Antiquités d'Herculanum, Tome VI. Lampes et candélabres

Chapter 6

Chapter 62,055 wordsPublic domain

La _fig._ 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement, c'est-à-dire la cuve, dite par Caton _trapetum_, et plus particulièrement _mortarium_. Au milieu on voit le cylindre (_miliarium_), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le cylindre, est la barre (_cupa_) percée au milieu d'un trou où se trouve un tube de fer (_fistula ferrea_), par lequel passe le pivot (_columella ferrea_). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules (_orbes_) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer (_clavi_)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux trous (_foramina dextera sinistraque_). En dehors de ces trous, sont clouées ces petites plaques que Caton nomme _sublaminas pollulas et minutas_, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (_cupæ minusculæ_), représentées dans la _fig._ 2, où la machine est dessinée en dessus. Dans les _fig._ 3 _et_ 4, on a l'une des roues de face et de profil: on y remarque le trou pour le passage de l'axe (_foramen orbis_), qui va en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui devait exister, afin que le moyeu (_modiolus_), restât bien ferme dans sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la _fig._ 5, qui montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre, ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné sous différens aspects, _fig._ 7, 8 _et_ 9. Enfin, la _fig._ 6 représente la barre qu'on voit en place dans les _fig._ 1 _et_ 2; on a fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni d'une plaque de fer (_tabula ferrea_). La partie de la barre qui entre dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (_imbrices ferrei_), clouées avec de petits clous (_clavuli_); au bout de ces plaques, est un fer (_ferrum librarium_), qui embrasse la barre, et dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues, comme on le voit dans la _fig._ 1. Entre le clou et la roue, entre celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer (_armillæ ferreæ_), qu'on a tâché d'indiquer dans les _fig._ 1 _et_ 2.

D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre, et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton. Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût (Voyez _Caton, cap._ 66--_Colum. lib._ 12, _cap._ 50_, _et autres_). On ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée; l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond. Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui, et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo, jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le plan et les coupes (_pl. XLVI_) les vestiges de deux autres machines ou pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au mur, un bord ou marge marquée _a_, où il restait un conduit de plomb qui aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont trois trous _d, e, f_, tous ayant un bord et une certaine profondeur (comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit souterrain _g_, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait dans ce souterrain par le petit puits _h_. Chaque puits a un bord qui s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable autour du trou _f_. À l'un des trous _d_, on voit un creux en forme de niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de fer, liés deux à deux, _i, i_. En combinant les traces du pressoir sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on peut à l'aide de la description donnée par Caton (_cap._)

PLANCHE L.

_Carte pour servir à l'intelligence des découvertes d'Herculanum, de Pompéia, et des autres Villes antiques détruites par les éruptions du Vésuve._

En publiant cette édition des antiquités d'Herculanum, nous avons cru devoir nous arrêter au même point où l'édition royale de Naples s'est trouvée suspendue. Un ouvragé de cette importance, commencé sur un si beau plan, ne demeurera point, sans doute, imparfait. Les statues en marbre, les ustensiles sacrés et domestiques, et d'autres antiquités, doivent former différentes classes, et fournir la matière de plusieurs autres volumes. Une grande partie de ces objets a été gravée pour l'édition originale; M. Piroli s'était mis en mesure d'en suivre la publication pas à pas; mais il a considéré qu'il serait indiscret de prévenir, pour ainsi dire furtivement, une entreprise digne d'être relevée et encouragée par l'auguste Souverain, devenu le possesseur de ces trésors et des mines non fouillées qui en récèlent encore d'aussi précieux. Nous partageons ce sentiment, et nous espérons que nos lecteurs, en appréciant notre retenue, nous sauront aussi quelque gré de l'empressement que nous mettrons à compléter notre édition, aussi-tôt que nous pourrons nous permettre de le faire.

La carte que nous donnons ici ferme, en quelque sorte, le câdre que nous avons adopté.

Elle montre la situation des villes antiques, détruites par le Vésuve, et desquelles nous avons eu occasion de parler dans cet ouvragé, comme du théâtre des découvertes. Il entre dans notre sujet de donner, sur ces mêmes villes, quelques notions historiques et géographiques; c'est l'objet de l'article qui termine ce volume.

TABLE DES MATIÈRES CONTENUES Dans le 6e Volume des Antiquités d'Herculanum (LAMPES ET CANDÉLABRES).

A

ACTÆAON se défendant contre ses chiens,--Pl. 19, fig. II.

AIGLE déchirant un lièvre.--Pl. 3, fig. I.

ANIMAUX, (lampes ornées de figures ou de têtes d') emblèmes du culte de diverses divinités.--Pl. 10, fig. III, IV, V, VI; et Pl. 21.

APOTHÉOSE, d'un personnage inconnu. (Lampes exprimant l').--Pl. 18, fig. I et V.

B

BAIN. (Deux personnages préparant un)--Pl. 23, fig. III.

BALADIN. (Lampe dont le couvercle est surmonté d'une figure de)--Pl. 16.

BARQUE. (Lampe en forme de).--Pl. 8, fig. I.

BŒUF avec le _croissant_, emblême du culte égyptien.--Planch. 23, fig. II.

C

CALEÇON. _Voyez_ BALADIN.

CANDÉLABRES à mécanisme, avec des figures en hermès.--Pl. 35.--_Autres_ de diverses espèces.----Pl. 36 à 45.

CARTE pour servir à l'intelligence de la découverte d'_Herculanum_, de _Pompéia_, et des autres villes anciennes, détruites par les éruptions du Vésuve.

CHAÎNES. (Lampe de bronze suspendue avec des)--Pl. 24 et 25.

CHAUVE-SOURIS. (Lampe de bronze ornée d'une)--Pl. 13, fig. III et IV.

CHIENS DE CHASSE.--Pl. 19, fig. IV.

CIGOGNE, symbole de la piété filiale.--Pl. 6, fig. II.

COLOMBES.--Pl. 22. fig. VII.

CONCORDE. (Symbole de la)--Pl. 19, fig. I.

COQS. (Combat de)--Pl. 6, fig. I.

COQUILLES, ornemens de lampes. Pl. 22, fig. III et IV.

COURONNES de chêne, ornemens de lampes.--Pl. 8, fig. V.

CROISSANT, emblème de Diane. Pl. 12, fig. I et II.

CROIX. (Lampe curieuse, ornée d'une)--Pl. 23, fig. I.

CYBÈLE et Attis.--Pl. 6, fig. III.

D

DAUPHINS sur des lampes consacrées à des divinités marines.--Pl. 18, fig. II, III et IV.

DIANE.--pl. 17, fig. IV.

DIEUX LARES des quartiers de Rome. (Lampe consacrée aux)--Pl. 2, fig. III.

DIEUX LARES domestiques. (Lampe consacrée aux)--Pl. 17, fig. II.

DIVINITÉS (Les trois grandes) réunies: Jupiter, Minerve et Junon. Pl. 1, fig. I.

DIVINITÉS (Les trois grandes) égyptiennes: Isis, Osiris et Harpocrates.

E

ELÉPHANT sur une lampe, emblème d'une victoire.--Pl. 17, fig. III.

EPERVIER, lampe augurale.--Pl. 10, fig. I.

ETRENNES. (Lampe relative aux) Explication sur cet usage.--Pl. 3, fig. III et IV.

F

FIGUIER. (Lampe en forme de feuille de) avec une figure au milieu.--Pl. 14, fig. III.

FORTUNE.--Pl. 1, fig. IV.

G

GÉNIE tenant un étendard.--Pl. 17, fig. I.

GÉNIE de la beauté.--Pl. 17, fig. VI.

GLADIATEUR, dit _Retiarius_, armé d'un filet.--Pl. 7, fig. I.

GLADIATEUR. (Plusieurs lampes représentant des)--Pl. 4.

GRIFFON, symbole du Soleil.--Pl. 12, fig. IV; pl. 15, fig. V.

GUTTUS, sorte de vase. (Lampe en forme de)--Pl. 8, fig. III et IV.

H

HERCULE avec sa grande coupe.--Pl. 2, fig. V.--vainqueur du Dragon qui gardait les pommes d'or du jardin des Hespérides.--Pl. 3, fig. II.

HERCULE. (Génie d')--Pl. 19, fig. II.

I

INSCRIPTIONS. (Lampes remarquables par des)--Pl. 20, fig. VI à XIV.

JOUET d'enfant. (Petite lampe considérée comme un)--Pl. 15, fig. I.

JUPITER. (Lampe consacrée à)--Pl. 1, fig. II.

L

LAMPES. Leurs différentes espèces. _Voyez_ l'Avertissement en tête du volume.

LAMPADAIRES en bronzes.--Pl. 29,--_Autres_, portant des lampes.--Pl. 30.--_Autre_, ayant pour motif une figure grotesque.--Pl. 31. --_Autres_, en forme de tronc d'arbre.--Pl. 32 et 33.--_Autre_, en forme de colonnes.--Pl. 33.--_Autre_, avec un enfant sur le même piédestal.--Pl. 24.

LANTERNE, avec tous ses agrès.--Pl. 27.

LION sur des lampes.--Pl. 13, fig. II; pl. 22, fig. V.

LUMIGNON trouvé dans une lampe de bronze.--Pl. 25, fig. IV.

M

MASQUES. (Lampes ornées de)--Pl. 9, fig. V et VI; pl. 14, fig. I à IV; pl. 17, fig. V; pl. 20; pl. 22, fig. VII et VIII.

MOULIN, ou Pressoir à huile, trouvé à Stabie. Plans et détails.--Pl. 46 à 59.

O

OIE. (Lampe en forme d')--Pl. 9. fig. II.

OIE étouffée par un génie. (Lampe de bronze, ayant pour ornement une)--Pl. 11.

P

PÉGASE, symbole d'Apollon.--Pl. 12, fig. III.

POISSONS.--Pl. 13, fig. I; pl. 15, fig. II.

POULETS SACRÉS.--Pl. 11, fig. IV.

Q

QUADRIGE en pleine course.--Pl. 5, fig. II.

QUEUE pliante. (Lampe à)--Pl. 28, fig. IV à VI.

R

RAT sur une lampe de bronze.--Pl. 23, fig. VIII et IX.

T

TAUREAU. (Chasse au)--Pl. 5, fig. I.

TRÉPIEDS en tronze, pour servir de support à des lampes.--Pl. 28, fig. I, II et III.

V

VAISSEAU. (Lampes en forme de)--Pl. 22, fig. VI.

VASES pour le service des lampes, avec des anses très-ornées.--Pl. 26.

VEILLEUSE. (Lampe faisant)--Pl. 18, fig. VIII, IX et X.

VICTOIRES.--Pl. II, fig. III.

VILLES _(Des anciennes) détruites par les éruptions du Vésuve; dissertation placée à la suite de la CARTE._--Pl. 50.

_Fin de la Table._

DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC.

PLANCHES XXXVI et suivantes.

AVERTISSEMENT.

Les planches qui terminent cette livraison (nos XXXVI-XLII) et celles qui doivent commencer la livraison prochaine, ne sont point susceptibles d'une explication particulière. Nous relèverons ce qu'elles peuvent offrir d'intéressant, en examinant dans un seul article ce genre de monumens. Nous ne nous sommes point refusés à l'abondance des matières lorsque le fonds en était riche, comme il est arrivé dans ce même volume; et nous avons racheté d'avance le vide que nous sommes obligés de laisser ici. Nous aurons aussi occasion de nous étendre davantage à la fin de ce volume, le sixième de ceux que nous avons annoncés au public.

(_Le Relieur supprimera ce feuillet._)