Bulletin De Lille 1916 04 Publie Sous Le Controle De L Autorite
Chapter 13
Du 16 Avril.--Turbin Albert, 77 ans, veuf Boitte, rue Montesquieu, cité Benjamin, 2--Timmerman Julien, 1 an, rue Philadelphie, 89--Fasseur Elise, 50 ans. épouse Brun, rue Lamartine, 22--Manicour Henri, 79 ans, rue Malpart, 43--Lallau Charles 70 ans, époux Bacrot, rue des Stations, 35--Destrebecq Zélie, 58 ans, époux Liban, rue Frédéric-Mottez, 1--Pocquet Louis, 74 ans, rue des Robleds, 54--Lelong Raymond, 7 mois, rue de Poids, 47--Delerive Julien, 42 ans, rue de Douai, 9 bis--Peeters Rosalie, 77 ans, veuve De Leenheer, rue Allart-du-Gaucquier, 30--Huriau Virginie, 69 ans, veuve Verdier, rue de Fives, 51--Vincent Rosalie, 78 ans, rue St-Sauveur, 59--Vandenberghe René, 1 an. rue de la Justice, 23--Vienne Charles, 62 ans, époux Vandercruyssen, rue d'Arcole, 27--Vanderaghen Adèle, 25 ans, rue Gosselin, 21--André Eugénie, 54 ans, veuve Hautefeuille, rue du Repos, 3.
Du 17 Avril.--Clipet Augustine, 37 ans, épouse Dufour, rue d'Esquermes, 93--Desmettre Joséphine, 86 ans, veuve Delos, rue des Robleds, 9--Desnoulet Louise, 4 ans, rue des Elites, 5 bis--Lapaille Victoria. 34 ans, rue Frédéric-Mottez, 4--De Meester Marie, 43 ans, épouse Florisoone. rue Emile-Vandenberghe, cité Crusoé, 3--Lehembre Marie, 46 ans, rue Ste-Barbe, 15--Haas Barbe, 79 ans. veuve Zeisser, rue St-Sauveur, 59--Beudin Eugénie, 79 ans, veuve Prévost, rue de Paris, 224--Van de Weghe Liévin, 53 ans, époux Gevers, rue d'Esquermes, 81 Hespel Juliette, 70 ans, quai de la Basse-Deûle, 104--Graye Alphonse, 80 ans, veuf Graux, quai de la Basse-Deûle, 104--Richebé Jeanne, 51 ans. rue d'Esquermes, 63--Beyaert Ferdinand, 75 ans, époux Farvaque, rue Colbert, 27--Duthilleul Sophie, 76 ans, épouse Patin, rue St-Sauveur, 29--Tonnelle Ferdinand, 70 ans, époux Brassart, rue Colbert, 23--Cheval Marie, 44 ans, bd Victor-Hugo, 291--Berteloot Justine, 71 ans, épouse Bourez, rue Fabricy, 8--Bouchart Alice, 56 ans, épouse Verdier, rue Solférino, 225--Lemaire Agnès, 19 ans, bd Montebello, 196--Wattripont Laure, 66 ans, épouse Leclercq, impasse St-Agnès, 6--Morelle Léontine, 48 ans, épouse Dupagny, rue d'Esquermes, 93--Mio Eugénie. 15 ans, bd de Strasbourg, 99.
Du 18 Avril.--Rousselle Louis, 53 ans, époux Fiévez, rue des Rogations, 16--Watine Paul, 15 ans, rue Nationale, 55--Baert Jean, 72 ans, époux Schoonaert, quai de la Basse-Deûle, 104--Weens Amélie, 79 ans, quai de la Basse-Deûle, 104--Scheeller Henri, 49 ans, rue Wagram, 21--Grare Albertine, 90 ans, veuve Splette, rue Colbert, 82--Franck Henri, 3 ans, rue Montaigne, 30--Berlemont Gustave, 58 ans, époux Larose, rue à Claques, 3--Lallemant François, 75 ans, avenue de Dunkerque, 201--Devynck Octavie, 52 ans, rue Barthélemy-Delespaul, 89--Marie Marie, 22 ans, épouse Broucqsault, rue de la Baignerie, 13--Parent Marie, 1 an, rue du Faubourg-de-Roubaix, 53--Decaluwe Marie, 86 ans, veuve Lateur, quai de la Basse-Deûle, 104--Roger Jeanne, 38 ans, rue de Thionville, 12 bis--Dancoisne Henriette, 76 ans, rue Ste-Catherine, 28--Maton Alphonsine, 22 ans, rue de l'Arbrisseau, cité Loubert, 24.
Du 19 Avril.--Prévost Vincent, 75 ans, veuf Bourguignon, rue d'Arcole, 57--Debruille Augustin, 65 ans, époux Desombre, boulevard Louis-XIV, 13--François Jean, 85 ans, veuf Bellot, rue St-Sauveur, 59--Desquiens André, 3 ans, rue des Postes, 135--Pattein Charles, 69 ans, époux Cornille, rue de Bavai, chemin des Alouettes, 52--Vanverts Madeleine, 4 ans, rue Solférino, 236--Pleis Charlotte, 34 ans, rue d'Esquermes, 93--Parent Lucien, 18 ans, rue de Turenne, 29--Delbecque Elisa, 67 ans, rue Flamen, 2--Bizet François. 49 ans, rue des Robleds, 48--Liebersens Emélie, 31 ans, rue Baptiste-Monnoyer, 14--Dewilder Auguste. 51 ans, époux. Becque, rue de la Digue, 22, impasse Menu, 9--Wilmot Amélie, 75 ans. veuve Sinsoiliez, rue Ovigneur, 12--Ganse Aimée, 62, ans, époux Daussy. rue de la Renaissance, cour Mouquet, 2--Quintard Louis, 3 ans, rue d'Esquermes, 95--Destur Raymonde, 14 ans, rue de la Barre, 78--Vandevoorde Marie, 50 ans, épouse Sackelant, quai de la Basse-Deûle, 104--Lefebvre Julie, 26 ans, épouse Vandenbrouke, quai de la Basse-Deûle, 104--Vanthuyne Yvon, 38 ans, quai de la Basse-Deûle, 104--Cauberghs Louis, 70 ans, veuf Loket, quai de la Basse-Deûle, 104--Vancoppenole Odile, 70 ans, veuve Demoor, quai de la Basse-Deûle, 104--Poulet Henri, 79 ans, veuf Déossy, rue du Long-Pot, 23 ter--Caron Marie, 65 ans, veuve Olivier, rue de la Fontaine Delsaulx, 17--Vande Gehuchte Gustave, 68 ans. époux Galle, rue Monge, cité Lefebvre, 61--Cousin Louis. 70 ans, époux Dubois, rue Berlioz, 30--Her Ismérie, 76 ans. veuve Bailly, rue du Buisson, 3. _________________________________________________________________________
Conseils et renseig. sur Héritages. Inventaires testaments, rédaction de tous actes. S'ad. à M. S. Pamart. ex-princip. clerc de notaire 51, rue du Maire-André, de 9 à 10 h. et de 2 à 5 h. _________________________________________________________________________
REMERCIEMENTS
--M. et Mme Eugène Mio, leur fils et toute la famille, remercient sincèrement les personnes qui leur ont témoigné leurs sympathies, à l'occasion de la mort de Mlle Eugénie MIO, décédée boulevard de Strasbourg, 99, le 17 avril 1916, et s'excusent auprès de celles, qui, par oubli, ou en raison des circonstances actuelles, n'ont pu être avisées.
--Les familles Laurent et Mahieu, remercient sincèrement les personnes qui ont assisté aux funérailles de Mme LAURENT, née Hyacinthe MAHIEU, leur fille, décédée le 13 avril 1916, à l'âge de 30 ans, et s'excusent auprès de celles, qui, par oubli, ou en raison des circonstances, n'ont pu être avisées.
--Les familles De Leenheer et Péters, remercient sincèrement les personnes qui ont assisté aux funérailles de Mme veuve DE LEENHEER, née Rosalie PETERS, membre du Thiers-Ordre, décédée à St-Maurice, le 15 avril 1916, à l'âge de 77 ans. Elles sont reconnaissantes aux doléances reçues, et s'excusent auprès de celles, qui, par oubli, ou en raison des circonstances, n'ont pu être avisées.
--Les familles Beyaert-Farvaeque, profondément touchées des marques de sympathies reçues à l'occasion du décès de M. Ferdinand BEYAERT, remercient les personnes qui ont assisté aux funérailles célébrées à Lille, le 19 avril 1916, et s'excusent auprès de celles, qui, par oubli, ou en raison des circonstances, n'ont pu être avisées.
--Mme Liévin Van-de-Weghe-Gevers, ses enfants et toute la famille, profondément touchés des marques de sympathies reçues à l'occasion du décès de M. Liévin-Jean VAN-DE-WEGHE, confectionneur, remercient les personnes qui ont assisté aux funérailles, et s'excusent auprès de celles, qui, par oubli, ou en raison des circonstances, n'ont pu être avisées.
N° 153 Prix du Numéro: 0,05 Dimanche 30 Avril 1916 ========================================================================
BULLETIN DE LILLE
ORGANE BI-HEBDOMADAIRE PARAISSANT LE DIMANCHE & LE JEUDI publié sous le contrôle de l'autorité allemande
_En vente chez Madame TERSAUD, 14, rue du Sec-Arembault_
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ACTES DE L'AUTORITÉ ALLEMANDE
AVIS
1. Le 30 avril 1916, à 11 heures du soir (h. a.) toutes les horloges publiques devront être avancées d'une heure et marquer minuit. 2. Toutes les horloges des lieux accessibles au public, telles que Restaurants, Estaminets, Magasins, Bureaux, etc., devront être mises à la même heure. 3. Cette heure doit être maintenue jusqu'au 30 septembre 1916. 4. Les possesseurs d'horloges, qui n'auraient pas modifié le 1er mai 1916, à midi, leurs horloges, seront punis d'une amende allant jusqu'à 300 mark ou de 30 jours d'emprisonnement. 5. A partir du 1er mai au 30 Août prochain, la circulation dans les rues du territoire de la ville de Lille est autorisée de 4 heures du matin à 10 heures du soir (heure nouvelle) 6. Tous les établissements (Cafés, Restaurants, Estaminets, etc.) qui devaient fermer à 9 heures (h. a.) pourront rester ouverts jusqu'à 10 heures.
Lille, le 28 Avril 1916. Le Gouverneur de la Place de Lille.
Les pendules officielles seront donc en avance de 2 heures sur l'heure en usage à Lille avant la guerre et de 1 heure sur l'heure qu'elles marquaient depuis l'occupation allemande. ________________
Fermeture d'estaminets Par ordre de l'autorité allemande, les estaminets suivants sont fermés du 27 avril au 8 juin 1916, parce que les tenancières y ont donné à boire, le 14 avril, du genièvre à des soldats allemands: Estaminet, quai de l'Ouest, 80, tenu par Mme Julie-Flavie Malo; Estaminet avenue Butin, 20, Canteleu-Lille, tenu par Félicie-Blanche Burette.
D'autre part, l'estaminet, rue des Trois-Couronnes, 5, tenu par Elisa Her, est fermé du 28 avril 1916 au 28 juin 1916, parce que, malgré l'interdiction, on y a reçu, à diverses reprises, des soldats allemands. _________________________________________________________________________
AVIS DE LA MAIRIE
MAIRIE DE LILLE
Les Services Municipaux sont installés provisoirement dans les locaux suivants:
131, BOULEVARD DE LA LIBERTÉ Administration Municipale. Secrétaire Général. Bulletin de Lille (Rédaction).
BANQUE DE FRANCE, 69, RUE ROYALE Direction des Finances. Cabinet du Directeur de l'Octroi. Service du Ravitaillement de la population. Service des avances aux Communes. Tickets de pain Lait. Recette Municipale.
19, RUE MASUREL Caisse de Chômage. Assistance Publique. Fourneaux Economiques. Retraites.
21, RUE MASUREL Secours aux Sinistrés et aux Evacués.
48 bis, RUE DE L'HOPITAL-MILITAIRE. Service des Eaux.
PRÉFECTURE.--SALLE DES FÊTES (Entrée par la grille.--Place de la République)
Travaux Municipaux (chauffage, éclairage) Etat-Civil. Légalisation. Recensement. Laissez-passer. Cartes d'identité. Réquisitions. Correspondance. Allocations Militaires. Bulletin de Lille (Annonces).
PRÉFECTURE.--DIVISION DE L'HYGIÈNE. (Entrée par la rue Jacquemars-Giélée) Service d'Hygiène et Désinfection.
ECOLE SUPERIEURE DE GARÇONS (Boulevard Louis XIV) Service des Ecoles.
En signalant précédemment le transfert au N° 19, rue Masurel, du bureau du chômage et de quelques autres services, nous avons omis d'ajouter que le gymnase, qui occupait le rez-de-chaussée du susdit immeuble, a été transféré au 1er étage.
A ce sujet, nous avons à coeur de remercier M. Martin, propriétaire de l'immeuble en question, qui s'est dépensé sans compter, pour venir en aide à la Ville, ainsi que le très sympathique professeur, M. Vincent, qui n'a pas hésité à se priver de son local préféré, pour rendre, une fois de plus, service à la chose publique.
Ravitaillement de la population.--La 10e distribution du Comité Hollandais commencera Lundi 1er Mai (pour la quinzaine du 1er au 12 Mai), de 7 heures et demie du matin à 11 heures, dans les conditions suivantes:
Harengs saurs: 1 par personne. Prix: 0,35. Fromage Gouda, 1 ration de 25 gr. par pers. Prix: 0,80 Chicorée: 1, 2, 3 personnes, 500 gr. Prix: 0,35. » 4, 5 » 750 gr. Prix: 0,55. » 6 et au-dessus 1 kg. Prix: 0,70.
Poudre de Javel; 1 paquet par personne. Prix: 0,20. _________________________________________________________________________
Incendie de l'Hôtel de Ville.
Au cours de ce sinistre, un grand nombre de papiers, en partie consumés, ont été dispersés, parfois fort loin du bâtiment incendié. Les personnes qui en auraient ramassé, ou qui en trouveraient encore, sont priées de de les porter au Commissariat de police de leur arrondissement qui les fera parvenir au Bureau du Secrétariat.
Accident mortel
Le 26 avril, à 3 heures de l'après-midi, le mur intérieur qui séparait, dans les bâtiments de l'Hôtel de Ville incendié, le logement de M. le Secrétaire Général d'avec les bureaux de l'Etat-Civil, s'est écroulé avec un fracas formidable. Une partie des décombres est tombée sur le plafond en ciment armé de l'Etat Civil, qui s'est effondré à son tour. A ce moment, quatre ouvriers, au service de M. Asset, entrepreneur, étaient occupés, dans les bureaux de l'Etat-Civil, à l'enlèvement d'objets épargnés par le feu. Trois de ces ouvriers ont pu se sauver à temps, l'un toutefois, avec une blessure paraissant peu grave à la tête, mais le quatrième, du nom de Dermenghem, Louis, est resté enseveli sous les décombres, d'où il n'a été retiré, par les pompiers, qu'à l'état de cadavre.
Puisque nous parlons du bureau de l'Etat-Civil à l'occasion de ce pénible et fort regrettable accident, nous nous plaisons à rendre un hommage bien mérité au dévouement apporté par les agents du poste de police voisin de la Mairie, au sauvetage des documents et registres dudit Bureau, lors du sinistre qui a détruit le bâtiment construit par Benvignat. _________________________________________________________________________
Cours d'Italien de l'U. F. J. Le cours d'italien reprendra mercredi 3 mai, à 18 h., à l'Ecole de la rue des Poissonceaux. _________________________________________________________________________
La Chambre Syndicale des Entrepreneurs voudrait connaître les jeunes gens désireux d'apprendre les métiers de peintre, plombier, zingueur, gazier, marbrier, tailleur de pierre, maçon, tapissier, garnisseur, en somme, tous ceux se rattachant à l'industrie du bâtiment.
Ils peuvent demander des renseignements à la Chambre Syndicale, les Mardi et Vendredi, de 10 à 11 heures, 1. rue Denis-Godefroy. _________________________________________________________________________
Le Réveil à volonté
Peut-on se réveiller à volonté? c'est-à-dire se réveiller à l'heure que l'on s'est assignée, en se couchant, heure plus matinale et inusitée, rendue nécessaire par un voyage un travail, un événement, appréhendé ou toute autre circonstance. Cette question fut naguère posée à un grand organe parisien, par un de ses lecteurs, dans les termes suivants:
«Lorsque je viens à m'éveiller momentanément et que je cherche à me rendre compte mentalement de l'heure j'y parviens, non pas infailliblement, mais 90 fois sur 100. et dans ces cas-là, l'écart entre mon appréciation et la réalité est très peu sensible. J'ai remarqué également que si l'heure est accomplie, s'il est trois heures, quatre heures, six heures exactement, je la devine à deux ou trois minutes près, et parfois tout à fait juste. Or, aucune pendule ne sonne ni chez moi, ni dans mon voisinage, et notre villa, étant aux confins de la ville, aucun passage de trains, tramways ou voitures, à heure fixe, n'est susceptible de me donner une indication.»
Dans ces conditions ne peut-on pas supposer aux personnes susceptibles de pareille divination, une perception plus exacte du temps écoulé? Evidemment, d'autre part, le phénomène dont il s'agit a des rapports avec celui du réveil à volonté, avec cette différence toutefois que, dans le second cas, il y a une intervention de la volonté, et une complication supplémentaire résultant de ce que, à un moment désigné de la perception inconsciente, celle-ci doit se faire consciente, et déterminer un acte d'énergie, celui du réveil.
Le problème fut mis à l'ordre du jour, il y a plusieurs années, dans l'Intermédiaire des biologistes--un recueil qui, malheureusement, comme la plupart des organes, s'adressant spécialement aux chercheurs, n'a pas survécu, mais qui mériterait d'être ressuscité--par Emile Yung, le zoologiste de Genève. Il reconnaissait diverses formes de l'évaluation du temps.
Pour lui, certaines personnes se réveillent presque exactement à l'heure qu'elles se sont fixée, en s endormant. D'autres se réveillent, mais avec un écart sensible, plus tôt ou plus tard. D'autres encore échouent, à tout coup. Enfin il y en a qui, à l'état de veille, sentent toujours l'heure qu'il est, au milieu de leurs occupations, au lieu que d'autres laissent passer le temps sans s'en apercevoir.
La note d'E. Yung provoqua deux réponses. L'une, du regretté M. Vaschide, qui a traité la question dans la Rivista di Frenatria (t. 24, 1898, p. 20) et reconnu que l'évaluation du temps et le réveil à volonté sont des faits incontestables. Il a observé, en outre, que, le plus souvent, le réveil se fait en avance, mais que celui-ci dépend beaucoup des habitudes du sujet, de l'heure habituelle du réveil, du nombre d'heures de sommeil, de la saison, etc. D'autre part, l'écart est plus grand, si l'heure fixée pour le réveil est plus tardive que l'heure habituelle, c'est-à-dire si le sujet a décidé de dormir plus que de coutume. Un fait intéressant, noté par Vaschide, est que le «sommeil attentif», comme il l'appelle, le sommeil du sujet qui veut se réveiller tôt, pour prendre un train, ou rédiger un travail pressant, diffère beaucoup du sommeil habituel. C'est un sommeil durant lequel le coeur est accéléré, souvent, un peu avant le réveil.
Durant ce sommeil attentif, les sujets se comportent de façon variable. Les uns se réveillent dans une commotion; les autres, tranquillement, ne sentant plus le besoin de dormir; d'autres encore, se réveillent à moitié, et discutent avec eux-mêmes, pendant un temps, sur la question de savoir s'il convient ou non de se réveiller complètement. M. E. Yung a observé sur lui-même que le réveil se fait un peu à l'avance, de 6 ou 7 minutes.
M. E. Gley, Professeur au Collège de France, répondit à la note d'E. Yung, en citant son propre cas. Mais, chez lui, l'écart était plus grand, d'une demi-heure ou d'une heure à l'avance. M. Gley renvoyait aussi à deux travaux, ayant rapport au sujet, de M. Nichols et de P. Masci (1891 et 1892). Une note plus récente a paru dans le Journal of the Society of psychical Research, due à M. A. Glardon (juin 1901). Sur les conseils de Myers, il avait fait des observations sur la faculté d'évaluation du temps de son moi subliminal, de son inconscient.
Cette faculté sans doute était peu développée; car chaque fois qu'il voulait se réveiller plus vite pour prendre un train, ou partir en excursion, il se réveillait deux ou trois fois à l'avance, à 2 heures, à 3 h., à 4 h. (au lieu de 5) après quoi, comme beaucoup d'autres, il s'endormait jusqu'à 7 et 8 heures.
Mais il trouva le moyen de réussir, grâce à un biais. Au lieu de se dire, en s'endormant à onze heures, qu'il fallait se réveiller à cinq heures, il se disait qu'il fallait se réveiller après six fois soixante minutes, soit trois cent-soixante minutes, ce qui est la même chose. A sa grande surprise, l'expérience réussit fort bien. Il la varia considérablement, s'assignant des heures de réveil très diverses, au bout de soixante-quinze, de trois cents, de cinq cents minutes, etc. En deux mois et demi, il fit quarante expériences, avec le résultat que sept fois le réveil eut lieu à la minute indiquée; vingt-quatre fois un peu en avance; neuf fois avec un peu de retard. Différence moyenne des quarante expériences, seize minutes et demie.
Pourquoi l'organisme tiendrait-il un compte plus exact du nombre des minutes que celui des heures? Serait-il guidé par une corrélation entre la minute et le nombre des respirations, ou des pulsations cardiaques? En tout cas, un quelque chose semble, chez M. A. Glardon, avoir tenu le compte des minutes qui ne réussissait pas à tenir compte des heures. Il eût été intéressant de modifier la seconde expérience, en se disant qu'il fallait se réveiller non pas à six heures ou à cinq heures, mais au bout de sept heures, ou de six, à supposer le coucher fixé à onze heures. Car ce n'est pas la même chose, semble-t-il, de se dire qu'il faut se réveiller à une heure donnée, ou bien au bout de tant d'heures de sommeil.
La conclusion? Il n'y en a guère. Le fait est certain: il y a des sujets capables, à l'occasion du moins, de se réveiller à heure dite. D'autres échouent piteusement. D'autres encore font des efforts, mais infructueux en se réveillant trop tôt, puis en s'endormant et en laissant passer l'heure. Mais l'explication des succès échappe, et il conviendrait de poursuivre l'étude du phénomène, expérimentalement, au moyen d'expériences variées. _________________________________________________________________________
CAUSERIE MÉDICALE
Des purgatifs végétaux
Avec nos préjugés modernes sur la hiérarchie des fonctions organiques, nous aurions volontiers tendance à considérer les plantes purgatives comme des servantes utiles, certes, mais peu présentables--montre-t-on le balai qui nettoie l'escalier? Nulles, cependant, ne furent plus en honneur dans le passé. Le grave Louis XIII prit jusqu'à 220 médecines dans une seule année. Quant à son fils, le majestueux Louis XIV, le nombre d'apozèmes laxatifs, de clystères détersifs, de bouillons lénitifs qu'il absorba est vraiment stupéfiant. Même on ne sait, s'il faut admirer davantage la soumission de l'auguste patient ou l'ingéniosité des médecins à procurer aux royales entrailles dont ils avaient la charge la «consolation de petits rafraîchissements».
Si encore ils s'étaient bornés à rédiger silencieusement leurs ordonnances! Mais point. Ces impudents ont tenu à exhiber devant la postérité toutes les misères physiologiques de leur prince, ils ont noté jusqu'au moindre de ses borborygmes. Aussi le Roi-Soleil apparaît-il en singulière posture entre les mains de ces monomanes qui ne rêvaient qu'à la lune. Il est vrai que Molière a bien vengé le monarque tant clystérisé. Si notre grand comique n'a pas su voir l'effort admirable de son siècle en médecine, du moins a-t-il ridiculisé très justement les Purgon et les Fleurant, et ceci compense cela.
Peut-être les hommes ne sont-ils jamais complètement dans la vérité, mais jamais non plus ils n'en sont tout à fait hors. En effet, quand on regarde les fantoches moliéresques sous le plan de leur horizon, on n'est pas sans leur trouver quelques excuses. Conditionné par le milieu, le tempérament peut varier d'un siècle à l'autre. A la Renaissance, par exemple, la bête humaine, émancipée, est violente et passionnée; elle se caractérise par ses réflexes prompts, ses enthousiasmes combatifs: elle est surtout médullaire. Au dix-septième siècle, elle vit plus dans les villes, elle est plus sédentaire; conséquence: les tempéraments plus sanguins, plus congestifs, ont davantage besoin de purgatifs, de clystères et de saignées.
On pourrait dire encore qu'au dix-neuvième siècle, nos parents ont été surtout de grands neuro-arthritiques, tandis que leurs enfants du vingtième risquent fort d'être des nerveux tout court, si l'éducation physique n'y met bon ordre. En résumé, de même que chaque âge a ses plaisirs, chaque époque a son tempérament, et par suite la médication qu'elle mérite. Nos anciens eurent la purgation; nous avons, nous, la douche et le sanatorium, et ce n'est point la faute de la médecine.
Il faut avouer enfin que les idées de ces vieux médecins n'étaient déjà pas si différentes des nôtres. Ils écoutaient la nature; nous, plus heureux ou plus habiles, nous savons l'interroger, et au moyen de nos expériences nous la contraignons à nous répondre. Où ils conjecturaient, nous prouvons, mais, au fond, nous arrivons à peu près aux mêmes conclusions qu'eux. Remplacez les mots d'humeur peccante, d'atrabile et de phlegmes par ceux de microbe, de toxines et de fermentations, et vous verrez par quelles racines nombreuses le présent se rattache au passé.
Quoi qu'il en soit de cette débauche historique de purgatifs, comment agissent-ils? Voilà le premier point qui devrait nous arrêter; mais il y a tant d'explications contradictoires, que mieux vaut ne pas s'en encombrer. Retenez seulement que les purgatifs salins ou sucrés, en solution très concentrée, attirent à eux, dans l'intestin, le mucus et le sérum sanguin, moins chargés de sel; et cela, parce que des échanges de sel et d'eau s'opèrent toujours, à travers une membrane organique, entre la solution la plus concentrée et celle qui l'est moins. L'une donne son eau, l'autre son sel, et c'est le phénomène dénommé osmose.