Chronique de 1831 à 1862, Tome 4 (de 4)
Part 30
[366] Marie de Castellane était alors à Marmoutiers au couvent du Sacré-Cœur.
[367] La marquise de Castellane.
[368] Antoine de Castellane, alors âgé de 5 ans.
II
Sagan, 31 août 1862.
MA CHÈRE FILLETTE,
Merci des intéressants détails sur la petite visite de notre Saint Évêque[369]. Il a eu la grande bonté de m'écrire lui-même quelques lignes du cher asyle[370]!
[369] Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans.
[370] Rochecotte.
Je ne m'étonne pas du succès de Georges[371] auprès de lui, car il est de la sphère des anges!
[371] Fils aîné de la princesse Radziwill, alors âgé du 2 ans.
Je suis ravie que tu puisses retrouver ton mari ici. Tu sais que vous êtes mes CHERS _enfants_.
Ton beau-père s'est annoncé pour ce soir. Ton oncle Dino et Élisabeth[372], à l'improviste pour cette nuit. Probablement un article stupide des journaux de Berlin, par lequel il m'aura cru à toute extrémité, aura réveillé son inquiétude et hâté son arrivée. Enfin Louis[373] s'annonce pour demain ou après-demain. Je vais être terriblement envahie. Je voudrais que M. de Bacourt[374] vînt m'abriter.
[372] Alexandre, duc de Dino et sa fille Élisabeth, plus tard comtesse Oppersdorff.
[373] Duc de Valençay.
[374] Correspondant de la Chronique.
Boson[375], Jeanne[376] et Adalbert[377] viennent aussi me menacer!
[375] Prince de Sagan.
[376] Princesse de Sagan, née Seillière.
[377] Second fils du duc de Valençay.
Certes, je ne manque pas de cœur pour mes enfants; mais je manque de force pour écouter, pour entendre, pour parler, pour répondre; dès que j'ai fait le plus petit effort, les vomissements reprennent et la transpiration m'inondent! Adieu, ma chère fille, j'ai pour toi et pour Dear Rochecotte une affection toute exceptionnelle.
_P.-S._--Toi et ton mari ne me gênent ni en santé ni en maladie et quant à ton frère, il serait aussi le très bien venu. Tu sais que je _te_ dis _vrai_.
_Sagan, 2 avril 1862._--On me mande que la plupart des évêques de France répondront à l'appel qui leur a été fait de Rome pour les martyrs japonais[378]; qu'ils partiront en avertissant le Gouvernement, mais sans demander de permission, et que l'Empereur n'en sera pas trop mécontent. Cette question romaine l'embarrasse tellement qu'il en est, dit-on, encore plus attristé qu'irrité. M. de Lavalette se défend d'être mal avec le Pape[379], c'est avec M. de Goyon qu'il ne peut vivre.
[378] Le Pape avait invité tous les évêques du monde catholique à se rendre à Rome, le jour de la Pentecôte (8 juin 1862), pour assister à la fête de la solennelle canonisation de vingt-cinq martyrs qui, en 1594, avaient versé leur sang pour la foi à Nagasaki, au Japon, et avaient déjà été béatifiés en 1627. Plus de trois cents évêques se rendirent à l'appel de Pie IX.
[379] Au mois d'août 1861, M. de Lavalette, qui était Ambassadeur à Constantinople au moment des massacres du Liban, fut envoyé à Rome pour y remplacer M. de Gramont, comme Ambassadeur auprès du Pape.
La Reine Marie-Amélie va passer un mois à Holland-House pour être plus près de la grande Exposition dont elle est curieuse. Être encore curieuse, à son âge, et après avoir été _crucifiée_! c'est merveilleux et enviable!
Le prince Windisch-Graetz laisse six enfants et très peu de fortune; il avait de gros traitements qui finissent avec lui; sa fille, veuve, sans enfants, âgée de vingt-six ans, qui, depuis son veuvage s'était consacrée à son père, est particulièrement à plaindre. Les journaux allemands ont donné un récit touchant des obsèques qui ont eu lieu à Vienne et à Prague; et surtout, de ce qui s'est passé dans cette dernière ville au haut du _Hradchin_, où le cardinal Schwarzenberg, beau-frère du défunt, a béni le corps, et d'où les salves de deuil ont retenti du même point, juste d'où l'illustre mort a tenu la ville en échec, lorsqu'il a sauvé à son maître la couronne de Bohême, en 1848. Naturellement, le cortège aurait dû traverser le bas de la ville pour prendre la route de Tachau, où se trouve le caveau de famille; mais l'Empereur a donne l'ordre que le cortège traversât toute la ville, montât au haut du _Hradchin_ où se trouve la Cathédrale, fît halte à la porte de l'église et y reçût les honneurs militaires. Le concours de monde de tous les genres paraît avoir été énorme, et le recueillement touchant et honorable.
_Sagan, 1er mai 1802._--Voici le joli mois arrivé tout plein de soleil, de verdure et de parfums. Eh bien! tout cela me semble une dérision, car ce soleil n'éclaire pour moi que des souffrances qui augmentent à chaque instant de cruauté. Je n'ai pour ainsi dire plus un moment de vrai répit. Cependant voici deux jours que je suis sortie; mais hier, après une tournée d'une demi-heure dans le parc, je suis rentrée pour être torturée avec une rage incessante qui vient de me ressaisir.
Ici s'arrête la _Chronique_. La maladie de celle qui l'écrivit allait chaque jour s'aggravant; les eaux d'Ems, pas plus que celles du Schlangenbad qu'elle prit ensuite, n'apportèrent aucune amélioration à son état. Elle avait hâte de retourner à Sagan pour y mourir, comme elle le répétait sans cesse.
En effet, elle atteignit Sagan le 3 août, et expira le 19 septembre 1862.
FIN
PIÈCES JUSTIFICATIVES
I
_Article du_ Times _donné par le_ Galignany _du 17 février 1853_.
L'adresse aux dames américaines, partie de Stafford-House, a reçu l'accueil auquel nous nous attendions. Les dames du monde de l'État de Virginie qui, à l'exemple de leurs mères, ont toujours eu des esclaves, se soulèvent maintenant à l'unanimité contre cette ingérence dans ce qu'elles considèrent comme un privilège séculaire.
Par l'organe d'un journal de la Virginie, le _Richmond-Enquirer_, ces dames en appellent à Mme Julia Gardiner Tyler (l'ex-présidente Tyler, comme on l'appelle officiellement), qui, élevée par ses alliances, ses talents, sa naissance, son mariage avec l'ex-président, et enfin, par son long séjour dans une plantation de Virginie comme maîtresse d'une colonie d'esclaves, était le digne champion de l'esclavage considéré comme _institution sociale_.
Appelée par un pareil devoir, l'illustre citoyenne prit la plume et ne l'a quittée qu'après avoir fait justice sommaire de la Duchesse (de Sutherland) et de ses amis.
Notre correspondant de New-York, qui est, certes, fort américain, ne s'est pas rendu compte, comme il aurait dû le faire, de l'importance à donner à cette rivalité de dames en colère, se battant aux yeux du monde pour leurs compatriotes. Nous ne doutons point que, malgré les huit années passées à la tête d'une plantation, Mme Tyler ne soit encore jeune, belle, intelligente et charmeuse, comme le décrit le _New-York Herald_; mais décidément, on peut dire qu'elle est agressive et bavarde. Elle voudrait que la doctrine de Monrœ fût appliquée, non seulement au territoire, mais aussi aux institutions de l'Amérique du Nord; et elle se venge de la Duchesse, en énumérant soigneusement toutes les allusions déplaisantes pour les institutions anglaises que lui fournissent son intelligence, sa mémoire et ses amis. Au fait, en allant au fond des choses, nous y trouvons pour les neuf dixièmes des redites; comme la presse anglaise semble prendre un soin tout particulier de mettre les étrangers au courant de nos défauts, la tâche de cette dame était facile, et l'intérêt pour le lecteur anglais en reste minime.
En disant que la réponse de Mme Julia Tyler contient des redites et des contradictions, nous devons ajouter que le même jugement peut s'appliquer à la Duchesse. On n'aurait jamais dû publier une lettre ouverte, capable de provoquer une semblable réponse, et, d'autre part, quand une semblable publication a été faite et que le bon sens du pays où elle a eu lieu la désapprouve, les personnes auxquelles elle était adressée auraient donné une preuve de tact en ne la relevant pas.
Il faut dire à l'honneur des dames américaines qu'aucune d'entre elles n'a répondu, à l'exception de la propriétaire d'une plantation de tabac, seule capable, peut-être, de manier la plume avec autant de férocité. Elle ne nous fait grâce sur aucun point: l'Islande, la corruption de la métropole, le _Dun robin Estate_, l'ancien commerce des esclaves, les diamants de la duchesse de Sutherland, notre journalisme, notre impôt des pauvres, nos souscriptions de bienfaisance, notre reine, nos évêques, nos hommes d'État, nos importations de coton et nos larmes de crocodile, _tout_, tout est successivement attaqué avec autant d'adresse que d'âpreté, tout et tous ont leur part.
Nous en sommes redevables à une petite coterie de femmes philanthropes, que les souffrances de _l'oncle Tom_ et de ses compagnons héroïques touchèrent au point de leur faire oublier que ces types, modèles de toutes les vertus, étaient le fruit du système qu'elles blâmaient.
Notre métier de journaliste nous met en contact si intime avec la fragilité de notre édifice social, que nous hésitons à lancer des pierres que nos adversaires pourraient trop facilement nous rejeter.
La témérité de l'appel Sutherland prouve que les belles plaignantes ne connaissent aucunement les maux existant beaucoup plus près d'elles, qu'il aurait été peut-être de leur devoir de connaître et de secourir. Cependant, nous ne saurions subir les verges de Mme Julie sans réagir; nous ne saurions tolérer que l'ex-présidente Tyler écrive, comme si l'Angleterre n'avait jamais rien fait, rien souffert, rien payé pour la cause de l'abolition de l'esclavage. Nous ne saurions admettre que rien n'ait changé chez nous, depuis le temps où la Reine Anne partageait, avec le Roi d'Espagne, le gain produit par la traite des nègres, et que nos hommes d'État, nos législateurs, nos prélats, nos pairesses, soient ce qu'ils étaient encore il y a deux cents ans. Pour appuyer son raisonnement, la belle Julie attribue le procès Wilberforce et Clarkson à des causes que jamais le lutteur n'aurait imaginées. Selon elle, il serait dû à l'envie que nous éprouvons pour les États-Unis, au désir de nous venger du succès de leur récolte, la douleur d'y avoir perdu un marché (que d'ailleurs nous n'avons pas perdu), au dessein infâme de semer la discorde entre les États du Nord et du Sud, et à d'autres motifs semblables qui pourront paraître évidents à une certaine classe de femmes, mais qui paraissent absurdes à tout homme de bon sens.
Nous voudrions encore prier la belle lutteuse de Sherwood-Forest de jeter un regard sur l'espace occupé sur la carte par son pays, baigné, comme elle le dit, par deux Océans, et de le comparer à celui qu'occupent les Iles-Britanniques; elle verrait qu'on peut nous excuser, si nous avons plus de peine à nourrir une population de trente millions, que les Américains pour en nourrir une de vingt-six. Elle aurait beaucoup mieux fait, pour avoir raison, si, en défendant les institutions de son pays contre toute ingérence anglaise, elle ne se fût pas mêlée de nos affaires; mais, elle se mêle de nos institutions et perd, en les attaquant, le terrain gagné en défendant celles de son pays, justifiant presque, ainsi, l'intervention des philanthropes de Stafford-House. Les institutions monarchiques et aristocratiques, dont elle parle, durent depuis dix siècles et nous ne pourrions, même en le voulant, nous en débarrasser aisément. D'ailleurs, il est incontestable qu'elles ont beaucoup contribué à la formation du caractère de notre race, dont les États-Unis eux-mêmes sont le plus éclatant résultat.
Nous avons encore à régler avec Mme Tyler une petite affaire pour notre propre compte. Quel droit a-t-elle de dire que la lettre de Stafford-House a eu son origine dans les journaux? Nous n'en avons rien su, jusqu'à ce qu'elle fut approuvée par le conclave et couverte de nombreuses signatures. Il nous est fort pénible d'avoir été crus les complices de cette singulière affaire. Quant aux éloges patriotiques, dont Mme Tyler a enjolivé sa réplique, nous sommes enchantés de pouvoir en reconnaître l'exactitude; nous apprécions, selon leur mérite, le territoire des fleuves, les deux Océans, le sol, les ports, la population, l'esprit d'entreprise, la politique, le coton, le riz et le tabac des États-Unis, et quoique nous en ayons souvent entendu parler, nous sommes enchantés qu'une belle dame vienne nous les rappeler; mais nous ne comprenons pas comment toutes ces belles choses puissent nous empêcher de prendre des mesures pour l'abolition complète de l'esclavage.
II
NOUVELLES DISSIDENCES ENTRE LES PRINCES D'ORLÉANS ET LE COMTE DE CHAMBORD
_Lettre du comte de Chambord au duc de Nemours._
5 février 1857.
MON COUSIN,
J'ai lu votre lettre avec un profond sentiment de tristesse et de regret. J'aimais à penser que nous avions compris de la même manière la réconciliation accomplie entre nous, il y a bientôt quatre ans. Ce rétablissement de nos rapports politiques et de famille, en même temps qu'il plaisait à mon cœur, semblait à ma raison un gage de salut pour la France et une des plus fermes garanties de son avenir. Pour justifier mon espérance, pour rendre notre union efficace et digne tout ensemble, il ne fallait que deux choses qui étaient bien faciles: rester de part et d'autre également convaincus de la nécessité d'être unis, mais vouer une confiance inébranlable en nos mutuels sentiments.
Je n'ai pas douté de votre dévouement aux principes monarchiques; personne ne peut mettre en question mon attachement à la France, mon respect de sa gloire, mon désir de sa grandeur et de sa liberté. Ma sympathique reconnaissance est acquise à tout ce qui s'est fait par elle, à toutes les époques, de bien, d'utile et de grand. Ainsi que je n'ai cessé de le dire, j'ai toujours cru, et je crois toujours à l'inopportunité de régler, dès aujourd'hui, et avant le moment où la Providence m'en imposerait le devoir, des questions que résoudront les intérêts et les vœux de notre patrie. Ce n'est pas loin de la France et sans la France, qu'on peut disposer d'elle.
Je n'en conserve pas moins ma conviction profonde, que c'est dans l'union de notre maison, et dans les efforts communs de tous les défenseurs des institutions monarchiques que la France trouvera un jour son salut. Les plus douloureuses épreuves n'ébranlent pas ma foi.
III
_Lettre adressée par l'Empereur Napoléon III au Pape Pie IX le 31 décembre 1859._
TRÈS SAINT-PÈRE,
La lettre que Votre Sainteté a bien voulu m'écrire le 2 décembre m'a vivement touché, et je répondrai avec une entière franchise à l'appel fait à ma loyauté.
Une de mes préoccupations, avant comme après la guerre, a été la situation des États de l'Église, et certes, parmi les raisons puissantes qui m'ont engagé à faire si promptement la paix, il faut compter la crainte de voir la révolution prendre tous les jours de plus grandes proportions. Les faits ont une logique inexorable, et, malgré mon dévouement au Saint-Siège, malgré la présence de mes troupes à Rome, je ne pouvais échapper à une certaine solidarité avec les effets du mouvement national, provoqué par la lutte contre l'Autriche.
La paix une fois conclue, je m'empressai d'écrire à Votre Sainteté pour lui soumettre les idées les plus propres, suivant moi, à avancer la pacification des Romagnes, et je crois encore que si, dès cette époque, Votre Sainteté eût consenti à une séparation administrative de ces provinces et à la nomination d'un gouvernement laïque, elles seraient rentrées sous son autorité.
Malheureusement, cela n'a pas eu lieu, et je me suis trouvé impuissant à arrêter l'établissement du nouveau régime. Mes efforts n'ont abouti qu'à empêcher l'insurrection de s'étendre, et la démission de Garibaldi a préservé les Marches d'Ancône d'une invasion certaine.
Aujourd'hui le Congrès va se réunir. Les puissances ne sauraient méconnaître les droits incontestables du Saint-Siège sur les Légations. Néanmoins, il est probable qu'elles seront d'avis de ne pas recourir à la violence pour les soumettre; car si cette soumission était obtenue à l'aide des forces étrangères, il faudrait encore occuper les Légations militairement pendant longtemps. Cette occupation entretiendrait les haines et les rancunes d'une grande portion du peuple italien, comme la jalousie des grandes puissances; ce serait donc perpétuer un état d'irritation, de malaise et de crainte.
Que reste-t-il donc à faire? car enfin, cette incertitude ne peut pas durer longtemps. Après un examen sérieux des difficultés et des dangers que présentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret sincère, et quelque pénible que soit la solution, ce qui me paraîtrait le plus conforme aux intérêts du Saint-Siège, ce serait de faire le sacrifice des provinces révoltées. Si le Saint-Père, pour le repos de l'Europe, renonçait à ces provinces qui, depuis cinquante ans, suscitent tant d'embarras à son gouvernement, et qu'en échange, il demandât aux puissances de lui garantir la possession du reste, je ne doute pas du retour immédiat de l'ordre. Alors, le Saint-Père assurerait, à l'Italie reconnaissante, la paix pendant de longues années, et au Saint-Siège, la possession paisible des États de l'Église.
Votre Sainteté, j'aime à le croire, ne se méprendra pas sur les sentiments qui m'animent; elle comprendra la difficulté de ma situation; elle interprétera avec bienveillance la franchise de mon langage, en se souvenant de tout ce que j'ai fait pour la religion catholique et pour son auguste chef.
J'ai exprimé, sans réserve, toute ma pensée et je l'ai cru indispensable avant le Congrès. Mais je prie Votre Sainteté, quelle que soit sa décision, de croire qu'elle ne changera en rien la ligne de conduite que j'ai toujours tenue à son égard.
En remerciant Votre Sainteté de la bénédiction apostolique qu'elle a envoyée à l'Impératrice, au Prince Impérial et à moi, je lui renouvelle l'assurance de ma profonde vénération.
De Votre Sainteté, votre dévot fils,
NAPOLÉON. Palais des Tuileries, le 31 décembre 1859.
Cette pièce est tirée du _Journal des Débats_ du 12 janvier 1860.
INDEX BIOGRAPHIQUE
DES NOMS DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS CETTE CHRONIQUE
(Les noms suivis d'un astérisque sont ceux qui ont été déjà donnés, avec plus de détails, dans l'index biographique du tome I; ceux qui sont suivis de deux astérisques ont été donnés dans le tome II, et ceux qui sont suivis de trois astérisques sont donnés dans le tome III.)
A
ABERDEEN (lord), 1784-1860 *. Diplomate et homme d'État anglais.
ABZAC (le marquis D'), 1822-1905. Venance d'Abzac, général de brigade en France, fut, durant de longues années, premier aide de camp du maréchal de Mac-Mahon. Le général d'Abzac fut promu officier de la Légion d'honneur en 1859, et commandeur en 1873. Il avait épousé Mlle Dorothée de Lazareff.
ADÉLAÏDE D'ORLÉANS (Madame), 1777-1847. Sœur cadette du Roi Louis-Philippe.
ALBE (le duc D'), 1821-1881. Luis duc d'Albe avait épousé, en 1844, la comtesse de Montijo, sœur aînée de l'Impératrice Eugénie.
ALBUFÉRA (la duchesse D') **, 1791-1884. Née de Saint-Joseph.
ALEXANDRE II (l'Empereur de Russie), **, 1818-1881.
ALLEGRI (Grégoire), 1587-1640. Compositeur de musique sacrée. Allegri doit surtout sa réputation à un _Miserere_ qu'on chante régulièrement le samedi saint dans la chapelle Sixtine, à Rome.
ALWENSLEBEN (le comte Albert D') ***, 1794-1858, ministre d'État en Prusse.
ALWENSLEBEN (le comte Gustave D'), 1803-1881. Entré, en 1821, dans l'armée prussienne, le comte Alwensleben fit, avec le prince de Prusse, la campagne en 1848 contre les insurgés dans le grand-duché de Bade. Lieutenant-général depuis 1863, Alwensleben prit part à la guerre de 1870-1871, et se retira du service en 1872.
ANCELOT (Jacques-Arsène-François-Polycarpe), 1794-1854. Littérateur français, auteur dramatique. Ancelot remplaça M. de Bonald à l'Académie française.
ANDREA DEL SARTO, 1488-1530. Le vrai nom de ce célèbre peintre florentin était Andrea Vannucchi.
ANTONELLI (le cardinal), 1806-1876. Premier ministre du Pape Pie IX. Le Pape Grégoire XVI fit Antonelli prélat et assesseur au tribunal supérieur. Successivement délégué à Orvieto, à Viterbe, à Macerata, Antonelli devint, en 1841, sous-secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur, grand trésorier en 1845, cardinal en 1847; puis ministre des Finances et président de la consulte d'État. En 1848, le cardinal Antonelli fit partie de la commission qui rédigea le statut libéral de mars. Devenu l'un des conseillers les plus influents auprès du Pape Pie IX, le Cardinal conseilla la fuite à ce Pontife, après le meurtre du comte Rossi, en 1848. Lors de la rentrée du Pape Pie IX, à Rome, le cardinal Antonelli fut nommé secrétaire d'État des Affaires étrangères, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort.
APPONYI (le comte Rodolphe), 1812-1876. Diplomate autrichien: attaché très jeune à l'ambassade d'Autriche à Paris, il passa à celle de Saint-Pétersbourg où il épousa, en 1840, la fille du comte Alexandre Benkendorff (nièce de la princesse Lieven). Devenu ministre à Carlsruhe, puis à Turin et à Munich, le comte Apponyi fut nommé ambassadeur à Londres et ensuite à Paris. Il mourut à Venise.
AQUILA (le comte D'), 1824-1897. Louis, prince de Bourbon, fils du second mariage de François Ier, Roi de Naples, et de l'Infante Isabelle d'Espagne, épousa, en 1844, à Rio-Janeiro, une princesse de Bragance, fille de Pierre Ier, Empereur du Brésil. Le comte d'Aquila était grand-amiral brésilien et chevalier de la Toison d'or.
ARENBERG (le prince Pierre D'), 1790-1877.
ARENBERG (Auguste-Marie-Raymond D'), 1753-1832. Prit le titre de comte de la Marck à la mort de son grand-père maternel, et c'est sous ce nom qu'il figure aux États généraux de 1789. Le comte de la Marck s'y déclara d'abord en faveur du Tiers État; mais il se rapprocha bientôt de la Cour, se lia d'amitié avec Mirabeau et devint l'intermédiaire de ses relations avec la Famille Royale. Mirabeau mourut entre ses bras et le nomma son exécuteur testamentaire.
ARJUZON (le comte D'), 1800-1874. Gentilhomme de la chambre du Roi Charles X, le comte d'Arjuzon débuta dans la carrière politique comme conseiller général du canton de Montfort, dans l'Eure. Député au Corps législatif sous le second Empire, il s'associa à tous les actes du règne de Napoléon III, et devint chambellan de l'Empereur, qui le fit officier de la Légion d'honneur en 1861.
ARNIM-HEINRICHSDORFF (le comte Henri D'), 1791-1859. Diplomate et homme d'État prussien.
AUERSWALD (M.-Rodolphe D'), 1795-1886. Homme d'État prussien. Élevé avec le prince Guillaume de Prusse (le futur Empereur d'Allemagne), Auerswald commença par la carrière des armes. Il s'en retira en 1820, pour occuper, en province, plusieurs postes administratifs. Après la révolution de 1848, Auerswald fut chargé de présider le nouveau ministère Hansemann-Kühlwetter-Schreckenstein. Élu ensuite député, il siégea dans les rangs de la droite. En 1858, le Prince-Régent appela Auerswald à faire partie du ministère _de la nouvelle ère_, comme ministre sans portefeuille. Auerswald entreprit alors la réorganisation de l'armée, qui fut cause d'un conflit avec la Chambre prussienne, dura des années et fut la raison de la chute du ministère libéral en 1862. M. de Bismarck le remplaça alors à la tête des affaires.
AUGIER (Émile), 1820-1889. Poète dramatique français, membre de l'Académie, où, en 1858, il remplaça M. de Salvandy, Augier fut nommé sénateur par décret impérial en 1870, pour services rendus par ses productions littéraires.
AUGUSTENBOURG (le duc D'), 1798-1869. Chrétien, duc d'Augustenbourg, habitait en Silésie la terre de Primkenau, dans les environs de Sagan.
AUMALE (le duc D') **, 1822-1893. Henri d'Orléans, quatrième fils du Roi Louis-Philippe.