Antiquités d'Herculanum, Tome III. Peintures
Chapter 4
Le beau Narcisse, dans une attitude négligente et gracieuse, contemple son image dans le miroir d'une fontaine; il est couronné de fleurs; sa draperie qui a glissé sur le rocher, ne cache rien de la délicatesse de ses formes; il s'admire, et l'amour de lui-même le remplit d'une douce satisfaction, amour fatal, suivi d'un vain désir que Vénus ne connaît point et qu'elle ne peut récompenser! Déjà Cupidon désolé renverse son flambeau; le fils de Céphise va bientôt tomber desséché; une fleur funeste prendra sa place et son nom. Craignez, jeune amant, de faire respirer sa dangereuse vapeur à votre amante; mais si la mort vous ravit l'objet de vos amours, alors, seulement cueillez le narcisse, couvrez sa tombe de cette triste fleur, elle est consacrée aux tombeaux.
Hauteur, 1 P. 9 lig.--Largeur, 1 P.
PLANCHE XLVII. (_XXXI, t. VII de l'Edition royale_.)
La passion de Narcisse est exprimée, dans ce tableau, avec plus de vivacité encore que dans le précédent. Plaignez-le, jeunes beautés, si ce n'est point lui-même qu'il cherche dans son image. Ecoutez: Narcisse avait une sur jumelle qu'il aimait uniquement; belle comme lui, une ressemblance parfaite semblait offrir le même modèle en deux êtres différent. Ils s'habillaient l'un comme l'autre, ils allaient ensemble à la chasse, ils ne se quittaient point. Narcisse perdit sa sur; inconsolable, il s'arrêtait au bord des fontaines, et, trompé par sa propre image, il croyait revoir cette sur adorée. S'il s'éloignait, son bonheur le fuyait; il ne voulut plus s'écarter de la rive enchanteresse; en vain Echo soupira pour lui; en vain l'Amour voulut, le rappeler dans son empire. Irrité, l'Amour renversa son flambeau, la vie du malheureux Narcisse s'éteignit avec la flamme de l'amour, et une lugubre fleur consacra la mémoire de sa triste aventure.
Hauteur, 1 P. 9 p°.--Largeur, 1 P. 6 p°.
PLANCHE XLVIII. (_XXXII, t. VII de l'Edition royale_.)
Dans un lieu sauvage, sous une roche couverte d'un épais feuillage, dort une Bacchante; on voit près d'elle son _tympanum;_ ses cheveux sont couronnés de lierre, et noués sur la tête avec un simple nud. Un satyre insolent, habitant dangereux des montagnes, la surprend dans son sommeil, et, soulevant légèrement la draperie qui la couvrait, rend le spectateur complice de sa témérité. La couronne de feuilles de pin, que porte ce satyre, pourrait désigner le dieu Pan lui-même, que les poètes dépeignent, tel qu'on le voit ici.
Hauteur, 1 P. 8 p°.--Largeur, 1 P. 4 p°.
PLANCHE XLIX. (_XXXVII, t. VII de l'Edition royale_.)
Ces deux figures qui se détachent sur un fond jaune, forment un groupe agréable. Une Bacchante couronnée de pampres, élevant d'une main un cercle de bronze, présente l'autre main à un Faune qui la baise amoureusement. Une draperie violette en dehors et blanche en dedans, voltige autour d'elle, et la laisse à demi-nue. Le Faune, couronné de lierre, porte sur l'épaule un grand vase d'où sort une touffe de vigne et de feuillages. On rencontre dans d'autres monumens, des suivans de Bacchus avec ce même attribut. La peau grisâtre, déchiquetée sur les bords, sert encore à caractériser celui-ci. Sa figure est pleine d'expression; plus respectueux que nous n'avons vu précédemment ceux de son espèce, ce Faune retrace cette première soumission de l'amour qui craint d'effrayer celle dont il désire, dont il attend davantage. C'est ainsi que le peignirent Théocrite et Ovide: «Que je baise ta main, dit Polyphême à Galatée, si tu ne me permets un baiser sur tes lèvres. Le maître des Dieux, enlevant la belle Europe, couvre ses mains de baisers, dit Ovide; douceur dont il jouit en attendant le bonheur qu'il espère; à peine, à peine il contient son amour».
Hauteur, 1 P. 8 p°. 6 lig.--Largeur, 1 P. 2 p°. 8 lig.
PLANCHE L. (_XLV, t. VII de l'Edition royale_.)
Une femme debout, tenant une outre, verse du vin dans un vase à deux anses que lui présente un Silène assis. Ce personnage bachique est bien caractérisé par son embonpoint, son front chauve, sa longue barbe, et l'affaissement de son corps, effet de l'ivresse habituelle. Il porte un thyrse entouré de feuillages, et s'appuie du coude sur une espèce de corbeille, d'où sort une draperie verte qui vient retomber sur ses genoux. Cette corbeille est, sans doute, une ciste mystique, attribut qui convient Silène, maître des mystères de Bacchus. La femme n'a rien du caractère d'une Bacchante; la couleur verte de sa draperie semble désigner plus particulièrement une Nymphe: ces Divinités, nourrices de Bacchus, furent aussi ses compagnes, et cette union semble, dans un sens moral, rappeler que le vin doit être très-tempéré par l'eau. Cette peinture, trouvée à _Portici,_ est très-altérée, et les jambes des deux figures sont effacées.
Hauteur, 1 P. 1 p°. 3 lig.--Larg. 11 p°. 5 lig.
PLANCHE LI. (_L., t. VII de l'Edition royale_.)
Nous réunissons ici deux tableaux qui décoraient l'intérieur d'une même salle, dans une maison découverte à _Civita,_ tous deux précieux par la délicatesse avec laquelle ils sont traités, et par les sujets qu'ils représentent. Dans le premier, on voit réunis les trois inventeurs de la médecine; Apollon, symbole du soleil qui vivifie la nature, et qui dissipe, par ses rayons, les vapeurs malfaisantes, se montre dans l'attitude du repos, qui lui est si souvent attribuée; il s'appuie sur une longue lyre, posée sur la cortine qui rappelle ici l'union de la médecine et de la divination, toutes deux surs et filles d'Apollon, suivant Hippocrate (_epist. 2, ad Philopm._) Vient ensuite le centaure Chiron, qui on attribue les premières connaissances en chirurgie et en botanique, s'appuyant sur un bâton, et tenant d'une main quelques simples. Esculape, inventeur de la médecine clinique, est assis, comme il est le plus souvent représenté; car c'est ainsi qu'on voit le médecin près du lit du malade. La barbe désigne ici l'âge de l'expérience plutôt que la vieillesse. Esculape porte le doigt sur la bouche, en signe de silence; la médecine réside dans les opérations et dans les remèdes, et non dans de vains discours; aussi Virgile l'appelle la science muette (_artes mutas. Æn. XII, 395_.) Près du Dieu, est une colonne sur laquelle est posé un trépied. C'est probablement l'emblême de la science des pronostics, partie si intéressante de la médecine clinique. Le fond du tableau, assez obscur, est occupé par des arbres et des rochers.
L'autre peinture, qui a souffert quelque altération, nous offre quatre femmes occupées d'une cérémonie bachique.
Chaque sujet.--Hauteur, 1 P. 4 lig.--Largeur, 1 P. 7 p°. 9 lig.
PLANCHE LII. (_LI et XLVI, t. VIII de l'Edition royale_.)
Cette charmante figure est peinte avec autant de vérité que de délicatesse. Son attitude est pleine d'aisance, et le doigt entre les lèvres annonce la méditation ou la recherche d'un souvenir; ses cheveux blonds sont retenus dans un voile d'un rouge clair; une ample draperie de la même couleur, très-fine et transparente, l'enveloppe toute entière; par le bas, on voit passer l'habit de dessous, qui est d'une couleur verte. Les pieds nus, assise sur un siége de métal garni d'un coussin, avec un marche-pied, il semble, à l'élégante négligence de sa personne, que l'artiste ait voulu représenter une jeune femme à son lever; et l'on peut supposer que l'objet de la méditation qui l'occupe est la parure du jour. Si l'on voulait une explication plus recherchée, on se rappellerait que, chez les anciens, c'était une opinion reçue, accréditée par Pline (_XXVIII, 6_.) que les genoux croisés étaient un maléfice; il était défendu de paraître en cette attitude dans les conseils et dans les cérémonies religieuses; en faisant l'application de cette remarque, on verrait dans l'attention et la pose de ce personnage, une intention de malignité. Mais en écartant ces subtilités, on pourra dire, avec plus de vraisemblance, que cette figure représente Mnémosyne, la mère des Muses; l'attitude du recueillement, quelques ressemblances des figures de Polymnie, Muse de la mémoire; enfin, la conformité avec quelques statues anciennes qui ont la même pose, viennent à l'appui de cette opinion. Cette peinture vient des fouilles de _Civita_. La suivante, trouvée à Pompéia, nous offre un Faune couché par terre et buvant avec le vase dit _rhyton_; la forme de ce vase est empruntée d'une corne de buf dont on se servait primitivement. Quoique privé des attributs ordinaires de son espèce, ce Faune est caractérisé par ses traits rustiques, son nez relevé, son front étroit et ses cheveux touffus.
1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 8 lig.--Largeur, 1 P. 6 p°. 2e. SUJET.--Hauteur, 10 p°. 4 lig.--Largeur, 1 P. 6 p°.
PLANCHE LII. (_LII, t. VII de l'Edition royale_.)
Cette peinture représente deux femmes dans l'intérieur d'un appartement. Elles sont toutes les deux entièrement vêtues de blanc; celle qui est debout contre un appui où sont posées quelques bandelettes, et qui porte une coiffe sur la tête, paraît être une esclave qui parle à sa maîtresse. Celle-ci, assise sur un lit couvert d'une draperie verte, tenant d'une main un petit vase de métal, s'appuie de l'autre sur le lit; c'est une femme à son lever, se disposant à sa toilette; la tête détournée, elle semble exprimer le mécontentement. Il serait difficile de préciser cette scène; peut-être pourrait-on y reconnaître la Phèdre de Sénèque. La nourrice de la princesse l'annonce au chur: «Inquiète, agitée, le sommeil a fui de ses yeux; la nuit a été troublée de ses gémissemens; se levant, retombant sur sa couche, faisant dénouer ses cheveux et les faisant rattacher, et toujours impatiente d'elle-même, Phèdre paraît sur son lit, rejetant avec dédain sa parure». C'est la scène qui se rapporterait à notre tableau. «Ecartez la pourpre et les habits tissus d'or; loin de moi l'éclat de la teinture de Tyr! que mon cou demeure privé de son collier, et mes oreilles des trésors de la mer Indienne, et que mes cheveux ne reçoivent point les parfums de l'Assyrie». Le poète romain a mis ce tableau sous les yeux; notre Racine le présente à l'esprit dans ces beaux vers:
PHÈDRE.
Que ces vains ornemens, que ces voiles me pèsent! Quelle importune main, en formant tous ces nuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cheveux? Tout m'afflige et me nuit, et conspire à me nuire.
NONE.
Vous-même, condamnant vos injustes desseins, Tantôt à vous parer vous excitiez nos mains.
Hauteur, 1 P. 9 lig.--Larg. 1 P. 1 p°. 6 lig.
PLANCHE LIV. (_LIII, t. VII de l'Edition royale_.)
Une mère amène son jeune enfant devant un philosophe ou précepteur, pour le faire instruire. Ce personnage assis porte les enseignes de la secte philosophique, à l'exception de la barbe. «Le bâton, _pallium,_ la barbe et l'épaule nue, voilà aujourd'hui, dit une épigramme de l'Anthologie, les marques distinctives de la science». La privation de la barbe peut faire reconnaître ici un grammairien dont les leçons sont plus convenables à l'âge de l'élève. Le maître tient à la main un _papyrus_. L'enfant en tient un également; son doigt élevé annonce l'attention qu'il prête à la leçon; près d'eux on remarque une cassette cylindrique ouverte (_scrinium_), où sont rangés plusieurs volumes.
Hauteur, 11 p°.--Largeur, 9 p°.
PLANCHE LV. (_LIV, LV, t. VII de l'Edition royale_.)
Une femme assise sur un mur de pierres obscures et quarrées, touche les cordes d'une lyre d'or cinq cordes. La couronne de laurier semble désigner en elle une musicienne de profession. A l'imitation d'Apollon, et avec une négligence affectée, elle a laissé retomber une tresse de ses cheveux sur son épaule; sa tunique verte, retenue par trois agraffes, est recouverte d'un manteau d'une couleur changeante entre le rouge et le vert.
Un jeune homme, dans une attitude semblable, lit avec attention un _papyrus_; sa draperie est de la même couleur. A l'imitation des philosophes, il a l'épaule droite découverte; c'est un usage que les jeunes Grecs suivaient quelquefois dans les écoles. Le peintre a, sans doute, voulu représenter un étudiant. Cette figure s'est trouvée, ainsi que la précédente, sur le mur d'une maison, à l'entrée de la ville antique de _Pompéia_. Ces deux peintures retracent le genre de fabrique employé dans les murailles de cette même ville.
1er. SUJET.--Hauteur, 1 P.--Largeur, 8 p°. 2e. SUJET.--Hauteur, 7 p°. 8 lig.--Largeur, 5 p°.
PLANCHE LVI. (_LXIII, t. VII de l'Edition royale_.)
Dans ces deux fragmens semblables, on voit deux Athlètes armés de cestes, et portant, comme vainqueurs, des couronnes formées de bandelettes, de feuilles de chêne, et plus particulièrement de feuilles d'ache (_apium_); l'un d'eux tient, de plus, une branche de palmier et une autre couronne, où l'on remarque les bourrelets appelés _tori_. «La Grèce, dit la première épigramme de l'Anthologie, a quatre jeux et tous sacrés; deux sont pour des hommes et deux pour des dieux, Jupiter, Apollon, Palémon et Archemore: les prix sont l'olive, les pommes, l'ache et le pin». C'étaient les jeux olympiques, les pythiques, les isthmiques et les néméens. Il faut entendre par _pommes_, les baies du laurier consacré à Apollon. Ovide donne cependant aux vainqueurs des jeux pythiques, l'_æsculum_, sorte de chêne, dit _latifolium_ chez les Latins. Il paraît, d'ailleurs, que la couronne de feuilles de chêne était commune à tous les jeux; les autres feuilles les désignaient plus particulièrement; voilà pourquoi, sans doute, on voit ces différentes feuilles mêlées dans les couronnes de nos Athlètes. On sait encore, par les inscriptions et les médailles, que ces jeux ne se célébraient pas seulement dans la Grèce, et que, sous les mêmes noms, on les pratiquait dans des lieux spécialement désignés, et l'on pourrait tirer de notre peinture l'opinion, qu'ils étaient en usage à Pompéia, ou du-moins qu'on y connaissait d'autres jeux semblables institués en l'honneur des Héros et des Empereurs qui leur donnaient leur nom.
1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 4 p°.--Largeur, 11 p°. 2e. SUJET.--Hauteur, 1 P. 4 p°.--Largeur, 8 p°. 9 lig.
PLANCHE LVII. (_LXV, t. VII de l'Edition royale_.)
Cette peinture, d'un goût fantasque et capricieux, offre un mélange des attributs et du culte des Divinités qui président aux bienfaits de la nature. On consacrait, aux Divinités champêtres, des autels et de petits temples, sous l'ombre d'un bois qui devenait sacré. Les jours de fête on suspendait aux branches des arbres, aux colonnes, aux autels, des bandes et des festons, ainsi que des instrumens religieux. La figure debout sur un stylobate, paraît être une statue; son ombre portée sur le mur du petit temple, indique qu'elle ne tient pas à la colonne; mais elle n'a aucun attribut distinctif, si ce n'est son attitude même qui la caractérise pour une Danseuse ou pour une Bacchante: ce n'est pas la figure principale ni l'objet du culte. La figure de femme assise, quoiqu'à demi-effacée, conserve un caractère de grandeur qui paraît en faire le personnage principal; elle porte un sceptre, et s'appuie sur un petit tambour garni de grelots, instrument du culte de Cybèle, qu'on voit aussi consacré sur le sommet du temple; près d'elle, appuyé contre un autel, est un instrument inconnu, en forme de tablette, avec deux anneaux, et qui paraît destiné à produire quelque bruit. Un vieillard barbu, demi-nu, couronné de pampres, tenant d'une main un tambour semblable aux autres; de l'autre, soutenant une grande corbeille sur sa tête, paraît être un personnage animé qui s'avance pour célébrer quelque mystère. Tous les attributs de ce personnage sont bachiques. Sur un mur élevé, en regard de la figure stylite, est un Sphinx aux aîles étendues, une draperie sur le dos, ayant une figure de vieillard, avec le _modius_ ou boisseau sur la tête, et qui fait allusion à Jupiter Sérapis. On voit souvent, dans les monumens de la Campanie, le culte égyptien confondu avec le culte grec; et en ramenant tout au même principe, on ne doit point être étonné de voir rapprochés les signes du culte de Bacchus, de Cérés, de Proserpine ou Libera, d'Isis et d'Osiris, et souvent de Priape et de Mercure, Divinités qui, toutes, sont le symbole de la nature agissante et productive.
Hauteur, 2 P. 8 p°.--Largeur, 1 P. 11 p°.
PLANCHE LVIII. (_LXVII, t. VII de l'Edition royale_.)
Ces deux tableaux, trouvés à Pompéia, représentent des Pygmées, ou plutôt des Tentyrites. Dans le premier, deux de ces monstres hideux conduisent une barque contenant des vases de terre; dans l'autre, on en voit trois dans une barque peinte en rouge, dont la proue se termine en tête d'épervier. La barque paraît arrêtée dans un marais, où l'on remarque des plantes aquatiques et deux gros poissons. L'un des Pygmées tient une espèce de couronne ou de bandelette dont il s'apprête à ceindre la tête de l'un de ses compagnons qui se baisse dans une attitude grotesque. Le troisième, la tête appuyée sur sa main, considère cette action d'un air moqueur, si l'on peut saisir une telle expression dans cette étrange physionomie.
1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 8 p°.--Largeur, 1 P. 10 p°. 10 lig. 2e. SUJET.--Hauteur, 2 P. 8 p°. 6 lig.--Même largeur.
PLANCHE LIX. (_LXXIX, t. VII de l'Edition royale_.)
Nous avons, dans les volumes précédens, donné une idée suffisante du goût des décorations d'architecture, qui occupent une grande place dans le Recueil des Antiquités d'Herculanum; on pourra juger, par les fragmens que nous offrons ici et par le suivant, de la manière dont les ornemens sont distribués dans ces sortes de peintures, sans nuire, toute-fois, à l'effet des sujets principaux. Dans celle-ci, les ornemens sont peints sur un fond noir, avec une délicatesse exquise et un fini précieux. La figure est une Psyché, qu'on reconnaît à ses aîles de papillon; ses cheveux blonds sont couronnés de feuillages et de fleurs; elle tient une guirlande et un thyrse, et répond à un Amour qui fait le sujet d'un tableau semblable, et dont les attributs sont relatifs à la vie champêtre.
Hauteur, 1 P. 5 p°.--Largeur, 1 P. 10 p°.
PLANCHE LX. (_LXXX, t. VII de l'Edition royale_.)
Cette peinture, comme la précédente, donne l'idée d'une décoration composée. Le sujet du tableau principal est un Faune qui surprend une Bacchante. Sur les côtés, on voit deux personnages qui se détachent sous une colonnade légère; l'un d'eux est occupé à lire. Dans la partie supérieure et sous un pavillon, est une Vénus couchée.
Hauteur, 6 P.--Largeur, 4 P. 10 p°.
Nous terminons ici le Recueil des Peintures. En mettant contribution les savantes dissertations des Académiciens d'Herculanum, sans doute nous avons tiré peu d'or de cette mine féconde. Chercher à éclaircir le sujet; arrêter l'attention des lecteurs sur l'esprit de la composition, sur les beautés de style, sur la sagesse et la convenance des accessoires; rapprocher les rapports que ces peintures offrent avec les usages et les murs des anciens, telle a été la tâche que nous avons essayé de remplir dans un câdre borné. Le graveur a fait plus que nous; son art fixe des images auxquelles il ne manque que des couleurs; et la parole ne peut leur donner ni le corps ni la vie. L'artiste saura cependant, sur un récit fidèle, en retrouver les élémens; c'est dans cette vue que nous sommes entrés dans quelques détails qui peuvent paraître minutieux, et que nous rassemblons, dans une Table des Matières, ceux qui nous sont échappés, et qui peuvent l'intéresser.
FIN DU TROISIÈME VOLUME ET DES PEINTURES.
TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS LES TROIS VOLUMES DE PEINTURES DES ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.
A
ACHILLE et PHNIX son instituteur. Peinture sur marbre d'une seule couleur, dite _monochrome_.--Tome I, pl. 3.
AMOURS (la Marchande d') ou Génies de l'Amour dans ses différens états.--_Vénus_ le front couvert d'un voile blanc, tunique bleu-céleste, manteau vert, bracelets, chaussure couleur d'or.--_Pitho_ debout; draperie violette.--_Penia_ assise; coiffe gris-blanc, tunique jaune, demi-manches vertes, chaussure blanche, cage verte.--Fond obscur, tenture jaune.--Tome II, pl. 38.
ANDROMÈDE et PERSÉE. L'une avec une draperie couleur d'or, bordure bleu-céleste; l'autre, les cheveux châtains, la carnation animée; chlamyde rouge.--Deux _Nymphes_; la première est vêtue de blanc; on ne voit que la tête de la seconde.--Tome III, pl. 19.
APOLLON _Musagètes_. Draperie verte. (Les Muses sont à la suite.)--Tome II, pl. 1.
APOLLON avec la _Pythie_, ou autre personnage.--Tome II, pl. 32.
APOLLON debout avec la lyre.--Tome II, pl. 32.
ARBRES avec une _Dryade_ et _têtes de Méduse_.--Tome I, pl. 47.
ARIADNE abandonnée. Draperie blanche.--Tome II, pl. 14.
ARIADNE abandonnée. La déesse _Némésis_. Un _Amour_.--Tome II, pl. 15.
ARIADNE endormie.--_Bacchus_ et sa suite. La draperie du Dieu est rouge.--Tome II, pl. 16.
ARIADNE. (Apothéose d') Draperie rose sèche, cothurne blanc.--_Bacchus_, les cheveux châtains.--Tome III, pl. 22.
ATHLÈTES armés de _cestes_.--Tome II, pl. 56.
B
BACCHANTE surprise par un _Faune_ dans un site sauvage. Draperie rouge.--Tome I, pl. 15.
BACCHANTE armée d'un _thyrse_, se défendant contre un jeune homme Draperie violette, draperie rouge.--Tome III, pl. 24.
BACCHANTE avec un _Faune_ qui lui baise la main.--Tome III, pl. 49.
BACHIQUE. (Chur)--T. II, pl. 19.
BACHIQUE. (Procession)--T. II, pl. 20.
BACHIQUES. (Cérémonies)--T. II, pl. 21, 22, 23.--T. III, pl. 51.
BACHIQUE. (Pompe) Frise d'une décoration. Figures en couleur sur champ noir.--Tome III, pl. 33.
BACCHUS. (Éducation de) Nymphes, Mercure et Silène.--T. II, pl. 12.
BACCHUS debout.--T. II, pl. 16.
BACCHUS avec un _Satyre_.--T. II, pl. 33.
BACCHUS avec une _Panthère_.--Tome III, pl. 45.
BACCHUS. (Ministres du culte de) Deux ronds.--Tome I, pl. 8.
BACCHUS (Prêtresses de) ou de _Cérès_.--Tome II, pl. 24.
BACCHUS (Offrande à) ou à _Cybèle_. Fond de paysage, un petit temple, deux statues, divers instrumens, un personnage barbu et vêtu de blanc.--T. III, pl. 57.
BOUCS.--Tome II, pl. 14, 27.
C
CABIRE. Draperie bleue, disque d'acier.--Autre figure du culte de _Bacchus_ ou de _Cybèle_. Draperie bleue avec ornement violet, _tympanum_ bleu, où est peinte une figure blanche.--Tome III, pl. 23.
CAMILLE, Ministre des sacrifices.--Tome II, pl. 26. _Autre_.--Tome II, pl. 27.
CANEPHORE. Draperie rougeâtre, bandelette jaune au poignet, chaussure et rubans jaunes, panier couleur d'or, couvert d'une pièce jaune.--Tome III, pl. 5.
CÈNE domestique. Un jeune homme et une femme sur un lit.--T. I, pl. 24.
CENTAURE. _Eurytus_ assailli par _Thésée_.--_Hippodamie_. Monochrome sur marbre.--Tome 1. pl. 2.
CENTAURE. _Chiron_ avec _Achille_.--Tome I, pl. 8.
CENTAURE avec une _Bacchante_ en croupe, armée d'un _thyrse_.--Tome I, pl. 25.
CENTAURE avec un jeune homme tenant une lyre.--T. I, pl. 27.
CENTAURESSE avec une jeune fille ou _Bacchante_.--Tome I, pl. 26.
CENTAURESSE tenant une lyre et jouant des cymbales avec un jeune homme.--Tome I, pl. 28.
CERFS et CHIENS.--T. I, pl. 23.--T. II, pl. 27.
CHAR traîné par un _perroquet_, et guidé par une _cigale_.--Tome I, pl. 48.
CHAR attelé d'un _cerf_ et d'une _biche_.--Tome III, pl. 53.
CHEVAL DE TROIE. Une foule religieuse fait avancer la fatale machine; au fond, les murs de la ville.--Tome III, pl. 10
CHLORIS ou l'une des _Heures_.--Tome II, pl. 36.
COMIQUES. (Personnages) Un valet faisant un signe de raillerie; deux femmes.--Tome III, pl. 25.
COMIQUES. (Personnages) Un vieillard, un chanteur et un joueur de flûte.--Tome III, pl. 26.
Comique (Poète) dans le _Choragium_. Tunique grise à manches courtes, manteau jaune; chaussure jaune-foncé, siége avec draperie rougeâtre, bordée de bleu; marche-pied en bois, armoire en bois à deux battans, fond bleuâtre; figure obscure.--Femme debout. Tête effacée; tunique violette, bordure bleue.--Femme assise. Voile rouge-clair, tunique bleu-céleste, bord violet; autre draperie violette sur les genoux, le siége et le marche-pied jaune.--Tome III, pl. 27.
D