The Life of Albert Gallatin

ici. Ce n'est pas que je me fasse illusion et que je crois pouvoir faire

Chapter 2626 wordsPublic domain

beaucoup mieux en Amérique, mais si j'y puis seulement vivre indépendant, c'est toujours plus que je ne peux espérer en Europe, du moins à présent, et je crois qu'un an d'application à l'étude des lois me suffira non pas pour faire une fortune ou une figure brillante, mais pour m'assurer du pain quelques puissent être les évènemens. Je t'ai parlé bien longuement de moi seul, et la seule apologie que je te donnerai c'est de ne l'avoir pas fait plus tôt. Ne crois pas cependant que dans mes incertitudes et les différentes idées qui m'ont agité, je n'aie pas pensé à toi. Je te déclarerai d'abord franchement que je n'aurais pas balancé entre Mlle. Pictet et toi, et que si je voyais possibilité d'aller la joindre, elle l'emporterait sûrement; l'idée de devoir et de reconnaissance est si intimement liée chez moi avec l'affection que j'ai pour cette respectable personne que quelques regrets que j'eusse de te quitter, j'éprouverais même du plaisir en le faisant dans l'intention de contribuer à son bonheur; mais ce seul objet excepté, il n'y a rien que je ne te sacrifiasse; je ne te sacrifierais même rien en te préférant au reste de mes amis et parens à Genève, et si le temps pouvait effacer le souvenir de mes chagrins, j'aimerais mieux vivre près de toi en Amérique que sans toi dans ma patrie, et même dans ce moment je sens combien de consolations je recevrais du seul ami qui ait connu mon aimable Sophie; en un mot je n'ai pas besoin de te dire que si je reste ici, mon sort doit être intimement lié avec le tien. Mais à l'égard de la manière, du lieu futur de notre séjour, je ne puis encore former d'opinion vu l'arrivée de ton frère.... Quelque parti que nous puissions prendre pour l'avenir, je désire aussi fortement que toi que nous soyons indépendants l'un et l'autre, quant à notre manière de vivre. Si tu crois que nous ne quittions pas Fayette, ne néglige pas l'ouvrage que tu avais commencé pour vivre chez toi en préparant une cabane joignant le champ de Robert. Si tu supposes qu'il soit probable que nous changions de demeure, attends jusques à l'arrivée de ton frère pour faire une dépense qui n'augmenterait pas la valeur de la terre.... Voilà, je crois, tout ce que j'ai à te dire pour le présent; si je ne peux pas vendre cette semaine une traite, je serai dans 15 à 20 jours avec toi....

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Every letter received by Gallatin from Geneva between 1780 and 1790 had, in one form or another, urged his return or expressed discontent at his situation. But the storm of the French revolution had at last fairly begun, and Geneva felt it severely and early. Not till the 7th of April, 1790, did Gallatin overcome his repugnance to writing in regard to his wife's death to Mlle. Pictet, and he then expressed to her his wish to return for her sake. At this critical moment of his life the feelings of his family had begun to change. They no longer looked upon him as a subject of pity. "L'état précaire de la France" is mentioned by Mlle. Pictet in June and July, 1790, as a subject of anxiety; "nous ignorons encore quel il sera, notre gouvernement;" "quant aux conseils que tu me demandes par rapport à ton retour, et aux ressources que tu pourrais trouver dans notre pays, je suis bien embarrassée à te répondre." It was too late. Indeed, it may be doubted whether this idea of returning to Geneva for the sake of Mlle. Pictet was really more than the momentary sickness at heart consequent on a great shock, which in any case could not have lasted long. Gallatin's career already lay open before him. His misfortunes only precipated the result.