Antiquités d'Herculanum, Tome VI. Lampes et candélabres

Chapter 4

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Fig. III et IV. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'arabesques à jour, sur lesquels pose une chauve-souris, les aîles étendues. Le premier emblême qu'offre cet animal, est celui de l'approche de la nuit, et il est là comme pour avertir de chasser l'obscurité par la lumière des lampes. On pourrait encore voir, dans sa présence, une intention plus recherchée; il rappelle l'aventure des filles laborieuses de Minée, qui s'attirèrent le courroux de Bacchus pour avoir profané ses fêtes par le travail. Alors cette lampe devient sacrée, comme appartenant aux fêtes de Bacchus, et rappelant le respect qu'on doit à cette divinité. La chauve-souris peut encore servir d'emblème à l'amour du travail qui fuit le sommeil, ou bien à l'amour maternel; car cet oiseau étant le seul qui puisse offrir le lait à ses petits, il servait à exprimer dans les tableaux, la mère qui prenait ces tendres soins. Les lampes étaient au nombre des apophorètes, c'est-à-dire, des présens qui se faisaient dans les festins, aux saturnales et au nouvel an; et l'on peut penser que les personnes délicates savaient ajouter quelque prix à leurs dons par des emblèmes ou par des allusions ingénieuses.

PLANCHE XIV. (_P._ 25, 26, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I. Lampe de bronze à deux becs. L'anse est surmontée d'un masque. La forme convexe du couvercle donnerait à penser qu'il servait à un double usage, c'est-à-dire, à éteindre la lumière: quelques personnes avaient coutume, par une sorte de superstition, de laisser les lampes s'éteindre d'elles-mêmes; mais l'odeur désagréable qui se répand après l'extinction, et dont la malignité, selon Aristote, va jusqu'à produire l'avortement, détournait les gens éclairés de cette pratique incommode et dangereuse.

FIG. II. Autre lampe de bronze, qui n'a rien de remarquable, si ce n'est le couvercle en forme de ces vases, dits _gutti_ ou _infundibula_, servant verser l'huile goutte à goutte.

FIG. III. Cette lampe singulière prend sa forme principale d'une feuille de figuier, sur laquelle se déploient en arabesques des fleurs de lotus ou d'hyacinthe. Du milieu sort une demi-figure coiffée du bonnet phrygien, ayant à la main un _pedum_ ou un autre instrument, et tenant des fruits dans le pli forme sur son sein, par la draperie qui descend de son épaule: il serait difficile de rapporter la figure avec précision à quelque Divinité connue. Peut-être a-t-on eu l'intention d'exprimer Atis, Le favori de Cybèle, entouré des productions de la terre.

FIG. IV. Cette lampe fracturée a pour sujet principal un masque scénique d'une grande beauté; les autres ornemens sont également finis et recherchés: on peut la ranger parmi les monumens bachiques. Les têtes de griffons qui paraissent aux côtés, conviennent à Bacchus; et, comme emblêmes du Soleil, désignent l'Orient, où le Dieu donna ses lois, et vit naître son culte.

PLANCHE XV. (_P_, 27, 69, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I. Lampe de terre à dix mèches. Elle est d'une si petite proportion, qu'on ne peut supposer qu'elle a été mise en usage. On trouve, dans les cabinets des amateurs, divers ustensiles remarquables comme celui-ci, par leur petitesse; et l'on doit se rappeler à cette occasion qu'on faisait chez les anciens, ainsi que parmi nous, l'imitation en petit d'une infinité d'objets pour amuser les enfans; ces présens avaient lieu principalement le jour natal, de la part des parens, des amis et même des serviteurs. Les poètes comiques nous ont aussi conservé la mémoire de ces usages (_Plaut. Bud. IV_, 4, _v_. 110). L'inscription qui est sous la lampe porte _C. TV. PRI._ qu'on peut lire _Caius TVllius PRIscus_ ou _PRImitivus_ ou _PRImus_; noms qui désignent, sans doute, le fabricant.

FIG. II. Lampe à deux mèches en forme de poisson.

FIG. II. Autre à quatre mèches, remarquable seulement par le croissant qui termine l'anse.

FIG. II. Autre en forme d'oiseau grossièrement exprimé. Un trou sur le dos servait à introduire l'huile; à la place des ailes sont les godets pour placer les mèches. On reconnaît une colombe dans cet oiseau, qui peut signifier que la lampe est une de celles consacrées aux veillées de Vénus.

FIG. II. Lampe de bronze. L'anse est ornée d'une tête de cheval; de la bouche part une chaîne qui se rattache à l'anneau d'un bouton fermant l'ouverture de la lampe; le support est un trépied à griffes de lion, orné d'une large feuille travaillée avec recherche.

FIG. V. Autre lampe de bronze, dont l'anse se termine en tête de griffon. Elle a pour support un trépied élégant, dont le motif est l'union de trois dauphins, ayant dans la bouche une conque marine, et soutenant un disque avec leurs queues.

PLANCHE XVI. (_P_. 28, _t. VIII de l'Edition royale_.)

Lampe de bronze à trois becs, représentée de face et de profil; son couvercle a pour ornement une figure qui se tient en équilibre sur un seul pied. Le bonnet pointu dont ce baladin est coiffé, était propre aux mimes et aux danseurs; il porte une espèce de ceinture ou plutôt de caleçon, dite chez les Romains _subligar_ ou _subligaculum_; cette pièce de vêtement, que les hommes et les femmes employaient dans les bains, était particulièrement à l'usage de tous les acteurs, de peur que les yeux du public, dit Cicéron, ne fussent offensés par quelqu'accident contraire à la pudeur. Notre baladin tient dans sa main droite une chaîne où pend un instrument à pointe et à crochet, destiné à gouverner le lumignon. Le couvercle est tout-à-fait mobile, et la figure n'y tient elle-même que par une aiguille, et peut s'enlever à volonté. La lampe, ainsi ornée de la figure, paraît destinée à être posée sur un candélabre.

PLANCHE XVII. (_P_. 29, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I. Sur cette lampe, on voit un jeune homme aîlé et coiffé d'un bonnet pointu, tenant un objet qu'on a pris pour un instrument champêtre, mais qui pourrait être aussi une espèce d'étendard (_vexillum_).

FIG. II. Lampe à deux mèches, ayant pour ornement deux figures placées sur des piédestaux. Leur attitude est celle que nous avons considérée sur d'autres antiques, comme étant propre aux dieux Lares. Cette lampe était, sans doute, destinée brûler devant ces divinités domestiques.

FIG. III. On voit dans celle-ci une tête d'éléphant assez mal figurée, mais dont on distingue bien les défenses et la trompe. La tête d'éléphant peut être l'emblème d'une victoire ou d'une conquête.

FIG. IV. Lampe à deux mèches, caractérisée par le croissant et par la figure qui est celle de Diane, ou d'une nymphe de sa suite. La tête a une expression sévère; les cheveux négligés sont retenus par des bandelettes; l'épaule est nue; l'arc est traité avec le plus grand soin, et l'on remarque à l'extrémité, entre deux boutons, la place destinée à recevoir la corde.

FIG. V. Le personnage vêtu d'une ample draperie et armé de thyrse, donne à cette lampe un caractère bachique.

FIG. VI. Celle-ci, de la même forme que la quatrième, a pour sujet un Amour ou un Génie tenant deux pommes ou deux balles, trophées glorieux de la beauté, ou emblèmes des jeux de l'enfance.

PLANCHE XVIII. (_P_. 30, 31, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I et V. Dans ces deux lampes, on remarque le buste d'un jeune homme ou d'une jeune femme, ayant derrière elle un croissant dont les pointes s'élèvent au-dessus des épaules. Dans la première, on voit de plus un aigle posant sur un globe, et levant la tête vers les cieux. L'oiseau de Jupiter ne laisse aucun doute sur le sens de cet emblème qui exprime une apothéose, dont le personnage demeure inconnu. Cet honneur n'appartenait point exclusivement aux Empereurs: de simples citoyens le recevaient de la piété et de la vénération de leurs proches. Les médailles représentent les âmes déifiées dans la Lune, parce qu'une opinion religieuse admettait que cet astre devenait leur séjour (_Buonarotti Med. p._ 44 _à_ 46). Dans les médailles des deux Faustines, on voit la Lune au-dessous de la figure avec la légende _SIDERIBVS RECEPTA_, _reçue parmi les astres_. Ici la situation de la figure entre la Lune et l'aigle de Jupiter, semble exprimer que l'âme s'élève jusque dans l'Olympe. Les deux lampes peuvent se ranger dans la classe des lampes sépulcrales.

FIG. II. Le Dauphin entrelacé avec le trident, consacre cette lampe à Neptune. On peut en dire autant de la Fig. VII.

FIG. III. Un temple, deux dauphins et un dragon, ou monstre marin. Cette lampe pourrait être regardée comme un monument votif, consacré en reconnaissance d'un heureux voyage.

FIG. IV. Cette figure symbolique posant sur deux dauphins, ayant la tête chargée d'ornemens peu distincts, peut représenter quelque divinité marine. Au caractère sinistre imprimé dans ses traits, nous ne sommes point éloignés d'y reconnaître l'image de Scylla.

FIG. V. Un corbeau tenant une branche de laurier, emblême relatif à Apollon.

FIG. VIII, IX et X. Lampe, ou plutôt espèce de lanterne qui devait se compléter par une garniture mobile. Nous en donnons la vue, la coupe et le plan; le cylindre qui part du fond était destiné recevoir le lumignon, comme l'atteste l'orifice noirci par la fumée; l'huile s'introduisait par l'un des côtés, et se répandait par un trou dans le récipient principal.

PLANCHE XIX. (_P_. 32, 33 et 34, _t. VIII de l'Edition royale_.)

FIG. I. Cette lampe de terre, d'un dessin très médiocre, a pour sujet deux mains unies avec le caducée: c'est le signe bien connu de la concorde et de la bonne-foi. Ce symbole était devenu le plus usité pour exprimer l'alliance conjugale; après les guerres civiles, il servit d'étendard aux compagnies romaines, et l'on trouve souvent ce signe militaire sur les médailles avec l'épigraphe: _Concordia militum_.

FIG. II. Bellori (_par. II, pl. XXIV_), et Montfaucon (_tom. V, pl. CXXIV_), rapportent une lampe absolument semblable à la nôtre, à l'exception que la flèche, dont la forme est ici très distincte, paraît être un thyrse chez ces auteurs. Ils ont vu, dans ce jeune homme, un suivant de Bacchus, prêt à frapper, ou menaçant un chien, qui s'élance sur lui; l'instrument noueux et recourbé est plutôt un bâton de chasse qu'une massue héroïque. Il faut corriger les dessins de Santi-Bartoli, ordinairement inexacts, par le nôtre, et reconnaître dans ce sujet Actæon, qui se défend de ses propres chiens, aux yeux desquels il paraissait être un cerf. Un sarcophage de la villa Borghèse représente Actæon presque dans la même attitude.

FIG. III. Cette lampe en terre cuite est l'une des plus curieuses de la collection; posant sur une base, elle forme une espèce de candélabre. La figure principale représente le génie d'Hercule appuyé sur une massue; la peau du lion vient se nouer sur sa poitrine, et ses aîles étendues embrassent le corps de la lampe. La tête qui sert d'ornement à la base est un masque bachique orné de feuilles de vigne ou de lierre, avec des fleurs ou des corymbes. Hercule et Bacchus, dont la présence est ici rappelée par des symboles, sont deux Divinités souvent réunies dans le culte des anciens.

FIG. IV. Cette lampe, d'un travail médiocre, ayant pour ornement quatre chiens en course, appartient au culte de Diane.

PLANCHE XX. (_P._ 35, 36, _t. VIII de l'Edition royale_.)

Les cinq premières figures sont les médaillons d'autant de lampes.

FIG. I. Tête du dieu Pan, dont le caractère réside dans les cornes et les oreilles de bouc, et dans la barbe épaisse.

FIG. II. Masque de satyre.

FIG. III. Masque comique caractérisé par la largeur de la face, l'élévation des sourcils, et les cheveux roulés en couronne; coiffure propre aux valets sur la scène.

FIG. IV. Masque de faune ou de silène; il est groupé avec une draperie, comme les masques le sont très-souvent dans les ouvrages de l'art.

FIG. V. Masque tragique, comme on le voit par l'expression larmoyante et la chevelure en tresses relevées sur le front, et pendantes sur les côtés. La bouche fermée semble indiquer que c'est le masque d'un danseur, ceux des histrions ayant ordinairement la bouche ouverte.

Les masques scéniques, dans les monumens funéraires, font allusion à la brièveté de la vie dans laquelle nous ne faisons qu'un rôle éphémère; les masques de faunes, de satyres et des Divinités champêtres, rappellent aussi les jouissances passagères que la mort inattendue vient terminer. Les anciens regardaient ces images multipliées comme un avertissement continuel de mettre à profit, pour la sagesse ou pour les plaisirs, les instans rapides et sans retour.

FIG. VI à XIV. Sept lampes, dont deux sous les nos IX. et X, XII et XIII, sont représentées en deux dessins: ces lampes ne sont remarquables que par les inscriptions exprimées en relief sur le fond. On trouve ordinairement dans ces petits monumens, les noms au second cas, comme _VETILI_, _ATIMETI_, et il faut sous-entendre _ex officinâ_, _ex figlinâ_... de la fabrique ou de la tuilerie d'un tel. _ATIMETI_ est un surnom; il en est de même de _CELSI_ écrit en grec: _VETILI_ et _TITIN_, c'est-à-dire _Titinni_, sont des noms de famille. Les deux autres inscriptions, nos VIII et XI, sont moins claires, et pourraient contenir des abréviations. La dernière lampe porte pour signe l'empreinte de deux pieds humains, où l'on voit les inscriptions PVI et PVR. On a trouvé dans les fouilles d'Herculanum plus d'une vingtaine de lampes, avec l'empreinte de deux pieds ou d'un seul. On peut, avec quelque raison, considérer cette marque comme une espèce de cachet. On connaît des anneaux qui se distinguent par le même signe; c'est particulièrement le symbole de la possession et de la propriété: les lettres qui l'accompagnent en complètent le sens, en indiquant un nom, comme _Publius VIbius PURpuratus_, ou tout autre qui s'accorderait avec les mêmes initiales.

PLANCHE XXI. (_P._ 38, 39 et 40, _t. VIII de l'Édition royale_.)

Huit lampes de bronze, chacune de la même forme, avec une anse recourbée qui se termine par des têtes d'animaux. Ces figures peuvent exprimer une dévotion envers les Divinités auxquelles chacune d'elle est consacrée. Ainsi, le cygne se rapporte à Vénus, le cheval à Neptune, le dauphin au même Dieu ou à Apollon, la panthère à Bacchus, le lion à Cybèle. Le roi des animaux peut encore rappeler les exploits d'Hercule, ou s'offrir comme symbole de la force.

PLANCHE XXII. (_P._ 44, 45, _t. VIII de l'Édition royale_.)

FIG. I et II. Lampe de bronze vue de face et de profil, d'un beau travail et d'une forme élégante.

FIG. III et IV. Autre lampe de bronze, avec un couvercle à charnière. Le principal ornement est une coquille qui forme l'anse; on y voit aussi deux pommes: ces divers emblèmes conviennent au culte de Vénus.

FIG. V. Lampe de terre, comme le sont les deux autres. Le médaillon, orné d'un bel entourage, représente un lion à crinière flottante, assis pacifiquement comme un chien: ce lion peut offrir l'emblème de la modération.

FIG. VI. On voit sur cette lampe un vaisseau, dont la proue est ornée d'une tête de panthère. Les anciens se plaisaient presque toujours à donner aux proues des vaisseaux la forme d'un animal, et c'était de-là que le navire tirait quelquefois son nom. Le petit bateau qui accompagne le bâtiment est de la même forme.

FIG. VII. Cette lampe, assez semblable pour la forme à celle du n°. V, a pour ornement deux colombes posées sur les anses du même vase, et becquetant ensemble le même fruit ou la même feuille. Ces deux oiseaux semblent offrir l'emblême de l'union conjugale, dans laquelle tous les biens sont en commun. Ce symbole se rencontre fréquemment dans les monumens sépulcraux.

PLANCHE XXIII. (_P._ 47, 48 et 49, _t. VIII de l'Édition royale._)

FIG. I. Cette lampe de terre fracturée a pour entourage une couronne de feuilles, et porte au milieu du médaillon une croix enrichie de divers ornemens, comme seraient des pierreries: ce même signe se retrouve sur cinq lampes publiées par Arringhi (_Rom. Sotterr. lib. III_, 22), et sur trois autres rapportées par Delachausse (_ Mus. Rom. sect. V, tab. I et seq._). Il ne reste aucun doute que la croix représentée sur ces lampes ne soit le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre avec d'autres symboles égyptiens qui ont avec celui-ci quelque ressemblance. Le frêle monument que nous publions, trouvé dans les fouilles de Pompéia, serait l'un des plus anciens du christianisme, si l'on pouvait supposer que l'existence de cette lampe a précédé la destruction d'Herculanum par le Vésuve; mais c'est une circonstance dont il est permis de douter. M. Dutheil a lu l'Institut une savante dissertation, où il a prouvé que ces mêmes lieux ne cessèrent pas d'être habités dans les âges suivans, quoique les villes détruites n'aient jamais recouvré leur première splendeur, et que les traces en aient presqu'entièrement disparu sous les villes qui leur ont succédé. Ce fait expliquerait comment des monumens plus modernes peuvent se trouver confondus sous des ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.

FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier, ornée d'un croissant et d'une tête de bœuf, dont cet ustensile emprunte toute la forme. Cette lampe peut offrir l'emblême des grands sacrifices, ou plutôt se rapporter au culte égyptien d'Isis, dont le croissant est le symbole, et à celui du bœuf Apis.

FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime deux figures nues penchées sur un cratère à hauteur d'appui; l'une, versant l'eau d'un vase dans le bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on reconnaît dans la seconde la maîtresse attentive à l'exécution de ses ordres: il s'agit sans doute ici de soins relatifs à la toilette.

FIG. IV et V. La même lampe en deux dessins; elle est à deux lumières opposées; du milieu s'élève une anse avec un œil pour la suspendre.

FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues; elle est d'un bon travail; l'anse est formée par deux branches qui embrassent le flanc, et viennent se réunir à une feuille de lierre en éventail, d'où pend une chaîne avec le bouchon servant de couvercle.

FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une forme à-peu-près semblable, garnie de trois chaînes pour la suspendre. Sur la partie supérieure, on remarque un rat qui s'avance vers le lumignon; ce qui exprime ingénieusement l'avidité de ces buveurs d'huile, dont Minerve, dans la guerre des rats et des grenouilles, poëme attribué à Homère, refuse d'embrasser la cause, «parce que, dit-elle, ils me font de grands dégâts, qu'ils mangent mes couronnes, et rongent mes lampes pour en avoir l'huile».

PLANCHE XXIV. (_P._ 51, _t. VIII de l'Édition royale_).

Belle lampe de bronze à trois becs. Les trois dessins en offrent la vue sous deux aspects, avec la coupe au trait de l'un des trois becs, jusqu'au milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont recherchés et d'un travail élégant; ils consistent en trois masques et en guirlandes de feuillage tressées avec des bandelettes; trois chaînes qui s'attachent à chaque bec servaient à la suspendre; une quatrième chaîne s'attache le bouton qui ferme le trou du milieu.

PLANCHE XXV. (_P._ 50, 52, _t. VIII de l'Édition royale._)

FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chaînes pour la suspendre, représentée en deux dessins; elle est à deux becs, dont chacun est surmonté d'un aigle, les ailes étendues, et tenant la foudre dans ses serres, emblême qui semble annoncer que cet ustensile est consacré à Jupiter.

FIG. III. Autre lampe de bronze à deux becs, ornée d'un masque sur les deux faces, et garnie de chaînes.

FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans l'un des becs, est un lumignon trouvé avec la lampe même. La conservation d'une substance aussi périssable, intacte après un laps de dix-sept siècles, est une singularité qui rend ce monument extrêmement curieux. Il est vrai que ce lumignon n'a point été trouvé à la place qui lui convient, et où il est représenté; il était renfermé dans l'intérieur de la lampe, et la lampe se trouvait hermétiquement fermée par la cendre qui s'était condensée autour du bouchon et dans les ouvertures. La privation de l'air extérieur, et surtout de l'humidité, a permis, comme l'on sait, l'entière conservation d'objets très-corruptibles, sur-tout quand ces objets étaient renfermés dans des corps métalliques, ou quand ils y étaient adhérens; ainsi on a trouvé des bonnets de laine dans des casques de bronze, des morceaux de bois tenant à des poignées de métal, et des monnaies de bronze retenant encore la toile qui les enveloppait. La matière du lumignon est de lin non filé, mais en étoupe tortillée en deux branches, comme une corde imparfaite. Le lin paraît avoir été la matière le plus constamment employée à cet usage, dans une antiquité très-reculée. La culture du coton, très-anciennement en vigueur sur les confins de l'Égypte et de l'Arabie, suivant le témoignage de Pline (_L. XIX, I_), ne s'était guère répandue en Europe que quelques siècles après cet écrivain, par le moyen des Arabes qui l'introduisirent en Espagne. On se servait encore pour les lampes, de _papyrus_ et de bouillon-blanc. Le chanvre était d'un usage très-commun, mais il servait plus particulièrement pour les lanternes, où le lumignon devait avoir plus de fermeté.

FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour gouverner le lumignon.

FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.

PLANCHE XXVI. (_P._ 53, 54, _t. VIII l'Edition royale_.)

Les vases de bronze que nous donnons ici, nous ont paru appartenir au service des lampes, comme destinés à contenir de l'huile. En consultant les ornemens, on trouve cependant à ces vases un caractère bachique; nous nous bornons à en donner la description sans rien affirmer sur leur emploi.

FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un vase pris du côté de l'anse, qui, dans celui-ci comme dans les suivans, fait le principal ornement. Cette anse est formée par la figure d'un jeune satyre posant sur un panier de raisin, et tenant dans chacune de ses mains une branche qui va, par-dessus son épaule, s'unir au bord du vase. Le corps du vase est absolument semblable à celui qu'on remarque sous le n° VII.

FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa forme et dans ses ornemens que le premier. L'anse est formée par une branche contournée, ornée de feuillures: elle se termine par un médaillon, d'où sort une tête de jeune homme, coiffée du bonnet phrygien.

FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet un Hermès d'Hercule, proprement dit _Herméracle_, et se termine par une coquille. Le Dieu est sans barbe: la peau du lion est jetée sur son épaule, et ses bras sont enveloppés dans sa draperie. On rencontre des herméracles pareils exécutés en marbre: le musée Napoléon en possède plusieurs.

FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est encore appliqué un Hermès offrant la figure d'un jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu joue avec un lièvre, animal qui se trouve souvent dans les sujets bachiques. Les autres attributs qui terminent l'anse sont aussi tous bachiques; c'est le masque d'un jeune faune appliqué sur une peau de panthère dont on voit pendre les pattes.

PLANCHE XXVII. (_P._ 55, 56, _t. VII de l'Edition royale_.)

FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase destiné à recevoir une lumière, dont l'effet était modéré par un couvercle à charnière, percé de plusieurs trous; cette lampe était une espèce de veilleuse. Sur le côté, on voit une petite anse. L'intérieur est rempli de plomb jusqu'à la hauteur désignée par la teinte, dans le premier dessin; ce qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre indiqué dans la coupe est de laiton; il est mobile, et faisait, dans le vase, office de lampe. Le trait, n°. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaçait le vase par une attention de propreté.