
Mme Marie voulut tout visiter. Ce furent des explosions de joie à chaque pas, et Paul fut bien embrassé vingt fois par sa _cliente_. M. N... s'était emparé du grand cousin, qui, cela va sans dire, fut chaudement félicité.
À chaque instant, M. Durosay ne manquait pas d'exprimer son admiration et répétait sans cesse: «C'est un charmant manoir seigneurial!
--Mais, dit enfin Mme Marie en se tournant brusquement de son côté, pourquoi, cher monsieur, appelez-vous cela un _manoir, et_ seigneurial? Je n'ai pas de vassaux, et je n'ai pas envie d'en posséder. Dites donc que c'est une maison, faite pour moi par ceux qui m'aiment, et qui sera toujours ouverte à nos amis, toujours accessible à ceux qui auront besoin de nous.»
On dit que Paul est plus que jamais décidé à embrasser la carrière de l'architecture.
FIN
* * * * *
DÉFINITION DE QUELQUES TERMES TECHNIQUES EMPLOYÉS DANS CE VOLUME.
=Appareil=. Assemblage des pierres taillées.
=Arbalétrier=. Pièce de bois inclinée, suivant la pente d'un comble qui s'assemble à sa partie supérieure dans le poinçon, à sa partie inférieure dans l'entrait et qui supporte les pannes (Début troisième leçon, chapitre VI).
=Arêtier=. Angle saillant formé par la réunion de deux pans de comble.
=Attachement=. On désigne ainsi la constatation du travail fait sur le chantier par notes écrites ou par des figures.
=Banc=. Le mot banc, en terme de carrier, signifie une couche calcaire, homogène, comprise entre deux lits ou fissures naturelles horizontales, si la masse n'a pas été déformée par un soulèvement. Les pierres calcaires, quelques grès, sont exploités par bancs. Leur épaisseur est très variable.
=Battement=. Montant vertical d'une porte ou d'une croisée du côté de la fermeture.
=Berceau de voûte=. S'entend d'une voûte composée simplement d'une portion de cylindre.
=Béton=. Mélange composé de chaux, de sable et de cailloux, pilonné par couches horizontales et formant ainsi un massif compact, homogène, qui durcit plus ou moins rapidement suivant la qualité de la chaux et permet d'asseoir les plus lourdes charges sans qu'on ait à craindre les dislocations ou tassements. Toutefois, la façon du béton exige beaucoup de soin et d'attention et une connaissance exacte de la qualité des chaux employées.
=Blochet=. Pièce de bois posée, embrevée sur les sablières d'une charpente, à angle droit, et qui reçoit le pied du chevron et la jambette qui empêche celui-ci de glisser.
=Boulin=. Pièce de bois de chêne qui, engagée d'un bout dans la construction et de l'autre attachée aux échasses, sert à porter les plateaux sur lesquels les ouvriers travaillent, à mesure que s'élève une construction.
=Boulon=. Tige de fer rond, munie d'une tête carrée à l'une de ses extrémités et d'un pas de vis à l'autre, recevant un écrou et permettant ainsi de serrer entre elles les pièces de charpente.
=Bresis=. On dit un comble en _bresis_ ou avec _bresis_, pour indiquer qu'il se compose de deux plans, dont l'un est peu incliné et l'autre forme un angle plus fermé. L'arête horizontale de jonction des deux plans est désignée par le mot _membron_. On ouvre habituellement les lucarnes ou mansardes dans la hauteur du _bresis_.
=Bretêche=. Ce mot désignait originairement un ouvrage de bois crénelé, dont on se servait pour attaquer et défendre les places fortes; mais, vers le quatorzième siècle, on désignait ainsi un balcon en encorbellement, fermé et couvert, une loge ayant des vues latérales, de face et formant saillie sur une façade. Le _window_ si fréquemment adopté dans les habitations anglaises est une véritable _bretêche_.
=Cage d'escalie=r. Est l'enveloppe en maçonnerie ou en charpente dans laquelle gironnent les marches d'un escalier.
=Cavalier=. Amas de terre, remblai, disposé suivant un tracé régulier et formant saillie sur le sol.
=Chevêtre=. Pièce de bois qui, assemblée dans deux solives d'enchevêtrure, reçoit les bouts des solives à distance du foyer des cheminées, ou des vides des portes et fenêtres (voyez figure 33, chapitre XI).
=Chevron=. Pièce de bois de faible équarrissage sur laquelle est clouée la volige ou le lattis qui reçoit l'ardoise ou la tuile. Les chevrons sont espacés de 0m,50c au plus d'axe en axe, dans une bonne charpente de comble. Ils portent au pied sur des sablières ou sur des blochets, dans leur longueur, sur les pannes, et à leur extrémité, sur le faîtage.
=Contre-marche=. La face verticale d'une marche.
=Corbeau=. Support de pierre ou de bois formant saillie sur le parement d'un mur, ayant sa face moulurée ou sculptée, ses deux parois latérales verticales et recevant une charge: poutre, balcon, corniche, colonnette, naissance de voûte, etc.
=Couchis=. Planches ou madriers que l'on pose sur les cintres en charpente et qui servent de forme à une voûte en maçonnerie pendant qu'on la façonne (voyez figure 25, chapitre X).
=Coupe=. Section d'un ensemble ou d'un détail d'architecture.
=Crémaillère=. Pièce de charpente sur laquelle reposent les bouts des marches d'un escalier et qui est entaillée en manière de ressauts pour les recevoir.
=Dormant=. Châssis fixe, de bois, qui reçoit les vantaux d'une porte, ou les châssis ouvrants d'une croisée.
=Échasse=. Pièce de bois de brin, longue et menue, qui, posée verticalement, est employée pour échafauder les constructions à mesure qu'elles s'élèvent.
=Échelle de proportion=. Le texte explique suffisamment l'emploi de l'_échelle_ dans le tracé architectonique, pour qu'il ne soit pas nécessaire de s'étendre sur l'utilité de ce moyen pratique. On entend aussi par _échelle_, les proportions relatives d'un édifice. Certains membres de l'architecture donnent l'_échelle_ de l'ensemble. Ainsi, une balustrade ne pourrait dépasser la hauteur d'appui ou lui être inférieure; elle donne alors l'_échelle_ de la bâtisse, c'est-à-dire qu'elle indique la dimension réelle de l'ensemble, en prenant pour point de comparaison la hauteur de l'homme.
=Élévation=. On désigne par ce mot, en architecture, le géométral d'une façade; en terme propre, la projection verticale.
=Embrèvement=. Entaille faite dans une pièce de bois pour recevoir un assemblage à tenons.
=Entrait=. Pièce de bois horizontale qui reçoit à ses extrémités le pied des arbalétriers d'une ferme (voyez la troisième leçon, chapitre VI) et qui est suspendue à son milieu par le poinçon.
=Entrevous=. Intervalles laissés entre les solives d'un plancher.
=Étrier=. Bande de fer qui forme boucle et, passant sous l'entrait d'une ferme, le suspend au poinçon au moyen de boulons.
=Faîtage=. Pièce de bois horizontale qui, posée sur la tête des poinçons des fermes, forme l'arête supérieure du comble et reçoit les chevrons. Les faîtages sont soulagés dans leur portée, d'un poinçon à l'autre, par des liens.
=Ferme=. Assemblage de charpente destiné à porter la couverture d'un comble (voyez la troisième leçon, chapitre VI).
=Feuillure=. Entaille pratiquée longitudinalement sur les dormants, poteaux[66] d'huisseries et linteaux, pour recevoir le bâti des portes et châssis ou les battants des croisées.
=Giron=. Est la largeur d'une marche d'escalier.
=Giron droit=. S'entend pour une marche d'égale largeur dans sa longueur. Giron _triangulaire_ désigne une marche étroite au collet et s'élargissant du côté du mur de cage. On dit: les marches d'un escalier ont peu de giron, quand leur pas est court; ont beaucoup de giron, quand leur pas est long (voyez _Pas_).
=Harpe=. Saillie que forme une pierre d'appareil pour se relier à une construction de moellons ou de briques.
=Jambage=. Montant vertical d'une fenêtre ou d'une porte. Ne s'emploie que s'il s'agit de montants de pierre ou de maçonnerie.
=Jet-d'eau=. Moulure saillante ajoutée à la traverse basse des croisées et à la barre d'appui et disposée pour éloigner les eaux pluviales de la feuillure et de la jonction de la barre d'appui avec la tablette.
=Joint=. Intervalle vertical laissé entre deux pierres. On dit: _joint vif_, quand les pierres sont posées jointives, sans mortier ou plâtre entre elles; et _joint garni_, quand cet intervalle est rempli de plâtre ou de mortier.
=Lambourde=. Pièce de bois fixée horizontalement le long d'un mur et qui est destinée à recevoir les extrémités des solives d'un plancher. On donne aussi le nom de lambourdes aux filières de chênes scellées sur l'aire d'un plancher et sur lesquelles on cloue les feuilles de parquets.
=Libage=. Pierre propre à être employée dans les fondations.
=Lien=. Pièce de bois en écharpe qui réunit l'arbalétrier au poinçon (voyez la troisième leçon, chapitre VI), ou une poutre horizontale à un poteau.
=Linteau=. Pièce de bois ou morceau de pierre qui, posée horizontalement sur les jambages d'une porte ou d'une fenêtre, complète la fermeture.
=Lit de la pierre=. Est la surface supérieure ou inférieure du banc. On dit: _lit de pose_, pour indiquer la surface inférieure de la pierre. Les pierres calcaires doivent être posées sur leur lit ainsi qu'elles l'étaient dans la carrière.
=Moise=. Pièce de bois peu épaisse, servant à réunir les parties d'une charpente au moyen d'entailles qui les saisissent et de boulons. Les moises sont habituellement posées jumelles.
=Montant=. Se dit de toute pièce de menuiserie verticale.
=Mortaise=. Trou oblong pratiqué dans une pièce de charpente pour recevoir un tenon. La longueur de la mortaise doit toujours être suivant le fil du bois.
=Mur=. On dit: _mur goutterot_, pour désigner celui qui porte un chéneau et reçoit la chute d'un comble; _mur pignon_, pour désigner celui qui clôt la charpente d'un comble; _mur de refend_, pour désigner celui qui, à l'intérieur d'un bâtiment, sépare les pièces, reçoit la portée des planchers et les tuyaux de cheminée.
=Noue=. Angle rentrant, formé par la réunion de deux pans de comble.
=Noyau=. Pile ou colonne autour de laquelle gironnent les marches de l'escalier.
=Panne=. Pièce de charpente posée horizontalement sur les arbalétriers d'une ferme et qui reçoit les chevrons.
=Parement=. Surface externe ou interne d'un mur.
=Pas=. C'est la surface plane d'une marche sur laquelle on pose le pied.
=Pignon=. Partie terminale d'un mur qui masque la charpente du comble et en suit les pentes.
=Plâtras=. Fragments d'ouvrages de plâtre, employés comme garnissage dans les planchers et pans de bois.
=Poinçon=. Pièce de bois verticale qui reçoit, dans une ferme, les deux arbalétriers et suspend le milieu de l'entrait (voyez la troisième leçon, chapitre VI).
=Poteau=. Pièce de bois verticale qui reçoit à sa tête, une ou plusieurs traverses horizontales. On dit: _poteau d'huisserie_, pour désigner les pièces de bois verticales d'une cloison et notamment celles qui servent de jambages aux portes. C'est oeuvre de menuiserie.
=Profil=. Section d'un membre de moulure, d'un détail d'architecture.
=Remblai=. Ce mot indique des terres et débris rapportés a main d'homme pour élever un sol ou en combler les dépressions.
=Sablière=. Pièce de bois horizontale posée sur la tête d'un mur, longitudinalement, et sur laquelle portent les entraits des fermes et les blochets.
=Solin=. Bourrelet disposé au-dessus d'une couverture et suivant son inclinaison le long des maçonneries qui la surmontent, pour empêcher les eaux pluviales de s'introduire entre cette couverture et la maçonnerie.
=Solive=. Pièce de bois posée horizontalement pour former plancher et recevoir l'aire sur laquelle on pose les carrelages ou les parquets. Les solives de bois ne sauraient avoir, sans fléchir, une portée de plus de cinq mètres. Leur équarrissage et leur espacement sont déterminés par leur portée et la charge qu'elles doivent subir.
=Solive d'enchevêtrure=. Plus fortes que les solives ordinaires des planchers, ces pièces de bois reçoivent les chevêtres (voyez la figure 33, chapitre XI).
=Soubassement=. Partie d'une construction qui reçoit le rez-de-chaussée; c'est-à-dire, qui est comprise entre le sol intérieur de la bâtisse et le sol extérieur.
=Souche de cheminée=. Est la partie du conduit de fumée en maçonnerie qui dépasse les combles et est terminée parfois par des tuyaux en poterie ou de tôle.
=Tableau=. Partie du jambage d'une porte ou d'une fenêtre qui reste en dehors de la fermeture.
=Tas=. Lieu du travail des ouvriers sur le bâtiment même.
=Tenon=. Languette laissée à l'extrémité d'une pièce de charpente et qui rentre dans la mortaise.
Voir, _pour les mots qui ne sont pas compris dans cette table_, le Guide du constructeur _par Pernot, 1 volume in-18 de 532 pages, broché 5 francs. Bibliothèque des Professions industrielles, commerciales et agricoles._
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NOTES:
[1] =Échelle= de proportion. Le texte explique suffisamment l'emploi de l'_échelle_ dans le tracé architectonique, pour qu'il ne soit pas nécessaire de s'étendre sur l'utilité de ce moyen pratique. On entend aussi par _échelle_, les proportions relatives d'un édifice. Certains membres de l'architecture donnent l'_échelle_ de l'ensemble. Ainsi, une balustrade ne pourrait dépasser la hauteur d'appui ou lui être inférieure; elle donne alors l'_échelle_ de la bâtisse, c'est-à-dire qu'elle indique la dimension réelle de l'ensemble, en prenant pour point de comparaison la hauteur de l'homme.
[2] =Élévation=. On désigne par ce mot, en architecture, le géométral d'une façade; en terme propre, la projection verticale.