Aventures de l'abbé de Choisy habillé en femme

Part 7

Chapter 73,438 wordsPublic domain

Il arriva le dimanche à quatre heures, il faisoit un assez beau soleil, je les fis entrer seulement dans le parterre, le froid nous chassa bientôt à la maison, toutes les dames de Bourges s'y étoient rendues. Je menai monseigneur dans la salle de la comédie, et le fis asseoir dans un fauteuil, presque malgré lui:

--Vous êtes à la campagne, monseigneur, lui dîmes-nous; ceci est sans conséquence.

La comédie commença, il ne put s'en dédire; d'ailleurs c'étoit _Polyeucte_, une comédie sainte; il fut tout rassuré.

La petite Roselie fit Pauline, et charma toute la compagnie. Le bon archevêque la fit venir, il avoit grande envie de la baiser, mais il n'osa. Je le fis pour lui, je commençois à l'aimer sérieusement et la regardois comme mon ouvrage.

Le souper suivit la comédie et fut bon et fort long, on y but la santé de l'archevêque; il étoit minuit quand on retourna à la ville, il n'y eut que madame de la Grise qui demeura avec sa fille.

Je l'avois priée, et j'avois mes petites raisons pour cela, de donner son carrosse pour ramener les comédiens, après qu'ils eurent bien soupé, le mien n'eût pas suffi; je lui donnai à mon tour le lit de ma grande chambre, mais pour le coup, je fus prise pour dupe, elle fit coucher sa fille avec elle, et je n'eus garde d'insister.

Le lendemain, je retournai à Bourges avec elles, sous prétexte d'aller remercier l'archevêque, mais en effet pour voir Roselie que j'avois bien envie de posséder trois ou quatre jours toute seule à Crespon.

J'allai pour cela à la comédie deux heures avant qu'elle commençât; tous les comédiens et comédiennes me vinrent remercier, ils étoient charmés de Roselie.

Je pris sa tante à part, et lui dis qu'il ne falloit pas la tuer en la faisant jouer tous les jours et que tout au plus elle ne pouvoit jouer que deux fois la semaine, faisant les grands rôles et ayant quelquefois à dire cinq ou six cents vers.

--Je le vois bien, madame, me dit la bonne tante, mais nos camarades ne songent qu'à gagner de l'argent, et quand elle joue, il y a bien plus de monde.

--Donnez-la-moi, lui dis-je, il est aujourd'hui dimanche, je vous la ramènerai jeudi, et à l'avenir, croyez-moi, ne la faites jouer que le dimanche et le jeudi, cela la reposera. Je vous promets même de lui faire répéter son rôle, elle n'en fera pas plus mal.

Elle me remercia fort, et je menai sa nièce coucher à Crespon.

On peut croire aisément qu'elle coucha avec moi. Je la caressai de mon mieux, et la voulus mettre d'abord sur le pied de mademoiselle de la Grise, mais elle résista.

Elle étoit véritablement fort sage, je le vis bien dans la suite, mais elle étoit mieux instruite que la petite de la Grise: une comédienne à seize ans en sait plus qu'une fille de qualité à vingt. Je la pressai, elle m'avoit obligation, et voyoit bien que je l'aimois, je lui promis de ne l'abandonner jamais. Je la tenois entre mes bras et la baisois de tout mon cœur, nos bouches ne pouvoient se quitter, nos deux corps n'en faisoient qu'un.

--Fiez-vous à moi, lui disois-je; vous voyez, mon petit cœur, que je me fie à vous; mon secret, le repos de ma vie est entre vos mains.

Elle ne répondoit point et soupiroit; je la pressois de plus en plus, je sentois que sa résistance mollissoit, je redoublai mes efforts, et achevai cette sorte de combat où le vainqueur et le vaincu se disputent l'honneur du triomphe.

Il me sembloit que j'avois encore plus de plaisir avec elle qu'avec mademoiselle de la Grise, la condition et l'innocence de l'une étoient bien remplacées par la gentillesse de l'autre qui avoit tous les agréments de la coquetterie.

Notre coup d'essai devint la règle de notre vie, son plaisir lui fit croire aisément que je l'aimerois toujours, elle m'accabloit d'amitiés, et je fus obligée de la conjurer de modérer sa tendresse aux yeux du public, quoique nous pussions nous donner les marques les plus fortes sans craindre la médisance.

Le jeudi suivant, je ne manquai pas de ramener Roselie à Bourges; on trouva qu'elle faisoit toujours de mieux en mieux.

J'allai souper chez monsieur le lieutenant général, mademoiselle de la Grise y étoit, fort négligée et fort triste; je l'aimais encore, quoique la petite comédienne eût pris le dessus, et je lui demandai avec amitié ce qu'elle avoit; elle se mit à pleurer, et s'enfuit. Je lui reparlai encore après souper.

--Hélas! madame, me dit-elle, pouvez-vous me demander ce que j'ai? Vous ne m'aimez plus, et vous allez coucher à Crespon avec Roselie; elle est plus aimable que moi, mais elle ne vous aime pas tant.

Je la laissois dire et ne savois que lui répondre, lorsque sa mère me pria de passer dans son cabinet, et me dit que monsieur le comte des Goutes, demandoit sa fille en mariage.

C'étoit un gentilhomme du pays, qui avoit huit à dix mille livres de rente; je lui conseillai de ne pas manquer cette affaire-là, tant pour me délivrer de l'importunité de la petite fille, que parce qu'elle étoit bonne, et aussi à cause de mes remords. J'avois toujours peur que le petit commerce que nous avions ensemble ne produisît quelque mauvais effet qui eût étrangement embarrassé la compagnie, au lieu qu'avec Roselie j'allois à bride abattue, sans avoir peur de faire un faux pas.

Huit jours après, on déclara le mariage de mademoiselle de la Grise avec le comte des Goutes, et j'allai à Bourges leur faire mes compliments.

Je crus être obligée, en honneur et conscience, de donner des avis à mademoiselle de la Grise.

--Ma chère enfant, lui dis-je, vous allez vous marier, il faut tâcher d'être heureuse. Votre mari est bien fait, et paroît fort honnête homme, il vous aime, mais il ne sera pas toujours amant, il faut vous attendre à excuser ses humeurs. Vous êtes sage, il ne faut jamais lui donner lieu d'être jaloux. Ne songez qu'à lui plaire, vous attacher à votre ménage, avoir bien soin de vos enfants, si Dieu vous fait la grâce d'en avoir; c'est la bénédiction du mariage et le plus doux lien des gens mariés.

Mais écoutez-moi, ma chère enfant, je crois que vous vous souvenez assez des heureuses nuits que nous avons passées ensemble; souvenez-vous bien de faire par raison, avec votre mari, la première nuit de vos noces, tout ce que vous fîtes avec moi naturellement et sans savoir ce que vous faisiez. Laissez-vous longtemps presser, défendez-vous, pleurez, criez, afin qu'il croie vous apprendre ce que je vous ai appris; de là dépend toute la douceur de votre vie. Je vous ouvre les yeux présentement, parce qu'il le faut absolument; vous ne devez pas être en peine de votre secret, je suis aussi intéressée que vous à le garder.

La pauvre fille se mit à pleurer. Sa mère entra dans le cabinet où nous étions.

--Madame, lui dis-je, elle pleure, il faut louer sa modestie.

Sa mère la baisa:

--Ma fille, lui dit-elle, vous avez bien de l'obligation à madame la comtesse; suivez les conseils qu'elle vous donnera, et cachez vos larmes.

Nous rentrâmes dans la chambre où étoit la compagnie. Le lendemain, l'archevêque les maria lui-même, et trois jours après les mariés allèrent à leur terre qui est à sept lieues de Bourges. Je leur promis de les aller voir, et je leur tins parole deux mois après.

Elle étoit déjà grosse; je la trouvai occupée de son mari et du plaisir d'avoir une maison arrangée. C'est un grand plaisir pour une jeune femme qui sort de dessous l'aile de sa mère et qui ordonne en maîtresse. Il me parut que je ne lui étois pas encore tout à fait indifférente, mais à la fin la vertu fit en elle ce que l'inconstance avoit fait en moi.

Après Pâques, l'archevêque s'en alla à Paris, l'intendant n'étoit plus à Bourges, toute la noblesse qui y passoit l'hiver étoit allée chacun dans son village. Les comédiens ne gagnèrent pas de quoi payer les chandelles, ils annoncèrent leur départ.

Roselie pleuroit nuit et jour dans la crainte de me quitter; j'en étois aussi fâchée qu'elle. Je menai sa tante à Crespon, et lui dis que je voulois faire la fortune de sa nièce, que si elle vouloit me la donner, je la mènerois à Paris dans six mois, et la ferois recevoir à l'hôtel de Bourgogne, sa capacité et mes amis m'assurant de réussir dans mon dessein. J'appuyai ma proposition d'une bourse de cent louis d'or, que je mis dans la main de la bonne tante; elle n'en avoit jamais tant vu ensemble.

--Il faudroit, madame, que j'eusse perdu le sens, si je refusois la fortune de ma nièce; je vous la donne, et j'espère que vous ne l'abandonnerez pas.

Notre marché conclu, elle retourna à Bourges, et dit à la troupe qu'elle n'étoit plus en peine de sa nièce, et que madame la comtesse s'en étoit chargée. C'étoit une grande perte pour eux, mais telle est la destinée des comédiens de campagne, dès que quelqu'un d'eux devient bon, il quitte, et vient à Paris.

En effet, du Rosan leur joua bientôt après le même tour. Floridor connoissoit son mérite et le pressoit depuis six mois d'aller à Paris. Il étoit chef de sa troupe, et il aimoit la petite Roselie qu'il prévoyoit devoir être un jour une bonne comédienne; cela le retenoit, mais quand il vit que j'avois pris la petite fille, il n'hésita plus, il alla s'offrir à l'hôtel de Bourgogne, et il fut reçu avec l'acclamation du public.

Dès que les comédiens furent partis, je retournai à ma maison, et ne vins plus guère à Bourges; j'avois mis avec moi Roselie que j'aimois fort, et madame la comtesse des Goutes s'en étoit allée avec son mari.

Je ne songeois plus à elle, une femme mariée ne m'étoit plus rien, le sacrement effaçoit d'abord tous ses charmes. Monsieur le curé et le chevalier d'Hanecourt nous tenoient compagnie; le chevalier avoit pris son parti en homme sage, et s'étoit réduit à être de mes amis.

Je mis Roselie sur un autre pied que celui d'une comédienne; je lui fis faire des habits fort propres, j'envoyai à Paris quatre de mes poinçons de diamants, qu'on troqua contre de fort belles boucles d'oreilles que je lui donnai. Je la menois partout avec moi dans les visites de mon voisinage; sa beauté et sa modestie charmoient tout le monde.

Je m'avisai d'aller à la chasse et de m'habiller en amazone; j'y fis aussi habiller Roselie, et la trouvai si aimable avec une perruque et un chapeau, que peu à peu je la fis tout à fait habiller en garçon.

C'étoit un fort joli cavalier, et il me sembloit que je l'en aimois davantage; je l'appelois mon petit mari; on l'appeloit partout le petit comte ou monsieur comtin; il me servoit d'écuyer. Je me lassai de lui voir une perruque, et lui fis couper un peu de cheveux; elle avoit une tête charmante, ce qui la rendoit bien plus jolie; la perruque vieillit les jeunes gens.

Ce divertissement étoit fort innocent et dura sept ou huit mois, mais par malheur monsieur comtin eut mal au cœur, perdit l'appétit, prit la mauvaise habitude de vomir tous les matins.

Je soupçonnai ce qui étoit arrivé, et lui fis reprendre ses habits de fille, comme plus convenables à son état présent, et plus propres à le cacher; je lui faisois mettre des grandes robes de chambre traînantes et sans ceinture, on disoit qu'elle étoit malade; les migraines, les coliques vinrent à notre secours.

La pauvre enfant pleuroit souvent, mais je la consolois en l'assurant que je ne l'abandonnerois jamais. Elle m'avoua qu'elle n'avoit ni père ni mère, et ne savoit d'où elle étoit; que sa tante étoit une tante postiche, qui l'avoit prise en amitié à l'âge de quatre ans. Je ne m'étonnai plus qu'elle me l'eût donnée si aisément.

Au bout de cinq ou six mois, je vis très bien que tout se découvriroit en province, et avec scandale. L'aimant autant que je faisois, je songeai à la mettre entre les mains de personnes habiles qui pussent la guérir d'un mal qui n'est pas dangereux, pourvu qu'on ne l'aigrisse pas en le voulant trop cacher.

Il falloit aller à Paris où l'on se cache aisément. Je recommandai ma maison à monsieur le curé, et partis dans mon carrosse avec Roselie, Bouju et sa femme, mon cuisinier à cheval. J'avois mandé à monsieur Acarel de me louer une maison avec un beau jardin dans le faubourg Saint-Antoine, résolue d'aller peu à la ville, jusqu'à ce que la petite fût guérie.

Dès que je fus arrivée, je mis Roselie chez une sage-femme qui en eut grand soin; je l'allois voir tous les jours et lui faisois de petits présents pour la réjouir. Je ne songeois qu'à elle, je ne songeois point à moi ni à me parer. J'avois des habits fort propres, et toujours des coiffes, sans mettre jamais ni pendants d'oreilles ni mouches.

Enfin Roselie mit au monde une petite fille que j'ai fait bien élever, et à l'âge de seize ans je l'ai mariée à un gentilhomme de cinq ou six mille livres de rente; elle est fort heureuse. Sa mère, au bout de six semaines, redevint plus belle que jamais, et alors je resongeoi aussi à ma beauté. Je m'ajustai fort, et allai à la comédie avec deux dames de mes voisines. Roselie y parut comme un petit astre; mais elle fut bien étonnée, et moi aussi, lorsqu'elle vit sur le théâtre du Rosan qui faisoit le personnage de Maxime dans _Cinna_.

Il nous reconnut aisément et vint nous voir dans notre loge. Il ne se sentoit pas de joie, et il me parut que Roselie n'étoit pas fâchée. Je lui dis où je demeurois, et lui permis de me venir voir. Nous le vîmes dès le lendemain, et il ne finissoit point sur la beauté de la petite fille; sa passion se réveilla.

--Madame, me dit-il, ma fortune est faite; je n'ai encore qu'une demi-part, mais je l'aurai bientôt tout entière; c'est huit mille livres de rente. J'épouserai Roselie, si vous me la voulez donner, et je me flatte que faite comme elle est, si elle n'a point oublié à dire des vers, je la ferai recevoir dans la troupe.

Je lui répondis que je lui en parlerois, et qu'il revînt dans trois ou quatre jours.

Je lui en parlai dès la même nuit, en l'embrassant de tout mon cœur:

--Voyez, lui dis-je en pleurant, si vous me voulez quitter.

Elle dit assez froidement qu'elle feroit tout ce que je voudrois.

Cela ne me plut pas, et je résolus de la marier. Je la fis coucher dès le lendemain dans une chambre séparée; cela la toucha, elle me crut en colère; quand tout le monde fut couché, elle me vint trouver dans mon lit, et me demanda cent fois pardon.

--Eh! madame, me dit-elle, quand je serois mariée, ne m'aimeriez-vous plus?

--Non, ma chère enfant, lui dis-je, une femme mariée ne doit aimer que son mari.

Elle se mit à pleurer, et m'embrassa si tendrement que je lui pardonnai et m'imaginai être encore à Crespon.

Du Rosan revint et pressa. Je lui dis que Roselie n'ayant pas de bien, il falloit voir, avant toutes choses, si elle seroit reçue dans la troupe.

--Non, madame, reprit-il comme un homme fort amoureux, je ne demande rien; sa petite personne est un assez grand trésor.

Je ne l'écoutai pas, et lui dis que le lendemain j'irois à la comédie, que Roselie seroit dans ma loge, fort parée, qu'il la fît remarquer à ses camarades, et qu'après la pièce ils me vinssent tous prier de venir sur le théâtre, quand tout le monde seroit sorti, pour faire dire quelques vers à la fille.

Cela fut exécuté; on joua _le Menteur_; Floridor, après la pièce, nous conduisit sur le théâtre, et pour me réjouir, je dis avec la petite fille des scènes de _Polyeucte_, que nous avions dites ensemble plus de cent fois.

Les comédiens étoient dans l'extase, et sans autre examen vouloient recevoir Roselie, mais je m'y opposai.

--Il faut, leur dis-je, consulter le public. Faites-la afficher, qu'elle joue cinq ou six fois, et puis vous verrez.

Du Rosan trouvoit cela bien long, et moi je le trouvois bien court. Il falloit, le lendemain des noces, renoncer pour jamais à ce que j'aimois; je m'y résolus pourtant et ne voulus point empêcher l'établissement de ma chère enfant; je m'étois aussi aperçue qu'elle ne haïssoit pas du Rosan.

Elle joua publiquement sur le théâtre de l'hôtel de Bourgogne, et dès la première fois, le parterre la fit taire à force d'acclamations. Les comédiens la reçurent dans les formes, et lui donnèrent en entrant une demi-part.

Elle n'avoit point d'habits de théâtre, ils sont fort chers; je lui donnai mille écus pour en avoir, et du Rosan lui en donna autant. Il commença à presser son mariage; je reculois toujours; tantôt c'étoient des habits que je lui faisois faire, tantôt c'étoit du linge; je voulois faire la noce chez moi.

Enfin le jour fatal arriva; Roselie fut mariée, et je ne lui touchai plus le bout du doigt. Je fis la noce à mes dépens, et l'accablai de petits présents. Je lui avois donné à Crespon des boucles d'oreilles de quatre mille francs.

Dès que la petite fille fut mariée, je ne songeai plus qu'à moi, l'envie d'être belle me reprit avec fureur; je fis faire des habits magnifiques, je remis mes beaux pendants d'oreilles qui n'avoient pas vu le jour depuis trois mois; les rubans, les mouches, les airs coquets, les petites mines, rien ne fut oublié; je n'avois que vingt-trois ans, je croyois être encore aimable, et je voulois être aimée.

J'allois à tous les spectacles et à toutes les promenades publiques; enfin j'en fis tant que plusieurs gens me reconnurent et me suivirent pour savoir où je logeois.

Mes parents trouvèrent mauvais que je fisse encore un personnage qu'on avoit pardonné à une grande jeunesse; ils me vinrent voir, et m'en parlèrent si sérieusement que je me résolus de quitter tout ce badinage, et pour cela j'allai voyager tout de bon en Italie. Une passion chasse l'autre: je me mis à jouer à Venise, je gagnai beaucoup, mais je l'ai bien rendu depuis.

La rage du jeu m'a possédé et a troublé ma vie. Heureux si j'avois toujours fait la belle, quand même j'eusse été laide! Le ridicule est préférable à la pauvreté.

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES DE M. L'ABBÉ DE CHOISY, QUI N'ONT PAS ÉTÉ IMPRIMÉS, 3 vol. manuscrits, in-4º. _Bibliothèque de l'Arsenal_, sous la cote: 35 _B. Lettres_. On lit, en tête du premier volume, cette note autographe du marquis d'Argenson: «Ces ouvrages de l'Abbé de Choisy m'ont été remis après sa mort et sont tirés d'une quantité de papiers inutiles qu'il avait négligés. J'ay rangé en ordre ce qui m'a paru bon et passable. Mon dessein étoit qu'ils ne sortissent pas de mon cabinet. Mais parmy quelques personnes à qui je n'ay pu refuser d'en donner lecture, il y en a qui ont pris sur elles à mon insu de donner au public la plus grande partie de ces mémoires dont cecy est l'original. L'Abbé Dolivet, son amy, croyt que l'austheur avoit fini les mémoires pour l'histoire de Louis XIV, et qu'il brûla, un an avant que de mourir, ce qui en manque icy. Ces mémoires sont au premier volume.»

Le tome III contient les _cinq fragments de la vie de cet ecclésiastique habillé en femme_, titre dont nous nous sommes inspirés après Paul Lacroix. Le second fragment et le quatrième sont intervertis.

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_Histoire de Mme la Comtesse des Barres, à Mme la Marquise de Lambert_, Anvers, 1735, in-12 de 138 p. Edition donnant seulement une partie des _Aventures_. Elle a été réimprimée à Bruxelles, en 1736, et à Paris en 1807. On en attribue la publication à l'abbé Langlet-Dufresnoy. Gay croit qu'elle aurait été en outre réimprimée sous ce titre: _Histoires secrettes de plusieurs demoiselles, leur aventures galantes_. Paris, Tiger, s. d. in-12.

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_Vie de M. l'Abbé de Choisy, de l'Académie Française_. Lausanne, 1742, in-8º. Réimprimé sous la même rubrique en 1748. Edition légèrement augmentée, donnée par l'Abbé d'Olivet.

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_Aventures de l'Abbé de Choisy habillé en femme_. Quatre fragments inédits à l'exception du dernier qui a été publié sous le titre: _Histoire de la Comtesse des Barres_; précédés d'un avant-propos par M. P. L. (Paul Lacroix). Paris, Jules Gay, 1862. Pet. in-12 de XXII-120 p. Tiré à 115 exemplaires. Réimprimé cinq fois: en 1870, Bruxelles, pour Jules Gay; en 1880, Bruxelles, pour Gay et Doucé; en 1880, Bruxelles, pour Kistemaeskers; en 1880, Bruxelles, avec un document inédit par Mme Marc de Montifaud; enfin, en 1884, toujours sous la rubrique Bruxelles, in-18.

TABLE

NOTICE 1

CHAP. I.--Premières intrigues de l'abbé de Choisy sous le nom de Madame de Sancy 11

CHAP. II.--Les amours de M. de Maulny.--Rupture.--Mademoiselle Dany 46

CHAP. III.--Les intrigues de l'abbé avec les petites actrices Monfleury et Mondory 67

CHAP. IV.--La Comtesse des Barres 72

BIBLIOGRAPHIE 143

4623.--Tours, imprimerie E. ARRAULT et Cie.