Antiquités d'Herculanum, Tome III. Peintures
Chapter 1
Produced by Carlo Traverso, Rénald Lévesque and Distributed Proofreaders Europe at http://dp.rastko.net. This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.
GRAVÉES PAR TH. PIROLI
ET PUBLIÉES PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
TOME III.
EINTURES.
À PARIS
{PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354; CHEZ {LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison {Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.
AN XIII. = 1805.
PLANCHE I. (_XXVII, t. III de l'Édition royale._)
Ces deux peintures sur fond noir, trouvées ensemble dans les fouilles de Gragnano, paraissent avoir quelque rapport entre elles. Dans la première, on voit une jeune femme assise sur un siége doré, demi-nue, avec une draperie rouge à bordure blanche, tenant d'une main un miroir dont la couleur est d'or, et, de l'autre, arrangeant ses cheveux; le miroir et le soin de la parure semblent désigner Vénus dans cette peinture, comme dans plusieurs monumens antiques. Le personnage qui fait le sujet du second tableau, également demi-nu, assis sur un siége semblable, un bras replié sur la tête, pourrait représenter Vulcain se reposant de ses fatigues. Ses traits rudes, ses cheveux courts et peu soignés, et le rapprochement du premier sujet, semblent le désigner; et si l'on ne remarque pas ici la difformité qui le rend célèbre dans la Mythologie, on doit observer que l'art, qui parle aux yeux, craint, plus que la poésie, de nous offrir des images offensantes: c'est ainsi que dans ce Recueil (_planche X, t. I._) on peut considérer sans horreur ce Polyphême qui reçoit un message de sa Galatée. Cependant sans voir, dans ces deux tableaux, des sujets mythologiques, on pourrait y reconnaître deux jeunes mariés; la nouvelle épouse arrangeant ses cheveux au sortir du lit nuptial, et le jeune époux dans une attitude annonçant le calme d'un amour satisfait.
CHAQUE SUJET.--Hauteur, 1 P. 4 p°.--Largeur, 9 p°. 9 1ig.
PLANCHE II. (_XXVIII, t. III de l'Edition royale._)
Le mouvement de cette figure agréablement peinte sur un fond noir, semble désigner une Danseuse comme celles qui font suite dans notre premier volume. Nous les avons considérées comme sujets Dionysiaques, rappelant les mystères de Bacchus ou de Cérès, et ornant avec propriété un lieu destiné au plaisir de la table et aux délassemens. La bandelette qui ceint la tête de cette Danseuse, est un ornement adopté par les suivans de Bacchus; cependant ce pourrait bien n'être ici qu'un ruban, accessoire ordinaire de la coiffure. Ces draperies larges et flottantes, et dont le tissu transparent décèle les formes, tenaient au costume des peuples de l'Asie, dont les Grecs conquérans, et après eux les Romains, adoptèrent les usages voluptueux; on les voit sur-tout souvent employées par les Bacchantes. Nous avons déjà cité les étoffes de cette espèce auxquelles la ville de Tarente avait donné le nom. La draperie de cette figure est jaune; elle l'enveloppe entièrement et laisse seulement la tête découverte, en formant au-dessus une espèce de voile. Tous les plis vivement agités refluent en arrière; la Danseuse paraît en observer l'effet avec complaisance; le mouvement de ses bras, plein de grâce, mais étudié, semble désigner une Danseuse de profession.
Cette peinture fut trouvée avec les trois suivantes dans les fouilles de _Civita_.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 3 lig.--Largeur, 11 p°. 3 lig.
PLANCHE III. (_XXIX, t. III de l'Edition royale._)
Cette figure, peinte avec autant d'agrément que la précédente, est encore une Danseuse dans le caractère d'une Bacchante. Elle porte la couronne de lierre; ses cheveux blonds sont dénoués et abandonnés au vent; la vive action de sa tête, renversée sur ses épaules, exprime la fureur sacrée qui saisit les Ménades au cri d'_Evoé_. C'est de ce mouvement que les poètes Grecs ont tiré l'épithète de _Rhiptokephaloi_ (jetant ou agitant violemment la tête) qu'ils donnent aux suivans de Bacchus. Son ample draperie d'une couleur incertaine entre le vert et le bleu, d'un tissu tout transparent, est, suivant l'expression des poètes, comme une vapeur fuyante, promenée par les vents, qui laisse entrevoir ses formes brillantes et flexibles; un bras est abandonné le long de son corps; l'autre est étendu, et sa main rassemble avec grâce quelques plis de son vêtement léger.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 3 lig.--Largeur, 11 p°. 3 lig.
PLANCHE IV. (_XXX, t. III de l'Edition royale._)
La draperie dont cette figure est plutôt voilée que couverte, est couleur d'eau de mer (_thalassina vestis_, selon l'expression de _Lucrèce_). Comme l'onde même, fluide, transparente, elle glisse sur le corps et ne reçoit l'ombre que dans les plis flottans qu'elle dessine en tombant de la main de la danseuse, en voltigeant derrière elle et en formant autour de sa tête une espèce de capuchon. Le mouvement de cette figure est gracieux et tranquille; si ses fonctions sont relatives aux rites de Bacchus, on pourrait voir, dans le coffret d'or qu'elle porte d'une main, l'_acerra_ ou cassolette de parfums, qui accompagnait toujours les autres ustensiles des sacrifices. Ses chaussons rouges sont attachés sous le pied avec de larges bandes de même couleur.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 3 lig.--Largeur, 11 p°. 3 lig.
PLANCHE V. (_XXXI, t. III de l'Edition royale._)
Le thyrse orné d'un ruban, et la couronne de pourpre que porte ce personnage, désignent clairement une suivante de Bacchus; une tunique flottante et une écharpe forment son vêtement; elle porte sur la tête une corbeille dorée remplie de feuillages et recouverte d'une draperie. Ces différens attributs rappellent la danse des _Canephores_, prêtresses, portant les offrandes ou les instrumens du sacrifice. Dans ce sens, la bandelette jaune qu'on remarque à l'un des poignets de la figure, est moins un ornement qu'une ligature mystérieuse. On peut, avec raison, rapporter à la danse le mouvement de la plupart des figures bacchiques; la danse prêtait son expression à toutes les cérémonies des mystères (_Lucien, de saltat._). Cependant, sans voir absolument des Danseuses dans toutes ces charmantes compositions, on peut se rappeler, sur le témoignage d'Athénée (_XIV, 6, p.629_) que les Artistes empruntaient souvent les images de la danse pour donner un développement gracieux leurs figures. Les ouvrages excellens des anciens en camées, où l'on voit les figures se détacher sur un fond obscur, sans aucun plan de repos, ont pu faire naître aussi l'idée de peindre, par imitation, des figures détachées sur des fonds d'une couleur unie, et de leur donner un mouvement qui motivât leur situation aérienne.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 3 lig.--Largeur, 11 p°. 3 lig.
PLANCHE VI. (_XXXIV, t. III de l'Edition royale._)
Ces quatre Génies et trois de la planche suivante, faisaient partie de la décoration d'une salle découverte à _Civita_ en 1749, avec les figures que nous avons données dans le tome Ier, sous le _n° XVII_ et suivans, jusqu'au _n° XXVIII_, et avec les danseurs de corde qu'on trouvera sous le _n° XIII_ de ce volume. Toutes ces figures ont rapport à Bacchus, et désignent un lieu consacré aux plaisirs de la table; leur réunion favorise leur explication mutuelle. Plusieurs de ces Génies semblent représenter ceux qui servaient dans les festins; le premier, portant un vase dont il verse la liqueur dans une patère, fait l'office d'échanson (_pocillator_) particulièrement confié aux enfans. Le second porte sur l'épaule un grand vase cylindrique à une seule anse (peut-être le vase dit _cotyla_), et soutient de la main droite une grande patère qu'il appuie avec grâce sur sa cuisse. Le troisième porte sur ses épaules un chevreau peint avec beaucoup de vérité, animal consacré à Bacchus, et faisant peut-être allusion aux danses pétulantes de ses suivans. Le quatrième, enfin, tient un vase cylindrique en forme de petite tour, et dans lequel on pourrait reconnaître celui dit _pyrgus_, où l'on agitait les dés qui nommaient le roi du festin. La forme de ce dernier instrument n'est cependant pas très-bien déterminée, et l'on pourrait encore y voir, avec quelques Antiquaires, une lanterne, un verre presque de la forme ordinaire des modernes, ou, enfin, une petite _cista_ ou corbeille mystique.
Diamètre, 1 P. 8 p°.
PLANCHE VII. _(XXXV, t. III de l'Edition royale.)_
Ces Génies, comme les précédens, font allusion aux cérémonies ou aux plaisirs bacchiques. Le premier, portant le thyrse, le _tympanum_ entouré de sonnettes, et une corbeille sacrée sur la tête, exécute une danse. Le second porte un vase deux anses, dont la forme semble annoncer le _cypellon_, vase dont on faisait usage à la fin du repas, et plus grand que celui dit simplement _poculum_. Le troisième Génie est prêt à verser le liquide de son petit vase _(hydria)_ dans une coupe hémisphérique _(ciborium)_ ou _(hemitomum)_ et paraît faire le mélange de l'eau ou des parfums avec le vin, fonction confiée aux enfans. Le quatrième, portant sur la tête une conque et tenant un sceptre, emblêmes de la domination de Vénus, paraît faire allusion au _coup de Vénus_, célèbre dans le jeu de dés, qui désignait le roi ou la reine du festin. Ce coup heureux, dit _jactus basilicus_, consistait à amener les trois six ou à présenter trois points différens. On doit remarquer que ce dernier Génie n'ayant pas été trouvé avec les sept précédens, cette circonstance peut rendre raison d'une analogie moins frappante avec les premiers.
Diamètre, 10 p°. 8 lig.
PLANCHE VIII. _(XXXVII, t. III de l'Edition royale.)_
Cette peinture curieuse et d'un bon coloris, représente un Bacchus contemplant en riant un Satyre renversé par terre, et auquel il verse sa liqueur enivrante. Le Satyre, pressé sous le pied du Dieu, faisant un vain effort pour se lever, et laissant échapper le vin de sa coupe, offre l'image de l'abrutissement causé par l'ivresse. Bacchus est couronné de fleurs et de pampres; son front est ceint du bandeau ou diadême dont il inventa l'usage; le jeu des rubans qui attachent la couronne, produit ici deux espèces de cornes qu'on a cru indiquées mystérieusement; Bacchus se représentait quelques fois avec des cornes, et, suivant Diodore _(III, 64 et IV, 4.)_ cet attribut rappelait que, le premier, il avait employé les bufs à labourer la terre. Le Dieu porte la nébride, une longue draperie qui le laisse entièrement nu, et les brodequins formés de la peau d'un animal, dont la tête est figurée au devant de la jambe. Son vase en forme de corne _(rhyton)_ se termine en trois pointes destinées peut-être à servir de pied. Le fond du tableau représente un vaste jardin, planté d'arbres, d'où pendent des pampres en festons. Sur un piédestal rustique, on remarque le redoutable gardien des jardins, armé, comme le peint Horace, pour faire peur aux voleurs et aux oiseaux. (_Vide L.I. sat. 8._)
La frise qui est au bas de la _planche IX_, représente trois figures grotesques de Pygmées, avec leurs habitations. L'un de ces êtres fabuleux poursuit une grue, insolente ennemie qui menace sa maison.
Hauteur, 1 P. 6 p°.--Largeur, 1 P. 2 p°. 8 lig.
PLANCHE IX. (_XXXIX, t. III de l'Edition royale._)
Une Victoire aîlée érige un trophée en présence d'un héros. Ce trophée rappelle ceux qu'on érigeait, dans les temps les plus reculés, avec les dépouilles des vaincus. Long-temps un respect religieux pour le malheur, défendit d'élever un monument plus durable. (_Diod. XIII, 24_). Les Thébains furent accusés devant la redoutable assemblée des Amphictyons, pour avoir consacré, par un trophée en bronze, leur victoire sur les Lacédémoniens. (_Cicero, de Inv. II, 23_). _Domitius Ænobarbus_ et _Fabius Maximus_ qui, les premiers, élevèrent Rome des tours pour y suspendre les dépouilles des ennemis vaincus, n'obtinrent point les éloges de leurs concitoyens (_Florus III, 2_). Cependant l'orgueil prévalut sur l'humanité; ces trophées en marbre représentant les anciens trophées tels que ceux dits de Marius au Capitole, ces arcs de triomphe, ces colonnes rostrales qui décoraient le _forum_, sont encore de nos jours les fastes de la puissance romaine. Ici la Victoire a dans sa main un marteau pour attacher les armes au tronc, comme on la voit sur les médailles d'Agathocles. Le simulacre du trophée est composé d'une armure complète. On y remarque le casque armé de deux cornes avec les deux parties qui couvraient les joues (_bucculæ_) et la mentonnière; les bras avec les deux mains ont été pris pour des brassards et des gantelets; mais il est évident, par leur dimension plus petite, que ce ne sont que des bras sculptés en bois, et attachés au tronc du trophée pour y passer des armes et la cuirasse, proprement dite _thorax_, garnie de la saie. La multiplicité des boucliers et des autres armes annonce une victoire signalée. Les cornes, qui font partie des casques, sont, dans les médailles, l'emblême de la force et de la valeur: ici on peut les considérer comme la représentation fidelle d'une armure usitée chez plusieurs nations; on les rencontre également dans les monumens étrusques. L'un des casques est surmonté d'un panache élevé (_cristæ_). Le héros est couronné de feuillages; il porte l'égide et la cuirasse, proprement dite _lorica_, avec la saie, la chlamyde, le baudrier (_parazonium_) et les brodequins de peau avec des mascarons. Il tient d'une main une longue lance et attache un étendard au trophée. Cette peinture fut trouvée dans les fouilles de _Civita_.
SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 5 p°..--Largeur, 1 P. 5 p°.
PLANCHE X. (_XL, t. III de l'Edition royale._)
On reconnaît facilement le sujet de ce tableau, l'introduction du fameux Cheval de bois dans les murs de Troyes. On voit déjà paraître une partie du colosse, la tête ornée d'une espèce de crète qui prend la place de la crinière. Il est monté sur un plateau auquel s'attachent les cordes que tire une foule religieuse. Les masques et le costume succinct de quelques personnages, semblent indiquer les réjouissances des Bacchanales ou celles des fêtes de Cybèle, très-souvent confondues, et célébrées à cette occasion extraordinaire par les Troyens égarés. Au pied des murs s'avance une procession de personnages vêtus d'habits longs, voilés et tenant des rameaux. Sur le troisième plan, on voit en marche une autre file portant des torches allumées en signe d'allégresse; trois personnages expriment la joie publique par leur danse; des bandes de pourpre sont suspendues en festons aux crénaux des murailles. La fatale machine s'avance lentement, renfermant dans son sein l'épouvante et la mort. Déjà paraît sur un lieu élevé la coupable Hélène, le sein découvert, et secouant une torche, signal connu des Grecs. (_Triphiodore, v.5o8_). Sur le devant un vieillard tristement assis, la tête appuyée sur sa main, semble être le malheureux Laocoon privé de ses fils, frappé d'aveuglement et prévoyant la ruine de sa patrie. Une femme à genoux au pied d'une statue de Minerve, est peut-être Hécube ou Cassandre suppliante; et ce personnage debout exprimant la compassion, le prêtre _Pantheus_, servant le temple de la Déesse, qu'on voit un peu plus loin derrière des cyprès. C'est là que doit arriver le perfide colosse (_Voyez la Table Illiaque, Fabretti, col. tr. p. 314 et 365_). Au milieu du tableau s'élève une colonne portant une urne cinéraire, honneur rendu, peut-être, au grand Hector. Dans le lointain, on apperçoit les murs et les tours qui forment l'enceinte de la ville.
Cette peinture curieuse, trouvée dans les fouilles de _Civita_ en 1761, est remarquable par la richesse de la composition et la beauté de l'ordonnance.
Hauteur, 1 P. 1 p°. 10 lig.--Largeur, 1 P. 9 p°..
PLANCHE XI. (_XLI, t. III de l'Edition royale._)
Douze morceaux de peinture antique faisant le sujet de diverses planches de l'édition royale, donnent, comme ceux que nous avons sous les yeux, l'idée de ces portiques d'un _forum_, où s'exerçaient également les arts libéraux et mécaniques: on peut y distinguer une école de jeunes filles, rappelant celle où le décemvir _Appius_ devint épris de _Virginie_ en la voyant lire sous un portique; un marchand de souliers, un écrivain public ou un dessinateur devant une statue équestre; un marchand d'effets à l'usage du sexe; une boutique de comestibles, une autre de potions chaudes, et autres sujets semblables. Ces sujets, d'une exécution médiocre, offrent peu de variété dans le style ou la composition, et nous en donnons une idée suffisante dans les deux que nous réunissons ici. Le premier portique représente une école; le personnage debout ayant une barbe, vêtu d'un simple manteau, est le philosophe ou le grammairien qui donne ses leçons; des jeunes gens assis ou debout sont appliqués la lecture; l'un des écoliers, dépouillé de ses habits, portés par deux jeunes gens, subit une correction à coups de verges (_catomum_); punition plus en usage chez les Grecs que chez les Romains. Le second portique peut représenter une boutique où l'on voit un marchand d'étoffes en présenter des femmes assises, tandis que d'autres femmes paraissent entrer aussi pour faire des emplettes.
Toutes ces peintures furent trouvées dans les fouilles de _Civita_.
CHAQUE SUJET.--Hauteur, 1 P. 5 p°. 3 lig.--Largeur, 2 P. 2 p°.
PLANCHE XII. (_XLVII, t. III de l'Edition royale._)
Cette belle figure d'Hercule représente le héros portant le terrible sanglier d'Erimanthe, en accomplissement de l'un des douze travaux qui lui étaient imposés par Eurysthée. Le roi de Mycènes, représenté jeune et sans barbe, effrayé à la vue de cet objet affreux, se réfugie dans un tonneau d'airain enfoncé dans la terre, tel que ceux où les anciens conservaient le vin ou le bled. Diodore (_IV, 12_) rapporte qu'Hercule prit et porta ainsi le sanglier vivant: on ne distingue point si le peintre s'est conformé à cette circonstance. Eurysthée, né deux mois avant le fils de Jupiter, devrait, comme lui, se montrer barbu; cette marque de virilité peut être refusée, avec intention, au lâche favori de Junon, qui n'osait pas même soutenir les regards du héros.
Cette peinture fut trouvée à Portici en 1761. La frise qui représente de jolis vases, n'a aucun rapport avec le sujet.
SUJET PRINCIPAL.--Hauteur, 1 P. 4 p°. 10 lig.--Larg. 1 P. 3 p°. 7 lig.
PLANCHE XIII. (_XXXIII, t. III de l'Edition royale._)
Ces Danseurs de corde faisaient partie de la décoration d'un lieu consacré à Bacchus, comme nous l'avons annoncé au _n°. VI_ de ce volume. Le peintre, en les représentant sous la figure de Faunes, offre un emblême qui est d'accord avec l'intention de toute la décoration. Il peut faire aussi allusion l'agilité surprenante de ces baladins célèbres chez les Romains, et dont les nôtres approchent à peine. Chacun de ces Faunes porte une coiffure étrangère à son caractère particulier, et qui paraît appartenir ici au Danseur comme une sorte de défense pour la tête dans les accidens: en effet, le danger de ces exercices extravagans ne fut que trop prouvé par de funestes expériences. L'Empereur Marc-Aurèle ordonna même, pour les prévenir, qu'on fît tendre des matelas sous les cordes, et dans la suite on imagina, avec plus de prévoyance encore, d'y substituer des filets; c'est une précaution que l'humanité a négligée parmi nous, et que la disposition de nos théâtres permettrait d'employer sans nuire à l'illusion qui excite si vivement notre curiosité pour les dangers dont nous sommes exempts. Ces Danseurs sont remarquables par l'énergie du dessin et par la vivacité, l'adresse ou la force de leur action.
Le cadre de chaque figure a environ 7 p°. 6 lig. de haut, sur 6 p°. 6 lig. de larg.
PLANCHE XIV. (_I et VIII, t. IV de l'Edition royale._)
Jupiter est porté sur les nuages avec ses attributs. La tête couronnée de branches de chêne, il tient le sceptre d'une main; l'autre est armée de la foudre. L'aigle s'élève sur un groupe de nuages; l'arc céleste paraît en signe de courroux: «Jupiter, dit Homère (_Ill. XVII_) déploye la rougissante Iris devant les hommes, signal de guerre et de tempête». Chez les anciens poètes, Iris est toujours une messagère funeste; mais Cupidon retient le bras vengeur, il semble désigner le sceptre, symbole d'une domination plus douce. Le maître des Dieux va céder, et déjà la bonté vient adoucir ses traits sévères. Cette peinture ingénieuse fut trouvée, ainsi que la suivante, dans les premières fouilles de Portici.
L'usage qu'avaient les anciens de décorer l'intérieur de leurs appartemens, de peintures voluptueuses, peut rendre raison du sujet de ce second tableau, à défaut d'indices suffisans pour le déterminer: la couronne de lierre que porte le jeune homme ne suffit pas pour faire reconnaître, dans ce groupe, Bacchus et Ariadne; ce sont plutôt deux amans ou deux nouveaux époux au lit nuptial, et la couronne est un ornement du festin qui a précédé. La présence du personnage qui touche de la lyre, celle d'un autre personnage presque effacé, semblent rappeler la dissolution introduite dans les murs par les abus du culte de Bacchus: cependant, à considérer que les anciens rapprochaient souvent dans leurs représentations des sujets censés éloignés, on pourrait penser que la musicienne (_citharistria_) est supposée à la porte de l'appartement, chantant l'épithalame, suivant l'usage antique. La faiblesse des teintes, à défaut de plans très-bien sentis, éloigne cette figure, et rien ne peut la désigner pour celle d'Apollon, qui chanta l'hymne nuptial aux noces de Bacchus et d'Ariadne.
1er. SUJET.--Hauteur, 1 P. 10 lig.--Largeur, 2 P. 8 lig. 2e. SUJET.--Hauteur, 1 P. 4 p°. 5 lig.--Largeur, 2 P. 2 p°. 6 lig.
PLANCHE XV. (_II, t. IV de l'Edition royale._)
Le champ de cette peinture est rouge; la niche, proprement dite _ædicula_, avec la corniche ornée d'arabesques, est peinte d'un jaune clair; le socle sur lequel elle pose imite un marbre veiné; le piédestal cylindrique et l'autel qui porte la statue, sont de couleur d'or; la statue, peinte à l'imitation du marbre, représente le dieu Mars nu, imberbe, comme dans la belle statue du palais _Ludovisi_, avec le casque en tête, le bouclier et la lance. Homère et Ovide le représentent avec ces mêmes armes; ici il porte de plus une épée garnie du baudrier (_balteus_). On le retrouve avec tous ces attributs sur quelques médailles et dans d'autres monumens.
Hauteur, 2 P. 1 p°.--Largeur, 1 P. 5 p°. 6 lig.
PLANCHE XVI. (_III, t. II de l'Edition royale._)