A Selection from the Comedies of Marivaux
Chapter 93
ARAMINTE, MARTON, ARLEQUIN.
ARAMINTE.
Que veux-tu?
ARLEQUIN, _pleurant et sanglotant_.
J'aurois bien de la peine a vous le dire, car je suis dans une detresse qui me coupe entierement la parole, a cause de la trahison que mademoiselle Marton m'a faite. Ah! quelle ingrate perfidie!
MARTON.
Laisse la ta perfidie, et nous dis[159] ce que tu veux.
ARLEQUIN.
Ah! cette pauvre lettre! Quelle escroquerie!
ARAMINTE.
Dis donc.
ARLEQUIN.
Monsieur Dorante vous demande a genoux qu'il vienne ici vous rendre compte des paperasses qu'il a eues[160] dans les mains depuis qu'il est ici. Il m'attend a la porte, ou il pleure.
MARTON.
Dis-lui qu'il vienne.
ARLEQUIN.
Le voulez-vous, Madame? car je ne me fie pas a elle. Quand on m'a une fois affronte[161] je n'en reviens point.
MARTON, _d'un air triste et attendri_.
Parlez-lui, Madame; je vous laisse,
ARLEQUIN, _quand Marton est partie_.
Vous ne me repondez point. Madame.
ARAMINTE.
Il peut venir.
(_Arlequin sort_.)