Armand de Pontmartin, sa vie et ses oeuvres, 1811-1890

Part 38

Chapter 38712 wordsPublic domain

[499] Le livre fut saisi, et, pour arrêter les poursuites, il ne fallut rien moins que l’intervention de Gambetta. Je lis, à ce sujet, dans une lettre de Pontmartin à M. Jules Claretie, du 3 janvier 1875: «Que dites-vous de l’ami Barbey? Cette fois, c’est trop fort. Quand je conseillais la tolérance à ce fougueux absolutiste, je ne m’attendais pas à le voir conduire Joseph de Maistre dans une de ces maisons qui empruntent leur sous-titre à la plus belle des vertus chrétiennes. C’est dommage, car à ne juger son livre qu’en artiste, avec le dilettantisme impassible qu’on apporterait, par exemple, au musée secret de Naples, ce diable d’homme—66 ans—n’avait jamais rien fait de si fort. _Le Rideau cramoisi_, _Une Vengeance de femme_, et surtout _Un Dîner d’Athées_, sont trois magnifiques cantharides. Figurez-vous qu’au moment où j’ai appris la saisie, j’allais en parler, et je comptais plaider la _Possession_, comme on l’entendait au Moyen Age.»

[500] Pontmartin m’écrivait, des Angles, le 4 décembre 1879: «A peine avais-je fait partir ma dernière lettre, que je me suis reproché de vous avoir parlé de M. Barbey d’Aurevilly avec cette amertume et de ce ton tranchant qui me va si mal. Royalistes et catholiques, la charité chrétienne est pour nous, en pareil cas, non seulement une vertu, mais une habileté, en face de tant d’ennemis acharnés contre nos croyances. Mes bonnes résolutions ont persisté... 24 heures. Un de mes amis avignonnais, vieux, spirituel et lettré, est venu me voir, levant les yeux au ciel, agitant un journal au-dessus de sa tête, se livrant à une pantomime qui traduisait le: «Où allons-nous?» de J. Prudhomme. C’était un n^o de _Paris-Journal_ (21 novembre), renfermant un feuilleton de B. d’Aur... sur _le Mariage de Figaro_. Mon ami, après m’avoir demandé une tasse de tilleul pour calmer ses nerfs, m’a lu le passage suivant: «En regardant M^{lle} Reichenberg, en voyant, à _genoux_, aux _pieds_ de la comtesse, ces _jambes_ de femme qui ont leur _sexe_, je pensais aux _jambes_ sans sexe qu’il faudrait (je ne note que des indigences) à cette charmante et incertaine créature d’entre les deux _sexes_, qui s’appelle Chérubin; je songeais à ces jambes _si voluptueusement hermaphrodites_(!!) que Raphaël donne à ses _archanges_, et que montre en ce moment à tout Paris cette merveille d’Emma Juteau, _l’acrobate_ du Cirque.» Pas de commentaires, cher ami; mais encore un remerciement et une cordialissime poignée de main.»—Ce jour-là, on le pense bien, je n’essayai même pas de plaider les circonstances atténuantes en faveur de Barbey d’Aurevilly.

[501] Lettre du 24 octobre 1879.

[502] François-Victor FOURNEL (1829-1894), érudit, critique et romancier; ses principaux ouvrages sont: _les Contemporains de Molière_, _la Littérature indépendante_, _les Rues du vieux Paris_, _l’Ancêtre_, _le Roman d’un père_, _Esquisses et croquis parisiens_.

[503] Lettre du 1^{er} novembre 1865.

[504] Cuvillier-Fleury demeurait à Passy, avenue Raphaël, 4.

[505] _Journal des Débats_ du 28 novembre 1897.

[506] Parce qu’il était Nimois et aussi parce qu’il a beaucoup de talent et qu’il est un parfait galant homme, M. Gaston Boissier est un des écrivains dont Pontmartin a toujours parlé avec le plus de sympathie. Voy. _Nouveaux Samedis_, t. III.

[507] Voici les titres des sept nouvelles qui composent ce volume: _les Feux de paille_; _le Point d’orgue tragique_; _l’Impasse_; _English Spoken_; _la Veillée_; _la Véritable auberge des Adrets_; _Rachel à trois époques_.

[508] Lettre du 11 novembre 1886.

[509] Les _Épisodes littéraires_ ont paru dans le _Correspondant_ des 25 octobre, 10 et 25 novembre, 10 et 25 décembre 1889, 10 janvier et 10 mai 1890.

[510] Ci-dessus chapitre VII, p. 130.

[511] Il fut publié dans la _Gazette de France_ du 23 mars.—Au moment de sa mort (29 mars), Pontmartin avait _dix-huit_ articles d’avance aux bureaux de la _Gazette_. Ils parurent sans interruption pendant quatre mois. Le dernier, publié le 2 août 1890, est consacré au volume de M. Henry Houssaye sur _Aspasie, Cléopâtre, Théodora_. On le trouvera au tome I des _Derniers Samedis_; il est daté du 8 mars 1890.]

[512] _Derniers Samedis_, t. II, p. 372.

[513] _Nouveaux Samedis_, t. I, p. 114.

[514] _Notice sur Armand de Pontmartin._

[515] Le R. P. Elie Bonnet, de la Compagnie de Jésus. Il avait été aumônier militaire en Algérie, puis à Avignon pendant les cinq ou six ans où nos garnisons eurent des aumôniers. Il est mort au collège de Mongré (Rhône) en mars 1895.

[516] Le 19 mars.—_Joseph_ était l’un de ses prénoms, et aussi celui de l’oncle qui l’avait tant aimé.

[517] _Bulletin de l’Association amicale des anciens élèves de l’École libre de Saint-Joseph d’Avignon._ Juin 1890.

[518] 28 mars.

[519] Lettre du 2 avril 1890.

[520] Ci-dessus, page 458.