Aventures d'un Gentilhomme Breton aux îles Philippines
Chapter 33
Le capitaine présentera en même temps le rôle de l'équipage et celui des passagers. Il exhibera les passe-ports de ces derniers, et il indiquera leurs qualités ou professions. Pour chaque inexactitude, il sera tenu de payer une amende de 250 piastres.
Si, à la première visite, tous les papiers ne sont pas trouvés en règle, l'entrée lui sera refusée jusqu'à une seconde visite.
Le capitaine remettra les dépêches à l'employé des postes qui accompagne les officiers de la santé, et en recevra immédiatement le port selon les tarifs établis.
4. Tout navire en quarantaine sera tenu d'observer les instructions qui lui seront données, et conservera le pavillon jaune au mât de misaine.
5. Aussitôt que le capitaine descendra à terre, il devra se présenter devant le capitaine du port avec ses passagers, afin que cet officier puisse les remettre à l'autorité.
6. Il n'est pas permis de tirer des pièces d'artillerie ou de les conserver chargées au mouillage, sans une autorisation spéciale.
7. Les capitaines de navire doivent indiquer un consignataire, et fournir une caution de 500 piastres pour garantie de l'observation du présent règlement.
8. Pour charger ou décharger du lest, le capitaine sera tenu de demander une autorisation au capitaine du port.
9. Les personnes qui communiqueraient avec un navire en quarantaine payeront une amende de 25 piastres, et leur capitaine celle de 50 piastres, sans préjudice des autres peines qu'ils pourraient encourir.
10. Après dix heures du soir, les navires comme les petites embarcations ne pourront effectuer aucune opération de commerce sans une autorisation.
Les navires au mouillage pourront retenir, après dix heures, toute pirogue qui les approcherait et qui paraîtrait suspecte.
Les matelots qui resteront à terre à des heures indues seront retenus et punis selon les désordres qu'ils auront commis.
11. Tout navire qui entrera en rivière sera tenu de renfermer ses poudres dans des sacs marqués et bien fermés. Les capitaines qui ne se conformeront pas à cette prescription seront passibles d'une amende d'_une piastre par livre de poudre_.
12. Après huit heures du soir, les feux seront éteints à bord, et les lumières placées dans des fanaux.
Il est interdit de cuire à bord du brai, du suif, ou toute autre matière inflammable.
13. Il est aussi défendu de débarquer, sous aucun prétexte, les armes du bord.
14. Personne n'a le droit de châtier les indigènes pour les fautes qu'ils pourront commettre dans les travaux qu'on leur fera faire à bord. Le capitaine du port a seul le droit de leur infliger une amende applicable au dommage commis par ceux qui seraient reconnus coupables.
15. Aucun indigène ne peut être embarqué à bord d'un navire contre sa volonté. Sera considéré comme nul de droit tout contrat passé par des capitaines, et qui aurait pour objet de protéger ou de faciliter la désertion.
16. Il est défendu d'embarquer un passager qui ne serait pas muni d'un passe-port.
Il est également défendu de débarquer furtivement aucun passager, ou de permettre son débarquement, sans l'autorisation du capitaine du port.
Est également défendu le transbordement des individus de l'équipage et de leurs effets, sans l'autorisation du capitaine du port.
Les consignataires et les cautions répondront, pendant le séjour du navire et jusqu'à sa sortie du port, des individus de l'équipage qui resteront à terre pour maladie ou pour toute autre cause.
Les capitaines payeront une amende de 10 piastres si, immédiatement après la désertion d'individus faisant partie de leurs équipages, ils ne prévenaient pas le capitaine du port, pour qu'il puisse prendre les mesures nécessaires à leur arrestation. Si la désertion avait lieu au moment du départ, les consignataires seraient responsables des frais qu'elle entraînerait.
17. Dans le cas de mort d'un individu à bord d'un navire, le capitaine sera tenu de prévenir par écrit le capitaine du port de faire un rapport sur la maladie, et de demander l'autorisation de l'inhumer.
18. Pour obtenir l'autorisation de départ, le capitaine devra se présenter devant l'autorité deux jours à l'avance, muni de son rôle d'équipage visé par le capitaine du port. Ce dernier ne lui permettra pas de mettre à la voile sans s'être fait représenter le permis de l'autorité supérieure, ceux de la douane et de l'administration des postes.
Les navires, pour sortir du port, arboreront un pavillon à leur grand mât.
19. Dans le cas de circonstances extraordinaires, les capitaines de navire se soumettront à la visite des officiers de la santé et des autres autorités.
20. Les capitaines ne permettront pas la descente à terre des individus de leurs équipages dont ils ne voudraient pas garantir les dettes qu'ils contracteraient ou pourraient contracter à terre.
Les capitaines veilleront, en mouillant, à ne pas jeter leurs ancres sur les amarres des autres navires. Toutes les fois que leur position causera quelque dommage, ils seront tenus d'en changer.
Lorsque le navire aura mouillé, il ne pourra plus changer de place sans une permission.
Au mouillage du _Canacao_, dans l'intérieur des caps, les navires doivent mouiller avec deux ancres N. O. S. O. Plus loin des caps, ils ne peuvent pas se placer entre le télégraphe de Cavite et celui de Manille.
Les navires au mouillage peuvent faire des signaux à leurs consignataires ou propriétaires. Si ces derniers ne pouvaient pas y répondre, l'autorité facilitera les secours demandés toutes les fois que les circonstances le permettront.
En cas de détresse ou de danger, des coups de canon pourront se répéter par intervalles, avec le pavillon hissé.
Ce pavillon sera toujours le pavillon national, et si c'est nécessaire, il en sera hissé un de signal; s'il n'y en avait pas à bord, on le remplacerait par un prélart.
Secours demandés. Pavillons. Coups de canon. Pour une amarre. 1 au beaupré. 1 --une ancre. 1 dans les haubans de misaine. 1 --amarre et ancre. 1 au beaupré. 1 1 dans les haubans de misaine. --une chaloupe. 2 au mât de misaine. 1 --révolte à bord. 1 dans les haubans du grand mât. 1 --incendie. 2 à la pomme du grand mât 2
FIN.
TABLE DES MATIÈRES.
A Madame Anna Bourgerel, née de Malvilain. 1
Introduction. 3
Note de l'éditeur. 5
Chapitre Ier.
Naissance de l'auteur.--Premier départ pour l'Inde. --Deuxième, troisième et quatrième voyage. 9
Chapitre II.
Choléra à Manille.--Massacre des Européens. 25
Chapitre III.
Départ du navire le Cultivateur.--Abandon.--Manille et ses faubourgs.--Binondoc.--Cérémonies religieuses.--Processions.--Douane chinoise. 47
Chapitre IV.
Séjour à Manille.--Le capitaine don Juan Porras.--La marquise de las Salinas. 61
Chapitre V.
Le capitaine Novalès.--Insurrection militaire.--Novalès, empereur des Philippines.--Sa mort.--Tierra-Alta.--Bandits. 71
Chapitre VI.
Tierra-Alta.--Chasse au buffle.--Retour à Manille. 89
Chapitre VII.
Jala-Jala.--Lac de Bay.--Légende chinoise.--Alila (Mabutin-Tajo). 97
Chapitre VIII.
Jala-Jala.--Organisation municipale.--Caractère des Indiens. --Cajetan. 109
Chapitre IX.
Jala-Jala.--Église.--Le père Miguel de San-Francisco. --Bandits.--Règlement.--Chasse aux buffles. 123
Chapitre X.
Situation de Jala-Jala.--Colonisation.--Tremblements de terre.--Combats de coqs. 137
Chapitre XI.
Voyage chez les _Tinguianes_. 149
Chapitre XII.
Les Igorrotès. 169
Chapitre XIII.
Aventures de Re-Lampago. 181
Chapitre XIV.
Jala-Jala.--Arrivée de mon frère Henri.--Le bandit Cajoui. --Anten-Anten.--Alila.--Bandits du lac de Bay. 193
Chapitre XV.
Jala-Jala.--Bermigan.--Le capitaine Gabriel Lafond.--Joaquin Balthazar.--Tay-Foung.--Rixes.--Bandits.--Tapuzi.--Ile de Talim.--Guerre civile. 205
Chapitre XVI.
Jala-Jala.--Séjour.--Prisonniers.--Don Prudencio Santos, alcade de Pagsanjan.--Fêtes.--Chasses.--Hamilton Lindsay.--Ile et lac de Socolme.--Grotte de San-Matéo. 229
Chapitre XVII.
Le vice-amiral Laplace.--Matelots déserteurs de l'Artémise.--M. le capitaine de vaisseau Paris.--Tagalocs.-- Cérémonies.--Mariages.--Caïman.--Serpent boa.-- M. R. G. Russell.--Dajon-Palay.--Alin-Morany.-- Sauterelles. 257
Chapitre XVIII.
Jala-Jala.--Agriculture.--Pertes douloureuses.--Vente de Jala-Jala.--M. Adolphe Barrot. 283
Chapitre XIX.
Voyage chez les Négritos ou Ajetas.--Le bambou.--Le cocotier. --Le bananier. 297
Chapitre XX.
Arrivée chez les Ajetas ou Négritos.--Départ.--Navigation sur l'océan Pacifique.--Arrivée à Jala-Jala et à Manille. 319
Chapitre XXI.
Mort de mon fils.--Départ de Jala-Jala et des Philippines.--Retour en France. 343
Aperçu sur la géologie et la nature du sol des îles Philippines; sur ses habitants; sur le règne minéral, le règne végétal et le règne animal; sur l'agriculture, l'industrie et le commerce de cet archipel.
§ I.--Nature du sol. 359 § II.--Climat. 362 § III.--Règne minéral. 363 § IV.--Règne végétal. 364 § V.--Des habitants des Philippines. 369
Des Espagnols. _ib._ Des Indiens convertis au christianisme. 372 De la langue tagale. 373 Des Chinois aux Philippines. 375 Des infidèles. 376 Des Ajetas ou Négritos. 378
§ VI.--Règne animal. Mammifères. 379
Des quadrumanes, en langue tagaloc, matchin. 380 Des quadrupèdes. ib.
1. Le buffle sauvage (_carabajo-bondoc_). 381 2. Le buffle domestique (_carabajo_). 382 3. Le cerf (_oussa_).--Cervus Philippinensis. 384 4. Le sanglier (_babui-damon_). 385 5. La civette (_moussan et alimous_). 386 6. Plæmis Cumingii (_parret_). ib. 7. La roussette (_paniquet_).--Pteropus. 387 8. Le galéopithèque (_guiga_). ib.
§ VII.--Oiseaux. 388
Ornithologie des Philippines. 394
§ VIII.--Poissons. 398 § IX.--Reptiles. 399 § X.--Des insectes. 401
1. Fourmi rouge (_langam_). 402 2. Fourmi des bois (_lanteck_). ib. 3. Petite fourmi noire (_couitis_). 403 4. Des termites ou fourmis blanches (_anay_). ib. 5. Le cancrelat (_blatte_). 406
§ XI.--De l'agriculture aux Philippines. ib. § XII.--Culture du riz. 410
1º Culture du riz des montagnes. 411 Culture du riz pour les défrichements. 412 2º Culture des riz aquatiques. ib. Semis. 413 Plantation. ib.
§ XIII.--Culture de l'indigo.--Sa récolte. 416 § XIV.--Culture du tabac. 421
Récolte. ib.
§ XV.--Culture de l'abaca ou bananier (soie végétale). 422
Récolte. 423
§ XVI.--Culture du café. ib.
Récolte. 424
§ XVII.--Culture du cacao. ib.
Récolte. 425
§ XVIII.--Culture du coton. ib. § XIX.--Culture du poivre. 426
Récolte. ib.
§ XX.--Culture du froment. ib. § XXI.--Culture de la canne à sucre. 427
Culture à la charrue. 430 Récolte. 431
§ XXII.--Industrie. 435 § XXIII.--Commerce. 439
Droits de tonnage. 447 Droits de douane.--Entrepôt. ib. Droits d'importation. ib. Droits d'exportation. 449 Police du port de Manille. ib.
NOTES
[1] Le traitement généralement employé par les médecins de Manille pour le choléra, et le seul qui ait donné des résultats satisfaisants, consistait à administrer, au début de la maladie, une potion composée d'une forte dose de laudanum de Sydenham, mêlée à une liqueur alcoolique; à frictionner le corps avec une pommade dans laquelle entrait une forte dose d'extrait gommeux d'opium, à appliquer de forts synapismes aux extrémités et à l'épigastre, et à continuer les frictions avec une brosse ou une étoffe de laine jusqu'à ce que la chaleur fût rétablie.
[2] Le bloc, destiné à attacher les prisonniers, se compose de deux pièces de bois longues de huit à dix pieds, réunies au moyen d'une charnière, et dans lesquelles se trouvent des demi-ouvertures pour les bras, les jambes, le cou et le corps. Les deux pièces de bois se joignent et se ferment par un cadenas.
[3] Folgueras, qui, seul de sa nation, fut cause des malheurs que je viens de raconter, a péri de la peine du talion: il a été assassiné par un officier dans la révolte de Novalès.
Victor Godefroy, reconnaissant de tous les bienfaits qu'il avait reçus de la famille Pareño, a épousé une des filles de cet officier général. Il vit heureux en Bretagne.
[4] Pablo ou Paul, c'est mon prénom; on ne m'appelait jamais autrement à Manille et à Cavite.
[5] Les dominicains, l'ordre de Saint-François, les augustins chaussés, les augustins déchaussés, et l'ordre de Saint Jean-de-Dieu.
[6] Les mercredi, jeudi et vendredi saints, les voitures et les chevaux ne peuvent pas circuler dans la ville et les faubourgs. Pendant ces trois jours, tout le monde va à pied.
[7] L'_Angelus_ sonne à toutes les églises à six heures du soir. Au premier coup de cloche, les personnes occupées dans leurs demeures suspendent leurs travaux. Les passants, les promeneurs à pied, à cheval ou en équipage, s'arrêtent pour prier pendant les cinq ou six minutes que sonnent les cloches.
[8] Chaque sainte possède un trousseau et un écrin de grande valeur. Chacune a un certain nombre de dames d'honneur, choisies parmi les meilleures familles de Manille. Ces dames sont chargées du trousseau et de la toilette de la sainte les jours de fête.
[9] Douane chinoise. A une époque de l'année, dans la mousson du N. O., arrive une flotte de jonques chargées de toutes espèces de denrées de la Chine. Chaque jonque est affrétée par plusieurs négociants chinois, qui tous accompagnent leurs marchandises. Le gouvernement espagnol, pour leur faciliter la vente qu'ils font eux-mêmes pendant les cinq à six mois qu'ils séjournent à Manille, leur a fait construire un vaste édifice, espèce de bazar divisé par petits boutiques, qui sont mises à leur disposition moyennant une légère rétribution.
[10] Le tay-po est une espèce de dé renfermé dans une boîte en cuivre. Le croupier secoue cette boîte et la place sur un tapis divisé en quatre cases de différentes couleurs, où les joueurs font leur enjeu. Aussitôt que le jeu est fait, le croupier enlève une partie de la boîte, qui laisse le dé à découvert. Sur ce dé sont tracés les mêmes lignes que sur le tapis: la couleur du dé correspondant à celle du tapis est celle qui gagne.
[11] 1 Le bétel est une composition de feuilles d'une plante aromatique et d'un peu de chaux lavée dans plusieurs eaux. Les Indiens, les Chinois, les métis et un grand nombre de créoles mâchent continuellement cette composition, qui fait abondamment saliver, et donne aux lèvres et à l'intérieur de la bouche une teinte d'incarnat.
[12] Je m'abstiens d'écrire le nom de cet officier, à cause de sa famille.
[13] Dans le mois de mai 1853, une personne inconnue vient m'accoster aux Champs-Élysées en me disant: «Monsieur de la Gironière, permettez-moi de vous demander une poignée de main.--Veuillez bien, lui répondis-je, me rappeler votre nom.--Je suis Charles Benoît.» Je le reconnus alors sans peine. Vingt-huit à trente ans écoulés depuis les faits que je raconte avaient effacé nos inimitiés passées. Ce fut avec un vrai plaisir que nous renouâmes connaissance; et depuis, nous nous voyons souvent avec la même satisfaction que deux anciens et bons amis.
Le docteur Carlos Benoît, après avoir exercé honorablement pendant plusieurs années la médecine à Madrid, est enfin venu se fixer à Paris.
[14] Le mot _tagaloc_ vient des habitants des bords du lac de _Bay_. C'est l'abrégé des deux mots _taga_ (gens), _iloc_ (rivière): _gens de rivière_.
[15] Les Espagnols gouvernent la population indienne sans l'administrer. Le bon ordre, la tranquillité qui règnent généralement dans les provinces sont dus au conseil municipal et aux anciens de chaque bourg, qui se laissent gouverner, mais qui s'administrent.
[16] Le fouet, si avilissant pour nous, est considéré par les Indiens sous un tout autre point de vue; c'est, d'après eux, le châtiment le plus léger qu'on puisse leur infliger. Ils disent que les menaces et les injures déshonorent; que la prison ruine et abrutit; que quelques coups de fouet ne font pas grand mal, qu'ils effacent complétement la faute pour laquelle on les a reçus. Avec une pareille croyance, avec de tels usages, il fallait bien user du fouet pour punir les méchants.
Un drame dont je vais donner les détails fera juger du caractère des hommes que j'avais à gouverner.
[17] Pendant six mois le vent règne continuellement au nord-est, et pendant les six autres mois, au nord-ouest; ces deux époques sont désignées sous le nom de _moussons de nord-est_ et _moussons de nord-ouest_.
[18] A la tête était don José Fuentès, mon ami, et qui actuellement habite Madrid.
[19] C'est à _Jala-Jala_ que j'ai fait connaissance avec M. Édouard Verreaux, du cap de Bonne-Espérance. Il vint passer chez moi plusieurs mois, pendant lesquels nous nous sommes liés d'une amitié qui ne s'est point refroidie. Je l'ai retrouvé avec plaisir à Paris, toujours au milieu de ses occupations d'histoire naturelle.
[20] Don Simon Fernandez, oïdor à la cour royale.
[21] Les _Tinguianès_ ont pour ennemis acharnés une race de sauvages cruels et sanguinaires qui habitent tout à fait dans l'intérieur des montagnes; ils ont aussi à craindre les _Igorrotès_, qui vivent plus près d'eux, mais qui sont moins sauvages. J'aurai plus tard l'occasion d'en parler.
[22] Nom que l'on donne au jus de cannes à sucre fermenté.
[23] Esprit malin.
[24] Divinité malfaisante des Tagalocs.
[25] C'est d'après ce cruel usage de décapiter leurs victimes, que les Espagnols ont donné à ces sauvages le nom de corta cabesas, coupeurs de têtes.
[26] Bandits.
[27] Esprit malin.
[28] Les _Igorrotès_ cependant, selon les rapports des autres Indiens, ne sont pas anthropophages; peut-être celui-là avait-il reçu ces mets de quelques autres sauvages, les _Guinanès_, par exemple.
[29] D'après la tradition indienne, même la tradition espagnole, l'enfant Jésus de Zébu existait avant la découverte des Philippines; après la conquête, l'enfant fut trouvé sur la plage; les Espagnols vainqueurs le déposèrent dans la cathédrale, où il opéra de grands miracles.
[30] 25,000 francs.
[31] Les Malais.
[32] Auteur d'un ouvrage en huit volumes, intitulé Quinze années de voyages autour du monde.
[33] J'ai éprouvé deux de ces coups de vent pendant mon séjour à _Jala-Jala_: celui dont je parle, et un second dont je parlerai plus tard.
[34] M. Pierre Voldemar, Bordelais.
[35] _Tapuzi_, dans les montagnes de _Limutan; limutan_, mot tagaloc qui veut dire _oubli_ (voir la carte).
[36] Vieux chef.
[37] Abaca, soie végétale.
[38] Aux yeux d'un Tagal, tout Européen, quel que soit son pays, est un _Castilla_.
[39] Un jour je demandais au père Miguel pourquoi, lorsqu'il nous faisait une visite de grande cérémonie, il était armé de son fouet; il me répondit: «Cela veut dire, Monsieur, que vous méritez qu'on vienne de si loin pour vous saluer, qu'on ne pourrait faire la route qu'à cheval.»
[40] Tala, étoile du Berger. Les Indiens ne la comparent pas, comme nous, à Vénus.
[41] Allusion à ma femme, qui était venue à _Jala-Jala_ par le lac.
[42] Dans les pays chauds, les abeilles ne nichent pas dans les cavités des vieux arbres; elles font un seul rayon, suspendu à une branche.
[43] Le buffle court plus rapidement que le cheval en descendant une côte; mais lorsqu'il s'agit de la monter, le cheval l'emporte de vitesse.
[44] M. Hamilton Lindsay, auteur d'une relation de _Voyages sur les côtes de la Chine, dans la mer Jaune_.
[45] M. Paris, actuellement capitaine de vaisseau, est à Paris, où j'ai été heureux de le rencontrer.
[46] De la maison Russell et Sturgis. Véritable et bon ami, dont le souvenir bien présent à ma mémoire ne s'en effacera jamais.
[47] _Bernard-l'ermite_, espèce de crabe qui se loge dans un coquillage abandonné par son mollusque, et qui, la nuit, sort de la mer pour chercher sur la plage sa nourriture.
[48] Ce squelette est maintenant au Musée d'anatomie.
[49] La reconnaissance me fait un devoir de nommer ici quelques personnes qui m'ont donné bien des marques d'affection et de bienveillance. Il serait ingrat de ma part de les oublier, et je les prie d'agréer avec bonté cette marque de mon souvenir.
Les gouverneurs des Philippines auxquels je dois ce souvenir sont:
Les généraux Martinès,
Ricafort,
Torrès,
Eurile,
Camba,
Salazar.
Dans les diverses administrations de la colonie, les _oïdores_ don Inigo Asaola,
Otin-i Doazo,
Don Matias Mier,
Don Jacobo Varela, administrateur général des boissons,
Don José Fuente, commissaire dans le corps du génie, qui m'a rendu de grands et nombreux services,
Le colonel don Thomas de Murieta, corrégidor de Tondoc,
Le colonel du génie don Mariano Goïcochea,
Le colonel et commandant Santa Romana,
Le gouverneur de province don José Atienza,
Les frères Ramos, fils de l'oïdor,
Toute la famille Caldéron,
Celle de Señeris,
Don Baltazar Mier,
Don José Ascaraga,
Enfin mon ami don Domingo Roxas, dont le fils don Mariano Roxas, après avoir reçu à Manille une instruction brillante et solide, est venu voyager en Europe, où il a acquis des connaissances si étendues dans les sciences et les arts, que lorsqu'il retournera aux îles Philippines, il y remplacera dignement son respectable père, qu'une mort prématurée a enlevé à l'industrie, à l'agriculture, et aux progrès de son pays.
[50] Mademoiselle Vidie est actuellement à Nantes, où elle vient de terminer son éducation.
[51] Le voyageur, surpris par ces grands incendies qui embrasent souvent plusieurs lieues à la fois, est obligé, pour se soustraire au danger du feu, alors qu'il est encore assez éloigné des flammes qui menacent de l'entourer, de mettre lui-même le feu aux grandes herbes qui sont sur la route. Il se retire ensuite à quelques pas, dans la direction opposée à celle que suivent les flammes poussées par le vent; lorsqu'elles ont détruit toutes les matières combustibles sur leur passage, le voyageur rentre dans l'espace mis à nu, et attend, sans aucun risque, que l'incendie qui le menaçait ait accompli son oeuvre de destruction.
[52]
Moines et religieux de divers ordres. 500 Commerçants. 70 Rentiers. 200 Employés, cour royale, intendance de la marine, chefs militaires, officiers et sous-officiers de tous grades. 3,280 Ensemble. 4,050
[53] L'Indien est toujours considéré comme un mineur, même dans les transactions commerciales. Ainsi, celui qui aurait contracté une dette de plus de 25 francs ne pourrait pas être contraint de la payer, d'après la loi, pas plus qu'un mineur parmi nous.
[54] La petite vérole.
[55] Depuis 1838, le gouvernement a continué ses tentatives pour soumettre ces diverses populations. Déjà il est parvenu à amener sous sa domination quelques bourgades _tinguianès_ et _igorrotès_.
[56] Ces seize villages se nomment: _Palan_, _Jalamy_, _Mabuantoc_, _Dalayap_, _Languiden_, _Baac_, _Padanguitan y Pangal_, _Campusan y Danglas_, _Lagayan_, _Ganayan_, _Malaylay_, _Bucay_, _Gaddani_, _Langanguilan y Madalag_, _Manabo_, _Palog y Amay_.
[57] _Tabon_ signifie, en langue tagale, couvrir de terre ou de sable.