Bibliographie Cornélienne Description raisonnée de toutes les éditions des oeuvres de Pierre Corneille

Part 38

Chapter 383,747 wordsPublic domain

«A côté d'une colonne sur laquelle s'appuie le bon génie, l'on voit une lyre et plusieurs livres, dont quelques-uns portent les titres de diverses pièces de théâtre écrites ou traduites par Nomsz.

«Le volume contient une préface, dont voici la traduction: J'aurais une belle occasion maintenant de régaler à leur aise les amateurs de libelles. Après avoir traité Corneille de misérable rimailleur, j'aurais pu me moquer de sa figure, de sa tournure, de sa manière de parler et d'agir, de son costume, de ses moeurs; j'aurais même pu décocher quelques traits contre sa famille et son extraction; mais pour ne point scandaliser les lecteurs bien élevés, les seuls auxquels il faille tâcher de plaire, je ne relèverai aucune des spirituelles insolences qui, lors de la publication de sa tragédie, furent jetées à la tête de Corneille. Je renvoie le lecteur, pour peu qu'il comprenne le français, à ce que dit à ce sujet monsieur de Voltaire dans la préface qu'il a mise en tête de la dernière édition de Corneille. «On voit, y est-il dit, par cet échantillon de plus de cent brochures faites contre Corneille, qu'il y avait, alors comme aujourd'hui, un certain nombre d'hommes que le mérite d'autrui rend si furieux, qu'ils ne connaissent plus ni raison ni bienséance. C'est une espèce de rage qui attaque les petits auteurs, et surtout ceux qui n'ont point eu d'éducation.»

«Il est démontré d'ailleurs, dans cette préface, que le _Cid_ a été dénigré par des gens qui étaient mécontents et qui, par là, s'attachaient plus à l'attaquer qu'à l'éclairer: chose trop commune dans le monde littéraire.

«Quant à ma traduction du _Cid_, je sens qu'elle n'est nullement exempte de fautes, mais je me flatte qu'elle pourra mieux servir à faire juger du génie du grand Corneille que celle dont on se sert au théâtre d'Amsterdam. Je n'ai rien changé dans les parties principales de la pièce; mais j'ai supprimé le rôle de l'Infante, qui me paraissait un hors-d'oeuvre, et qui, selon le témoignage de monsieur de Voltaire, est désapprouvé à bon droit en France. Si mon travail peut être utile aux jeunes auteurs, j'aurai atteint mon but et je verrai ma peine suffisamment récompensée.»

«Les lecteurs de la traduction faite par Nomsz confirmèrent en général le jugement que lui-même en avait porté dans sa préface. Auteur dramatique d'une fertilité prodigieuse et traducteur correct (il a traduit plusieurs pièces de Racine et autres tragiques français), Nomsz faisait de bons vers et s'entendait surtout, en traduisant, à conserver dans les passages les plus applaudis la tournure et l'effet de l'original. Grâce à sa traduction, le _Cid_ a fait longtemps encore les délices du public hollandais. Malheureusement, depuis quelques années, le goût de la tragédie classique et, par suite, l'art même de la déclamation, se sont perdus en Hollande, et la prose, qui jusqu'à la fin du siècle dernier, était bannie de la scène, a fini par y détrôner les vers.» V. L.

942. DE CID, Treurspel. Van den Heere P. Corneille. Verrykt met leerzame aanteekeningen, door den Heere de Voltaire, enz. Het Fransch gevolgd, door J. Nomsz. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, op den Cingel, tusschen de Warmoesgracht en Drie- Koningstraat, 1772._ Met Privilegie. In-12 de 4 ff. et 71 pp.

Réimpression de la traduction de J. Nomsz.

Privilège daté du 8 novembre 1757, renouvelé le 2 février 1772.

X

943. J. J. Z. D. W. D. J. HORACE, Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem! _T'Amsterdam, gedruckt by Gillis Joosten, voor Adam, Karelsz, in 't Vreeden Jaer, 1648._ Pet. in-8.

Au titre, les armes de la ville d'Amsterdam.

«Les initiales J. J. Z. D. W. D. J. doivent être interprétées: _Jan Jans Zoon De Witt, Doctor Juris, c'est-à-dire_: _Jean de Witt, fils de Jean, docteur en droit._ Si dans les éditions qui parurent après l'année 1679, on ne mit plus sur le titre que les lettres J[an] D[e] W[itt], c'est que probablement les éditeurs jugèrent qu'elles suffisaient pour indiquer un nom aussi connu que celui du feu Grand-Pensionnaire, car ce n'est pas à un moindre personnage qu'à l'homme qui, pendant vingt ans, gouverna la Hollande avec une autorité despotique, que l'on doit cette première traduction d'Horace. Tout grave et austère que les historiens nous le dépeignent, Jean de Witt, dans sa jeunesse, avait sacrifié aux muses, et notamment dans l'année 1648 il était membre d'une société artistique et littéraire. Sa traduction, faite sur l'édition française originale, a le mérite d'être fidèle, et les vers sont meilleurs que ceux de la traduction du _Cid_ de Van Heemskerck. Il est heureux cependant que le Grand-Pensionnaire ait laissé d'autres titres à l'estime de la postérité que cette oeuvre de jeunesse.

«La pièce est précédée d'un sonnet dont voici la traduction:

«Arion mettait en mouvement les poissons; Amphion les rochers et les pierres; Orphée les forêts et les torrents; mais toi, auteur tragique, tu fais accourir vers toi les hommes et leur arraches un jugement qu'approuve le bon goût.

«Qui peut voir sans compassion le deuil de Sabine, les larmes sanglantes de Camille? Qui peut voir succomber ces vaillants jeunes gens, se dévouant pour la patrie, sans pleurer sur leur tombe?

«Si les temps antiques revenaient, tu charmerais même ces dompteurs de brutes par les accords que ta muse t'inspire.

«O vous tous, poëtes tragiques, pardonnez-moi si je me trompe; mais cette tragédie-ci tue les vôtres, et son auteur a l'avantage sur vous tous: car en lui revit l'esprit de Peppias [_sic_].» V. L.

944. J. J. Z. D. W. D. J. HORACE, Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. _T'Amsterdam, Gedruckt by Gillis Ioosten, voor Adam Karelsz, in't Vreeden Jaer, 1649._ Pet. in-8.

«Cette édition est datée, comme la précédente, de «l'année de la paix», à cause du traité de Westphalie. Elle contient de plus une dédicace dont voici la traduction:

«_A Mademoiselle Sarah Van Lennep_.

«Mademoiselle,

«Parmi ceux qui, en reproduisant sur la scène les passions de ce monde, ont obtenu un succès universel, le sieur Cornelj [_sic_] ne figure point au dernier rang; mais comme entre les plus beaux diamants il y a toujours à choisir, ainsi la tragédie d'_Horace_ peut être remarquée comme la plus belle perle entre les bijoux que l'auteur a offerts au public et comme disputant le prix au glorieux _Cid_, dont la splendeur, si éclatante qu'elle soit, ne saurait offusquer la lumière dont brille son _Horace_. Quant à cette pièce, tout éloge, quelque grand qu'il fût, serait au-dessous de son mérite. Ce jugement serait celui de tout le monde, si tout le monde était aussi bon connaisseur que Votre Seigneurie; cependant le traducteur confesse qu'il ne fait que bégayer en hollandais ce qui lui a été dicté en un français si mélodieux. Mais je sais que Votre Seigneurie fera comme font ceux qui se connaissent en peinture: leur montre-t-on un tableau bien ordonné et exécuté à larges traits, ils ne s'offenseront point de ce que parmi tant de ligures, de paysages, de bâtiments, se trouve ici une jambe, là un tronc d'arbre, autre part une pierre d'une couleur un peu terne. Votre Seigneurie usera d'un jugement trop fin pour s'arrêter à des fautes qui, à dire vrai, ne doivent point être réputées telles; elle saura que jamais en France pièce ne fut plus chaleureusement applaudie ni plus hautement estimée qu'_Horace_. Tout présent doit posséder quelque valeur intrinsèque, qui le rende digne de celui qui le reçoit; j'ose assurer Votre Seigneurie que le cadeau que je lui offre recèle je ne sais quoi de sympathique à Votre Seigneurie; ce que j'ai pu découvrir lorsque j'ai eu l'honneur d'entendre quelques réflexions que lui suggérait une lecture qui lui était faite par un de mes amis. C'est par suite de cette circonstance que j'ose prendre la hardiesse de dédier la traduction de cette tragédie à Votre Seigneurie. J'espère qu'elle ne regardera pas aux fautes occasionnées tant par la précipitation avec laquelle l'imprimeur a travaillé, que par l'absence du traducteur, et je demeurerai, en attendant,

«Mademoiselle, «Le moindre de vos serviteurs,

«ADAM KARELSZ.»

Van Lennep ajoute les notes suivantes, à propos de l'auteur de la dédicace et de la personne à qui elle était adressée:

«_Adam Karelsz_ signifie littéralement «Adam, fils de Charles». Au dix-septième siècle, et plus tard encore, dans les Pays-Bas, les noms de famille étaient rares, et les personnes, en général, ne se distinguaient entre elles qu'en ajoutant à leur nom de baptême celui de leur père. Souvent aussi on y joignait un sobriquet. Ainsi l'Adam Karelsz dont il est question ici, signait parfois _Adam Karelsz Van Zjermesz_, et c'est ce nom de _Zjermesz_ surtout qu'il a rendu célèbre par son talent comme acteur, profession qu'il cumulait avec celle de libraire. Il écrivit aussi quelques tragédies qu'on trouve encore mentionnées sur le catalogue des pièces qui formaient en 1682 le répertoire du théâtre d'Amsterdam.

«Sarah Van Halmael, mariée en 1625 à Warner Van Lennep, ce dernier issu d'une famille noble de la Gueldre, s'était établie à Amsterdam peu avant son mariage. De son fils aîné descend en droite ligne l'auteur de cette notice: du puîné la branche des Van Lennep établis en Grèce et dans l'Asie Mineure.»

945. _J. D. W. Horace en Curace_ [_sic_], Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. _T'Amsterdam, by Jacob Lescalje, 1679._ Très-pet, in-8.

«Cette édition, loin de répondre à son titre, qui la représente comme _corrigée_, fourmille de fautes typographiques, qui ne se trouvent pas dans la première. Elle ne contient ni le sonnet, ni la dédicace, mais renferme par contre un argument en vers, dont voici la traduction:

«L'amour de la patrie et celui de la gloire font mépriser les prières d'une épouse, d'une soeur, d'une amante; elles poussent Horace à se dévouer pour Rome et à combattre le fiancé de sa soeur, frère de sa femme. Curiace meurt de la main de l'époux de sa soeur, du frère de sa maîtresse. Camille, outrée de douleur et de désespoir, maudit son frère, le meurtrier de son amant. Horace met fin à ses plaintes en la poignardant. Sabine, désolée, pleure les malheurs d'Albe et ses trois frères morts de la main de son époux. K. L.

«Ces initiales K. L. sont celles de: _Katharina Lescaille ou Lescalje_, fille du libraire de ce nom, née en 1649, morte en 1711. Nous aurons occasion de reparler d'elle.» V. L.

946. J. D. W. HORACE EN CURACE [_sic_], Treurspel. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. Den tweeden Druk op nieuw overzien. _T'Amsterdam, by Michiel de Groot, 1680._ Très-pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente.

947. J. D. W. HORACE EN CURACE [_sic_]. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. _Te Amsterdam, by de Erfgenamen van J. Lescailje, 1699._ Met Privilegie. Pet. in-8.

«Cette édition est plus correcte que les réimpressions décrites ci-dessus. Le correcteur a consulté une édition française postérieure à l'année 1656, car il a supprimé les douze vers prononcés par Julie à la fin de la pièce, ainsi que l'avait fait Corneille à partir de cette date. Le sonnet de Catherine Lescailje n'a pas non plus été reproduit.» V. L.

948. J. D. W. HORACE EN CURACE [_sic_]. Tantæ molis erat Romanam condere gentem. Vertoont op d'Amsterdamsche Schouburg. _Te Amsterdam, by Gisbert de Groot, 1670._ Pet. in-8.

Contrefaçon de l'édition précédente, qui ne contient naturellement pas de privilége. La date de 1670 est sans doute une faute d'impression pour 1700.

949. HORACE, Treurspel. Het Fransche van den Heer P. Corneille nagevolgt. _Tot Leyden, by Hendrik Mulhovius, Boekverkoper, 1709._ Pet. in-8.

Traduction en vers par Jean Schröder.

«Au titre, un fleuron représentant Melpomène et Thalie qui s'appuient des deux côtés sur un cadre, autour duquel se lit la devise de Schröder: _Suum cuique vitium est._ Dans le cadre se trouve une lyre éclairée par le soleil levant. La pièce est précédée d'une épitre dédicatoire dont voici la traduction:

«Au très-noble Seigneur Pierre de Leyden, Seigneur de Vlardingue, ancien Bourgmestre et Conseiller de la ville de Leyde, Granad-Heemraad de la Rhinlande et des pays de Putten, Député au noble et puissant Collége de l'Amirauté d'Amsterdam, etc., etc., etc.

«Très-noble Seigneur,

«Connaissant ce que je dois à Vtre Seignrie pour les faveurs nombreuses reçues tant de Vtre Seignrie que de ses illustres ancêtres, je me sens pressé pour peu que j'en sois capable, de prouver ma reconnaissance à Vtre Seignrie, priant Vtre Seignrie d'excuser la liberté que je prends en lui demandant d'abriter cet _Horace_ que je soumets à sa perspicacité contre les flèches des éplucheurs de lettres, la suppliant de bien vouloir tenir pour certain que je ne m'imagine pas être assez maître de la cadence et de la diction pour revêtir ce hardi défenseur et libérateur de sa patrie d'un meilleur habit que d'autres ont essayé de le faire avant moi; mais, ne voulant pas perdre inutilement mes heures de loisir, j'ai tâché, non de braver mes devanciers, mais de suivre la trace de leur lumière; et je jugerai n'avoir pas eu raison de me plaindre de mon travail si j'ai l'honneur de voir que mon étranger travesti ne déplaît pas à Vtre Seignrie. Dans cette attente, et flatté de cet espoir, je proteste que je suis et demeurerai,

«Très-noble Seigneur, «de Vtre Seignrie, «le très-humble et très-obligé serviteur, «JOHANNES SCHRÖDER.» V. L.

950. DEN ROMS-MOEDIGEN HORATIUS, VERWINNAER DER ALBAENEN, blyeyndig Treurspel, in-rym-gestelt door Joannes Franciscus Cammaert, naems-letterkeer Musen-ciertac of Minnaars-cas. _Tot Brussel, by G. Jacobs, boeck-drucker tegen de Baerdbrugge, in de Druckerye, 1751._ In-8 de 4 ff. et 52 pp.

«Cette misérable traduction d'_Horace_ est l'oeuvre du Bruxellois Jean-François Cammaert, le plus fécond des dramaturges flamands. Soit calcul, soit naïveté, le nom de Corneille est passé complètement sous silence. Pourtant, à part la platitude et l'incorrection du langage qui lui appartiennent en propre, l'auteur ne peut revendiquer pour sa part d'invention que d'avoir remplacé _Julie_, confidente de Sabine et de Camille, par _Jules_, prince romain, confident de Sabine. On voit par les pièces liminaires que cet _Horace_ a été représenté à Bruxelles, sur la scène de l'Opéra, le 30 octobre 1747.» A. WILLEMS.

951. HORATIUS, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper, 1753._ Met Privilegie. Pet. in-8.

Traduction en vers par J. Van Stamhorst.

«Le titre est orné d'un cartouche surmonté des armes de la ville, autour desquelles on voit des abeilles et des fleurs; ce cartouche renferme une femme assise (probablement la ville d'Amsterdam) qui a deux ailes au front, une lyre à la main et sur ses genoux un manteau parsemé d'étoiles. A sa droite se tiennent un vieillard et deux orphelins, fouillant une ruche; à sa gauche, des livres de théâtre, un cygne au bord de l'eau, Pégase sur le Pinde, faisant jaillir l'Hippocrène; derrière, la Renommée sonnant de la trompette; à ses pieds un enfant nu, jouant avec des attributs scéniques.

«Cette édition est précédée du privilége et d'un avis, dont voici la traduction:

«_Avis._

«J'ai peu de chose à dire au lecteur bénévole à propos de cette nouvelle imitation du grand _Horace_ de Corneille. Qu'on ne cherche le motif de ce travail ni dans un sentiment de jalousie envers ceux qui m'ont devancé, ni dans le présomptueux espoir de faire mieux qu'eux. Je ne parlerai même pas de leurs traductions. Je dirai seulement que, depuis longtemps déjà, on avait jugé celle dont le privilége appartient au théâtre, peu faite pour plaire encore à un public qui n'aime pas les longueurs. Ce motif m'avait engagé, il y a déjà longtemps, à entreprendre une nouvelle traduction d'une tragédie aussi remplie de beaux sentiments que de discours élevés; et mon ardeur, je l'avoue, était si grande, que j'ai trop peu considéré les difficultés du travail et la faiblesse de mes moyens. Plus tard, convaincu de la hardiesse de mon entreprise, j'ai gardé ma traduction sous clef pendant plusieurs années sans vouloir la montrer à personne. J'aurais mieux fait, sans doute, de persévérer dans cette façon d'agir; mais enfin le désir de voir la pièce reparaître sur la scène l'a emporté sur ma répugnance à offrir au public une version si peu digne de l'original.

«Je me suis restreint au nombre de vers que compte la pièce de Corneille, et par là ma traduction en aura une centaine de moins que les précédentes; j'ai de plus tâché de rendre, autant que possible, la pensée de mon illustre devancier. Je n'ai pas fait de changement notable dans la pièce, excepté dans la dernière scène du troisième acte, où le vieil Horace, après s'être plaint amèrement de la fuite de son fils, à la demande qu'on lui adresse, de ce qu'il eût voulu que son fils eût fait contre trois, donne cette courte et fière réponse que Boileau, dans la préface de sa traduction de Longin, cite comme un exemple du vrai sublime:

Qu'il mourût!

mais en y ajoutant:

Ou qu'un beau désespoir alors le secourût.

«Les grands maîtres de l'art ayant jugé d'un commun accord que ce vers affaiblissait la force des deux mots qui précèdent, et qui, dans leur brièveté, renferment un monde d'idées, j'ai pris la liberté de laisser ce vers de côté; ce que j'ai fait d'autant plus volontiers après avoir lu une dissertation sur la tragédie par le célèbre auteur du _Télémaque_, laquelle se trouve dans les _Réflexions historiques et critiques sur les différens Théâtres de l'Europe_, imprimée à Amsterdam en 1740 aux frais de la Compagnie, et où ce vers est attribué à l'exigence de la rime.»

«La traduction de Van Stamhorst fut représentée pour la dernière fois au théâtre d'Amsterdam en 1782.

«Quoique meilleure que les deux autres, elle est cependant faible à bien des points de vue, et c'est par cette raison peut-être qu'_Horace_ ne put se soutenir sur la scène hollandaise aussi longtemps que le _Cid_ et _Cinna_, qui eurent de meilleurs interprètes. La pièce disparut du répertoire dès le commencement du siècle actuel.» V. L.

952. HORATIUS, Treurspel. Het Fransche van den Heere P. Corneille op nieuws gevolgd. _Te Amsteldam, by Izaak Duim, Boekverkooper, 1768._ Met Privilegie. Pet. in-8.

«Réimpression de l'édition précédente. Les fautes typographiques y sont corrigées, mais le fleuron que nous avons décrit a fait place à une vignette des plus vulgaires.» V. L.

XI

953. GEBOD DER LIEFDE, ONS DOOR CHRISTUS GEGEVEN, te veel door de Christen verzuymt, door Cezar Octavianus romsch Keizer, en algoden dienaer gepleegt aen die hem moorden wilden: (Meester-stuk van den grooten Corneille.) In't Nederduyts vertaelt, en door de veerthien vereenigde Redenryke Gilden op het Tooneel van't Konst-genoodschap der Jong van Zinnen, schuylende onder de Bescherminge der Edele Maget ende Bloedgetuyge Barbara, binnen de Stad Belle vertoont, volgens Lotinge op de navolgende dagen van Herft-maend 1774. _Tot Ipre, By F. T. Walwein_. In-8 de 58 pp. et 1 f.

Traduction en vers de _Cinna_ par de Swaen. Cette traduction, qui doit être contemporaine de celle du _Cid_ (no 940), a été représentée en 1774 sur le théâtre de Bailleul.

954. [CINNA, Treurspel. Uit het Fransch van den Heer Corneille. _Te Amsterdam, 1677._ Pet. in-8?]

Traduction en vers par André Pels.

Nous n'avons pas vu cette édition, dont la date nous est indiquée par le privilége de la suivante.

955. CINNA, Treurspél. Uit het Fransch van den Heer Corneille. _Te Amsterdam, by Albert Magnus, op de Nieuwen Dyk, in den Atlas, 1683._ Mét Privilégie. Pet. in-8 de 4 ff. prél. et 63 pp.

Seconde édition de la traduction de Pels. Le titre porte un fleuron représentant un jeune homme qui escalade un rocher; on lit, autour de cette vignette, les mots: _Nil volentibus arduum_, devise d'une société littéraire.

Le privilége, daté du 25 mars 1677, porte renouvellement du 20 mai 1683.

«La société _Nil volentibus arduum_, dont Pels fut un des membres les plus actifs, avait été fondée en 1668 par ce qu'on peut appeler la jeune Hollande d'alors. Ses membres s'étaient, dès l'abord, érigés en arbitres du goût et s'évertuaient à acquérir de l'influence sur le public, en lui donnant soit des traités sur la poétique ou des ouvrages de critique, soit des oeuvres dramatiques pour la plupart traduites du français. Par malheur ils traduisirent, sans nul discernement, tout ce qui se produisait à Paris: les pièces de Quinaut, de Pradon et consorts, comme celles de Corneille et de Racine. Il leur suffisait qu'une pièce fût écrite en français, et d'après _les règles_, pour qu'elle leur parût propre il servir de modèle. Par là, l'influence qu'ils exercèrent fut fatale à la littérature hollandaise, qui, au lieu de suivre la route qu'avaient frayée Vondel et ses contemporains, et de conserver un cachet original, se fit traîner à la remorque de la littérature française et n'en devint qu'une pâle copie. La rivalité qui existait entre la société _Nil volentibus_ et celle qui avait pour devise: _In magnis voluisse sat est_, aurait pu avoir de bons résultats si cette rivalité avait porté sur le principe même de la littérature, au lieu de se manifester par des querelles sur de mesquines questions de forme.» V. L.

956. CINNA, OF GOEDERTIERENHEID VAN AUGUSTUS, Treurspel. _Te Amsterdam, gedrukt voor het Kunstgenootschap, en te bekomen by de Erven van J. Lescailje._ Met Privilegie, 1707. Pet. in-8.

Troisième édition de la traduction de Pels. Van Lennep n'a pas vu les éditions antérieures, mais il en a soupçonné l'existence.

957. CINNA, OF GOEDERTIERENHEID VAN AUGUSTUS. Treurspél. De tweede Druk, mérkelyk verbéterd. _Te Amsterdam, Gedrukt voor het Kunstgenootschap, én te bekomen by de Erven van J. Lescailje._ Met Privilegie. 1716. Pet. in-8 de 6 ff. et 67 pp.

Les feuillets prélim. contiennent 1 fig. signée _Erlinger_, au bas de laquelle se trouve le titre de la tragédie; 1 f. de titre; 1 f. pour le privilége et 3 ff. pour une dédicace à Gérard de Papenbroek, et les noms des personnages. La figure représente les conjurés se jetant aux pieds d'Auguste.

Nouvelle édition corrigée de la traduction de Pels. C'est la quatrième et non la seconde, comme l'indique le titre.

«Gérard de Papenbroek, dont la dédicace fait un pompeux éloge, avait été échevin de la ville d'Amsterdam; il se fit connaître par la protection qu'il accorda aux savants et aux artistes. Il enrichit de ses dons le consistoire de l'Église réformée et l'athénée de la ville.» V. L.

958. CINNA, Treurspel. Uit het Fransch van de Heer Corneille. _Te Amsterdam, by Pieter Rotterdam, Boekverkooper, op de Vygendam, 1720._ Pet. in-8 de 70 pp.

Cinquième édition de la traduction précédente.

Le privilège, accordé à _Albert Magnus_, à la date du 19 octobre 1713, et cédé à Pierre Rotterdam le 18 septembre 1714, est relatif aux oeuvres d'André Pels.

959. CINNA, OF GOEDERTIERENHEID VAN AUGUSTUS. Treurspél. _Te Amsteldam, by Isaak Duim, Boekdrukker en Boekverkooper, bezuiden het Stadhuis._ Met Privilegie, 1736. Pet. in-8 de 6 ff. et 67 pp., fig.

Les 6 feuillets prélim. comprennent la figure, le titre, un privilège daté du 27 mai 1728, la dédicace à Gérard de Papenbroek, et les noms des acteurs.

Sixième édition de la traduction de Pels; elle n'est pas citée par Van Lennep.

960. CINNA, Treurspel. (Na Corneille.) Door Mr Wm Bilderdijk. _Te Amsterdam, bij Immerzeel en Comp._ M.DCCC.IX [1809]. In-8 de 11 ff. prél. (y compris le titre gravé) et 102 pp.