Chronique du crime et de l'innocence, tome 8/8 Recueil des événements les plus tragiques;...

Part 21

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La veuve Lesurque, dévorée par le chagrin, ne s'en est pas moins montrée à la hauteur de la tâche pénible que lui imposaient et l'innocence de son époux, et l'affection vraie qu'elle lui avait vouée. Secondée par sa fille aînée, elle ne cessa de harceler de ses réclamations trop légitimes le gouvernement impérial; mais ses vœux, ses prières furent impitoyablement repoussés. Le retour des Bourbons semblait devoir être plus propice à une si juste cause. Un écrivain d'un caractère noble et généreux, M. Salgues, vint associer ses talens, son zèle et ses lumières aux efforts de la malheureuse famille Lesurque. Mémoires au roi, requêtes, pétitions aux deux chambres, démarches actives et éclairées, sollicitations continuelles et pressantes; rien ne fut épargné par cet homme de lettres, homme de bien. Il s'agissait de laver la mémoire d'un juste; il s'agissait d'améliorer le sort de toute une famille en proie à la détresse, par suite de l'inique confiscation de sa fortune. Les biens de Lesurque, illégalement séquestrés, avaient été assignés au sénat conservateur, et attribués à la sénatorerie du comte Jacqueminot qui les avait noblement refusés, en disant qu'il _respectait trop le champ du malheur, pour recevoir des biens entachés du sang d'un innocent; qu'il fallait les restituer à la famille de la victime_. Le fisc ne comprit point la noblesse de ce sentiment; et ces immeubles, attribués depuis à la légion d'honneur (singulière dotation pour un corps aussi illustre), avaient été vendus au profit du trésor de l'état.

En 1821, M. le comte de Valence à la chambre des pairs, M. de Floirac à la chambre des députés, plaidèrent avec chaleur, en qualité de rapporteurs de commissions des pétitions, la cause de la veuve et des enfans de Lesurque et n'eurent pas de peine à exciter de vives sympathies parmi leurs collègues. Les pétitions furent renvoyées au ministre de la justice, et quelques secours provisoires en furent le résultat presque immédiat. Un peu plus tard, les réclamans obtinrent la remise, non pas du produit des biens illégalement confisqués et vendus, mais d'une partie seulement de ce que le trésor avait perçu en sus du montant des condamnations prononcées.

Mais, au moment où les héritiers Lesurque allaient recueillir quelques tristes débris de la fortune de leur père, des tribulations nouvelles se préparaient à éprouver leur constance. Des étrangers, déjà gorgés de richesses, vinrent, à l'aide d'un titre que nous ne qualifierons pas, et qui fut apprécié par la science et par la justice, disputer à la veuve et aux enfans de Lesurque, la portion de leurs biens qu'on allait leur rendre. Cet épisode de leur malheureuse histoire exige que nous entrions dans quelques détails.

En 1790, Lesurque, employé au district de Douai, avait spéculé, pour le compte d'autrui et pour le sien, sur les propriétés du clergé. Les registres du district constatent qu'il acquit, en seize adjudications, dans les années 1791, 1792 et 1793, pour plus d'un million de biens ecclésiastiques. Trois de ces adjudications furent faites pour le compte de madame de Folleville; aussi les trois procès-verbaux d'adjudication portent-ils, selon le langage du palais, réserve de déclaration de command.

A cette époque, madame la marquise de Folleville, propriétaire dans le Berry de dîmes inféodées, déclarées rachetables par les lois d'alors, en employait la valeur en acquisitions nationales: Lesurque achetait et payait pour elle; un compte courant était ouvert entre eux.

Le 19 janvier 1792, Lesurque se rendit adjudicataire de la ferme de Ferein, moyennant 180,000 francs. Le procès-verbal de vente ne contenait aucune réserve de déclaration de command. Lesurque avait fait l'acquisition pour lui. Les registres du district de Douai prouvent qu'il en paya _seul_ la valeur. Il lui avait été facile de faire ce paiement; car il avait revendu le tiers de la ferme de Ferein 188,000 francs; et le prix de la totalité n'était que de 180,000 francs.

En mai 1792, quelques mois après l'adjudication, madame de Folleville exprima le désir d'avoir la ferme de Ferein; le 22, un écrit fut tracé à ce sujet par Lesurque. C'est cet écrit que l'on reproduisit trente ans plus tard.

A cette époque (1792), madame de Folleville pouvait faire cette acquisition; elle comptait sur le remboursement de ses dîmes inféodées et sur une créance due par le gouvernement à M. de Bussy, ancien gouverneur des Indes, dont elle était héritière; mais une loi déclara les dîmes inféodées supprimées sans indemnité, et d'un autre côté, le gouvernement refusa d'acquitter la créance du gouverneur de l'Inde. Peu après, madame de Folleville fut incarcérée à Amiens jusqu'en 1794.

Lors de son arrestation, elle devait à Lesurque des sommes considérables; car, en 1795, elle lui fit remettre un à compte de 10,000 francs. Probablement alors un règlement de compte eut lieu. L'acte du 22 mai 1792 fut rendu par madame de Folleville à Lesurque qui lui signa des billets payés depuis. Mais Lesurque, loin de faire une déclaration de command au profit de madame de Folleville, continua à toucher les loyers de la ferme, renouvela les baux, revendit publiquement plusieurs portions de cette propriété, au profit d'un sieur Dumoulin, président du district de Douai, et de deux fermiers de Ferein, lesquels ont attesté qu'ils n'ont connu que Lesurque pour propriétaire.

En présence de cette possession, de cette jouissance publique de Lesurque, madame de Folleville garda le silence. Lesurque vint à Paris en 1795, espérant s'y créer une existence heureuse. On connaît l'horrible catastrophe qui le frappa. Sa mort, comme nous l'avons dit, laissa sa veuve et ses enfans dans une affreuse position. Le fisc s'empara de tous les biens du condamné à titre de _séquestre_, et non de _confiscation_ comme on l'a cru long-temps.

Ce fut alors qu'un sieur Lemoine, ancien conseiller à la Cour des aides, vint trouver la veuve Lesurque de la part de madame de Folleville. Pour éviter la confiscation, il conseilla à madame Lesurque de confier à madame de Folleville les papiers de son mari et surtout l'acte du 22 mai 1792.

Nantie de cet acte, madame de Folleville ne fit aucune démarche pour sauver de la confiscation la ferme de Ferein; madame veuve Lesurque la réclama devant le tribunal d'Amiens.

En 1803, madame de Folleville fit lever une expédition de l'acte du 22 mai 1792 dont le dépôt avait été effectué chez un notaire par les agens de la marquise. Déjà cet acte avait été falsifié, altéré. Madame de Folleville présenta cette expédition au préfet du Nord, et demanda à être mise en possession de Ferein. Un avis du directeur des domaines du département intervint, contraire à la réclamation de la dame de Folleville; celle-ci se désista de sa prétention avant la décision du préfet, et ne fit plus aucune poursuite à ce sujet pendant un laps de dix-neuf ans.

La propriété de Ferein fut incorporée aux biens de la sénatorerie et vendue par l'état en 1810. Cette vente aurait dû réveiller les prétentions de la dame de Folleville. Il n'en fut rien; elle laissa vendre Ferein qu'elle disait être sa propriété. Mais en 1822, une décision ministérielle ayant fait liquider à 224,000 fr. le montant de l'indemnité due par l'état aux héritiers Lesurque, pour la ferme de Ferein séquestrée, alors les agens de madame de Folleville se mirent en mouvement. On se présenta chez madame veuve Lesurque avec de douces et pacifiques paroles; on proposa de s'arranger avec madame de Folleville, pour _éviter la publication de certains actes qui empêcheraient la réhabilitation de Lesurque_. M. Salgues, l'ami, le défenseur de la famille, ne put entendre de semblables menaces sans en être indigné, et rompit toute conférence avec l'homme de madame de Folleville. Que fit-on alors? on feignit d'ignorer le domicile de la veuve Lesurque; on l'assigna au parquet; on prit des jugemens sur requête; on obtint l'autorisation de mettre opposition sur l'indemnité liquidée par l'état. Un procès s'engagea sur la validité de ces oppositions. C'était en 1826. Madame de Folleville produisit les billets souscrits par Lesurque et _payés_ par lui, et une _expédition_ de l'acte du 22 mai 1792. Cette pièce, qu'on avait déposée chez un notaire, avait été altérée, et avec tant de précipitation que la feuille sur laquelle l'acte de dépôt avait été écrit et qui enveloppait la pièce, portait _les empreinte de l'acide dont cette pièce était imbibée_.

Les billets furent déclarés prescrits; mais madame de Folleville fut reconnue propriétaire de la ferme de Ferein.

Les héritiers Lesurque qui avaient fait vérifier la _minute_ de l'acte remis après la mort de Lesurque à M. Lemoine, interjetèrent appel de cet arrêt. La Cour royale de Paris, saisie de cette affaire, ordonna que vérification serait faite de l'acte dont il était question par MM. Gay-Lussac, Chevreul et Chevalier. Ces trois experts, éminens dans leur art, tous membres de l'académie des Sciences, procédèrent à un examen minutieux de cet acte, et firent un rapport dont la conclusion portait «qu'il leur était démontré qu'il avait existé sur la pièce qui leur avait été soumise une écriture différente de celle qui en formait actuellement le corps, et que les moyens employés pour faire disparaître la première écriture avaient sans doute déterminé les altérations qu'on remarquait dans le papier.» Ce rapport était du 29 juillet 1829. Déjà MM. Haussmann, Darcet et Thénard avaient donné des certificats rédigés dans le même sens.

Cette affaire ne fut plaidée qu'en 1830. Me Mérilhou était le défenseur de la famille Lesurque; il pulvérisa les calomnies que la partie adverse avait appelées à son secours, et secondé par un mémoire chaleureux et détaillé de M. Salgues, il fut assez heureux pour faire solennellement proclamer les droits de ses cliens. L'inscription de faux avait été écartée par la Cour, faute de preuves suffisantes pour l'établir. Mais par jugement en date du 25 février 1830, les héritiers Lesurque, reconnus véritables et légitimes propriétaires de Ferein, furent déchargés des condamnations prononcées précédemment contre eux; et madame la marquise de Folleville se vit condamnée aux dépens.

Néanmoins, ce procès avait en effet causé un grand préjudice aux héritiers Lesurque; il avait retardé, ajourné le grand œuvre de toute leur vie, la réhabilitation de la mémoire de leur père, qui, avant cet incident, paraissait devoir être très-prochaine, à en juger par les dispositions favorables des deux chambres législatives. Bientôt la révolution de juillet vint offrir de nouvelles chances de succès à leur religieuse persévérance. Une nouvelle pétition fut présentée à la chambre des pairs, qui renouvela le renvoi qu'elle avait précédemment prononcé; mais, quoiqu'un rapport favorable eût été élaboré dans les bureaux du ministère de la justice, plus de deux années s'écoulèrent, sans que les pétitionnaires eussent obtenu aucune réponse.

Enfin le 25 mai 1833, M. Merlin, député de l'Aveyron, fit à la chambre dont il est membre, un rapport lumineux et circonstancié sur une nouvelle pétition de la veuve Lesurque et de ses enfans. Sur ses conclusions justement favorables, cette pétition fut renvoyée aux ministres de la justice et des finances, et déposée au bureau des renseignemens. Cette fois, les réclamations pécuniaires des héritiers Lesurque ne furent plus repoussées. M. Humann s'empressa de donner des ordres pour que la restitution fût la plus complète possible. Quant à la partie de la pétition qui était du domaine du ministre de la justice, aucune décision n'a encore été prise. Mais la vive sympathie des deux chambres, les marques de bienveillance et d'intérêt que la fille aînée de Lesurque a reçues du roi et de son auguste famille, le vœu unanime et si souvent exprimé par toutes les classes de citoyens éclairés, ne permettent pas de douter que la session prochaine se passe sans que la réhabilitation de Lesurque soit prononcée. Espérons, qu'au moyen de l'initiative dont jouit actuellement la chambre des députés, il deviendra possible d'établir une mesure pour la révision des procès criminels dans certains cas non prévus par le code; mesure qui avait été proposée par le comte de Valence et qui fut chaleureusement appuyée par M. de Lally-Tollendal qui termina son opinion par ces paroles touchantes: «J'espère avoir été entendu dans un autre endroit que celui où je parle..... J'espère qu'ici-bas ma voix ira, hors de cette enceinte, jusqu'à la malheureuse famille Lesurque, jusqu'à d'autres infortunés, qui, sous une forme ou sous une autre, m'écrivent sans cesse:

_Non ignare mali, miseris succurrere disce!_

Jamais ma voix ne leur manquera, et ses derniers accens seront pour la justice, l'innocence et le malheur!»

Oui, espérons que cette amélioration si désirée sera promptement introduite dans nos codes. «Cette amélioration, comme le disait M. Merlin dans son rapport, a été provoquée par les chambres; et si elle ne peut avoir lieu dans la présente session, il faut espérer qu'elle ne sera pas plus long-temps retardée, puisqu'elle est autant dans l'intérêt particulier de la famille Lesurque que dans l'intérêt général de la société.

«Quand la notoriété publique et l'évidence, disait aussi cet honorable rapporteur, constatent l'erreur de la condamnation, quand l'innocent a péri, sa mémoire, sa fortune, son honneur ne devraient pas avoir péri avec lui.»

FIN DU HUITIÈME ET DERNIER VOLUME.

INDEX

DES OUVRAGES QUI ONT ÉTÉ CONSULTÉS

POUR LA COMPOSITION DE CE RECUEIL.

_Histoire de Provence_, par PAPON.

_Histoire du Dauphiné_, par CHORIER.

_Idem._ par VALBONAYS.

_Mémoires sur le Languedoc_, par CATEL.

_Abrégé de l'hist. du Languedoc_, par VAISSETTE.

_Histoire du Perche et d'Alençon_, par GILLES BRY.

_Histoire du Béarn_, par MARCA.

_Histoire de Normandie_, par GAB. DUMOULIN.

_Chronique de Normandie_, goth. 1558.

_Histoire de Rouen_, par un anonyme.

_Origines de Caen_, par HUET.

_Histoire du Gastinais_, par GUILL. MORIN.

_Histoire de Melun_, par ROUILLARD.

_Histoire de Bresse_, par GUICHENON.

_Antiquités de Paris_, par DUBREUIL.

_Théâtre des Antiquités de Paris_, par le même.

_Dictionnaire hist. de Paris et de ses environs_, par HURTAUT.

_Essai sur Paris_, par SAINT-FOIX.

_Histoire de Paris_, par DULAURE.

_Anecdotes de France_, par DREUX DU RADIER.

_Recherches historiques sur l'Anjou_, par BODIN.

_Gaule Poétique_, par MARCHANGY.

_Dictionnaire historique_ de BAYLE.

_Des Délits et des Peines_, par BECCARIA.

_Etudes Historiques_, par M. de CHATEAUBRIAND.

_Mémoires de Montluc._

_Mémoires de Castelnau._

_Hist. de France sous le règne de Louis XIV_, par de LARREY.

_Histoire de France_, par ANQUETIL.

_Lettres de madame de Sévigné._

Les Volumes de VOLTAIRE relatifs à la législation.

_Les siècles de Louis XIV et de Louis XV_, par VOLTAIRE.

_La Biographie Universelle._

_Journal de Henri IV_, par de l'ESTOILE.

_Histoire de la Révolution Française_, par M. THIERS.

_Idem._ par M. MIGNET.

_Idem._ par M. ROCHE.

_Essais sur la révolution Française_, par de BEAULIEU.

_Mon Agonie de trente-huit heures_, par JOURNIAC ST.-MÉARD.

_Tableaux de la Révolution_, par CHAMPFORT.

_Recueil des Causes célébrés_, de GAYOT DE PITAVAL.

_Idem._ de DELAVILLE.

_Idem._ de RICHER.

_Idem._ de DES ESSARTS.

_Idem._ de MÈJAN.

_Annuaire_ de LESUR.

_Causes criminelles célèbres du XIXme siècle._

_Gazette des Tribunaux._

TABLE

DU HUITIÈME VOLUME.

Ulbach, ou la bergère d'Ivry. Page 1

Reine Orcel, précipitée dans l'Isère par son amant. 17

Le parricide des Landes. 33

Incendiaire par jalousie. 43

Crime et suicide de Bertet. 47

Assassin stipendié par le gendre de sa victime. 55

Sourd-muet, assassin. 62

Roch, voleur assassin. 72

Tentative d'assassinat commise par une mère sur son enfant de six ans. 83

Arsène et Julien, ou tentative d'assassinat par suite de désespoir amoureux. 92

La fille parricide. 107

La femme Pitra convaincue d'avoir empoisonne son mari. 118

Assassinat commis par méprise. 125

Parricide causé par la monomanie du meurtre. 137

Assassinat de deux époux commis par Hocquau, forçat libéré. 146

Marie Lombard, assassinée par son fiancé. 153

Suzanne Dussaut, accusée d'avoir assassiné son mari. 159

Louis Daigremont, empoisonné par sa femme. 164

Pierre Lamur, dit Doumairon. 175

Jean-Antoine Duchon, assassin de Madeleine Piot. 183

Assassinat d'un jeune berger par le frère de sa maîtresse. 191

Empoisonnement de la famille de Saint-Chamans, commis par une femme-de-chambre, accusée aussi d'infanticide. 198

Assassinat de Rosalie Dusser, par Antoine Gouy, son cousin. 207

Julien Chevrier, fratricide. 214

Accusation de parricide commis par une femme sous les vêtemens de son mari. 218

Tentative d'infanticide, par suite d'indigence. 238

Le fratricide de Jurançon. 245

Assassinat commis par la femme Lebaron sur son mari, de complicité avec un autre individu. 250

Adrien Lafargue. 261

Crime de castration commis par une marâtre sur un enfant de son mari. 283

Meurtre commis par vengeance. 287

Double meurtre commis par Debacker. 297

Le berger de Chèvreville. 305

Le meurtre de la rue Charonne, à Paris. 314

Assassinat de Psaume, avocat et homme de lettres. 320

Assassins de la vallée de Montmorency. 342

Vols, fratricides et parricides, commis par Françoise Trenque. 354

Assassinat de Paul-Louis Courier. 362

Le charcutier Bellan, meurtrier de sa femme. 380

Le curé Frilay. 390

La monomanie du meurtre, ou Jeanne Desroches, femme Corget, accusée de parricide et de trois assassinats. 401

Les infortunes de Lesurque et de sa famille. 421

INDEX des ouvrages qui ont été consultés pour la composition de ce recueil. 467

FIN DE LA TABLE DU HUITIÈME ET DERNIER VOLUME.