Part 43
2º. Dans le Chapitre 33, l'Auteur de l'Esprit des Loix dit que _quand les Fiefs furent héréditaires_ (il faut remarquer qu'ils furent héréditaires en 877) _le droit d'aînesse s'établit dans la succession des Fiefs, & par la même raison dans celle de la Couronne qui étoit le grand Fief_. Il ajoûte..... _qu'on établit alors un droit de primogéniture, & que la raison de la Loi féodale força celle de la Loi politique & civile_.
Ainsi quoique dans le Chapitre 29 notre Auteur eût avancé que sous la seconde Race la _Couronne avoit été élective & héréditaire_, dans le 33e il assure que la _Couronne, qui étoit le grand Fief_, étoit dévolue, durant la même Race, à l'aîné.
Dans le Chapitre 29 la _Loi politique_, qui avoit réglé dans le 9e siecle la succession au Trône, produisit, si on en croit M. de Montesquieu, la _Loi politique_ qui autorisa dans la suite l'élection des vassaux; & dans le Chapitre 33 il suppose que c'est la _Loi féodale_ qui a fait plier sous elle la _Loi politique & civile_. Ces contradictions ne partent évidemment que de la confusion des époques, & elles doivent convaincre du danger qu'il y a de se laisser emporter trop loin par la rapidité du style & la nouveauté ou l'éclat des pensées dans les Ouvrages qui ont principalement pour objet la discussion des faits.
Page 5, ligne 7, on trouve ces mots, _les suites qu'auroit eu leur infidélité_, lisez _qu'auroit eues, &c._
_Idem_, lig. 22, _pessédoient_, lisez _possédoient_.
Même page, j'aurois dû distinguer les biens de l'Etat en _présens_, en _honneurs ou biens fiscaux_, en _Bénéfices des particuliers ou des Eglises & en Aleux_. Les _présens_ étoient héréditaires, & devenoient aleux entre les mains de ceux qui en étoient gratifiés. Tels étoient les biens désignés par le nom _de munificentiæ_ dans le _Traité d'Andely, entre Gontran & Sigebert_, dont je parle page 7. Ces présens étoient tirés des confiscations qui échéoient au Roi régnant, & qui, n'ayant pas été possédés par ses prédécesseurs, n'étoient point réputés incorporés au domaine ni inaliénables.
Les _honneurs_ ou _biens fiscaux_ provenoient des confiscations; mais les anciens Rois, en ce qu'ils ne les avoient point aliénés, étoient réputés les avoir réunis à l'ancien domaine de la Couronne pour n'en être jamais séparés.
La _Jurisdiction_ que j'attribue en cet endroit à ces _honneurs_, doit s'entendre d'une Jurisdiction purement économique. Voyez la Remarque sur la Charte de Guillaume le Conquérant, qui suit les Loix d'Edouard le Confesseur dans le 2e Volume, page 161.
Page 6, ligne 24, au lieu de _distric_, il faut lire _district_.
Page 8, après la Note 33, _absque ullius introitu judicum, Form. 17, L. 1, Marculph._ on doit ajouter cette observation, _ces portions du fisc devenoient soumises directement au Roi_. Voyez _Capitul. de Villis 1, vol. Balus._
Page 10, Note 43, au lieu de _défend de restituer_, lisez _défendent de restituer_.
Page 13, 3e Note, on lit _Chap. de utili, &c._ lisez _Chopin, de utili, &c._
Page 13, 6e Note, on trouve Terrien cité c. 6, _départ. d'hérit._ ce qui ne s'entend pas; au lieu de ces mots on doit lire _Terrien, chap. 6, de parties d'héritage_.
Page 15, j'ai dit que l'_ancien Coutumier rappella les Seigneurs & les vassaux aux Loix de Philippe Auguste, & aux Réglemens que Saint Louis avoit établis pour les Fiefs que lui ou le Roi son aïeul avoient démembrés du Fisc_.
Les Loix de Philippe Auguste, dont j'ai voulu parler, sont celles que suppose l'art. 4 de l'Etablissement fait entre _ce Roi, les Clercs & les Barons_, lequel se trouve page 41 du premier Volume des Ordonnances de la troisieme Race. En effet, suivant cet article, ce n'étoit qu'en _Bourgage_ & en _Villenage_ que la terre donnée par les peres à leurs enfans échéoit, du temps de Philippe Auguste, à leurs plus proches parens, _ad proximiores parentes_; les peres succédoient donc alors à leurs enfans, quant aux inféodations qu'ils avoient cédées à ces derniers, pourvu qu'elles ne fussent ni villaines ni bourgeoises. Or, sous Saint Louis cette Jurisprudence continua d'être observée; car Beaumanoir ne la donne pas comme nouvelle, il est seulement le premier qui l'ait proposée comme digne d'être généralement adoptée.
Page 17, à la 2e ligne, effacez _hoirs_, & mettez _heires_.
Page 23, ajoutez à la Note où je dis que la Section 8 _contient le droit de représentation_, qu'elle prouve aussi qu'au temps de Littleton les _biens étoient faits propres en la personne de celui qui le premier les possédoit à droit successif_.
Page 30, on doit observer que la Jurisdiction qu'exerçoient _les Avoués_ des Monasteres n'avoit pour objet que l'économie domestique des fonds des maisons Religieuses: observation que le Lecteur est prié de se rappeller toutes les fois qu'il trouvera que j'attribue une Jurisdiction sous les deux premieres Races aux simples Seigneurs de Fief.
Page 31, il s'est glissé une faute grossiere à la quatrième ligne; au lieu de ces mots, _on ne peut l'aliéner, &c._ il faut ceux-ci, _on peut l'aliéner, &c._
Page 42, Note (a), au lieu de _Seigneur au degré plus élevé_, il faut mettre _par superior, le pair supérieur; pair par la qualité de feudataire; supérieur quant à la nature du fief_.
Page 44, dans la Traduction de la Section 23, effacez cette phrase, _mais après la mort de cet aîné, son frere préféreroit la fille qu'il auroit, &c._ & substituez-y celle-ci, _mais après la mort de cet aîné le cadet exclueroit sa niece_.
Page 48, dans la Traduction de la Section 32, treizieme ligne, _possibilité d'issue étiente_, lisez _éteinte_.
Page 49, dans la Traduction de la Section 34, lignes 17 & 18, au lieu de _le pere ou la mere qui leur survit_, substituez _le pere ou la mere qui survit à cet enfant_.
Page 51, Traduction de la Section 35, premiere ligne, mettez _lorsque_ en la place de _quand_; & dixieme ligne, _jouit_ au lieu de _jouira_.
Page 52, 3e ligne, _& se l'ennie_, lisez _& se l'en nie_.
Page 57, on doit ajouter aux deux Notes que j'ai faites sur la Remarque de la Section 37 une troisieme Note au sujet d'une erreur commise par M. de Lauriere, page 38 de son Recueil des Ordonnances de la troisieme Race; cet Auteur y dit que l'_Ordonnance de Philippe Auguste, du mois de Juillet 1219, est pratiquée en Normandie, en ce que les femmes y sont tellement maîtresses des conquêts faits en Bourgage, & de la moitié des conquêts faits hors Bourgage en quelques lieux, que suivant l'article 331, le mari n'a que le simple usufruit de ces conquêts, quand la femme est prédécédée_.
Ceci n'est pas exact: car l'article 331 de la Coutume Réformée de Normandie n'est applicable qu'aux conquêts faits en Bourgage; tous ceux faits hors Bourgage appartiennent propriétairement au mari, & la femme n'en a que moitié en usufruit durant sa viduité.
Page 68, 3e ligne, après ces mots, _le douaire n'étoit point dû_, ajoutez ceux-ci, _sur ce fief_.
Page 72, en la Traduction de la Section 54, premiere ligne, effacez _si_; troisieme ligne, au lieu de _s'il arrive_, lisez _il arrive_; & sixieme ligne, après le mot _intenter_, ajoutez ceux-ci, _en ce cas_.
Page 77, 28 ligne, après ces mots, _ayent établi des Fiefs_ lisez _viagers_.
Page 86, quand je dis dans la Remarque (_b_) que certains Brefs _s'accordoient par les Juges des Seigneurs_, je parle du temps où les Seigneurs s'emparerent de la Haute-Justice sur leurs vassaux, ce qui dut arriver durant l'Anarchie qui suivit le regne de Charles le Simple, nos Rois ne pouvant, à cause des troubles, suivre les anciennes regles pour l'administration de la Justice, les Commissions dont ils chargeoient leurs envoyés n'étant plus respectées, sur-tout par les possesseurs des Fiefs de dignité; ces Fiefs exercerent tous les droits de la souveraineté sur leurs Sous-feudataires, & la plupart de ceux-ci se trouverent nécessités par l'impossibilité de recourir au Roi, & par les absences fréquentes de leurs Seigneurs, d'étendre la Jurisdiction purement provisoire & économique, à laquelle ils avoient jusques-là été restrains à l'égard de leurs Colons, & de connoître de toutes leurs causes[A]. Ceci n'eut cependant pas lieu en Normandie, où les propriétaires de Fiefs étoient retenus par leurs Ducs dans la subordination la plus complette, comme je l'observe ailleurs.
Page 95, après la Note 1, où _je cite Sect. 78 & 79_, il faut citer _la Remarque que j'ai faite dans le deuxieme volume sur la Charte ajoutée par Wilkins aux Loix d'Edouard, Remarque où il est traité des Justices Seigneuriales_.
Même page, 9e ligne de la Traduction, on trouve _revendiqué_, c'est _révendique_.
Page 112, quand je dis que les aleux ou biens fiscaux aumônés au Clergé, _n'avoient de Jurisdiction que par privilége_, on doit restraindre cette _Jurisdiction_ à ce qui concernoit la Police domestique des Métairies Ecclésiastiques. Dans la Note 17, même page, j'ajoute que le _privilége d'exemption de Jurisdiction s'accordoit à quelques Eglises_. Pour bien entendre ceci, il est essentiel d'observer que les Causes civiles des Colons, des biens du Domaine Royal donnés aux Eglises, ressortissoient nuement de la Cour du Roi, & non de celle du Comte, qui n'avoit la compétence que sur les hommes domiciliés dans un _territoire_ donné aux Eglises par des particuliers; mais en même-temps toutes les Villes étoient soumises au Comte: c'étoit donc par privilége que la Ville, [Marge A: C'est delà que dans le ch. 24 du liv. premier des Etablissemens de S. Louis, _li Roy ne peut mettre ban en la terre au baron, ne libers ne peut mettre ban en la terre au vavassor_.] dont il s'agit en la Note 17, étoit sous la protection de l'Eglise, ou pour mieux dire, que les Agents de l'Eglise, tels que les Avoués ou les Vidames, pouvoient en porter directement les causes en la Cour du Roi.
Page 123, ligne 19, au lieu de _ce qu'en aliénant_, lisez _qu'en aliénant_.
Page 121, ligne 22, effacez le mot _celui_.
Page 124, ligne 13, après ces mots _aveu de la Jurisdiction_, ajoutez, _ou police domestique_.
Page 136, Note 6, lisez _Baluse. L. 7. Capitul. 141. ibid._ premier Vol. col. 1052, & col. 409, ann. 803.
Page 165, ligne 14, au lieu du mot _fruis_, lisez _fruits_.
Même page, dernière ligne, _ou que sa naissance fût utile_, mettez _si sa naissance étoit utile_.
Page 167, ligne 4 de la traduction de la Section 109, au lieu de _étant_, mettez _est_.
Page 176, 17e ligne de la Remarque, au lieu de _Bénéfice_, lisez _Bénéficiers_.
Page 188, 10e ligne, au lieu de _ce mineur pourra agir_, mettez _ce mineur ne pourra agir_.
Page 192, je dis _la conversion de ces fonds en aleux les rendoit indépendans de toute Jurisdiction, & ceux qui les possédoient avoient Jurisdiction sur tous ceux qui demeuroient dans leur étendue_. Ceci est juste, si l'on entend l'exemption de la Jurisdiction des Comtes, parce qu'en effet les biens fiscaux convertis en propriétés par le Roi, ne reconnoissoient que la justice de sa Cour; il faut encore entendre la Jurisdiction que les Propriétaires de biens fiscaux convertis en aleux exerçoient sur leurs Tenans d'une Jurisdiction de police & économique par les raisons ci-devant déduites, & que je ne répéterai plus.
Page 197, il faut ajouter à la citation de la Note 27 celle-ci. _Spicileg. Luc. Dachery, Tom. 3, pag. 252. Chronic. Fontanell._
Page 209. La Justice civile que les Evêques avoient exercée sous plusieurs des Prédécesseurs de Guillaume le Conquérant, étoit relative aux seules épreuves, suivant le Concile de Lillebonne tenu en 1080, & ces épreuves n'étoient point admises par les Loix Normandes. Voyez mes Remarques sur les Sections 145 & 189. Les Ecclésiastiques avoient surpris la religion des Princes pour accréditer cette Procédure dans la Normandie.
Page 231, 7e ligne de la Remarque, lisez _gagée_ au lieu de _gagnée_.
Page 240, 12e ligne de la Remarque. _Les principaux Officiers de Justice des Seigneurs_, dont il est parlé en cet endroit, étoient ceux qui veilloient à l'administration économique des Seigneuries, tels que les Avoués, les Prevôts, les Vidames, les Senéchaux; leurs fonctions sont spécifiées dans l'extrait que j'ai donné de Flete dans mon second Volume. Ce sont ces Officiers que je nomme page 241 _bas Justiciers_.
Page 242, 8e ligne, au lieu de _Loix aussi opposées qu'étoient celles d'Edouard_, &c. lisez _Loix aussi opposées que l'étoient entr'elles celles d'Edouard_, &c.
Page 247, 5e ligne, après ces mots _des travaux de sa femme_, lisez, _& en même-temps des travaux de ses enfans_.
Page 257, 17e ligne, avant ces mots, _ne se réserver_, il faut mettre _&_.
Page 283, lisez, _Gavel-kind_, au lieu de _Gravel-kind_ dans l'annonce de la Remarque; & à la troisieme ligne de la Remarque, lisez _une sorte de rente_, au lieu de _sorte de rente_.
Page 314, premiere ligne de la Remarque, on trouve, _ce terme est ici pris_, il faut substituer à ces mots ceux-ci, _ce terme se prend ordinairement_.
Page 320, à l'avant-derniere ligne de la traduction de la Remarque 244, au lieu de _en ce cas_, on doit lire _alors_.
Page 324, il ne faut pas perdre de vue en lisant la Remarque, que les Cours Seigneuriales n'exerçoient sous les deux premieres Races qu'une Justice de correction provisoire sur les Colons qui étoient soumis à un Fief.
Page 325, après ces mots, _Baillis meindres, Baillis Seigneuriaux_, il faut ajouter, _& de Juges purement économiques, ils devinrent Juges des causes civiles_.
Page 360, sur ce que je dis d'après M. de Montesquieu, _que nos Rois de la premiere Race ne faisoient aucune difficulté d'aliéner leur Domaine_, on doit distinguer le Domaine qui étoit aliénable d'avec celui qui ne l'étoit pas, & consulter ce que j'ai observé à cet égard dans la Remarque de la page 5 du premier Volume de Littleton.
Page 380, derniere ligne, au lieu de _rapport_, lisez _transport_.
Page 381, 2e ligne de la traduction de la Remarque 313, lisez _concernantes_, au lieu de _concernant_.
Page 413, 6e ligne de la Remarque, au lieu de _Rente_, lisez _Vente_.
Même page, 9e ligne, au lieu de _rachetable_, lisez _irracquitable_.
Page 442, 3e ligne de la traduction de la Section 375, au lieu de ces mots, _& que le Fieffeur_, lisez, _& si le Fieffeur_.
Page 455, 18e ligne de la traduction, lisez _rentrer_ au lieu de _rentre_.
Page 467, 15e ligne, lisez _materno latere_, & non _maternâ latere_.
Page 469, 16e ligne, _il lavera_, lisez, _il l'avera_.
Page 472, 2e ligne de la Remarque, au lieu _de deux ages_, lisez _de deins age_.
Page 507, 20e ligne, au lieu de _ces fonds_, lisez _ses fonds_.
Page 524, dans la premiere Note sur la Remarque, avant le mot _desseisines_, mettez _Britton, Chap. de_, &c.
Page 578, à l'antépénultieme ligne, on lit _sous le titre de Droit en Fitzherbert_, il faut lire, _le titre de Droit dans le Livre de Fitzherbert_.
_DEUXIEME VOLUME._
Page 6, 4e ligne, avant _manum_, mettez _per_.
Page 72, après le texte latin de Flete, on a omis de mettre _observons encore_, &c. en caracteres qui auroient détaché cette Observation du texte qui y donne lieu. Le Lecteur est prié d'excuser cette négligence.
Page 74, derniere ligne, _n'ont suivi_, lisez _l'ont suivi_.
Page 76, 3e ligne du texte des Loix d'Edouard, au lieu de _corfait_, lisez _forfait_.
Page 118, ligne 20, _ton lieux tol_, sont trois mots, ils ne doivent en former que deux; _tonlieux, tol_.
Page 166, ligne 16, au lieu de ces mots, _& qui par cette_ _raison étoit obligé_, lisez _cet homme casé étoit donc par cette raison_, &c.
Même page, ligne 24, au lieu de _Chef de la centaine_, lisez _Chef de la famille_.
Page 177, 7e ligne, il faut effacer ces mots, _si l'on en excepte cependant celles de Henry I_, &c. & y substituer ce qui suit: _Henry I, pour plaire à la Nation, feignit de rétablir les Loix d'Edouard le Confesseur; mais cette feinte dura peu_, &c.
Page 183, 13e ligne, au lieu de _ransiisset_, lisez _transiisset_.
Page 201, 12e ligne, _Barocensem_, lisez _Barocensem_.
Page 216, 25e ligne, au lieu de _nuntiis_, lisez _nuntii_.
Page 235, première ligne, _unt_, doit être précédé d'une _s_.
Page 240, 4e ligne de la Note françoise, au lieu de _Hobert_, lisez _Robert_.
Page 241, 10e ligne, _eas investiret_, lisez _eos_.
Page 264, ces quatre mots _brud toll_, _ehil wyte_, _yares gyves_, _Scotales_, auroient dû être expliqués.
Le premier designe les Droits de _Tonlieu_, dont j'ai déjà donné une idée dans quelques-unes de mes Remarques. Le second indique les _Amendes_; le troisieme un impôt sur les mesures, & particulierement sur l'_Aunage_; & le quatrieme les Capitations.
Page 296, Note 7, on lit, _voici ce que dit Wilkins_, il falloit mettre, _voyez ce que dit_, &c.
Wilkins rapporte ainsi la forme de l'épreuve du fer chaud d'après Lombard; ce passage, quoique long, me paroît d'autant plus important, qu'il contient des cérémonies différentes de celles dont Pithou & Baluse nous ont donné le détail.
_Ordalium Saxonice Ordæl: dictio ab OR & DAEL composita. OR, privativum est, quemadmodum apud Græcos A, apud Latinos IN, ut in dictione Græcâ [Greek: ablabês], Latinâ INNOXIUS, viderelicet: DÆL partem sonat atque hoc modo ORDÆL (ut verbum verbo reddam) expers est, id est, Criminis expers. Erat etenim ORDÆL criminis purgandi modus, cujus duo fuerant genera, alterum ignis, alterum aquæ, Ordalium dicebatur. Igneum illud solitum est hoc modo perfici: Reus autem perpauculis passibus incedens, ferrum nudâ manu candens ferebat, aut nudo currens pede, super ignitos quosdam gradiebatur vomeres. Ferrum illud_ _unius erat interdum Libræ, quod illi SIMPLEX ORDALIUM, pondo interdum tria, atque hoc illi TRIPLEX ORDALIUM appellabant. Eum illi insontem (incolumis si forte evaserat) pronunciabant; sin igne perustum deprehenderent, damnabant criminis. AQUARII itidem duo fuerunt ORDALII genera: aquæ nimirum frigidæ, & ferventis. Aut enim in aquam gelidam accusatus immissus est totus, atque tum (ut eorum ferebat opinio vehemens) criminis purus in fundo residebat, sceleris vero conscium aqua protinus à se rejiciebat: aut in aquam deniq; ebullientem manum cubito tenus immergebant, atque de reo & innocenti (quemadmodum à nobis superius dictum est) decernebant. Viris tantummodo nobilibus atque ingenuis ignei illius Ordalii quæstione facta est sese purgandi potestas: Rustici vero & pagani in aqueum detrusi sunt Ordalium. Operæ pretium erit, ad divulgandam illorum temporum barbaram & plerisque inauditam (superstitionem dicam, an immanitatem?) aliquam ejus rei formulam, quam vel ad tempora Joannis Regis Angliæ stetisse deprehendi, ex vetustissimo Codice excerptam scribere._
_Hic incipit Ordo Judicii, quo rei aut innoxii probantur ferro candenti. Post accusationem legitime factam, & triduum in jejuniis & oratione consumptum, Sacerdos vestibus sacris præter casulam indutus, ferrum ante altare positum forcipe accipiat, & Hymnum trium puerorum, videlicet Benedicite opera omnia, decantans, ad ignem deferat, & dicat hanc orationem super locum ubi fiet ignis ad faciendum judicium: Benedic, Domine Deus, locum istum, ut sit nobis in eo sanitas, sanctitas, castitas, virtus, & victoria, & sanctimonia, humilitas, bonitas, lenitas, & plenitudo legis, & obedientia Deo Patri, & Filio, & Spiritui Sancto, hæc Benedictio sit super hunc locum, & super omnes inhabitantes in eo._
Benedictio super ignem.
_Domine Deus, Pater omnipotens, lumen indeficiens, Exaudi nos, quia tu es conditor omnium luminum. Benedic, Domine, hoc lumen quod ante sanctificatum est, qui illuminasti omnem hominem vel mundum, ut ab eo lumine accendamur igne claritatis tuæ: & sicut igne illuminasti Moysem, ita nunc illumina corda_ _nostra & sensus nostros, ut ad vitam æternam mereamur pervenire, per Christum, &c. Quâ finita, dicat Pater noster, &c. Salvum fac servum, Mitte ei auxilium Deus, &c. De Sion tuere eum, &c. Domine exaudi, &c. Dominus vobiscum, &c._
Oratio.
_Benedic, Domine Sancte Pater, omnipotens Deus, per invocationem Sanctissimi nominis tui, & per adventum Filii tui, atque per donum Spiritus paracleti, ad manifestandum verum judicium tuum hoc genus metalli, ut sit sanctificatum, ut omni dæmonum --- falsitate procul remota, veritas veri judicii tui fidelibus tuis manifesta --- fiat, per eundem Dominum, &c. Post hoc ferrum in ignem --- mittatur, & aspergatur aqua Benedicta, & dum calescit Missam celebret. Cum vero Sacerdos Eucharistiam sumpserit, hominem pro--andum sicut infra scriptum est, adjuret atque communicare faciat._
Officium Missæ.
_Justus es, Domine, & rectum judicium tuum, &c._
Oratio.
_Absolve quæsumus, Domine, tui delicta famuli, ut à peccatorum suorum nexibus, quæ pro sua fragilitate contraxit, tua benignitate liberetur. Et in hoc judicio quoad meruit justitia tua præveniente, ad veritatis censuram pervenire mereatur, per Christum Dominum, &c. In illo tempore, cum egressus esset Jesus, in via præcurrens quidam genu flexo ante eum, rogabat eum dicens, Magister, boni quid faciam, ut vitam æternam percipiam? Jesus autem dixit ei, quid me dicis bonum, &c._
Deinde, Secreta, &c.
_Antequam vero communicetur, interroget eum Sacerdos cum adjuratione sic. Adjuro te per Patrem, & Filium, & Spiritum Sanctum, & per veram Christianitatem quam suscepisti, & per Sanctas reliquias quæ in ista Ecclesiâ sunt, & per Baptismum quo te Sacerdos regeneravit; ut non præsumas ullo modo communicare, neque accedere ad altare, si hoc fecisti aut consensisti, &c. Hic communicet Sacerdos illum, & dicat, Corpus hoc, & Sanguis Domini nostri Jesu Christi, sit tibi ad probationem hodie. Oratio. Perceptis, Domine Deus noster, sacris muneribus supplices deprecamur, ut hujus participatio Sacramenti à propriis nos reatibus expediat, & in famulo tuo veritas sententiam declaret, &c. Deinde Kyrie eleison, & Letania, & Psalmi, & tum Oremus. Deus, qui per ignem signa magna ostendens, Abraham puerum tuum de incendio Chaldæorum, quibusdam pereuntibus eruisti, Deus qui rubum ardere ante conspectum Moysis, & minime comburi permisisti; Deus qui incendio fornacis, Chaldaicis plerisque succensis, tres pueros tuos illæsos eduxisti; Deus qui incendio ignis populum Sodomæ involvens, Loth famulum tuum cum suis salute donasti; Deus qui in adventu Sancti Spiritus tui illustratione ignis fideles tuos ab infidelibus decrevisti; ostende nobis in hoc pravitatis nostræ examine virtutem ejusdem Spiritus, &c. & per ignis hujus fervorem discernere fideles & infideles, ut à tactu ejus cujus inquisitio agitur, conscius exhorrescat, & manus ejus comburatur, innocens vero penitus illæsus permaneat, &c. Deus, cujus notitiam nulla unquam secreta effugiunt, fidei nostræ tua bonitate responde, & præsta ut quisquis purgandi se gratia hoc ignitum tulerit ferrum, vel absolvatur innocens vel rei noxius detegatur, &c. Deinde Sacerdos super ferrum aquam benedictam spargat, & dicat. Benedictio Dei Patris & Filii, & Spiritus Sancti descendat super hoc ferrum, ad discernendum rectum judicium Dei. Et mox accusatus ad novem pedum mensuram ferrum perferat. Hujus denique manus sub sigillo triduum tegatur, & si sanies crudescens in vestigio ferri reperiatur, culpabilis ducatur; sin autem mundus extiterit, laus Deo referatur._
_Quandoquidem ex eodem fonte fluant (amice lector) quæ de aqueo traduntur Ordalio, satis super hac de re dixisse videor._
Page 323, ligne 16, _Richarhus_, lisez _Richardus_.
Page 354, derniere ligne, _Rex non concedit aliqui Baroni, &c._