Calligrammes: Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)

Part 5

Chapter 52,756 wordsPublic domain

Les divers pets labiaux rendraient aussi vos discours claironnants Habituez-vous à roter à volonté Et quelle lettre grave comme un son de cloche À travers nos mémoires Nous n'aimons pas assez la joie De voir les belles choses neuves Ô mon amie hâte-toi Crains qu'un jour un train ne t'émeuve Plus Regarde-le plus vite pour toi Ces chemins de fer qui circulent Sortiront bientôt de la vie Ils seront beaux et ridicules

Deux lampes brûlent devant moi Comme deux femmes qui rient Je courbe tristement la tête Devant l'ardente moquerie Ce rire se répand Partout Parlez avec les mains faites claquer vos doigts Tapez-vous sur la joue comme sur un tambour Ô paroles Elles suivent dans la myrtaie L'Eros et l'Antéros en larmes Je suis le ciel de la cité

Écoutez la mer

La mer gémir au loin et crier toute seule Ma voix fidèle comme l'ombre Veut être enfin l'ombre de la vie Veut être ô mer vivante infidèle comme toi

La mer qui a trahi des matelots sans nombre Engloutit mes grand cris comme des dieux noyés Et la mer au soleil ne supporte que l'ombre Que jettent des oiseaux les ailes éployées

La parole est soudaine et c'est un Dieu qui tremble Avance et soutiens-moi je regrette les mains De ceux qui les tendaient et m'adoraient ensemble Quelle oasis de bras m'accueillera demain Connais-tu cette joie de voir des choses neuves

Ô voix je parle le langage de la mer Et dans le port la nuit les dernières tavernes Moi qui suis plus têtu que non l'hydre de Lerne

La rue où nagent mes deux mains Aux-doigts subtils fouillant la ville S'en va mais qui sait si demain La rue devenait immobile Qui sait ou serait mon chemin

Songe que les chemins de fer Seront démodés et abandonnés dans peu de temps Regarde

La Victoire avant tout sera De bien voir au loin De tout voir De près Et que tout ait un nom nouveau

LA JOLIE ROUSSE

Me voici devant tous un homme plein de sens Connaissant la vie et de la mort ce qu'un vivant peut connaître Ayant éprouvé les douleurs et les joies de l'amour Ayant su quelquefois imposer ses idées Connaissant plusieurs langages Ayant pas mal voyagé Ayant vu la guerre dans l'Artillerie et l'Infanterie Blessé à la tête trépané sous le chloroforme Ayant perdu ses meilleurs amis dans l'effroyable lutte Je sais d'ancien et de nouveau autant qu'un homme seul pourrait des deux savoir Et sans m'inquiéter aujourd'hui de cette guerre Entre nous et pour nous mes amis Je juge cette longue querelle de la tradition et de l'invention De l'Ordre et de l'Aventure

Vous dont la bouche est faite à l'image de celle de Dieu Bouche qui est l'ordre même Soyez indulgents quand vous nous comparez À ceux qui furent la perfection de l'ordre Nous qui quêtons partout l'aventure

Nous ne sommes pas vos ennemis Nous voulons vous donner de vastes et d'étranges domaines Où le mystère en fleurs s'offre à qui veut le cueillir Il y a là des feux nouveaux des couleurs jamais vues Mille phantasmes impondérables Auxquels il faut donner de la réalité Nous voulons explorer la bonté contrée énorme où tout se tait Il y a aussi le temps qu'on peut chasser ou faire revenir Pitié pour nous qui combattons toujours aux frontières De l'illimité et de l'avenir Pitié pour nos erreurs pitié pour nos péchés

Voici que vient l'été la saison violente Et ma jeunesse est morte ainsi que le printemps Ô Soleil c'est le temps de la Raison ardente Et j'attends Pour la suivre toujours la forme noble et douce Qu'elle prend afin que je l'aime seulement Elle vient et m'attire ainsi qu'un fer l'aimant Elle a l'aspect charmant D'une adorable rousse

Ses cheveux sont d'or on dirait Un bel éclair qui durerait Ou ces flammes qui se pavanent Dans les roses-thé qui se fanent

Mais riez riez de moi Hommes de partout surtout gens d'ici Car il y a tant de choses que je n'ose vous dire Tant de choses que vous ne me laisseriez pas dire Ayez pitié de moi

TABLE

ONDES

LIENS LES FENÊTRES PAYSAGE LES COLLINES ARBRE LUNDI RUE CHRISTINE LETTRE-OCÉAN SUR LES PROPHÉTIES LE MUSICIEN DE SAINT-MERRY LA CRAVATE ET LA MONTRE UN FANTOME DE NUÉES CŒUR COURONNE ET MIROIR TOUR VOYAGE À TRAVERS L'EUROPE IL PLEUT

ÉTENDARDS

LA PETITE AUTO LA MANDOLINE l'ŒILLET ET LE BAMBOU FUMÉE À NÎMES LA COLOMBE POIGNARDÉE ET LE JET D'EAU 2e CANONNIER CONDUCTEUR VEILLE OMBRE C'EST LOU QU'ON LA NOMMAIT

CASE D'ARMONS

LOIN DU PIGEONNIER RECONNAISSANCE S. P. VISÉE 1915 CARTE POSTALE SAILLANT GUERRE MUTATION ORACLES 14 JUIN 1915 DE LA BATTERIE DE TIR ÉCHELON VERS LE SUD LES SOUPIRS DU SERVANT DE DAKAR TOUJOURS FÊTE MADELEINE LES SAISONS VENU DE DIEUZE LA NUIT D'AVRIL 1915

LUEURS DES TIRS

LA GRACE EXILÉE LA BOUCLE RETROUVÉE REFUS DE LA COLOMBE LES FEUX DU BIVOUAC LES GRENADINES REPENTANTES TOURBILLON DE MOUCHES L'ADIEU DU CAVALIER LE PALAIS DU TONNERRE PHOTOGRAPHIE L'INSCRIPTION ANGLAISE DANS L'ABRI-CAVERNE FUSÉE DÉSIR CHANT DE L'HORIZON EN CHAMPAGNE OCÉAN DE TERRE

OBUS COULEUR DE LUNE

MERVEILLE DE LA GUERRE EXERCICE À L'ITALIE LA TRAVERSÉE IL Y A L'ESPIONNE LE CHANT D'AMOUR AUSSI BIEN QUE LES CIGALES SIMULTANÉITÉS DU COTON DANS LES OREILLES

LA TÊTE ÉTOILÉE

LE DÉPART LE VIGNERON CHAMPENOIS CARTE POSTALE ÉVENTAIL DES SAVEURS SOUVENIRS L'AVENIR UN OISEAU CHANTE CHEVAUX DE FRISE CHANT DE L'HONNEUR CHEF DE SECTION TRISTESSE D'UNE ÉTOILE LA VICTOIRE LA JOLIE ROUSSE

TRANSCRIPTIONS DES CALLIGRAMMES

001--Paysage

[Maison] voici la maison où naissent les étoiles et les divinités [Arbre] cet arbrisseau qui se prépare à fructifier te ressemble [Personnage] amants couchés ensemble vous vous séparerez mes membres [Cigare] un cigare allumé qui fume

002--Lettre-océan

[Première image]

Je traverse la ville nez en avant et je la coupe en 2 J'étais au bord du Rhin quand tu partis pour le Mexique Ta voix me parvient malgré l'énorme distance Gens de mauvaise mine sur le quai à la Vera Cruz [Carte postale] Les voyageurs de l'Espagne devant faire le voyage de Coatzalcoalcos pour s'embarquer je t'envoie cette carte au lieu de profiter du courrier de Vera Cruz qui n'est pas sûr Tout est calme ici et nous sommes dans l'attente Des événements. [à gauche]

Juan Aldama Correos Mexico 4 centavos U.S. Postage 2 cents 2 [au centre]

Ypiranga Republica Mexicana Tarjeta Postal [à droite]

11.45 29-5 14 Rue des Batignolles [motif circulaire, centre]

Sur la rive gauche devant le pont d'Iéna [motif circulaire, rayons]

Zut pour M. Zun arrêtez cocher Vive le Roy Evviva il Papa ta gueule mon vieux pad non si vous avez une moustache La Tunisie tu fondes un journal Jacques c'était délicieux A bas la calotte Des clefs j'en ai vu mille et mille Hou le croquant Vive la République [à droite du motif circulaire]

TSF [bas de l'image]

Bonjour Anomo Anora Tu ne connaîtras jamais bien les Mayas

[Deuxième image]

Te souviens-tu du tremblement de terre entre 1885 et 1890 on coucha plus d'un mois sous la tente bonjour mon frère Albert à Mexico Jeunes filles à Chapultepec [Motif circulaire, centre]

Haute de 300 mètres Sirènes Hou ou ou ou ou ou ou ou Hou Hou Hou Autobus R r o o o to ro ro ro ting ting ro o changement de section ting ting Gramophones z z z z z z z z z z z z ou ou ou o o o o o o de vos jardins fleuris fermez les portes Les chaussures neuves du poète cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré cré [Motif circulaire, rayons]

et comment j'ai brûlé le dur avec ma gerce rue St-Isidore à La Havane ça n'existe + Chirimoya A la Crème à Pendeco c'est + qu'un imbécile Il appelait l'Indien Hijo de la Cingada priétaire de 5 ou 6 im je me suis levé à 2h. du matin et j'ai déjà bu un mouton le câblogramme comportait 2 mots en sûreté allons circulez Mes ture les voyageurs pour Chatou Toussaint Luca est maintenant à Poitiers

003--La cravate et la montre

[cravate]

la cravate douloureuse que tu portes et qui t'orne ô civilisé ôte-la si tu veux bien respirer [montre, remontoir]

comme l'on s'amuse bien [bord droit de la montre]

la beauté de la vie passe la douleur de mourir [heures]

mon cœur les yeux l'enfant Agla la main Tircis semaine l'infini redressé par un fous de philosophe les Muses aux portes de ton corps le bel inconnu et le vers dantesque luisant et cadavérique les heures [aiguilles]

Il est – 5 Et tout sera fini

004--coeur, couronne et miroir

[cœur]

Mon Cœur semblable à une flamme renversée [couronne]

Les rois qui meurent tour à tour renaissent au cœur des poètes [miroir]

Dans ce miroir je suis enclos vivant et vrai comme on imagine les anges et non comme sont les reflets Guillaume Apollinaire

005--Voyage

[nuage]

Adieu amour nuage qui fuis et n'a pas chu pluie fécondante refais le voyage de Dante [oiseau]

télégraphe oiseau qui laisse tomber ses ailes partout [train]

où va donc ce train qui meurt au loin dans les vals et les beaux bois frais du tendre été si pâle [ciel]

la douce nuit lunaire et pleine d'étoiles c'est ton visage que je ne vois plus

006--Il pleut

Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir c'est vous aussi qu'il pleur merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout comme un univers de villes auriculaires écoute s'il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique écoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas

007--La petite auto

Je n'oublierai jamais ce voyage nocturne ou nul de nous ne dit un mot Ô départ sombre où mouraient nos 3 phares ô nuit tendre d'avant la guerre ô villages où se hâtaient les maréchaux-ferrants rappelés entre minuit et une heure du matin vers Lisieux la très bleue ou bien Versailles d'or et 3 fois nous nous arrêtâmes pour changer un pneu quyi avait éclaté.

008--La mandoline l'œillet et le bambou

[la mandoline]

comme la balle à travers le corps le son traverse la vérité car la raison c'est ton art femme o batailles la terre tremble comme une ma[n]doline

[l'œillet]

Que cet œillet te dise la loi des odeurs qu'on n'a pas encore promulguée et qui viendra un jour régner sur nos cerveaux bien + précise & + subtile que les sons qui nous dirigent Je préfère ton nez à tous tes organes ô mon amie Il est le trône de la future sagesse

[le bambou]

Ô nez de la pipe les odeurs-centre fourneau y forgent les chaînes univers infiniment déliées qui lient les autres raisons formelles

009--La colombe poignardée et le jet d'eau

[colombe]

douces figures poignardées chères lèvres fleuries Mia Mareye Yette Lorie Annie et toi Marie où êtes-vous ô jeunes filles Mais près d'un jet d'eau qui pleure et prie cette colombe s'extasie [jet d'eau]

Tous les souvenirs de naguère Ô mes amis partis en guerre Jaillissent vers le firmament Et vos regards en l'eau dormant Meurent mélancoliquement Où sont-ils Braque et Max Jacob Derain aux yeux gris comme l'aube Où sont Raynal Billy Dalize Dont les noms se mélancolisent Comme des pas dans une église Où est Cremnitz qui s'engagea Peut-être sont-ils morts déjà De souvenirs mon âme est pleine Le jet d'eau pleure sur ma peine [bassin]

Ceux qui sont partis à la guerre au nord se battent maintenant Le soir tombe Ô sanglante mer Jardins où saigne abondamment le laurier rose fleur guerrière

010--2e canonnier conducteur

[trompette]

As-tu connu la putain de Nancy qui a foutu la vxxxxx à toute l'artillerie l'artillerie ne s'est pas aperçu qu'elle avait mal au [cul] [botte]

Sacré nom de Dieu quelle allure nom de Dieu quelle allure cependant que la nuit descend [Notre-Dame]

souvenirs de Paris avant la guerre ils seront bien plus doux après la victoire [Tour Eiffel]

salut monde dont je suis la langue éloquente que sa bouche ô Paris tire et tirera toujours aux Allemands [obus]

j'entends chanter l'oiseau le bel oiseau rapace

011--Loin du pigeonnier

Et vous savez pourquoi Pourquoi la chère couleuvre Se love de la mer jusqu'à l'espoir attendrissant de l'Est Xexaèdres barbelés mais un secret collines bleues en sentinelle Malourène 75 Canteraine Ô gerbes des 305 en déroute Dans la Forêt où nous chantons

012--S.P.

Qu'est-ce qu'on y met Dans la case d'armons Espèce de poilu de mon cœur Pan pan pan Perruque à perruque Pan pan pan Perruque à canon Pour lutter contre les vapeurs les lunettes pour protéger les yeux au moyen d'un masque nocivité gaz un tissu trempé mouchoir des nez dans la solution de bicarbonate de sodium les masques seront simplement mouillés des larmes de rire de rire

013--Visée

Chevaux couleur cerise limite des Zélandes Des mitrailleuses d'or coassent des légendes Je t'aime liberté qui veilles dans les hypogées Harpe aux cordes d'argent ô pluie ô ma musique L'invisible ennemi plaie d'argent au soleil Et l'avenir secret que la fusée élucide Entends nager le Mot poisson subtil Les villes tour à tour deviennent des clefs Le masque bleu comme met Dieu son ciel Guerre paisible ascèse solitude métaphysique Enfant aux mains coupées parmi les roses oriflammes

014--1915

1915 soldats de faïence et d'escarboucle ô amour

015--Carte postale

Nous sommes bien mais l'auto-bazar que l'on dit merveilleux ne vient pas jusqu'ici LUL on les aura faire suivre route transparente France

016--Saillant

[quand survient la] torpille aérienne Le balai de verdure T'en souviens-tu Il est ici dans les pierres Du beau royaume dévasté [à gauche]

Salut le Rapace Salut [à droite]

grain de blé [fin du poème]

Lou Lou Verzy Vive le capiston

017--Échelon

[à gauche]

On tire contre avions Verdun [au centre]

Le Ciel Coquelicots Flacon au col d'or On a pendu la mort A la lisière du bois On a pendu la mort Et ses beaux seins dorés Se montrent tour à tour [à droite]

L'orvet Le sac à malice La trousse à boutons

018--Madeleine

[étoile]

Dans le village arabe Des Souvenirs mais il y a d'autres chansons

[lettre]

Bonjour mon poète Je me souviens de votre voix Votre petite fée Photographie tant attendue [canons] Far tiz rose

018--Venu de Dieuze

Halte là [ficelle]

mesure du doigt Qui vive France Avance au ralliement Halte là Le Mot Claire-Ville-Neuve-En-Cristal-Eternel [portée]

forte s'allantanado funambule des lianes du printemps tu assassines les arbres qui sont tes G.V.C. La poule d'eau caquète et plonge à ton approche Cantato Ah ! mon Dieu m' quiot' fille L'hommé qu' j'ai C'est eun' mouq' dans d' l'huile Tout à fouait Couple des marais les turquoises Hennissements partout Amour sacré amour de la Patrie Le général Il était Antisthène et c'était Fabius

019--Aussi bien que les cigales

gens du midi ne savez pas M gens du mi creuser que ais di vous n' vous ne sa vous avez donc vez pas vous savez pas regar éclairer ni encore dé les ciga voir Que vous boire com le jour les que vous manque-t-il me les ci de gloire donc pour gales ô se voir aus gens du mi c ra si bien di gens du reusez ce que les soleil gens qui voyez bu lui ciga devriez savoir vez pissez où les creuser et voir comme vous aussi bien pour le les ciga sau moins aussi bien les rez que les cigales creu Eh quoi! vous savez gens du Midi il faut ser boire et ne savez creuser voir boire pour plus pisser utile pisser aussi bien que bien ment comme les les cigales sor cigales LA JOIE pour chan tir ADORABLE ter com au DE LA PAIX me elles so SOLAIRE leil

020--Du coton dans les oreilles

[première page]

Tant d'explosifs sur le point vif ! Ecris un mot si tu l'oses ? Les points d'impact dans mon âme toujours en guerre Ton troupeau féroce crache le feu Ô Mégaphone [écriteau]

Les Cénobites tranquilles [pluie]

puis écoutez tomber la pluie si tendre et si douce soldats aveugles perdus parmi les chevaux de frise sous la lune liquide des Flandres à l'agonie sous la pluie fine la pluie su tendre et si douce confondez-vous avec l'horizon beaux êtres invisibles sous la pluie fine la pluie si tendre et si douce Les longs boyaux où tu chemines Adieu les cagnats d'artilleurs

021--Éventail des saveurs

[coiffure]

Attols singuliers de brownings quel goût de vivre Ah ! [œil gauche]

Des lacs versicolores dans les glaciers solaires [œil droit]

Mes tapis de la saveur moussons des sons obscurs et ta bouche au souffle azur [doigt]

1 tout petit oiseau qui n'a pas de queue et qui s'envole quand on lui en met une [bouche]

ouïs ouïs les pas le phonographe ouïs ouïs l'aloès éclater et le petit mirliton