Antiquités d'Herculanum, Tome I. Peintures
Chapter 3
On ignorait tout-à-fait quel était le sujet du premier tableau. M. _Visconti_ en a donné une explication heureuse fondée sur un rapprochement de passages anciens et de plusieurs monumens. (_Voyez_ Museo Pio-Clem. _Tome IV page 2, note 2_). Ces Génies s'occupent autour d'un métier à former une espèce de festons de laine qui devaient être interrompus par de petits noeuds en ruban pourpre. Ces festons étaient proprement dits _vittae_; ils formaient la parure ordinaire des temples, des victimes, et de presque tous les objets du culte. Pour faciliter le travail de ces petits ouvriers, des écheveaux de laine sont suspendus autour du métier, sur la table duquel paraît un grand nombre de petits anneaux de ruban pour en former les noeuds que nous venons d'indiquer. Ces Génies font précisément l'opération que Stace a décrite dans l'hémistiche suivant (THEB. II, v. 7381):
... _Nectunt discrimine vittas_.
Dans le second tableau, on voit deux petits Génies dans une attitude gracieuse qui s'amusent à pêcher à la ligne.
Hauteur, 8 p°. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p°. 8 lig.
PLANCHE XXXVII.
Le Génie de la Chasse ne peut être représenté avec plus de vie, avec plus de grâce. Il tient deux javelots de la main gauche; de l'autre, il lance le trait qui va percer l'un des cerfs fugitifs; le battement de ses aîles et sa draperie flottante répondent à la vivacité de son action. Les cerfs sont d'une belle forme et s'élancent avec rapidité. Les chiens sont tels que les décrit un auteur ancien (NEMESIANUS, _v. 108 et suiv._) «Elevés sur les jambes, la poitrine large, les flancs effilés vers la croupe, la queue recourbée et les oreilles flottant avec souplesse dans leur course». Le peintre n'a rien négligé pour exprimer cet exercice chéri des rois et des héros, et qui préparait les Romains la gloire, en développant leurs forces et en entretenant leurs membres dans la vigueur. (_Voy._ HOR. I, _ép. XVIII_).
L'autre peinture offre deux Génies chacun sur un char tiré par des dauphins accouplés à un timon; le second, cédant au sommeil et prêt tomber dans la mer, semble faire allusion à l'aventure du fameux nocher d'_Enée_.
Hauteur, 8 p°. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.
PLANCHE XXXVIII
La première de ces peintures offre un Génie assis dans un char et jouant de la lyre. Le char est traîné par deux griffons guidés par un autre Génie qui marche devant, et porte un bassin rempli de fruits. Le fond du tableau est une draperie verte relevée dans le milieu par un gros noeud, et dont les plis indiquent une suite de festons. Cet appareil, cette marche solennelle, ces quadrupèdes ailés consacrés à _Apollon_, semblent annoncer le fils de _Latone_. Ces Génies sont évidemment lés Génies d'Apollon; la draperie peut faire allusion au pavillon sacré décrit par _Euripide_ dans l'_Ion_ et que l'on érigeait à Delphes dans les fêtes de ce Dieu. La lyre désignerait l'harmonie que ce Dieu puissant entretient dans la nature, et le bassin de fruits serait l'hommage offert pour les bienfaits qu'il répand sur la terre en la fécondant. Ce que cette peinture a pu laisser à désirer pour le fini de l'exécution et la beauté du coloris, est racheté par le mérite de l'invention, le mouvement et la vie des figures. Elle fut trouvée dans les fouilles de Résine en 1748. La suivante fut trouvée au même lieu en 1749; elle nous offre également un sujet religieux, expliqué par l'inscription très-rare qu'on lit sur le fond du tableau: GENIUS HUJUS LOCI MONTIS, _Génie de cette montagne_. Ce jeune homme nu, couronné de feuillages et tenant une branche à la main, vient de déposer son offrande sur l'autel rustique qui s'élève au sommet de la montagne. Son action indique le silence qui convient au mystère, à l'instant propice attendu religieusement, où le serpent vient dévorer les fruits consacrés. On connaît le respect des anciens pour ce reptile; né de la terre, il représente ici le Génie du lieu. Un passage de Virgile se rapporte merveilleusement au sujet. (ÆN. _V. v._ 97).
Il dit, et de la tombe un serpent monstrueux Sort en développant sept plis majestueux, Embrasse mollement la tombe paternelle; D'un or mêlé d'azur son écaille étincelle, Et son émail changeant jette un éclat pareil A l'écharpe brillante où s'empreint le soleil. On s'étonne à sa vue; et lui sans violence, Parmi les vases saints s'avançant en silence, Glisse, effleure les mets, et, rassemblant ses nuds, Rentre au fond de la tombe et disparaît aux yeux. _Quel est,_ dit le héros, _ce serpent tutélaire? Est-ce un gardien sacré du tombeau de mon père? Serait-ce de ces lieux le Génie inconnu?_
DELILLE
Hauteur, 8 p°. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.
PLANCHE XXXIX.
Cette peinture et les suivantes, ayant pour sujet des décorations d'architecture, furent trouvées dans les fouilles de Résine. On chercherait vainement, dans ces compositions bizarres, les principes ou l'application, des règles de l'art; on ne doit y considérer que l'essor d'une imagination capricieuse, dont une grâce séduisante excuse à peine les écarts. La peinture, qui n'est que l'ombre des arts plus imposans, de la sculpture et de l'architecture, a pu jouer avec les formes les plus sévères et produire des prestiges brillans, comme fait l'imagination avec les ombres légères d'un songe. Les décorateurs, qui n'avaient pour but que de remplacer la longue uniformité d'une surface par des objets agréables à la vue, se sont abandonnés sans scrupule tous leurs caprices. _Vitruve,_ ce grand maître de l'antiquité, dont le livre conserverait encore les principes, si tous les monumens avaient péri, s'est élevé avec une grande sévérité contre ces écarts qu'il croyait pernicieux au bon goût. Il rappelle la peinture à sa première destination, celle de représenter ce qui existe; il veut qu'elle soit aussi vraie dans la représentation de l'architecture, que dans l'imitation de tous les objets pris dans la nature; il ne peut souffrir ces fûts de candélabres, ni ces cannes légères (_calami_) qui prennent la place des colonnes, ni ces formes de crochets (_harpaginetuli_) substitués au faîte imposant d'un édifice, tels qu'on les voit au couronnement de la rotonde dans notre peinture, à laquelle on peut parfaitement appliquer la critique de l'auteur latin. Cette rotonde paraît former le milieu d'un ensemble de colonnades disposées d'une manière pittoresque. Il manque la partie gauche et tout ce qui répondrait au côté droit. L'arrangement des guirlandes et des feuillages jette de l'agrément dans les espaces et sert à marquer les distances. L'ordre ressemble à l'ionique, s'il peut être déterminé malgré le défaut de proportions. On ne peut s'empêcher de reconnaître dans ces peintures une vivacité singulière, réunie à tant de franchise et d'esprit, dans les touches des ombres et des lumières, que Vitruve qualifiait d'_aspérité_ le relief qu'elles produisaient. Et si l'on veut revenir contre la condamnation du critique latin, on se rappellera que _Raphaël_ a adopté ce genre de peinture pour la décoration; et le goût général avec lequel les anciens et les modernes l'ont affectionné, semble faire, avec ce jugement implicite de Raphaël, une autorité qui contre-balance l'opinion trop sévère que Vitruve avait de ce même genre.
Hauteur, 3 P. 3 lig.--Largeur, 4 P. 9 p°. 6 lig.
PLANCHE XL.
Cette décoration, du même goût que la précédente, est également tronquée. Elle règne sur une bande qui forme comme le socle de la salle; cette bande est divisée en trois parties. La partie inférieure qui sert d'architrave, est ornée d'aîles et de bandelettes disposées alternativement. La partie supérieure est agréablement ornée et figure la corniche. Celle du milieu peut passer pour la frise (_zophorus_, ainsi dite, parce qu'elle est ornée d'animaux); les modillons sont figurés par des têtes ou mascarons, et les métopes par des cygnes et d'autres oiseaux qui tiennent des couronnes suspendues sur un pavillon ou sur une coquille; le portique quadrilatère forme le milieu de la décoration; il est flanqué de deux autres de forme triangulaire, égaux entre eux. Tous les trois sont couronnés d'une espèce de pavillon, et reposent sur un soubassement propre à chacun d'eux: les chapiteaux désignent l'ordre ionique; mais les colonnes effilées n'ont point de base comme dans le dorique. A quelque distance des portiques, on en voit naître un quatrième, dont on distingue seulement une colonne et un contre-pilastre sur une base isolée des premières; l'intervalle entre ces deux suites est occupé par une espèce de dais décoré intérieurement de caissons, et sur le front, d'une frise et d'un tableau représentant une biche marine. Sous le dais se voit un panier sacré ressemblant ceux des _Canephores,_ avec ses anses et son couvercle. Ce panier est suspendu par une guirlande qui s'attache au pavillon principal en traversant les colonnes avec élégance, et dont le second feston paraît devoir aller joindre une partie semblable au côté visible.
Hauteur, 3 P.--Largeur, 4 P. 9 p°. 6 lig.
PLANCHE XLI.
Au premier aspect, ce portique promet un édifice régulier; mais, avec quelque attention, on y découvre les mêmes défauts et les mêmes bizarreries que dans les décorations précédentes. Les colonnes, toujours en forme de candélabres, paraissent tenir à l'ordre composite, si l'on se borne à considérer le chapiteau, sa forme et sa proportion. Les bases sont attiques et reposent sur un socle ou soubassement orné en partie comme un piédestal avec une grande ouverture horizontale dans le milieu. Le portique semble fermé par une enceinte à hauteur d'appui, dans le genre de ceux qu'on appelait chez les anciens _plutei_; ils étaient ordinairement de marbre ou de bois. Dans le fond, on voit un autre portique d'ordre ionique dont la corniche, ornée de triglyphes et de métopes, quoique d'un goût bizarre, tient beaucoup au dorique. Toute la colonnade, comme les précédentes, est réunie par une guirlande qui couronne un _tympanum_ ou un bouclier qu'on suspendait aux portes des temples; cette remarque peut conduire à penser qu'on a voulu figurer ici le _pronaos_ ou le vestibule d'un temple.
Hauteur, 4 P. 1 p°.--Largeur, 3 P.
PLANCHE XLII.
Cette planche présente deux fragmens de peintures différentes. La première semble offrir le vestibule d'un grand palais. La colonne en avant de la perspective, décorée d'ornemens bizarres, peut faire supposer un autre édifice isolé. Les deux colonnes sur la droite du tableau et l'espèce de therme ou de cariatide, placée à l'angle saillant, indiquent des parties correspondantes qui concourent soutenir la frise et la corniche d'une grande richesse; à travers la porte, on découvre une colonnade ionique qui donne l'idée d'un portique ou d'une cour (_peristylium_). La disposition des parties et la dégradation des teintes dans ce tableau curieux, prouvent bien, contre une opinion hasardée, la connaissance que les anciens avaient de la perspective et de ses effets.
L'autre peinture, très-intéressante, semble offrir trois parties distinctes et réunies par le seul caprice du décorateur; l'édifice semble indiquer le _pronaos_ d'un temple qu'on peut supposer de Bacchus, à cause de la statue de panthère, placée au pied d'une colonne. On peut reconnaître le nombre impair des gradins, exigé par Vitruve (III, 3); le _pluteus_ et la porte bien singulière, divisée en trois parties ou battans; il n'y a de véritable que celui du milieu, les deux autres étant dormans; aussi l'escalier n'a-t-il la largeur que de la seule partie qui s'ouvre.
Hauteur, 8 p°. 3 lig.--Largeur, 1 P. 1 p°. 6 lig.
PLANCHE XLIII.
On ne peut considérer, sans plaisir, cette peinture singulière. Sur un portique d'ordre ionique, dont on ne voit que les chapiteaux avec la corniche et la frise ornée de dauphins et de tritons, s'élève un édifice construit en bois. Le chapiteau tient du corinthien; la corniche, le frontispice et le toît ont quelque chose de fantasque et d'agréable. Sur le flanc, se détache un morceau de travail semblable, consistant en deux pilastres qui descendent jusqu'en bas de l'édifice inférieur, et dont l'entablement porte un beau vase à deux anses et à col rétréci. On pourrait penser que cet édifice représente un _coenaculum,_ ou une espèce de belveder sur la plateforme d'une maison de plaisance. (_Voy_. VITRUVE, _lib. II, cap. 8_). Les arbres qui l'environnent et dont on ne voit que les sommités, confirment cette opinion.
On admirera dans la seconde peinture (_pl. 47 de l'édition royale_) l'imagination et le caprice ingénieux de l'artiste. Il a représenté d'une manière très-gracieuse, un perroquet attelé à un petit char et guidé par un grillon qui tient les rênes entre ses dents; on trouve des pierres gravées avec de semblables fantaisies qui pourraient bien renfermer quelques allusions satiriques à des noms propres, ou bien des anecdotes relatives à l'époque où vivait l'artiste.
1er SUJET.--Hauteur, 3 P. 4 p°.--Largeur, 3 P. 6 p°. 6 lig. 2e SUJET,--Hauteur, 1 P, 2 p°.--Largeur, 3 P. 6 p°.
PLANCHE XLIV.
La première peinture paraît offrir un vestibule; le caprice y règne comme dans les précédentes, et n'exclut pas un certain agrément. Les colonnes à chapiteaux ioniques, mais sans bases, portent la couverture et une corniche que l'ornement presque en triglyphe et les modillons rapprochent du dorique. La lionne ou panthère, le disque d'argent auquel sont suspendus des festons entrelacés de rubans rouges, le tableau au-dessus de l'édifice représentant une marine, sont des ornemens disposés pour la grâce et l'effet pittoresque.
Dans le premier tableau (_pl. 50 de l'édit. royale_) qui est au-dessous, on voit _Osiris_ ou quelqu'un de ses prêtres avec un masque à tête d'épervier, surmontée de la fleur mystérieuse du _lotus_; il porte une lance (_hasta_); vis-à-vis est un prêtre d'_Isis_ avec une longue barbe et tenant en main un serpent; ce symbole, bien connu d'Isis, a rapport la faculté de guérir, attribuée à cette divinité universelle; au milieu est un autel avec le vase de l'eau du Nil, autre emblème propre à la même déesse.
La peinture qui fait pendant représente aussi _Osiris_ et _Isis._ Le premier a une longue barbe; chacune de ces divinités porte une lance, et de l'autre main quelque chose de difficile à distinguer, probablement le _tau_ ou la clef des digues, symbole du débordement annuel du Nil qu'on croyait dû à Isis et à Osiris; au milieu on voit une table sur laquelle est un oiseau qui semble s'élancer vers Isis; cet oiseau peut rappeler les fables égyptiennes qui faisaient mention de la métamorphose d'Isis en hirondelle; les vêtemens réticulaires sont les mêmes que ces divinités portent sur la table isiaque ou dans d'autres monumens.
1er SUJET.--Hauteur, 2 P. 2 lig.--Largeur, 2 P. 9 lig. 2e et 3e SUJETS--Hauteur, 1 P.--Largeur, 1 P. 2 lig.
_PLANCHE XLV._
LE premier tableau représente un combat entre deux vaisseaux de guerre; un autre, chargé de gens armés, paraît s'éloigner, tandis qu'un quatrième, brisé contre un rocher et dévoré par les flammes, est prêt disparaître, et ne montre plus que des débris. Parmi les flammes et les flots on distingue une femme; on en reconnaît d'autres sur le troisième vaisseau, ce qui n'a rien d'extraordinaire, puisqu'elles étaient reçues sur les vaisseaux de guerre. Dans la petite île s'élève une chapelle (_Sacellum_) avec une statue de Neptune; près de là est un guerrier, le casque en tête et armé d'une pique. Il paraît que ces vaisseaux sont des _birêmes;_ on y distingue facilement les deux rangs de rames; le premier est évident, le second est visible aussi vers le bout des vaisseaux, où l'on aperçoit les rames dans leur largeur: on voit ici clairement que les rames ne composent pas un seul rang. Les boucliers suspendus aux vaisseaux étaient un ornement ordinaire de la marine militaire. La tour qui domine sur l'un des vaisseaux peut indiquer le vaisseau _Prétorien,_ c'est-à-dire, celui que montait le commandant. Dans l'autre tableau sont peintes différentes espèces de poissons.
Chaque Sujet.--Hauteur, 1 P. 3 p°. 6 lig.--Largeur, 9 p°.
PLANCHE XLVI.
La variété des objets donne au premier de ces deux paysages beaucoup d'intérêt. Sur le rivage est un édifice, avec des arbres d'un côté, et de l'autre un pilastre qu'on pourrait prendre pour un phare, s'il avait plus de corps et de solidité. En mer sont quatre vaisseaux chargés d'équipages et de soldats. Trois ont sur les flancs une espèce de parapet sur lequel sont suspendus des boucliers; le quatrième est décoré d'une balustrade; le rameau de laurier planté sur la poupe indique vraisemblablement quelque victoire. Des figures humaines en forme de mascarons ornent les proues. L'autre rive offre un paysage agréable, orné de collines, de plaines, et de fabriques. Celle qui se fait remarquer par une longue colonnade pourrait être un _prætorium_ ou château.
La seconde peinture (_pl. 50 de l'édition royale_) représente un édifice champêtre sur le bord du Nil. L'Égypte est évidemment indiquée par le crocodile et l'hippopotame, ainsi que par l'oie qui se rencontre fréquemment dans la table isiaque et dans les autres monumens égyptiens.
1er SUJET.--Hauteur, 1 P. 11 p-°--Largeur, 4 P. 2e SUJET.--Hauteur, 1 P. 2 p°.--Largeur, 3 P. 4 p°.
_PLANCHE XLVII._
On a réuni ici les deux arbres avec les bandes qui occupent deux planches dans l'_édition royale_ (_pl. 48 et 49 _); au-dessus de chaque arbre est suspendu un bouclier d'or avec une tête de Méduse; du pied de l'un des chênes s'élève une Dryade armée d'une coignée, comme attribut de la nymphe gardienne de la forêt.
Le premier des petits tableaux qui sont au-dessous représente un petit temple égyptien auquel on arrive par cinq degrés. La porte est ornée d'un feston; on voit un buste dans la frise de l'architrave, et sur le faîte un serpent de bronze désignant peut-être le serpent d'Isis. Les degrés sont flanqués de deux bases longues sur lesquelles sont deux crocodiles également de bronze; à gauche du temple, dans une niche très-élevée, est une Idole égyptienne; l'édifice qui fait suite paraît tenir au temple; et sur le cordon qui règne autour, siège Anubis en forme de chien, comme pour veiller à sa garde (_latrator Anubis _). On remarque différens personnages et un groupe plein de naïveté; c'est un paysan conduisant un âne chargé de bouteilles, comme l'atteste la transparence de la liqueur rouge qu'elles contiennent, et qui s'efforce, en tirant l'animal par la queue, de le sauver de la gueule du crocodile.
L'autre peinture n'est pas moins intéressante; c'est une vue du Nil avec différens édifices, des tours et une espèce de moulin près d'une grande maison de campagne; sur le devant on remarque une conserve pour les eaux, défendue par une enceinte de palissades; au-dehors, une machine curieuse pour puiser de l'eau, et dont un homme, assis sous une grande tente, fait usage; plus loin, on voit un homme portant une lance et un bouclier, qui attaque un crocodile.
1er et 2e SUJETS.--Hauteur, 3 P.--Largeur, 1 P. 8 p°. 3e et 4e SUJETS.--Hauteur, 1 P. 2 p°.--Larg. 3 P. 4 p°.
PLANCHE XLVIII.
CETTE planche réunit quatre morceaux servant d'ornemens dans l'édition royale, aux pages ci-après citées. Le premier rond (_pag._ 174) offre un paysage avec deux colonnes de front qui soutiennent un architrave faisant ruines. Dans l'autre rond (_p._ 251) sur une base élevée, on voit une statue qui pourrait être une _Leucothée;_ en mer est un vaisseau, et dans le lointain une maison de plaisance. Le troisième de forme longue (_pag._ 151) représente une maison de campagne magnifique, avec plusieurs personnages; sur une base s'élève une statue de _Neptune:_ Dans le quatrième (_page_ 143) on voit une tour quarrée avec des fenêtres; un édifice somptueux soutenu dans l'eau sur des arcades; l'horizon, d'autres fabriques, parmi lesquelles on distingue une pyramide qui pourrait être un tombeau. On remarque dans cette peinture les deux figures portant des culottes, pièce de vêtement qu'on n'avait pas vu paraître jusqu'ici sur des monumens d'une date aussi ancienne, qui répond au règne de Titus, ou même qui le devance. La colonne Trajane en offre d'autres exemples; cependant, les auteurs de l'âge d'Auguste font déjà mention des _campestria_, espèce de culottes, et ils en supposent l'usage bien plus ancien.
1er et 2e SUJETS.--Diamètre, 1 P. 3e et 4e SUJETS.--Hauteur, 10 p°. 3 lig;--Largeur, 2 P. 2 p°.
FIN DU PREMIER VOLUME