Childéric, Roi des Francs, (tome second)

Part 8

Chapter 82,836 wordsPublic domain

Mais le roi de Thuringe ne peut vivre si long-tems loin de Bazine; jamais encore il n'avoit connu le charme de la résistance, le tourment délicieux des désirs; ce trouble le ravit et l'étonne; son coeur, tout rempli, d'une douce image, remercie tout bas la sévère Bazine des plaisirs inconnus qu'il éprouve, de ceux qu'il espère. Cependant il veut éblouir ses yeux d'un fastueux hommage, il veut lui plaire, il veut l'étonner du spectacle de son pouvoir. Une fête où l'amour s'unit à la magnificence, est préparée; Bazine l'apprend et frémit... Cependant elle reverra Childéric, et dans le tumulte, ils pourront se rejoindre, s'entendre et fixer leur sort. Eginard reverra Berthilie; il y pense, il a senti son absence, elle a affligé l'aimable inconstant... Son maître est si malheureux, et Berthilie peut lui être si utile...! Eginard ne veut plus s'occuper que d'elle, ils uniront leurs soins et leurs coeurs... Eginard aime trop Childéric pour ne pas chercher la seule Berthilie.... Sans doute, il se promet même de n'aimer qu'elle et de l'aimer toujours... oui, toujours! il l'a prononcé ce mot effrayant, et il étoit loin d'elle; il s'avoue même que s'il est flatteur de plaire, il est peut-être plus doux d'aimer; que le coeur gagne à réunir le souvenir de la veille au plaisir du jour, à l'espoir du lendemain; et souriant à des projets si nouveaux, il s'écrioit: _O l'heureux changement!_ C'est dans les vastes jardins que la fête est préparée; des flambeaux, placés avec art, forment un jour éclatant, qui ravit à la nuit tout son empire; des festons de fleurs, suspendus aux arbres, soutiennent les chiffres unis du roi et de l'infortunée dont ils annoncent le malheur. Ornée par d'importunes mains, auxquelles elles s'abandonne tristement, elle laisse à leurs soins l'art facile de l'embellir; cependant, les inquiétudes, les douleurs, les larmes ont effacé les roses brillantes de son teint; une pâleur plus touchante peut-être les remplace, et jamais, dans tout l'éclat de sa fraîcheur, elle n'a paru plus digne d'amour; ses yeux, chargés d'une tendre mélancolie, et encore humides de pleurs, attendrissent l'ame; on la prendroit pour une statue d'albâtre, représentant l'innocence qui implore le secours des dieux. Elle s'avance, et les coeurs volent au-devant d'elle. Childéric l'aperçoit; il est ému, agité, au désespoir; l'orgueilleux Bazin s'empare de la main tremblante de la princesse, il la place lui-même sur un trône de fleurs; les jeux commencent, et les Bardes chantent la beauté de Bazine, la gloire du roi et l'union fatale, dont la seule pensée donne la mort à l'infortunée qui en est victime. Les instrumens se font entendre; les danses vont commencer; c'est l'instant que l'amour espère, et qu'attendoit secrètement la jalousie... Ah! des yeux moins clairvoyans que les siens se seroient aperçus du trouble qui saisit Childéric et Bazine en s'approchant l'un de l'autre, de leur bonheur, en se pressant la main, de leurs regards, lorsque séparés par les autres danseurs, ils se cherchoient, s'apercevoient, voloient l'un vers l'autre, et s'enlaçoient de leurs bras; ces mouvemens pleins de grâce et d'amour n'échappent point au jaloux observateur, qu'ils irritent; il veut pourtant s'assurer d'un malheur qu'il ne fait encore que craindre, et qu'il peut attribuer au plaisir ou à la jeunesse; mais il prépare déjà sa vengeance. Bazin disparoît; sa vue ne contraint plus des amans qui peut-être ne pourront plus renouer cet entretien trop important pour le différer; ils laissent la danse, et vont s'asseoir à quelque distance des jeux, sous un dais de feuillage et de fleurs: là, trop loin pour être entendus, et seulement accompagnés d'Eusèbe, ils se confient leurs douleurs; mais Bazine n'a point accepté la main du roi, elle ne l'acceptera jamais; rien n'effraie son ame, hors les dangers de son amant; qu'il s'éloigne, et elle saura se conserver pour lui. Childéric est bien loin de consentir à un tel sacrifice. Quoi! lui roi détrôné, sans asile et presque sans espérance, étendroit sur elle ses malheurs! Il combat avec force une telle résolution, il conjure la princesse d'accepter la main du roi, et refuse de partir... Eh! quoi, lui disoit Bazine, vous voulez que ce coeur tout plein de vous aille jurer à un autre un sentiment dont vous seul l'avez pénétré; qu'infidèle en pensée, Bazine prononce, aux pieds des autels, un serment trahi d'avance! Ah! prince, pouvez-vous seulement en concevoir le désir perfide? pouvez-vous me condamner au parjure et au malheur? oubliez-vous que je vous aime de cet amour qui a décidé de ma vie? Princesse, reprenoit ce généreux amant, il est dans le rang qui vous attend, une jouissance qui remplira bientôt toute votre ame; celle qui peut tout a tant de bien à faire, que la sensible Bazine trouvera, sur le trône, des jouissances dignes d'elle: en voyant un infortuné, vous vous rappellerez Childéric; en secourant sa douleur, vous calmerez la vôtre, et vous vous direz: puisse une main consolatrice adoucir aussi la tienne, prince malheureux! Tous deux versoient des larmes, chacun vouloit mourir; Childéric jura de ne point s'éloigner que Bazine ne fût reine: elle prioit, ordonnoit en vain, lorsque Théobard vint l'arracher à ce douloureux et tendre combat, pour la ramener à la fête où Bazin l'appeloit. On voyoit encore la trace de ses pleurs, elle ne chercha point à les cacher; bientôt l'infortunée les répandra sans témoins. Bazin a tout entendu, appuyé contre les arbres qui le déroboient aux amans; il n'a plus de doute; son amour a tous les projets de la haine, mais la haine n'a pas éteint son amour. Qu'elle est belle! se disoit-il, mais que son coeur est ingrat! Obtenons, de la crainte et du malheur, ce qu'elle refuse à mes soins; punissons qui me brave; n'hésitons pas à m'en séparer. Bazin, rapproché de la princesse, et observant sa pâleur, son abattement, lui dit avec une feinte douceur: Reine, car vous l'êtes déjà pour mon peuple et pour moi, ces jeux vous lassent; cessez de vous contraindre; retirez-vous; venez, que je vous ramène jusqu'à ce palais que vous quitterez bientôt: et en disant ces mots, il entraînoit l'infortunée. Ces momens, disoit-elle, sont peu faits pour une explication, cependant je vous conjure de m'écouter.--Je vous entendrai, Bazine, soyez-en certaine; mais voici Théobard qui va vous reconduire; souffrez que je vous confie à lui, et veuillez le suivre. A ces mots, le roi s'éloigna; Bazine étonnée, inquiète, se trouva entourée d'une suite nombreuse, et entrainée pour ainsi dire dans son palais; les portes en étoient gardées; on la laissa seule avec Eusèbe. Ma chère nourrice, lui dit la princesse, on trame quelque chose contre nous; qu'allons-nous devenir? que prétend le roi? à quoi suis-je destinée? Eusèbe, plus effrayée encore, se taisoit. On apercevoit des fenêtres l'éclat de la fête; on entendoit les chants, on distinguoit le bruit des instrumens; Bazine contemploit ces témoignages d'allégresse, et son coeur abattu en étoit douloureusement affecté. Childéric est là, se disoit-elle; le plaisir semble s'agiter autour de lui, et la mort s'y cache peut-être! O dieux! ne permettez pas le crime; prenez seulement mes jours. Bazine ne sait ce qu'elle redoute, et la tristesse saisit son ame; de sinistres et vagues pensées l'oppressent; elle se jette dans les bras d'Eusèbe et l'arrose de ses larmes. Des pas précipités se sont fait entendre; les appartemens s'ouvrent tout à coup, et Théobard paroît. Bazine attend ce qu'il vient lui annoncer; Eusèbe a jeté un cri d'effroi. Princesse, dit Théobard avec attendrissement et respect, je viens, par ordre du roi; vous voudrez bien sans doute me suivre dans les lieux où j'ai ordre de vous conduire, et être sans crainte avec Théobard: alors il pressa Eusèbe de rassembler promptement tout ce dont elles pourroient avoir besoin toutes les deux, dans le séjour éloigné où il alloit les mener lui-même, et ordonna à quatre muets dont il étoit suivi, de se charger de ce qu'Eusèbe voudroit emporter: mais le trouble de la nourrice est si grand, qu'elle entend à peine ce que Théobard lui dit; tout échappe à sa main tremblante; en vain elle s'efforce d'obéir, et Bazine, qui veut la rassurer, fait elle-même tous les apprêts dont sa nourrice n'est plus capable. Mon voyage sera-t-il long? dit la princesse. Il ne tiendra qu'à vous de l'abréger, et si vous daignez en croire un sujet fidèle.... C'est assez, Théobard: mais étoit-ce à vous de remplir un si rigoureux devoir? Hélas! reprit-il avec la plus vive émotion, falloit-il vous livrer, princesse, à des mains perfides ou cruelles? Je vous entends, Théobard; pardonnez un injuste reproche. Bazine prit sa lyre, dont elle prévit qu'elle auroit souvent besoin, et ayant rassemblé à la hâte ses vêtemens, annonça que l'on pouvoit partir; les muets se chargèrent de tout ce que la princesse résolut d'emporter. Elle sortit, et donna le bras à Eusèbe qui pouvoit à peine se soutenir; un char les attendoit; elles y montèrent; Théobard le conduisit, les muets le suivirent sur des chevaux; ils s'éloignèrent rapidement. La nuit étoit belle, quoique sombre; le char parcouroit les magnifiques allées qui entouroient le jardin, et les feux qui éclairoient les lieux de la fête, frappèrent de nouveau la triste Bazine. C'est là qu'elle laisse Childéric; c'est là, qu'entouré de plaisirs qui l'abusent, il attend et espère son retour, tandis qu'une main barbare les sépare! O cher prince! se disoit elle, peut-être vous croyez-vous encore heureux, et votre amante est déjà frappée! Et toi, chère Berthilie, demain quelle sera ta douleur! A ces pensées cruelles, la princesse répand des pleurs, et ceux qui coulent en abondance des yeux d'Eusèbe, retombent encore sur son coeur. Quoi, disoit-elle, dois-je donc ainsi rendre malheureux tout ce qui s'intéresse à mon sort? dois-je donc coûter des larmes à tout ce qui m'aime? Après une marche rapide et assez longue, on entra dans un bois; les muets allumèrent des flambeaux pour le traverser; il étoit épais, et sans aucune route tracée. A ce spectacle, le désespoir d'Eusèbe est à son comble; Bazine la caresse et la rassure, mais elle gémit douloureusement. Après deux heures de marche, on sortit du bois: à son extrémité s'élève une chaîne de montagnes informes et de rochers amoncelés, qui offrent aux yeux leurs masses gigantesques, effrayantes et bizarres; les flambeaux qui jettent sur ces tristes lieux leur lumiere vacillante, ont confirmé les craintes d'Eusèbe. Barbares! dit-elle, où conduisez-vous l'illustre fille d'Humfroi. O ciel! ô princesse infortunée! c'est à la roche sombre que l'on va nous renfermer. Ah! Théobard, s'écrioit Eusèbe, sauvez votre reine, la mienne, celle de toute la Thuringe, ou que les justes dieux vous punissent! Hélas! il étoit ému, mais il sentoit la nécessité d'obéir; Bazine restoit confiée à ses soins, et il savoit bien qu'alors sa vie au moins seroit en sûreté. Un mot d'ailleurs pouvoit la délivrer; elle montoit sur son trône, et assuroit une longue paix à son royaume. Théobard espéroit que le séjour de l'affreuse caverne la décideroit promptement à un hymen nécessaire, et qu'elle renonceroit à un amour qu'il regardoit comme une erreur de son âge. Ils avançoient, livrés chacun à leur pensée; mais la route, semée de pierres, de cailloux, d'éclats de rochers, est devenue impraticable; il faut abandonner le char, et marcher sur ces pierres, qui blessent les pieds délicats de la princesse; Théobard la soutient, tandis qu'elle-même soutient Eusèbe désolée. Enfin ils arrivent tous auprès de ces roches énormes; une d'elle est creusée; les muets passent les premiers; Théobard, qui prend les flambeaux, guide Bazine et Eusèbe dans un souterrain étroit; une trappe de fer est levée; ils entrent alors dans une vaste caverne, où les muets ont d'avance placé des siéges et des lits. Il étoit tems d'arriver, Eusèbe ne pouvoit plus se soutenir; elle jeta un cri en entrant: Oui, c'est ici, dit-elle, et elle tombe évanouie. La princesse, aidée de Théobard, la place sur un siége et lui donne tous les secours qu'elle peut trouver autour d'elle; Eusèbe reprit ses sens, et demeura silencieuse et désespérée; les muets transportèrent ce qu'ils avoient placé dans le char; par ordre de la princesse, ils allumèrent des flambeaux. Théobard supplia respectueusement Bazine de demander tout ce qui pourroit adoucir sa captivité, osa l'inviter à en sortir promptement, et à rendre à sa cour sa présence désirée. Il lui promit de revenir la nuit suivante, et s'éloigna promptement, sachant avec quelle impatience son roi attendoit son retour. Bazine, restée seule avec Eusèbe, entendit se refermer la trappe de fer; un silence terrible règne alors au fond de la roche; le bruit seul d'un torrent, habitant furieux de ce sauvage séjour, en trouble la sombre tranquillité. Eusèbe, baignée de larmes, ose à peine lever les yeux, et les détourne avec horreur d'une longue chaîne de fer scellée dans le roc, et que la princesse n'avoit point d'abord aperçue; la bonne nourrice se tait et réfléchit; sa physionomie altérée, son regard sinistre annoncent une ame profondément blessée. Bazine s'apercevant de sa désolation, l'embrasse tendrement. Ma chère amie, lui dit-elle, avec cette douceur et ce charme inconcevable qui a tant d'empire sur les coeurs, ta peine ajoute à mes maux: si tu m'aimes, prends pitié de toi-même et de ton enfant. Ne murmurons pas, chère Eusèbe, nos jours appartiennent aux dieux, c'est à eux qu'il faut les abandonner. Un mot, une caresse, un sourire de sa chère élève, faisoient le bonheur d'Eusèbe; sa douleur ne tint pas contre un langage si doux; elle essuya ses pleurs, et parut plus tranquille. Ah! ma princesse, dit-elle tristement, le ciel sait que ce n'est pas pour moi que je gémis: puissé-je rester ici toute ma vie et vous en voir échapper; mais, hélas! il n'en existe aucun moyen, et Bazin est seul maître de votre destinée. Cette retraite affreuse n'est connue que d'un seul Druide, le vieil Hirman, retiré dans la forêt de Thuringe, du roi, de Théobard et des muets. O malheureuse! l'entrée en est entièrement cachée par plusieurs pierres énormes que l'on ne peut enlever qu'avec de grands efforts; le souterrain se ferme par une trappe de fer que l'on n'ouvre qu'à l'aide d'un secret que personne ne pourroit trouver; ici, dans le haut de cette caverne, est pratiquée avec art une ouverture qui donne de l'air et du jour: mais afin d'éviter les vents, les pluies, elle est faite de manière que la roche avançant en saillie, cache le ciel et prive ces lieux, déjà horribles, des rayons du soleil; cette ouverture ne s'aperçoit point au dehors, et donne sur le torrent dont vous n'entendez que foiblement le murmure, parce que dans ce moment ses eaux sont peu abondantes; mais lorsque grossi par les pluies et les orages, il gagne le pied de la roche que nous habitons, il la heurte avec fracas, et remplit ces lieux d'un bruit sinistre et terrible; personne alors n'oseroit approcher, et nul mortel sans doute ne croiroit que ces roches fussent habitées. O ma princesse! qui protégera votre jeunesse opprimée? qui osera vous secourir, vous défendre? cette chaîne surtout me désespère: ô ma fille! si on osoit... A ces mots, Eusèbe retomba dans sa profonde tristesse. M'enchaîner, ma bonne nourrice; ne le craignez pas, jamais Théobard n'y consentiroit; moins je puis m'échapper de cette prison, moins j'ai à redouter une barbarie inutile. D'ailleurs, nous pourrions aisément détacher cette chaîne du roc où elle est fixée, et la jeter dans le torrent par cette ouverture élevée; mais que pourrions-nous attendre? Les dames portoient alors des poignards à leur ceinture; Bazine se promettoit d'essayer la pointe aiguë du sien sur le roc, et d'en détacher l'objet des craintes d'Eusèbe: surprise de ce que la nourrice pût aussi bien décrire des lieux ignorés, elle lui demanda comment elle avoit pu en acquérir une aussi parfaite connoissance. Eusèbe pâlit, hésita, pria la princesse de lui épargner un récit qui dans cet instant lui seroit trop pénible; Bazine n'insista pas, consentit même à se coucher, mais put à peine s'endormir. Eusèbe, non moins agitée, ne goûta qu'un repos interrompu. Le jour éclairoit depuis long-tems ces tristes lieux, quand les captives se levèrent; toutes les deux offrirent au ciel leurs voeux et leur soumission; le repas fut préparé par Eusèbe; Bazine sourit en l'invitant à manger; mais la pauvre nourrice ne peut s'accoutumer à ce séjour, bien moins encore à y voir renfermée la fille d'Humfroi. Des pleurs baignent sans cesse ses yeux; elle ne mange point; Bazine s'efforçoit de la distraire, elle avoit pris sa lyre, elle avoit chanté des airs qui plaisoient tous à Eusèbe. Elle avoit plusieurs fois examiné la bague chérie qui représentoit son amant; mais voyant retomber Eusèbe dans son silence douloureux: Chère amie, lui dit-elle, si tu veux m'obliger, tu me feras à l'instant même le récit des évènemens qui déjà sans doute t'amenèrent dans ces lieux; ne me refuse pas plus long-tems. Un désir de Bazine étoit toujours une loi pour la sensible nourrice; elle se recueillit un moment comme pour surmonter son attendrissement. Rien, dit-elle à la princesse, ne me défend de vous parler aujourd'hui; je le dois même, et les motifs qui m'ont forcée au silence m'ordonnent à présent de vous confier le secret que j'ai si long-tems renfermé dans mon sein. Mais ne vous livrez point à la douleur, je vais vous dévoiler de grands crimes; je voulois différer encore dans la crainte que ces lieux ne vous devinssent trop odieux; mais vous l'ordonnez, et je dois obéir.

HISTOIRE DE LA ROCHE SOMBRE.