Booknologie: Le livre numérique (1971-2010)

Part 2

Chapter 23,601 wordsPublic domain

Basée en Californie, la société Palm lance le Palm Pilot, premier PDA du marché, en mars 1996 et vend 23 millions de machines entre 1996 et 2002. Son système d'exploitation est le Palm OS et son logiciel de lecture le Palm Reader. En mars 2001, les usagers peuvent lire aussi des livres sur le Mobipocket Reader. A la même date, Palm rachète Peanutpress.com, son Peanut Reader, et ses 2.000 titres pour PDA qui sont transférés dans Palm Digital Media, la librairie numérique de Palm. Si certains professionnels du livre s'inquiètent de la petitesse de l'écran, les adeptes de la lecture sur PDA assurent que la taille de l'écran n'est pas un problème.

Avril 1996 > L'Internet Archive, fondée pour archiver le web tous les deux mois

Fondée en avril 1996 par Brewster Kahle à San Francisco (Californie), l'Internet Archive a pour but de constituer, stocker, préserver et gérer une bibliothèque de l'internet, en archivant la totalité du web tous les deux mois. L'objectif est d'offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et historiens, et de préserver un historique de l'internet pour les générations futures. En octobre 2001, l'Internet Archive met ses archives en accès libre sur le web grâce à la Wayback Machine. Les archives du web représentent 30 millions de pages web en 1996, 65 milliards de pages web (provenant de 50 millions de sites web) en décembre 2006, 85 milliards de pages web en mai 2007 et 150 milliards de pages web en mars 2010.

Avril 1996 > OneLook Dictionaries, un point d'accès unique pour les dictionnaires en ligne

Robert Ware lance en avril 1996 le site OneLook Dictionaries pour permettre une recherche rapide dans des centaines de dictionnaires couvrant divers domaines: affaires, informatique et internet, médecine, religion, sciences et techniques, sports, généralités et argot. OneLook Dictionaries compte 2 millions de termes provenant de 425 dictionnaires en 1998, 2,5 millions de termes provenant de 530 dictionnaires en 2000, 5 millions de termes provenant de 910 dictionnaires en 2003, et 19 millions de termes provenant de 1.060 dictionnaires en 2010.

Mai 1996 > DAISY, un standard de livre audionumérique

Fondé en mai 1996, le DAISY Consortium (DAISY: Digital Audio Information System, puis Digital Accessible Information System) est un consortium international chargé d'assurer la transition entre le livre audio analogique (sur bande magnétique ou sur cassette) et le livre audionumérique. Sa tâche est de définir une norme internationale, déterminer les conditions de production, d'échange et d'utilisation du livre audionumérique, et organiser la numérisation du matériel audio à l'échelle mondiale. La norme DAISY se base sur le format DTB (Digital Talking Book), qui permet l'indexation du livre audio et l'ajout de signets pour une navigation facile au niveau du paragraphe, de la page et du chapitre.

Juin 1996 > Zazieweb, un site indépendant sur l'actualité du livre

Fondé en juin 1996 par Isabelle Aveline, Zazieweb est un site indépendant conçu pour tous les amoureux du livre, professionnels et amateurs. Le succès est immédiat. Suivant de près l'actualité du livre sur le réseau, le site devient peu à peu un portail avec un espace de documentation, d'orientation et de ressources internet. L'annuaire de Zazieweb recense plus de 5.000 sites littéraires. Zazieweb offre aussi «des espaces d'échanges et de rencontres pour lecteurs communicants et actifs». Y participe une communauté active de plus de 10.000 membres ou e-lecteurs. «Qu'est-ce qu'un e-lecteur? Un e-lecteur est un lecteur actif et communicant qui souhaite échanger, discuter, polémiquer avec d'autres lecteurs.» Zazieweb cesse malheureusement ses activités en 2009.

Juin 1996 > La Bibliothèque électronique de Lisieux

La Bibliothèque électronique de Lisieux est l'une des premières bibliothèques francophones du réseau. Elle est créée en juin 1996 par Olivier Bogros, directeur de la médiathèque municipale de Lisieux (Normandie), qui l'héberge pendant deux ans sur les pages de son compte personnel CompuServe avant d'enregistrer un nom de domaine en juin 1998. En juillet 1999, la bibliothèque électronique comprend 370 textes courts, numérisés en mode texte à partir des collections de la médiathèque. On y trouve des oeuvres littéraires, des brochures et des opuscules documentaires, ainsi que des manuscrits, livres et brochures sur la Normandie. En décembre 2006, les collections comprennent 930 oeuvres et 20 galeries d'images. Situé sur le site de l'Université de Toronto, LexoTor -- lancé en août 2000 - est une base de données fonctionnant avec le logiciel TACTweb (TACT: Text Analysis Computing Tools) et permettant l'interrogation en ligne des oeuvres de la bibliothèque, ainsi que des analyses et comparaisons textuelles.

Août 1996 > CyLibris, premier éditeur électronique francophone

Fondé en août 1996 à Paris par Olivier Gainon, CyLibris (de Cy, cyber et Libris, livre) est la première maison d'édition à utiliser l'internet et le numérique pour publier de nouveaux auteurs littéraires. Vendus uniquement sur le web, les livres sont imprimés à la commande et envoyés directement au client, ce qui permet d'éviter le stock et les intermédiaires. Fin 1999, CyLibris compte 15.000 visites mensuelles sur son site et 3.500 livres vendus tous exemplaires confondus, avec une année financièrement équilibrée. Au printemps 2000, CyLibris devient membre du Syndicat national de l'édition (SNE). En 2001, certains titres sont également vendus en version imprimée par un réseau de librairies partenaires, notamment la Fnac, et en version numérique par Mobipocket et Numilog. En 2003, le catalogue de CyLibris comprend une cinquantaine de titres. CyLibris (à ne pas confondre avec CyberLibris, une autre société) cesse ses activités en 2007.

1996 > Le Dictionnaire universel francophone en ligne

Le premier dictionnaire de langue française en accès libre est le Dictionnaire universel francophone en ligne, qui répertorie 45.000 mots et 116.000 définitions tout en présentant «sur un pied d'égalité, le français dit "standard" et les mots et expressions en français tel qu'on le parle sur les cinq continents». Issu de la collaboration entre Hachette et l'AUPELF-UREF (devenu depuis l'AUF: Agence universitaire de la Francophonie), il correspond à la partie «noms communs» du dictionnaire imprimé disponible chez Hachette. L'équivalent pour la langue anglaise est le site Merriam-Webster OnLine, qui donne librement accès au Collegiate Dictionary et au Collegiate Thesaurus.

1996 > Une version web pour l'Ethnologue, catalogue encyclopédique des langues vivantes

Publié par SIL International (SIL: Summer Institute of Linguistics), «The Ethnologue: Languages of the World» lance en 1996 une version web gratuite en plus de ses versions imprimée et CD-ROM, toutes deux payantes. (La version CD-ROM sera plus tard abandonnée.) Ce catalogue exhaustif des langues parlées dans le monde fournit des informations géographiques, statistiques, socio-linguistiques et démographiques, ainsi que des index et des cartes géographiques. En plus de l'équipe de base travaillant à Dallas (Texas, États-Unis), des milliers de linguistes y participent en glanant et vérifiant des informations dans le monde entier, avec une nouvelle version publiée tous les quatre ans environ. En 2009, la 16e édition de cette encyclopédie répertorie 6.909 langues selon plusieurs critères (pays, nom de la langue, code de la langue attribué par le SIL, famille de langues, etc.).

Octobre 1996 > Genèse du projet @folio, baladeur de textes «ouvert»

Conçu dès octobre 1996 par Pierre Schweitzer, architecte designer à Strasbourg, le projet @folio se définit comme un baladeur de textes ou encore comme un support de lecture nomade permettant de lire des textes glanés sur l'internet. De petite taille, il cherche à mimer, sous forme électronique, le dispositif technique du livre, afin d'offrir une mémoire de fac-similés reliés en hypertexte pour faciliter le feuilletage. Pierre est aussi l'auteur du logiciel Mot@mot, un logiciel permettant de découper les pages scannées du livre mot à mot, pour obtenir une chaîne d'images-mots liquide qu'on peut remettre en page aussi facilement qu'une chaîne de caractères pour l'adapter à un écran de petite taille. Pour développer @folio et Mot@mot, Pierre fait valider un brevet international en avril 2001 puis crée la start-up française iCodex en juillet 2002.

Novembre 1996 > Les éditions du Choucas sur le web

Fondé en 1992 par Nicolas et Suzanne Pewny, alors libraires en Haute- Savoie, le Choucas est une petite maison d'édition spécialisée dans les romans policiers, la littérature, la photographie et les livres d'art. Nicolas Pewny crée lui-même le site du Choucas fin novembre 1996, au prix d'un grand nombre de nuits sans sommeil. Les manuscrits affluent par courriel, et les livres se réalisent désormais par ce moyen: corrections, illustrations, envoi des documents à l'imprimeur. Le Choucas cesse malheureusement ses activités en mars 2001, une disparition de plus à déplorer chez les petits éditeurs indépendants. Nicolas Pewny devient consultant en édition électronique et met ses compétences au service d'autres organismes.

1996 > Les méthodes de travail changent dans l'édition

La numérisation permet de créer, enregistrer, combiner, stocker, rechercher et transmettre des textes, des sons et des images par des moyens simples et rapides. Des procédés similaires permettent le traitement de l'écriture, de la musique et du cinéma alors que, par le passé, ce traitement était assuré par des procédés différents sur des supports différents (papier pour l'écriture, bande magnétique pour la musique, celluloïd pour le cinéma). De plus, des secteurs distincts comme l'édition (qui produit des livres) et l'industrie musicale (qui produit des disques) travaillent de concert pour produire des CD-ROM. La numérisation accélère considérablement le processus matériel de production. Dans l'édition, le rédacteur, le concepteur artistique et l'infographiste travaillent souvent simultanément sur le même ouvrage. Dans la presse, les journalistes envoient désormais directement leurs textes pour une mise en page, sans passer par un personnel de production dactylographiant leurs textes.

Janvier 1997 > La convergence multimédia, convergence des secteurs liés à l'information

La convergence multimédia est la convergence de tous les secteurs liés à l'information: imprimerie, édition, presse, conception graphique, enregistrements sonores, films, radiodiffusion, etc. La convergence multimédia a de nombreux revers, à savoir des contrats occasionnels et précaires pour les salariés, l'absence de syndicats pour les télétravailleurs, le droit d'auteur souvent mis à mal pour les auteurs, etc. La convergence multimédia amène-t-elle des emplois nouveaux, comme l'assurent les employeurs, ou bien est-elle source de chômage, comme l'affirment les syndicats? Ce sujet est débattu dès janvier 1997 lors du Colloque sur la convergence multimédia organisé par l'Organisation internationale du travail (BIT) à Genève, avec des débats qui se poursuivent dans les années qui suivent.

Avril 1997 > E Ink, une technologie d'encre électronique

En avril 1997, des chercheurs du Media Lab du MIT (Massachusetts Institute of Technology) créent la société E Ink pour développer une technologie d'encre électronique. Très schématiquement, la technologie est la suivante: prises entre deux feuilles de plastique souple, des millions de micro-capsules contiennent chacune des particules noires et blanches en suspension dans un fluide clair. Un champ électrique positif ou négatif permet de faire apparaître le groupe de particules souhaité à la surface du support, pour afficher, modifier ou effacer les données. En juillet 2002, E Ink présente le prototype du premier écran utilisant cette technologie, qui sera commercialisé en 2004. Suivent d'autres écrans pour diverses tablettes de lecture, puis les premiers écrans souples en noir et blanc, qui annoncent le futur papier électronique.

Mai 1997 > La chaîne de librairies Barnes & Noble lance son site web

Contrairement à Amazon, librairie uniquement «virtuelle», Barnes & Noble.com s'appuie sur sa chaîne de librairies traditionnelles Barnes & Noble (B&N) qui, en 1997, comprend 480 librairies «en dur» réparties dans tout le pays. Barnes & Noble lance sa librairie en ligne en mai 1997, en partenariat avec le géant des médias allemand Bertelsmann. Dès les débuts du site, Barnes & Noble se livre à une guerre des prix avec Amazon, à la grande joie des clients qui profitent de cette course aux rabais pour faire une économie de 20 à 40% sur certains titres. Barnes & Noble.com ouvre son eBookStore en août 2000. Barnes & Noble rachète la part détenue par Bertelsmann (36,8%) en juillet 2003 pour 164 millions de dollars US.

Juin 1997 > L'internet est encore anglophone à plus de 80%

À ses débuts, l'internet est anglophone à pratiquement 100%, puisqu'il se développe d'abord aux États-Unis grâce aux investissements considérables du gouvernement, avant de conquérir le Canada puis le monde entier. En 1997, Babel, initiative conjointe d'Alis Technologies et de l'Internet Society, mène la première étude relative à la répartition des langues sur l'internet. Datée de juin 1997, le Palmarès des langues de la toile (Web Languages Hit Parade) donne les pourcentages de 82,3% pour l'anglais, 4% pour l'allemand, 1,6% pour le japonais, 1,5% pour le français, 1,1% pour l'espagnol, 1,1% pour le suédois et 1% pour l'italien.

1997 > La numérisation des livres imprimés, un vaste chantier

En 1997, qui dit livre numérique dit numérisation, la presque totalité des livres existant seulement en version imprimée. Pour pouvoir être consulté à l'écran, un livre peut être numérisé soit en mode texte soit en mode image, les deux modes de numérisation étant complémentaires. (1) La numérisation en mode texte consiste à scanner le livre en mode image, puis à le convertir en texte grâce à un logiciel OCR (Optical Character Recognition), avec relecture éventuelle à l'écran pour corriger le texte obtenu puisqu'un bon logiciel OCR serait fiable à 99%. La version informatique du livre ne conserve pas la présentation originale du livre ou de la page. (2) La numérisation en mode image correspond à la photographie du livre page après page, la version informatique étant le fac-similé numérique de la version imprimée. La présentation originale étant conservée, on peut feuilleter le texte page après page à l'écran. Si cette méthode est beaucoup plus économique, et convient par exemple aux beaux livres avec illustrations, elle a l'inconvénient de ne pas permettre la recherche textuelle.

Octobre 1997 > Gallica, bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France

En octobre 1997, la Bibliothèque nationale de France (BnF) met en ligne sa bibliothèque numérique Gallica. En accès libre, elle devient rapidement l'une des plus importantes bibliothèques numériques du réseau. On y trouve les documents libres de droits du fonds numérisé de la BnF, qui vont du Moyen-Âge au début du 20e siècle. Pour des raisons de coût, les documents sont essentiellement numérisés en mode image. En décembre 2006, les collections de Gallica comprennent 90.000 ouvrages (fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines d'heures de ressources sonores. Gallica débute la conversion en mode texte des livres numérisés en mode image pour favoriser l'accès à leur contenu. En mars 2010, Gallica franchit la barre du million de documents, dont la plupart sont accessibles gratuitement. Gallica inaugure ensuite un nouveau site avec une interface en quatre langues (français, anglais, espagnol, portugais).

1997 > Le premier blog sur la toile

Un blog (ou blogue) est un journal en ligne tenu par une personne ou un groupe. Ce journal est le plus souvent présenté par ordre chronologique inversé (du plus récent au plus ancien) et il est actualisé au gré du rédacteur, d'heure en heure ou bien une fois par mois. Le premier blog apparaît en 1997. En 2004, Le Monde.fr, site du quotidien Le Monde, lance ses propres blogs, «un formidable format d'expression journalistique qui permet un dialogue quasi-instantané avec son lecteur», selon Yann Chapellon, directeur du Monde interactif. En juillet 2005, il y aurait plus de 14 millions de blogs dans le monde, avec 80.000 nouveaux blogs par jour. En décembre 2006, Technorati, moteur de recherche pour blogs puis site spécialisé, recense 65 millions de blogs, avec 175.000 nouveaux blogs par jour. Certains blogs sont consacrés aux photos (photoblogs ou blogs photo), à la musique (audioblogs, blogs audio ou podcasts) ou aux vidéos (vlogs ou blogs vidéo).

1997 > Eurodicautom, une base terminologique européenne en 12 langues

Géré par le service de traduction de la Commission européenne et disponible sur le web depuis 1997, Eurodicautom est une base terminologique multilingue de termes économiques, scientifiques, techniques et juridiques permettant de combiner entre elles les onze langues officielles de l'Union européenne (allemand, anglais, danois, espagnol, finnois, français, grec, hollandais, italien, portugais, suédois), ainsi que le latin, avec une moyenne de 120.000 consultations par jour en 2003. Fin 2003, Eurodicautom annonce son intégration dans une base terminologique plus vaste regroupant les bases de plusieurs institutions de l'Union européenne. Cette nouvelle base traiterait non plus douze langues, mais une vingtaine du fait de l'élargissement de l'Union européenne prévu l'année suivante vers l'Europe de l'Est. La base IATE (InterActive Terminology for Europe) est lancée en interne au printemps 2004 puis pour tous sur la toile en juin 2007.

1997 > L'interface de Yahoo! disponible en sept langues

En 1997, Yahoo! propose un classement en 63 grandes catégories thématiques, tout comme une interface en sept langues: anglais, allemand, coréen, français, japonais, norvégien et suédois. Yahoo! est lancé en janvier 1994 par Jerry Lang et David Filo, deux étudiants de l'Université de Stanford (Californie), pour recenser les sites web et les classer par thèmes. Leur annuaire rencontre un succès immédiat, avec un classement plus pointu que celui de moteurs de recherche comme AltaVista, où ces tâches sont entièrement automatisées. Toutefois, quand une recherche ne donne pas de résultat dans Yahoo!, elle est automatiquement aiguillée vers AltaVista, et réciproquement.

Décembre 1997 > Babel Fish, premier logiciel de traduction en accès libre

En décembre 1997, AltaVista est le premier moteur de recherche à lancer un service gratuit de traduction automatisée de l'anglais vers cinq autres langues (allemand, espagnol, français, italien et portugais) et vice versa, la page originale et la traduction apparaissant en vis-à- vis à l'écran. Babel Fish -- appelé aussi AltaVista Translation - est l'oeuvre de SYSTRAN, une société franco-américaine pionnière dans le traitement automatique des langues. Babel Fish est alimenté par des dictionnaires multilingues comprenant 2,5 millions de termes. Bien qu'ayant ses limites, avec une traduction de trois pages maximum et un texte traduit très approximatif, ce service est immédiatement très apprécié des douze millions d'usagers que compte le cyberespace mondial de l'époque, dont un nombre croissant d'usagers non anglophones, et contribue grandement au plurilinguisme du web.

Décembre 1997 > Les outils de la société de traduction Logos disponibles sur la toile

En décembre 1997, la société de traduction Logos -- basée à Modène, en Italie, avec des services en 35 langues - décide de mettre tous ses outils professionnels en accès libre sur le web. Le Logos Dictionary est un dictionnaire multilingue de 7,5 millions d'entrées. La Wordtheque est une base de données multilingue de 328 millions de termes, constituée à partir de milliers de traductions, notamment des romans et des documents techniques. La recherche dans la Wordtheque est possible par langue, mot, auteur ou titre. Linguistic Resources offre un point d'accès unique à 553 glossaires. L'Universal Conjugator propose des tableaux de conjugaison dans 17 langues. En 2007, la Wordtheque - devenue la Logos Library - comprend 710 millions de termes, Linguistic Resources offre un point d'accès unique à 1.215 glossaires, et Conjugation of Verbs - devenu l'Universal Conjugator - propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues.

1998 > La base de données en ligne du premier volume (1751) de l'Encylopédie de Diderot

Projet commun du Centre national de la recherche scientifique (CNRS, France) et de l'Université de Chicago (Illinois, États-Unis), le projet ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French Language) donne accès en ligne en 1998 à la base de données correspondant au premier volume de l'Encyclopédie (1751), à titre expérimental. Cette mise en ligne est une première étape vers une base de données exhaustive de la première édition (1751-1772) de l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des métiers et des arts de Diderot et d'Alembert, avec ses 72.000 articles rédigés par plus de 140 collaborateurs (dont Voltaire, Rousseau, Marmontel, d'Holbach, Turgot, etc.), ses 17 volumes de texte (qui représentent 18.000 pages et 20.736.912 mots) et ses 11 volumes de planches. Destinée à rassembler puis divulguer les connaissances de l'époque, l'Encyclopédie porte la marque des courants intellectuels et sociaux du Siècle des Lumières, et c'est grâce à elle que se propagent les idées nouvelles qui inspireront la Révolution française de 1789.

Avril 1998 > Le rêve derrière le web, selon Tim Berners-Lee, son inventeur

Le web est une formidable aventure. Selon les termes mêmes de Tim Berners-Lee, son inventeur en 1990, dans un texte qu'il rédige en avril 1998, «le rêve derrière le web est un espace d'information commun dans lequel nous communiquons en partageant l'information. Son universalité est essentielle, à savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer sur quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de global, aussi bien une ébauche qu'une réalisation très sophistiquée. Deuxième partie de ce rêve, le web deviendrait d'une utilisation tellement courante qu'il serait un miroir réaliste (sinon la principale incarnation) de la manière dont nous travaillons, jouons et nouons des relations sociales. Une fois que ces interactions seraient en ligne, nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous aider à les analyser, donner un sens à ce que nous faisons, et voir comment chacun trouve sa place et comment nous pouvons mieux travailler ensemble.» (The World Wide Web: a very short personal history, disponible sur la page de Tim Berners-Lee sur le site du World Wide Web Consortium)

Mai 1998 > Les éditions 00h00, pionnières de l'édition en ligne

Les éditions 00h00 (qui se prononce «zéro heure») sont fondées en mai 1998 par Jean-Pierre Arbon et Bruno de Sa Moreira, en tant que premier éditeur «en ligne», à savoir un éditeur fabriquant et vendant des livres numériques via l'internet. En 2000, le catalogue comprend 600 titres, avec 85% des ventes pour les versions numériques (au format PDF), les 15% restants étant des versions imprimées à la demande du client. Pas de stock, pas de contrainte physique de distribution, mais un lien direct avec le lecteur et entre les lecteurs. Sur le site au très beau design, les internautes/lecteurs peuvent créer leur espace personnel pour y rédiger leurs commentaires, participer à des forums, s'abonner à la lettre d'information de 00h00 ou regarder les clips littéraires produits par l'éditeur pour présenter les nouveautés publiées. En septembre 2000, 00h00 est racheté par la société américaine Gemstar. Gemstar met fin à ses activités eBook en juin 2003.

Août 1998 > Citation de Michael Hart, fondateur du Projet Gutenberg