Abrégé de l'Histoire Générale des Voyages (Tome 2)

Chapter 15

Chapter 152,852 wordsPublic domain

Acheter, Sann. Aigre, Akonemota. Allez, Ta. Ambre, Lambre. Amitié, Barnalem. L'année _ou_ une pluie, Sanju killin. Un arc, Kulla. Argent, Kodey. Une armoire, Konneo. Asseyez-vous, Secdouma. Une balle, Kiddo kassi. Un baril, Ankoret.* Beau, Neemau. Du beurre, Tooloo. Bien, Kandi. Blanc, Qui. Un homme blanc, Tobauho. Du blé, Neo. Boire, Ami. Bon, Abetti. La bouche, Dau.* Une brebis, Kornell. Calebasse, Merrug. Caméléon, Minnir. Canard, Bru. Un canon, Kiddo.* Poudre à canon, Kiddo mungo. Un canot, Kalloun.* Ceci, Ning. Cela, Olim. Une chaise, Serong.* Chaleur, Kandeca. Une chambre, Bung. Un chameau, Komaniung. Une chandelle, Kaudet. Un chanteur, Jelliki. Un chat, Neankom.* Chaud, Kandeka. Un cheval, Souho. Un cheval marin, Mally. Une chèvre, Ha.* Un chien, Oulve. Un grand chien, Oulve dau.* Cire, Lekonnio. Un coq, Deontong _ou_ Soufeki. Collier, Ronnun. Une colline, Koanko. Comment vous portez-vous? Animbatta montainia? Un couteau, Moroo.* Un coutelas, une épée, Fong.* Du cristal, Christall. Un crocodile, Bumbo.* Une cuillère, Kulear. Cuivre, Tasso. Un daim, Tonkong. Que demandez-vous? Laffeta munnum? Dent, Ning.* Dent d'éléphant, Samma ning. Le diable, Bua. Dieu, Alla.* Doux, Timeata. Un drap, Fauno. Du drap rouge, Murfée. La jambe droite, Sing bau. La main droite, Bulla bau. Dur, A Koleata. Eau, Jée ou si.* Un éléphant, Samma. Enfer, Jehonama. Entendre, Amoi. Un esclave, Jong.* L'est, Tillo vooleta. L'étain, Tasroqui. Étoile, Lolo. Étranger, Leuntung. Un facteur, Mercador. Faux, Funniala. Une femme, Mouza.* Une femme de mauvaise vie, Jelli mouza.* Une femme mariée, Mouza. Fenêtre, Jenell. Flèche, Beuna.* Un fou, Toorala. Une fourchette, Garfa. Frère, Barrin kea. Froid, Ninny. Fumée, Sizi. La jambe gauche, Sing nding. La main gauche, Bulla nding. Grand, Bau. Un grand chien, Mouve bau.* Grand'mère, Mooza bau. Grand-père, Keal bau. Guerre, Killi. Un hibou, _c'est le même nom que diable_, Bucca. Un homme, Kea.* Une huître, Oystre. La jambe, Sing.* Je ne sais, Malo. Je sais, Alo. Je veux donner, Msadi. Une île, Joüio. Une jument, Souho mouza. Jurement, Tikiniani ma ma mau. Du lait, Nanuo. Levez-vous, Oully. Un lion, Jatta. Un lit, La rong.* Un loup, Sillo. La lune, Korro.* La main, Bulla. Une maison, Fu.* Malade, Munkandi. Un marchand, Jonko. Méchant, Munbetty. Une médecine, Borru. La mer, Bato bau.* Mère, Mouza. Miel, Li. Mort, Sata. Moi, Mta. Noir, Fin. Noix, Tiah. Un oeuf, Sousey killy.* Un oiseau, Sousi. L'ouest, Tillo bonita. Pain, Mongo.* Papier, Koyto.* Paresseux, Narita. Père, Fau. Pesant, Kuleata. Petit, Nding. Une pintade, Commi. Une pipe, Da. De la pluie, Sanju. Un cheval marin, Mally. Poisson, Heo.* Une porte, Dau. Poudre à canon, Kiddo mundo. Une poule, Sousi mouza. Un pouce, Kranki. Prendre, Amoota. Puant, Akoneata. Que demandez-vous? Laffetta munnum? Rien du tout, Feng o feng. Rivière, Bato. Un roc, Barry. Rouge, Ouillima.* Du drap rouge, Murfée. Roi, Mansa.* Sable, Kenne-kenne. Sale, Nota. Un sanglier, Seo. Sec, Mindo. Sel, Ki.* Sentir, Mamaung. Serpent, Sau.* Vin de Siboa, Bandji. Un singe, Kanic. Jouir, Barrin mouza. Le soleil, Tillo.* Un sorcier, Baa.* Sucre, Tobauboli.* Une table, Meso.* Un taureau, Nisi ké. La terre, Banko.* La tête, Kung.* Timide, Yanimi. Tonnerre, Korram alla.* Toucher, Ametta. Tourbillon de vent, Sau. Une vache, Neesa Moossa. Un vaisseau, Tobaubo kaloun. De la vaisselle, Prata. Un valet, Buttlau. Un veau, Neefa-nding. Vendre, Saun. Venez, Na.* Venez ici, Nana re. Vent, Funnio. Je veux donner, Msadi. Ville, Konda. Vin de palmier, Tangi.* Voleur, Suncar. Vous, Itta. Vrai, Atoniala. Un ivrogne, Serrata.

NOMBRES.

Un, Killing. Deux, Foulla. Trois, Sabba. Quatre, Nani. Cinq, Loulou. Six, Oro. Sept, Oronglo. Huit, Sye. Neuf, Konnunti. Dix, Tong. Onze, Tong-ning-killing. Douze, Tong-ning-foulla. Treize, Tong-ning-sabba. Quatorze, Tong-ning-nani. Quinze, Tong-ning-loulou. Seize, Tong-ning-oro. Dix-sept, Tong-ning-oronglo. Dix-huit, Tong-ning-sye.

Dix-neuf, Tong-ning-konnunti. Vingt, Noau. Trente, Noau-ning-tong. Quarante, Noau-foulla. Cinquante, Noau-foulla-ning-tong. Soixante, Noau-sabba. Soixante-dix, Noau-sabba-ning-tong. Quatre-vingts, Noau-nani. Quatre-vingt-dix, Noau-nani-ning-tong. Cent, Kemmy. Mille, Ouoully.

Les Nègres qui habitent les deux bords du Sénégal, et qui s'étendent dans les terres à l'est et au sud, sont mahométans, convertis par les Maures. Ceux du royaume de Mandinga, dont le zèle est plus ardent, sont depuis long-temps les missionnaires de cette religion. Tous les autres Nègres, du moins ceux avec qui les Européens ont des relations de commerce, depuis la Gambie jusqu'en Guinée, sont idolâtres, à l'exception des Sérères et de quelques autres qui n'ont aucune apparence de religion.

On en voit beaucoup qui ne veulent pas souffrir qu'on tue les lézards autour de leurs maisons. Ils sont persuadés que ce sont les âmes de leur père, de leur mère et de leurs proches parens, qui viennent faire le folgar, c'est-à-dire se réjouir avec eux. On voit que l'opinion de la métempsycose leur est familière.

Le mahométisme établi parmi les Nègres est imparfait, autant par l'ignorance de ceux qui l'enseignent que par le libertinage des prosélytes. Il consiste dans la croyance de l'unité de Dieu, et dans deux ou trois pratiques cérémoniales, telles que le ramadan ou le carême, le bayram ou pâques, et la circoncision.

Jobson observe que les habitans naturels de la Gambie adorent un seul Dieu sous le nom d'Allah, qu'ils n'ont point de peintures ni d'images à la ressemblance de la Divinité; qu'ils reconnaissent la mission de Mahomet, sans qu'ils invoquent jamais son nom; qu'ils comptent les années par les pluies, et qu'ils ont des noms particuliers pour chaque jour de la semaine; qu'ils donnent le nom de sabbat au vendredi, mais qu'ils l'observent si peu régulièrement, que leur commerce et leurs occupations ordinaires n'en reçoivent pas d'interruption.

Ils ont quelques traditions confuses de la personne de Jésus-Christ. Ils parlent de lui comme d'un prophète qui s'est rendu célèbre par un grand nombre de miracles; mais ce qu'ils racontent de sa sainteté et de sa puissance est un tissu de fables sans vraisemblance et sans ordre. Ils lui donnent le nom d'Issa: ils nomment sa mère Maria. La sainteté, la bonté, la justice, sont des qualités qu'ils lui attribuent dans le plus haut degré; mais il leur paraît impossible qu'il soit le fils de Dieu, parce que Dieu, disent-ils, ne peut être vu par les hommes. La doctrine de l'incarnation leur paraît scandaleuse. Elle suppose, dans leurs idées, que Dieu soit capable d'une liaison charnelle avec les femmes. Une prophétie, qui subsiste depuis long-temps dans leur nation, leur annonçait qu'ils seraient subjugués par un peuple blanc.

Les Nègres croient aussi à la prédestination, et mettent toutes leurs infortunes sur le compte de la Providence. Qu'un Nègre en assassine un autre, ils croient que c'est Dieu qui est l'auteur du meurtre. Cependant ils se saisissent du meurtrier et le vendent pour l'esclavage.

À l'égard de leur dévotion et de la forme de leur culte, Le Maire observe que le commun du peuple n'a pas de pratiques réglées qui puissent porter le nom de culte religieux; mais les personnes de distinction affectent plus de zèle, et ne sont jamais sans un marabout, qui a beaucoup d'ascendant sur leur esprit et leur conduite.

On sait que les mahométans d'Asie font le salam ou la prière cinq fois le jour et la nuit. Le vendredi, qui est le jour de leur sabbat, ils la font sept fois; mais ceux des Nègres qui sont bons mahométans se contentent de prier trois fois le jour, c'est-à-dire, le matin, à midi et le soir. Chaque village a son marabout ou prêtre, qui les rassemble pour ce devoir. Le lieu de leurs assemblées est un champ qui leur sert de mosquée. Là, après les ablutions ordonnées par l'Alcoran, ils se rangent en plusieurs lignes derrière le prêtre, dont ils imitent les mouvemens et les gestes. Ils ont le visage tourné vers l'orient; mais, lorsqu'ils sont fatigués de leur posture, ils s'accroupissent à la manière des femmes, en tournant le visage à l'ouest.

Le marabout étend ses bras, répète plusieurs mots d'une voix si lente et si haute, que toute l'assemblée peut les répéter après lui; il se met à genoux, baise la terre, recommence trois fois cette cérémonie, et ne fait rien qui ne soit imité par tous les assistans. Ensuite il se met à genoux pour la quatrième fois, et fait quelque temps sa prière en silence: il se relève, et traçant du doigt, autour de lui, un cercle dans lequel il imprime plusieurs caractères, il les baise respectueusement; après quoi, la tête appuyée sur les deux mains, et les yeux fixés contre terre, il passe quelques momens dans une profonde méditation. Enfin il prend du sable et de la poussière, se la jette sur la tête et sur le visage, commence à prier d'une voix haute, en touchant la terre du doigt et le levant au front; et pendant toutes ces formalités, il répète plusieurs fois ces mots, _salam-aleck_; c'est-à-dire, je vous salue. Il se lève: toute l'assemblée suit son exemple, et chacun se retire. La modestie, le respect et l'attention qu'ils apportent à cet exercice causent une juste admiration à nos voyageurs. La prière dure une grande demi-heure, et se renouvelle trois fois le jour. Il n'y a point d'affaire ni de compagnie qui leur en fasse oublier le temps. S'ils ne peuvent assister à l'assemblée, ils se retirent à l'écart pour observer les mêmes pratiques; et lorsqu'ils manquent d'eau pour leur ablution, ils emploient de la terre. Brue, qui fut plusieurs fois témoin de leurs cérémonies, eut la curiosité de demander aux marabouts quel était le sens de leurs postures et de leurs prières. Ils lui répondirent qu'ils adoraient Dieu en se prosternant devant lui; que cette humiliation était un aveu de leur néant aux yeux du premier Être, qu'ils le priaient de pardonner leurs fautes et de leur accorder les commodités dont ils avaient besoin, telles qu'une femme, des enfans, une moisson abondante, la victoire sur leurs ennemis, une bonne pêche, la santé, et l'exemption de toutes sortes de dangers.

Aussitôt qu'ils voient paraître la première lune de l'équinoxe d'automne, ils la saluent en crachant dans leurs mains et en les étendant vers le ciel. Ensuite ils les tournent plusieurs fois autour de leur tête, et répètent à deux ou trois reprises la même cérémonie. En général, les mahométans rendent beaucoup de respect à la nouvelle lune, la saluent aussitôt qu'ils la voient paraître, ouvrent leur bourse, et demandent au ciel que leurs richesses puissent augmenter avec les quartiers de la lune.

La ramadan ou le carême des mahométans nègres est observé avec beaucoup de rigueur. Ils ne mangent et ne boivent qu'après le coucher du soleil. Les dévots n'avaleraient pas même leur salive, et se couvrent la bouche d'un morceau d'étoffe, de peur qu'il n'y entre une mouche. Malgré la passion qu'ils ont pour le tabac, ils ne touchent point à leur pipe. Mais, lorsque la nuit arrive, ils se dédommagent de l'abstinence du jour. Les grands et les riches passent ensuite tout le jour à dormir.

Lorsque le mois du ramadan approche de sa fin, ils proclament le Tabasket, c'est-à-dire, la plus grande fête des mahométans nègres, comme des Turcs et des Persans, qui lui donnent le nom de _Bayram_. Brue, qui en avait été témoin, nous a laissé la description de cette fête, qui est proprement leur carnaval.

Un peu avant le coucher du soleil, on vit paraître six marabouts, ou prêtres mahométans, revêtus de tuniques blanches, qui ressemblent à nos surplis. Elles leur descendent jusqu'au milieu des jambes, et le bas est bordé de laine rouge. Ils marchaient en rang, avec une longue zagaie à la main, précédés de cinq grands boeufs, qui étaient couverts d'un beau drap de coton et couronnés de feuilles, chacun conduit par deux Nègres, comme on conduit dans les rues de Paris ce qu'on appelle _le boeuf gras_. Les fêtes populaires ont partout des rapports d'un bout du monde à l'autre. Les chefs des cinq villages dont la ville de Boucar est composée suivaient les prêtres sur une seule ligne, parés de leurs plus riches habits, armées de zagaies, de sabres, de poignards et de boucliers. Ils étaient suivis eux-mêmes de tous les habitans, leurs sujets, cinq sur chaque rang. Lorsque la procession fut arrivée au bord de la rivière, les boeufs furent attachés à des poteaux, et le plus ancien marabout cria trois fois à haute voix, _salam-aleck_, qui est l'exhortation à la prière. Ensuite, mettant bas sa zagaie, il étendit le bras vers l'est. Les autres prêtres suivirent son exemple, et commencèrent la prière de concert. Ils se levèrent et reprirent leurs armes. Alors l'ancien marabout donna ordre aux Nègres d'amener les boeufs et de les renverser par terre, ce qui fut exécuté à l'instant. Ils les attachèrent à terre par les cornes, et, leur tournant la tête à l'est, ils leur coupèrent la gorge avec beaucoup de précaution, pour empêcher que ces animaux ne les regardassent tandis que leur sang coulait, parce que c'est pour eux un fort mauvais présage. Ils prennent soin, pour se garantir de leurs regards, de leur jeter du sable dans les yeux. Aussitôt que le sacrifice est achevé, et les victimes écorchées, ils les coupent en pièces, et chaque village emporte celles de son boeuf. Après cette cérémonie, le folgar commence. Le folgar fait place au festin, et les réjouissances durent trois jours.

La circoncision est une pratique rigoureusement observée parmi les mahométans nègres. Elle se fait aux mâles vers l'âge de quatorze ou quinze ans, pour leur donner le temps de se fortifier contre l'opération, et d'être bien instruits dans la profession de leur foi. On attend aussi pour cette sanglante cérémonie qu'il y ait un grand nombre de jeunes gens rassemblés, ou que le fils de quelque roi et d'autres grands aient atteint l'âge de la circoncision. Alors on avertit que tous les sujets du même roi, ses alliés et ses voisins, peuvent amener leurs enfans; car l'éclat de la fête répond au nombre des acteurs, et les chefs d'une nation, souhaitent toujours que l'assemblée soit nombreuse, parce que, dans ces occasions, les jeunes gens forment des liaisons et des amitiés qui durent autant que leur vie.

Quoiqu'il n'y ait pas de temps réglé pour la cérémonie, on observe de ne jamais choisir la saison des grandes chaleurs, ni celle des pluies, ni le ramadan, qui ne sont pas des temps propres à la joie. On a soin aussi de prendre le décours de la lune, dans l'idée que l'opération est alors moins douloureuse, et la plaie plus facile à guérir.

Brue nous donne une description exacte de la cérémonie. Il y avait assisté dans l'île de Jean Barre, près du fort Saint-Louis, et les plus petits détails n'avaient point échappé à ses observations.

Le lieu de la scène était un champ fort agréable, environné de beaux arbres, à trois cents pas du village de Jean Barre, riche Nègre, qui servait d'interprète à la compagnie française, et dont le fils était le principal des jeunes gens qui devaient être circoncis. On choisit toujours un endroit éloigné des habitations, à cause des femmes, qui sont absolument exclues de l'assemblée. Lorsque Brue se fut assis avec les gens de sa suite sur un banc qui avait été préparé pour lui, la procession commença dans l'ordre suivant: les guiriots ou musiciens faisaient l'avant-garde en battant une marche lente et grave, sans y joindre leur chant. Ils étaient suivis de tous les marabouts des villages voisins qui marchaient deux à deux en robe de coton blanc, et leur zagaie à la main. Après les marabouts, on vit venir, à quelque distance, tous les jeunes gens qui devaient être circoncis. Ils étaient vêtus de longues pagnes de coton, croisées par-devant, mais sans haut-de-chausses. Ils marchaient sur une seule ligne, c'est-à-dire l'un après l'autre, accompagnés chacun de deux parens ou de deux amis, pour servir de témoins à leur profession de foi, ou pour les encourager à souffrir constamment l'opération. Yamsek, Nègre de distinction, qui devait être l'exécuteur, suivait immédiatement avec Jean Barre, chef de la fête. Cette marche était fermée par un corps de deux mille Nègres bien armés. Au milieu du champ, fort près du lieu où les Français étaient assis, on avait placé une planche sur une petite élévation. Les prêtres et les chefs des villages se rangèrent sur deux lignes, de chaque côté de la planche; et tous les candidats, avec leurs parrains, demeurèrent au centre, dans le même ordre que celui de leur marche. Le reste des Nègres formait un cercle autour des prêtres et des victimes.

Aussitôt que l'ordre et le silence furent bien établis, le principal marabout fit le salam ou la prière. Tous les assistans répétaient ses paroles d'une voix claire et intelligible, avec autant de respect que d'attention. Après cet exercice, Guiopo, fils de Jean Barre, fut annoncé par ses deux parrains, qui le firent monter sur la planche, en le soutenant des deux côtés. Yamsek fit heureusement l'opération. Guiopo descendit immédiatement après, suivi de ses deux parrains, et branlant sa zagaie d'un air riant. Il se retira derrière les marabouts, pour laisser saigner sa plaie, pendant que les autres jeunes gens allèrent se présenter successivement à l'exécuteur.

Lorsque la blessure a jeté assez de sang, on la lave plusieurs fois le jour avec de l'eau fraîche, jusqu'à ce qu'elle se ferme d'elle-même, ce qui ne demande ordinairement que dix ou douze jours. Pendant l'opération, le candidat doit tenir le pouce droit élevé, et prononcer la formule de foi mahométane. Les plus fermes la prononcent d'une voix haute; ils affectent même de la gaieté après la cérémonie; mais il est aisé de juger à leur marche qu'ils souffrent une vive douleur. La plupart ne peuvent se retirer sans être soutenus par les parrains.