A Selection from the Comedies of Marivaux
Chapter 86
Mme. ARGANTE, LE COMTE, MARTON.
MARTON, _un moment seule_.
Ne disons mot que je n'aie vu[141] ce que ceci contient.
Mme. ARGANTE.
Eh bien! Marton, qu'avez-vous appris de Dubois?
MARTON.
Rien que ce que vous saviez deja, Madame, et ce n'est pas assez.
Mme. ARGANTE.
Dubois est un coquin qui nous trompe.
LE COMTE.
Il est vrai que sa menace paroissoit signifier quelque chose de plus.
Mme. ARGANTE.
Quoi qu'il en soit, j'attends monsieur Remy, que j'ai envoye chercher; et, s'il ne nous defait pas de cet homme-la, ma fille saura qu'il ose l'aimer, je l'ai resolu. Nous en avons les presomptions[142] les plus fortes, et, ne fut-ce que par bienseance, il faudra bien qu'elle le chasse. D'un autre cote, j'ai fait venir l'intendant que monsieur le Comte lui proposoit. Il est ici, et je le lui presenterai sur le champ.
MARTON.
Je doute que vous reussissiez, si nous n'apprenons rien de nouveau; mais je tiens peut-etre son conge, moi qui vous parle... Voici monsieur Remy: je n'ai pas le temps de vous en dire davantage, et je vais m'eclaircir.
(_Elle veut sortir._)