Archipel

Part 9

Chapter 93,496 wordsPublic domain

Il y a une vingtaine d'années, j'étais appelé d'urgence dans une famille protestante pour soigner une femme de trente ans que j'avais vue naître, ou à peu près. J'entre. Je trouve une maladie à début dramatique: 40° de fièvre, trois heures après le frisson et le claquement de dents. Un point de côté devint bientôt sensible. Dans la soirée, il avait beaucoup augmenté. La toux était forte, la respiration haletante et rapide, les crachats visqueux et sanguinolents: bref, une belle pneumonie.

Le lendemain, la température se maintenait à 40º; le surlendemain, elle approchait de 41º. Vous voyez d'ici le mari affolé, la vieille bonne en larmes, et la mère s'accrochant à mes bras: «Sauvez-la! sauvez-la!» Je ne sais si toute cette émotion avait été entendue par la malade, mais je trouvai celle-ci dans un état d'abattement qui n'était pas seulement causé par la fièvre.

* * * * *

Dès que je fus seul avec elle:

--Je vais mourir, n'est-ce pas, docteur?

--Allons donc! pour un accès de fièvre!

--Dites-moi la vérité, je vais mourir, n'est-ce pas? C'est pour aujourd'hui?

--Vous n'êtes pas même en danger.

--Ah! vous ne me parlez pas sincèrement... Je sens bien que je m'en vais... Je suis déjà plus qu'à moitié morte... Si ma fièvre continue ainsi, je ne passerai pas la nuit, docteur, je n'ai plus la force de respirer...

En péril, certes, elle l'était. J'essayai pourtant de la rassurer; ce fut peine perdue. Elle se voyait mourante, et rien de ce que je pus lui dire ne lui donna même un éclair d'espoir.

Plusieurs fois elle répéta, avec sa voix grave de calviniste résolue à tous les courages:

--Je mourrai cette nuit... Je mourrai cette nuit.

* * * * *

Mais tout à coup sa vaillance l'abandonna. Elle poussa un soupir aussi profond que l'état de ses poumons le lui permettait, et murmura en levant les yeux:

--Les catholiques sont bien heureuses!

--Vous dites?

--Les catholiques sont plus heureuses que nous! Le jour où le Seigneur les rappelle à lui; leurs derniers moments sont des instants de joie... Elles sont lavées du péché... Elles sont délivrées du remords...

Voulait-elle se convertir?

--Vous aurez le temps d'y penser, lui dis-je, quand vous serez guérie.

--Guérie... Ah! mon Dieu!... Guérie!

Elle laissa retomber sa tête sur son oreiller, et presque aussitôt une quinte violente suspendait une conversation que je ne tenais pas à prolonger.

Je me levais... Elle parla encore.

--Oh! la joie d'avouer... d'avouer enfin!

--Des peccadilles!

--Un aveu terrible... vous ne savez pas.

--C'est de l'imagination!

--J'ai trompé mon mari.

* * * * *

Cette fois je me rassis, complètement égaré.

Au cours de ma carrière, je me suis trouvé être le témoin où l'acteur de scènes bien singulières, mais celle-là est assurément l'une des plus «fortes» dont j'aie conservé le souvenir.

* * * * *

Elle joignit les mains tout à coup, et les souleva au-dessus du lit.

--Oh! laissez-moi vous dire... vous dire tout... avouer ma faute... pendant que je puis encore parler... Je ne sais pas si la religion romaine est celle que j'aurais dû suivre... mais je sais du moins... je _sens_ que si quelque chose peut racheter mon crime... si je puis l'expier à ma dernière heure... c'est par la honte de cet aveu!

--Calmez-vous, je vous en conjure!

--Non, ne m'interrompez pas, je soulage mon âme, en vous parlant ainsi... Je me sens moins criminelle de tout ce que j'ose vous dire.

--La plupart des femmes ont plus ou moins trompé leur mari, madame. L'Évangile, lui-même, leur a pardonné...

--Aucune n'a trahi, comme moi dans la seule faute de ma vie, un mari si bon, si parfait...

--Une seule faute? Ce n'est pas un péché, c'est à peine un instant d'oubli.

--Écoutez-moi... Pendant la dernière année de l'Empire... Un de mes cousins, capitaine aux guides...

--Un capitaine aux guides, madame! quelle circonstance atténuante!

* * * * *

J'essayais de l'apaiser ainsi par des arguments que je prenais moi-même pour des balivernes, et qui n'arrêtèrent pas une fois le flot de ses paroles imprudentes.

Elle parlait avec faiblesse, mais dans une exaltation qui s'amplifiait de phrase en phrase... D'ailleurs, sa confession n'était pas bien grave. Les effets du remords dépassaient de beaucoup les détails de la faute; je regardais, plus que je ne l'écoutais, cette pénitente _in partibus_, qui me prenait pour un vicaire.

Le capitaine aux guides avait une moustache blonde; je me rappelle trop bien ce détail qu'elle me répéta souvent. Un matin, il avait emmené, sa cousine aux hasards d'une promenade à cheval. Ils avaient gagné la forêt voisine. Cette forêt avait des fourrés, des buissons, de la mousse fraîche (on était à la fin de mai). La moustache blonde s'était plusieurs fois rapprochée... Vraiment «le fond des bois et leur vaste silence» étaient les seuls coupables de cette pauvre aventure.

Je donnai l'absolution.

* * * * *

En quittant la malade, j'aperçus debout, dans la salle à manger, le troisième héros du roman: je veux dire le cher mari.

Rapidement, j'eus la vision de ce qui allait suivre: je vis cet homme sur le point d'entrer dans la chambre de la confession, et sa femme lui tendant les bras: «Pardonne-moi!... je suis une misérable!...» toutes phrases parfaitement inutiles si la mort devait s'ensuivre, et fâcheuses à plus forte raison si la malade en réchappait.

--Défense d'entrer! lui dis-je nettement, même si elle vous fait appeler. Elle a un peu de délire, ce soir, elle a besoin de repos. Laissez la nuit passer. Vous la verrez demain matin.

* * * * *

Huit jours plus tard, elle entrait en convalescence. On ne saurait penser à tout.

Jusqu'à la fin du mois, j'eus le plaisir de présider à son lent rétablissement. Il est inutile de vous dire que je ne lui parlai plus du capitaine aux guides, et que les confidences n'eurent pas de lendemain. Guérie, elle ne me demanda pas la note de mes honoraires, car, depuis sa première enfance, je la soignais en ami...

M. Chartelot suspendit sa phrase, toucha du pommeau de sa canne ses vieilles lèvres bien rasées qu'un sourire amincissait:

--Et je ne la revis plus jamais, dit-il en levant les sourcils. Elle prit un autre médecin.

UN CAS JURIDIQUE SANS PRÉCÉDENT

La bibliothèque de M. le Président Barbeville était le lieu de ses délices. Il l'appelait: ma garçonnière.

Tous les matins, il y montait, familièrement, en robe de chambre. Délaissant un cabinet où il n'avait plus rien à faire, depuis que l'âge de la retraite l'exilait du tribunal, M. le Président Barbeville gravissait d'un pas encore vif un petit escalier de pierre en colimaçon qui le menait au dernier étage, et jamais il n'ouvrait la porte, sans un sourire de contentement.

Le trésor de ses livres était éclairé par un vaste reflet de verdure. A travers les petits carreaux d'une grande fenêtre Louis XIV, on voyait flotter au dehors la fraîcheur des feuilles nouvelles. Deux marronniers dépassaient de la cime le toit du vieil hôtel rouge. Le soleil ne pénétrait pas à travers leur épaisseur, mais ils jetaient sur le tapis une ombre claire et mouvante qui donnait à cet ermitage quelque chose de pastoral.

Assis dans un grand fauteuil à pupitre dont le modèle lui avait été communiqué par Mgr le duc d'Aumale, le bon M. Barbeville posait son crachoir à gauche, son porte-cigarettes à droite et son livre devant lui.

Il avait la passion des livres. C'était même la seule passion que la Faculté lui permît, encore qu'il fût très capable d'en éprouver plusieurs autres et qu'il en fit, de loin on loin, la juvénile expérience. Mais ces expériences-là devenaient peu à peu, sinon pour lui difficiles, au moins toujours plus imprudentes, et pour rassurer son médecin, il ouvrait enfin plus souvent un vieux livre qu'un jeune corsage.

* * * * *

Un matin, comme il terminait la lecture d'une curieuse plaquette acquise la veille, son médecin vint le voir en ami.

--Mon cher, vous arrivez bien, dit le vieillard d'un ton réjoui. J'ai une question à vous poser, et vous serez bien malin si vous savez me répondre, car c'est un point de jurisprudence sur lequel, avant de lire ceci, j'eusse donné ma langue au chat.

--Oh! je me récuse!

--Attendez. Il s'agit de mariage, et si la question est de droit, elle est d'abord de médecine comme vous le verrez par la suite. Mon cher, je n'ai jamais rien vu, ni lu de plus extraordinaire. Depuis cinquante-deux ans, je suis abonné à la _Gazette des Tribunaux_ et aux suppléments du _Dalloz_; j'ai entendu moi-même des milliers d'affaires; on m'a conté les anecdotes juridiques les plus cocasses de notre temps; mais rien qui ressemble à ceci. Vous m'en voyez stupéfait.

M. le Président Barbeville s'enfonça dans son fauteuil, mit ses mains dans les manches de sa robe de chambre et formula lentement la question suivante en articulant chaque terme avez précision et netteté:

_--Comment un mariage régulier, conclu avec le consentement des deux parties, peut-il entraîner, par des nécessités immédiates et inéluctables, de la part de l'un des conjoints et avec la complicité de l'autre, les crimes de rapt, de séquestration, de proxénétisme, d'attentat à la pudeur, de viol répété, d'inceste, d'adultère et de polygamie?_

Effaré au début de l'énumération, le médecin finit par éclater de rire.

--Notez bien, poursuivit M. Barbeville, notez bien que je vous ai dit: par des nécessités immédiates et inéluctables. En effet, ce ne sont point des faits subséquents ni soumis à l'initiative de l'un des époux. A l'instant même où a lieu la consommation légitime de ce mariage, _tous les crimes contre les moeurs se trouvent perpétrés à la fois_! et ni l'un ni l'autre des conjoints ne peut empêcher qu'il n'en soit ainsi, ou alors il leur faut renoncer à s'unir.

L'ami du Président resta quelque temps méditatif, puis il demanda:

--C'est un conte de fées?

--Nullement. Rien n'est plus authentique. L'histoire est possible, vraisemblable et vraie. J'irai plus loin: si le cas est unique à ma connaissance, il est évident qu'il a eu dans le passé plusieurs précédents que j'ignore, et il se représentera dans l'avenir, n'en doutez pas un instant. En effet, la situation de la jeune fille ne lui est pas particulière; et l'aventure ne dépend pas du fiancé: n'importe quel homme à sa place eût traversé les mêmes épreuves.

--Alors expliquez-moi. Je ne devine pas du tout.

--M. Barbeville commença ainsi:

--Vous devinerez dès le premier mot. Une Italienne de Paris accoucha un jour d'un enfant double. Ces couches étaient clandestines et la sage-femme qui les soigna n'eut garde de communiquer le fait à l'Académie des sciences. L'enfant (une ou deux petites filles, selon qu'on l'examinait par le haut ou par le bas) avait deux têtes, quatre bras, deux poitrines, un ventre commun et deux jambes seulement. Il était double jusqu'à la ceinture et simple de là jusqu'aux pieds. Le cas n'est pas absolument rare, si je ne me trompe?

--Non. Surtout chez les mort-nés... Continuez. Désormais, je vous suis.

--Mais on en connaît qui ont vécu?

--Plusieurs.

--Ce furent donc, si l'on peut dire, des monstres bien constitués, comme celui dont je vous entretiens. Citez-m'en un exemple.

--Ritta-Cristina, deux fillettes qui naquirent en Sardaigne, vers 1830. Elles ressemblaient beaucoup à la description que vous venez de donner; poitrine double, bassin commun. Leurs parents les amenèrent à Paris pour les offrir en spectacle, mais les autorités jugèrent l'exhibition contraire aux moeurs, et l'interdirent. La pauvre famille privée de ressources dut laisser les enfants dans une chambre sans feu où elles moururent d'une bronchite.

--On a fait leur autopsie?

--Oui.

--Leurs systèmes nerveux étaient distincts?

--Entièrement, sauf à la partie inférieure de l'abdomen dont les sensations étaient perçues par les deux cerveaux à la fois.

--Parfait! Vous allez voir combien votre exemple ajoute de force à mon récit.

Le vieux Président mit une longue cigarette dans un tuyau d'écume, l'alluma et reprit avec animation:

--Les deux petites filles de mon Italienne furent déclarées sous les noms de Maria-Maddalena. Elles vécurent. Leur mère ne les montrait point, mais les élevait très tendrement. Elles eurent une croissance régulière, une puberté normale: bref, à seize ans, c'étaient deux adolescentes fort jolies, malgré l'étrange union de leurs beautés. Si la queue de la sirène ne l'empêcha pas de séduire les hommes, nous ne devons pas nous étonner que Maria-Maddalena aient troublé le coeur d'un amant.

A vrai dire, toutes deux furent éprises; Maddalena seule fut aimée. Un jeune homme devint amoureux de celle-ci; mais comme il était plein d'égards pour l'autre, les soeurs crurent partager un commun amour et elles y répondirent ensemble avec tout le premier feu de leur jeunesse nouvelle. Malheureusement l'illusion ne dura guère. Le jeune homme eut scrupule de la prolonger. Une lettre de lui, adressée un jour à «Mlle Maddalena», éveilla dans le coeur voisin les mille serpents que vous savez bien et lorsque la demanda en mariage fut présentée officiellement, Maddalena répondit _oui_, et Maria répondit _non_.

Instances, prières, tout fut en vain. La mère se joignit aux amants pour apaiser la récalcitrante et ne réussit pas davantage...

--C'est d'un comique extravagant! s'écria le médecin, secoué d'hilarité.

--Tragique, mon cher! Voilà une situation dramatique comme je n'en connais pas d'autre. Être soeur ennemie, rivale d'amour; se confondre pour moitié avec celle qu'on abhorre; être condamnée par la nature à voir toutes les caresses dont l'autre sera l'objet; que dis-je, à les voir? à les éprouver! et plus tard à porter le fruit d'un amant deux fois détesté! Dante n'a pas inventé cela, voilà qui dépasse en horreur les supplices des enfers chinois.

Donc,--et je reprends mon récit,--l'Italienne, résolue à marier l'une de ses filles malgré l'opposition de l'autre, s'en fut trouver le maire de l'endroit et lui demanda s'il consentirait à célébrer le mariage dans de telles conditions. Le maire, indécis, répondit que la question lui paraissait être d'une complexité sans précédent; qu'il ne se croyait pas autorisé à la trancher; que ses travaux quotidiens ne lui permettaient pas de faire l'examen juridique d'un litige aussi délicat; et qu'enfin il priait ses administrées de bien vouloir lui envoyer (à titre de consultation) deux avocats plaidant le pour et le contre.

--Et le procès eut lieu?

--Oui. Un procès privé, bien entendu; dans le cabinet du maire, sans autre assistance que les adjoints et le greffier.

L'avocat de Maddalena plaida le premier. L'exorde fut ironique, l'exposé du fait, facétieux. Il commença la discussion sur le même ton. Tour à tour, il invoqua l'article 1645. («L'obligation de délivrer la chose comprend ses accessoires») ou l'article 569, encore plus injurieux dans son application. Puis, cessant les plaisanteries, il posa le dilemme suivant: ou Maria-Maddalena comprend deux femmes distinctes et différentes, ou elle n'en forme qu'une. Dans le premier cas, il est évident que le consentement de la soeur n'est pas nécessaire. Dans le second cas, où l'on fait abstraction de la partie adverse, l'évidence est encore plus grande. Il développa et soutint cette dernière thèse. Jamais, dit-il, on n'a considéré, ni dans la réalité ni même dans l'imagination des poètes, que la multiplicité des membres multipliât les individus. Un veau à six pattes n'est jamais qu'un veau. Les cent yeux d'Argus n'appartiennent pas à cent personnes. Janus aux deux visages n'était qu'un seul dieu. Cerbère se dit au singulier malgré ses trois têtes infernales. Pourquoi Maria-Maddalena, physiquement indivisible, formerait-elle deux individus, puisque le propre de l'individu est, par étymologie, l'indivisibilité?

--Ha! ha! ha! fit le médecin, j'aime beaucoup ce raisonnement.

--D'ailleurs, poursuivit-il, et en admettant même que l'on pût soutenir la dualité des intelligences, nous n'avons pas à nous occuper ici de psychologie mais de mariage. Le mariage a un but précis que nous connaissons tous et que nul ne discute. Or, si Maria-Maddalena est venue au monde avec un cerveau double, elle est parfaitement simple au point de vue nuptial. De ces deux femmes, que vous distinguez jusqu'à la ceinture, l'unité d'organe ne fait qu'une seule épouse.

--Évidemment.

--L'avocat de la deuxième soeur répondit qu'il ne s'égarerait pas dans les digressions mythologiques où s'était complu l'adversaire et qu'il plaiderait pour le bon sens. Le seul fait que Maria et Maddalena sont en procès l'une contre l'autre, dit-il, prouve suffisamment qu'elles ne se confondent pas. Maria refuse de se marier. Si M. X... épouse sa soeur, ma cliente sera nécessairement enlevée: rapt, compliqué par la minorité du sujet, premier crime.--Enlevée, elle sera détenue malgré elle au domicile conjugal des demandeurs: séquestration, deuxième crime.--Là, notre mineure séquestrée sera contrainte d'assister à toutes les caresses intimes échangées entre les époux: outrage à la pudeur, exhibitionnisme, troisième crime.--Par la force elle sera mise au lit près d'un homme avec la complicité de Maddalena et dans l'intérêt de celle-ci: proxénétisme, traite des blanches, quatrième crime.--Malgré sa résistance indignée elle cessera d'être vierge en même temps que sa soeur, puisque sa conformation physique le veut ainsi: viol, cinquième crime.--Le coupable sera son beau-frère: inceste, sixième crime, non prévu par les lois, mais que je retiens néanmoins comme circonstance aggravante.

--Enfin, cet homme est un homme marié: adultère et septième crime.--Est-ce là tout? Non pas encore: le mariage de l'une détermine le mariage de l'autre jumelle, puisque toutes deux sont indivisibles, comme vous le démontrait mon confrère avec une lumineuse justesse de déduction. Vous êtes donc contraint d'inscrire à la fois sur deux états civils de femmes le nom d'un seul et même mari auquel vous n'épargnez le cas d'adultère que pour le précipiter dans celui de bigamie, devenir sciemment son complice et le suivre plus tard aux travaux forcés!

--Le jugement fut remis à huitaine?

--Oh! non. Le maire protesta sur-le-champ qu'il n'avait jamais songé à donner son assentiment et le mariage ne fut pas conclu.

--Dieu soit loué! dit gaiement le médecin.

TABLE

PREMIÈRE PARTIE

LA NUIT DE PRINTEMPS 4

L'ILE MYSTÉRIEUSE 19

LES CHERCHEURS DE TRÉSORS 33

UNE FÊTE A ALEXANDRIE 45

SPORTS ANTIQUES 61

LESBOS D'AUJOURD'HUI 75

LA FEMME DANS LA POÉSIE ARABE 91

SECONDE PARTIE

LA DÉSESPÉRÉE 125

LIBERTÉ POUR L'AMOUR ET POUR LE MARIAGE 141 I.--Liberté pour l'amour et pour le mariage 143 II.--Histoire d'un fiancé 164 III.--Plaidoyer pour Roméo et Juliette 181

UNE RÉFORME DANGEREUSE 195

LA VILLE PLUS BELLE QUE LE MONUMENT 209

LA STATUE DE LA VÉRITÉ 223

LA CENSURE 239

LE BOULEVARD 255

LE CAPITAINE AUX GUIDES 269

UN CAS JURIDIQUE SANS PRÉCÉDENT 285

Paris.--Typ. PH. RENOUARD, 19, rue des Saints-Pères.--64580.

NOTES:

[1] Les fouilles ont été poursuivies jusqu'à la fin de 1903, sans résultat. M. Doerpfeld vient de publier qu'il renonçait à son entreprise.

[2] 6 octobre 1896.

[3] Kaillixeinos le Rhodien, contemporain de Ptolémée Philadelphe et témoin de la fête, en donnait la description dans son _Alexandrie_ (livre IV). Athénée nous a conservé son récit (édition Kaibel, t. I, p. 435-450).

[4] Au 1/25e.

[5] A. CONZE, _Reise auf der Insel Lesbos_. Hannover, 1865, in-4º.

[6] G. GEORGEAKIS et LÉON PINEAU, _Le Folk Lore de Lesbos_. Paris, 1894, in-12.

[7] _Daphnis et Chloé_, I, 7.

[8] Cantique des Cantiques, IV, 11.

[9] Persane, arabe ou turque. V. _Les Mille et une Nuits_. Le _Mikri Zenan, ou les Ruses des Femmes_, traduit du turc par Decourdemanche. Paris, 1896, in-12, etc. On sait que les _Mille et un Jours_ de Pétis de la Croix sont un recueil factice imité des deux recueils précédents, et du Feredj bad Chiddeh.

[10] Koran, XXIV, 31. Cf. XXXIII, 55 et 59.

[11] GABRIEL SIONITA. _De nonnullis orientalium urbibus necnon indigenarum religione ac moribus, tractatus brevis._--Amstelodami, 1633.

[12] E. W. LANE, _An account of the manners and customs of the modem Egyptians written in Egypt during the years 1833, 1834, 1835_.--London, 1871, t. I, p. 64.

[13] BRUCE, _Voyages_. Paris, 1790, t. I, 345.

[14] Aujourd'hui, le fait est beaucoup plus rare. Je ne l'ai constaté pour ma part que dans le Hodna algérien et, exceptionnellement, chez quelques jeunes mendiantes. Jusqu'en Nubie, les cotonnades anglaises habillent de nos jours les plus pauvres filles.

[15] JONES, _Essai sur la poésie asiatique_, IV, p. 527.

[16] La plupart des citations qui suivent sont prises dans: THARAFA, édition Seligsohn, 1901.--NABIGA DHOBYANI, édition Derenbourg, 1869.--_The Seven Poems_ (_Moallakât_) édition Johnson, 1894.--_Anthologie de l'Amour Arabe_, par F. de Martino et Abe-el Khalek Saroit Bey, 1902.--_Anthologie Arabe_ de Humbert, 1819.--_Anthologie Arabe_ de Grangeret de Lagrange, 1823, etc.--HARTMANN, _Ueber die Ideale weiblicher Schönheit bei den Morgenländern_, 1798.

[17] Ce caractère de beauté se trouve déjà noté chez les poètes grecs qui avaient subi l'influence orientale (_Anthol. Palatine_, V. 60) et, pour la même raison, chez les auteurs de nos fabliaux du XIIe et du XIIIe siècle.

[18] V. l'_Anis et Ochchâq_ de Cheref-Eddin Rami, trad. Huart. Paris, 1875.

[19] Même ouvrage, pp. 21, 22.

[20] _Ibid._, pp. 36, 39.

[21] F. DE MARTINO ET SAROIT BEY, _Anthologie_, p. 271.

[22] F. DE MARTINO ET SAROIT BEY, _Anthologie_, p. 225.

[23] _Ibid._, p. 105.

[24] _Ibid._, p. 167.

[25] En France, sur 10 000 mariages, 9 993 ne donnent lieu à aucune opposition.

[26] Quinze jours après la publication de cet article, la Chambre a voté d'urgence un projet de loi déposé par M. P. Grousset, exemptant de tous droits la transcription du jugement de divorce; mais les autres frais subsistent.

[27] «L'enfant n'a point d'action contre ses père et mère, pour un établissement par mariage.» Code civil, art. 204.

[28] LADY DILKE, _French architects and sculptors of the_ XVIIIth _Century_. 1 vol. gr. in-8º. London, 1900, p. 131.

[29] _Athenische Mittheilungen_, t. (1885). p. 6.

[30] Les exemples sont si nombreux qu'on ne saurait les énumérer.

[31] _Les Quatre Livres d'Albert Durer._ Arnhem, 1613, ff. 50, 58, 63, 65 vº, 115, etc., etc.

[32] _Journal Officiel._ Chambre.--Séance du 23 mai 1901, p. 1115.