Anagramméana, poëme en huit chants

Part 2

Chapter 22,958 wordsPublic domain

J'aime la game comme un mage; Gare, vous dis-je, c'est la rage! Parce qu'un géant est ganté Faut-il que l'égout soit gouté? Non la tige va droit au gîte, Et le rétif va sur la frite. Mais la gale rend tout égal Pour galer on fait un régal; En sorte que s'il a l'entorse Le cofre sera dans la force. Si l'on voit les tirans riants, Les phalènes sont éléphans. Socrate cuira les carotes Et fera les tostes des sottes; A côté, je pairai l'écot, S'il est ort, je prendrai le rôt. Et pour estimer le mystère, Je rendrai service au viscère: Si pour flétrir il faut filtrer, A trier vous pourrez tirer. Le rêveur aura la verrue, Un peu dure, même un peu drue Il était envié, veiné, Sa parenté l'a trépané. Pour notre coulpe prend ce couple Les poules le rendront plus souple Si le pénil de Pline est plein, Un zani donnera le zain. La carouge enfle le courage, L'ancrage offrira le carnage; Le grade, la garde et l'égard De cardan feront un canard. L'arimage est un mariage Qui de la sauge fait usage. Voyez-vous ce gueux de carlin Comme il sait bien faire un larcin! Avec le mirte d'une mitre Il pourrait vêtir une vitre. L'alonger pour la galoner Le moindre voudrait dominer. Ta valise dans la salive De vaine deviendra naïve. Ce genre pourrait nous gêner, Nous ranimer, nous mariner. Pour épier voyons l'Epire, Qu'il rie il quittera son ire; D'un bidet il aura débit, S'il boit le jour de son obit; S'il reçoit la verge à la grève Sa vierge en sera plus griève; A Siam sont ses amis, mais Il ira les saper après. Si l'on porte envie à ma veine, De l'épine on aura la peine; L'orpin fera prendre à Piron Le joli contour d'un crouton. Le chanteur chante pour la tanche, Il veut encor chanter la tranche; Il veut causer, je veux saucer, Il se crasse, je veux casser; Tout en voulant bifer la fibre Je mets le bercail en calibre. S'il munit un âne mutin De la vision de son voisin, Dans la poussière des soupières De prières il fera pierres. La faim canine d'un ancien L'a béni lui faisant du bien. Vers le Pérou tourne la proue, Pour avoir l'odeur de la droue; On peut entrer pour me renter, Et de la rente on peut m'enter Dans la rigole de la gloire, Je sais obéir et puis boire. Si le bétail est établi Plier lui fera le repli; Lorsque la napée est panée, Elle peut encore être apnée. En Adel on surprit Léda, A notre abord elle broda. Un amuseur dans la saumure Va s'amuser dans la masure. Le jour où l'on corna Craon, Acron fut passé par Caron; Icare ira chercher au Caire Une raie au milieu d'une aire. L'Algérien galérien Fut alingé par Galien; Il croasse dans un carosse, Pour bosser avec un brosse; Il porte Adonis aux Danois, S'il a soif il boit une fois. Blaise mettra dans sa balise Une asile avec une alise; Le caramel le calmera, Pour avaler il lavera. S'il veut aviner un navire, En Brie il portera la bire; Dans Albi voulant faire un bail, Il se fit lai pour manger l'ail Et sur l'aile d'un aigle agile, En son fiel il suivit la file; Il fut amplier un palmier Pour lire au lieu de le lier. Sur la lampe d'une ample palme Il prit la macle pour le calme. Si nous aimons notre maison, Du sablon prenons le blason. Le Dace fournira le cade Pour la madone et la monade, Sur l'Etna tu verras l'anet, Fais en l'acquet par ton caquet. Glane le lange auprès de l'angle, Et dans les angles prends la sangle, Malines vend des alimens: Prends les arpens de tes parens Par l'armure de la ramure Il met sa tapure en pature. Porte les graines aux engrais! C'est votre avis! hé bien! j'y vais.

CHANT SIXIÈME.

Lorsque Seba prit une base Il la fit de sable qui blase; Dans son cabat mit du tabac Et trouva son cas dans son sac, Qu'il changera pour un archange; D'Agen il ira trouver l'ange. En prenant le taureau d'Autreau, A sa cause il mettra le sceau; Il est altier en sa latrie, Prend l'ancolie en Laconie, Et pour mieux parler le latin, Il va l'apprendre dans Altin; Il est d'un caractère aimable, Docile, charmant, amiable; C'est ainsi qu'on le dit niais Pour être aux aguets des augets. Pour nous aider il est aride, L'arsacide est un ascaride; Il est traître pour attirer, Il est de marbre pour ambrer; Et quoi qu'il ait l'ambre du brame, Il ne va que l'amble du blâme. Pour le carner il faut l'ancrer Et pour ramer il va marer Il prend la marée à l'armée Quelquefois même à la ramée. A s'égarer pour agréer, Il régorge pour s'égorger. De la rame il se fait une arme Et de marle il prend une larme: Le camus prendra du sumac Il mettra son cal dans le lac; A facer la mine d'un Cafre, Les affres donneront du saffre; Le carlet offre le cartel A Marcel sur le mont Carmel; Près de Nicole et Coline, Va tatiner une tartine. Je courberai le caroubier, Dans la varice d'un cavier. La centurie à la ceinture Crêüse a creusé la césure Et voulant ficher un chérif Lui donna le fichet chétif. Voulez-vous nuire à sa ruine? Faites-lui lacher son urine; Vous lui direz, s'il veut plaider, Qu'il peut se faire lapider. Le nomade a mis la madone A la poterne de Pétrone. A Rouen faut-il tant nouer, Se ruiner pour uriner? Les caniches font des chicanes Pour mettre l'anse au dos des ânes; Dans le curoir il faut courir Et prendre zirphé pour zéphir, Prendre la treille d'une étrille, Et pille étron de Pétronille. Par son rhume il voulait l'humer Pour le marcher et le charmer. Quand le grand Dacier était diacre, Le cafier cultivé du fiacre, Faisait le lopin d'un pilon Pour nourrir de loin le lion; Il l'avait porté à la Protée. Au prêtre il a voulu prêter, Une porte mais pour opter, Faite à Naples avec des planes Tirés des plus saintes tisanes; Au Liban il fit son bilan, Et mit une canne à l'encan; Mit en canelle sa nacelle, Pour la porter à mère Ancelle; Par le brai la met à l'abri D'être filtré s'il n'est flétri Pour la carpe prenons la câpre Qui se pare en devenant âpre. Soyez cruel envers Nevers, Ce sera verser le revers. Oui, la gorgée égorge George, Mais à l'égorger il regorge. Fréron était moins qu'un ferron; Bon! il ronfle comme un frelon, Avec sa gourme il a la morgue Et devient rogue comme un orgue; Aussi bigle que le Gibel Il frappait Léon et Noël; De lipe il faisait une plie Prenait l'étoile en Etolie; Le varech faisait un vacher Avec la croche du cocher, Pour la garance il prit caragne Près de la maligne Limagne, Eacus fut si bien saucé, Si dessalé, si délassé, Qu'il mit l'ucher dans une ruche, Et dans le bûcher prit la bruche; En voulant voir huer son heur, Il fut heurter chez un rhéteur; Mais la gantelée élégante, Etant mise auprès de sa tante A son réveil suivit un lièvre Qui voulut vêler par sa lèvre; Avec le titre d'un tiret, Dans la Thrace il fit un archet, Il est si sobre comme sorbe, Broute la tourbe et le tuorbe, Prend de l'arbois chez le Barois, Des viragos dans les gravois: S'il change il mérite la ganche; Il chancèle pour une éclanche; Mais l'anis le rendra plus sain, Ou le milan sera malin, Le more ira tout près de l'orme Faire la morce d'une corme Près de minot, miton, timon, Il mettra moins, Minos, Simon. Il punit le reste des êtres D'avoir pris les éthers des hêtres.

CHANT SEPTIÈME.

Quand parfois je mire une rime Je suis à la merci du crime; Pour suer si l'on veut m'user, Moi je renonce à m'énoncer. Auguste cruel pour son lucre Lorsqu'il voulait sucer du sucre, Avait un scarificateur Qu'il faisait sacrificateur. Il prend et poularde et palourde Laquelle à souder devient sourde, Et voulant plaire à son pareil, Mit du lotier sur son orteil. Le lierre oblige à relire. Il prend l'étrier, le retire, Et me fait goûter du rouget Pour m'attirer dans un retrait: Puis en raie il s'en fut dans Aire Romaniser un sermonaire. Fait réciter pour étrecir, Dit-il, les rides du désir; Donne à Darsine une sardine, La sinovie à ta voisine; Va digérer pour rédiger, A Lorge tu viendras loger: Là le doreur fait la dorure, Le relieur, la reliure, Le tuf y sent même le fut, La brute est passée au rebut. Le corbeau prend une merise Au beau milieu d'une remise, Disant le renard la rendra, En criant gare! dans Egra. Cependant pour l'oter il rôte, Puis se met à coter la crote, Il prend le boire pour l'obier, Met le bousier dans l'obusier; Puis me fait léguer du régule Peint avec le bleu d'une bulle; D'un nabot il prend le baton, Pour faire un tapon d'un paton; A cet ogre il porte de l'orge, Qui pour s'engorger se rengorge. Il dit: prend trope pour toper, Va pioler pour opilier; De paitre il faisait la partie, Car un pirate est sans patrie. Partons pour prendre du sparton, Toutes les femmes ont le ton. La sirène est une résine Qui se nipe de fil de pine; Qui vous _sert très_ fort dans ses _rets_, Son siflet vous prend aux filets. Moi, je m'en vais en Utopie, Pour y jouer de ma toupie, J'y serai répu par la peur, Car le plieur fait le pileur; Il périt de répit, il tripe, C'est pire, il prie, il a la ripe; Il met le placet au clapet, Et la plate sur son palet, La verdeur dans la verdure, Puis met en poudre la podure: Met une perche à ce pecher, Va se percher pour mieux prêcher; Prend la pépie à la pipée, Etait de série une risée; Prend de l'argent et du grenat, Met son rabat dans un barat, Avec de solides idoles Qu'il prend pour en solder ces drôles. Ah! dit-il, que cette aube est beau Le poireau vaut bien l'oripeau! Je te salue, ô joli saule! Protège l'algue dans la Gaule! Donne des riens pour le serin! Que le Sabin ait du basin! Donne au rêveur une verrue! Fais que l'une soit dans la nue! Que le voleur bien révolu; A se souler soit résolu! Fuis les tuorbes et les tourbes, Je suis obscure auprès des courbes; Mets dans le patis un tapis Pour servir aux divers Dervis. Avez-vous vu ce triste spectre? A la main il portait un sceptre. Suivant la trace d'un caret, Il fait fuir Albert dans Albret. Le maire veut aimer Marie Et prend de la saie en Asie, Où d'une raine un vil anier Voulait adirer un radier. Si de cuire il a la curie, C'est par la boite de Tobie; Le diable chiera le cahier, Afin de croiser le sorcier. Il prend les Boiens en Bosnie, Puis il burine la Brunie. Un jour Lia mangeant de l'ail, Prit Corali pour du corail; Et par les veuves du Vésuve, Elle fut vétue en l'étuve; Puis elle crie avec Eric Aux racines de l'arsenic! Elle fut logée en géole, Dans la Loire fit la riole; Une bourde la fit bouder, Mais un rebord la fit broder. Alors sa tente en fut plus nette; Elle s'émeut elle est muète, Avec la larve du Velar, Dans Arch on vit trainer son char; Lorsqu'elle parut dans Adda, On la vit trainer son dada; Grande elle fut dans le danger Et mit à gerber son berger; Alors voulant bouler un rouble, Dans son bourlet elle vit trouble.

CHANT HUITIÈME.

Ulisse le fils de Laerte Etait vif, prompt, subtil, alerte; Lorsqu'il voulait se délasser, Il buvait pour se déssaler, Alors il était plus aimable; Et d'un caractère amiable. Etant tout ce qu'il peut valoir Il sortait vite du lavoir, Pour aller faire une rôtie Chauffée avec du feu d'ortie; Alimenté par ses ablais Qu'il prenait avec des balais. Adet lui présentait la date Où la tare prenait la rate; Avec son aire un peut riant, Le Tarin est un vrai tiran, Qui, pour aller braire à Briare Ouvre la rape et puis la pare, Pour la porter à Gabrielle Qu'il trouva chez le Barigel. Dans Arle il va plumer un râle, L'ouvre avec la lame du mâle; Met le chabot dans son bachot, Oui, je le dis, Tom est le mot. Mais sur les flancs d'une autre Taure, Dans Rome il vit qu'un vilain more Va baliser un sablier Pour baisoter un sabotier, Qui, dans Ulme prit une mule Donnant la berlue à Bérule; Il fut y viser pour sévir, Prit le ribaud pour se baudir Avec Benoît, d'une bonite, Il fit la trémie au mérite, En passant les nuits à Tunis, Tous les mois il avait omis De recueillir des violettes, Et de danser les olivettes, Avec un octuple couplet. Qu'il tenait d'un pétrel replet. Son corps enflé comme une nèfle, Avait tout le reflet du trèfle, Il a tant cuvé, tant vécu, Que son duché sera déchu. En traitant la dermologie, Il apprit la merdologie. Qui me fit douter au détour; Pour la trouer à mon retour. Il prit à Fleurus du sulfure Dont le facteur fit la facture; Mit le nectar dans le carnet, Puis voulut quitter son triquet. Il prit les taches pour les chates, Le seringat pour les ingrates; Il mit une bonde au bedon Qui faisait bondir un bridon. Il fit peloter le Pétrole, Dialoguer la gaudriole, Du nostoc il fit des cotons, Des brontes avec des Bretons; Aux brebis il donna des bribes, Des brices il en fit des scribes: Lorsqu'il vit le ciel étoilé, Par l'ombre il fut étiolé. L'enragé dans une garène D'un ennemi faisait la mienne: Il prit le reste pour ester Et du hêtre il fit de l'Ether, Enfoui par une fouine, Dans le terrein d'une terrine, A l'écart il prit du cérat Que le carté tracé créat Lorsqu'il voulut gêner le nègre, Il prit un image bien maigre; Fit des tripes avec esprit, Puis voulant citer un écrit, Médée a guéri son édème, Prenant la berme sur la brême, Il nous berce avec un rebec, Ayant les pactes pour aspect. Qui traite ce fabel de fable A Basle ira vendre du sable, Activé dans la cavité, Il mit l'écot de son côté; Pour abuser de la sabure, Il se fit clouer la colure. S'est-il agi d'être plus gai? Elle était gaie autant qu'un geai. Dans Alep elle devint pâle, Avec l'alce se fit un cale; D'acqueter et de caqueter, La clôture elle fit clouter. La caline, avec la lanice, Me fit acciper un caprice, Et me fit fendre le refend, Au milieu d'un centre récent. Lorsque les unes sont aux nues, Le Suisse en connaît les issues. A prier elle crut périr, Vit le vanier dans l'avenir, Puis elle a fait chomer le chrome Et transporter de l'orme à Rome: Les mères voudront en semer. Faut-il tant armer pour ramer? La lapine disait en plaine Que Lavinie était Vilaine; Que, qui d'un mur tire du rum A Munster perdra son sternum; Fit de Bénoite et de Bétoine, L'antinomie à l'antimoine, Disant: met l'argot au garot, Timon ne vaut pas un minot. Voulant établir ma créance, Je ferai faire la carence; Car j'ai la valeur d'un laveur Et la rapure d'un rapeur; La bravade d'une bavarde Je sais valider la livarde, Je laisse taillure au tailleur, La ciselure au ciseleur, Et sur la tige d'une gite, J'ai méritée une émérite. S'il est harpé par son hépar, Je lui banderai son arc, car Près de la nièce de Cénie Aussi fière qu'une férie, Il mettrait un frein au férin Auprès du manoir d'un Romain Prendrai la rotule à la loutre, Puis en route il passerait outre, Car, sur le socle il est éclos, Moi je vais poser mon repos.

FIN.

Lille, Imp. Horemans.

LIBRAIRIE ANCIENNE ET MODERNE

DE LELEU A LILLE.

RÉIMPRESSIONS EN PETIT NOMBRE.

Raillerie universelle, dédiée aux curieux de ce temps, en vers burlesques, précédée d'un avertissement, par M. Ch. V. S., in-12 broché. Lille, 1857, tiré à 150 exemplaires sur papier vergé. 2 »

_C'est la reproduction d'une des plus curieuses pièces publiées en 1649, sous le titre de Mazarinades._

Lille en vers burlesques. Les embarras du jour de l'an, moeurs des Lillois anciens et modernes, les promenades de l'Esplanade, sur l'imprimé à Lille, 1731. Lille, 1857, in-12 papier vergé. 2 »

_Il ne reste que quelques exemplaires._

Dissertation sur les maléfices et les sorciers, où l'on examine en particulier l'état de la fille de Tourcoing, sur l'original de 1752. Lille, 1863, gr. in-18 pap. de Hollande, tiré à 200 exemplaires. 3 »

_Jolie reproduction de ce petit livre curieux dont chaque page est encadrée d'un filet rouge._

Histoire du prince Croqu'étron et de la princesse Foirette. A Gringuenaude, chez Fleurimond Mordant, rue du Gros-Visage, sur l'original. Lille, 1864, in-12 papier de Hollande, texte encadré d'un filet rouge, tiré à 200 exemplaires. 3 »

_Jolie réimpression de ce petit livre facétieux, devenu rare et dont l'édition originale atteint souvent en vente un prix exagéré._

Catéchisme des courtisans de la cour de Mazarin. S. L., 1649, petit in-12 de 16 pages, papier de Hollande. Lille, 1866. 1 50

_Réimpression de ce curieux opuscule tiré à 122 exempl. renfermant 53 questions facétieuses dans le genre de celle-ci_: Qu'est-ce qu'un Cornard? _Rép. Un homme dont un chacun dit du bien et que personne n'envie._

Le Catalogue de livres anciens et modernes sera adressé aux personnes qui en feront la demande.

DIRECTION DE VENTES DE LIVRES, ACHATS DE BIBLIOTHÈQUES, ÉCHANGES, ETC., ETC.

Lille, Imp. Horemans

NOTE DU TRANSCRIPTEUR

On a conservé à l'identique l'orthographe de l'original. Seules les coquilles les plus manifestes ont été corrigées (par exemple "vout" corrigé en "vous").