Selections from Saint-Simon

Part 7

Chapter 73,960 wordsPublic domain

Lorsqu’on fit la place de Vendôme, elle étoit carrée. M. de Louvois en vit les quatre parements bâtis. Son dessein étoit d’y placer la Bibliothèque du Roi, les Médailles, le Balancier, toutes les académies, et le Grand Conseil, qui tient ses séances encore dans une maison qu’il loue. Le premier soin du Roi, le jour de la mort de Louvois, fut d’arrêter ce travail, et de donner ses ordres pour faire couper à pans les angles de la place, en la diminuant d’autant, de n’y placer rien de ce qui y étoit destiné, et de n’y faire que des maisons, ainsi qu’on la voit.

Saint-Germain, lieu unique pour rassembler les merveilles de la vue, l’immense plein pied d’une forêt toute joignante, unique encore par la beauté de ses arbres, de son terrain, de sa situation, l’avantage et la facilité des eaux de source sur cette élévation, les agréments admirables des jardins, des hauteurs et des terrasses, qui les unes sur les autres se pouvoient si aisément conduire dans toute l’étendue qu’on auroit voulu, les charmes et les commodités de la Seine, enfin une ville toute faite, et que sa position entretenoit par elle-même, il l’abandonna pour Versailles[67], le plus triste et le plus ingrat de tous les lieux, sans vue, sans bois, sans eau, sans terre, parce que tout y est sable mouvant ou marécage, sans air par conséquent, qui n’y peut être bon.

[67] The court was installed at Versailles in 1682, but the palace was not completed till 1688.

Il se plut à tyranniser la nature, à la dompter à force d’art et de trésors. Il y bâtit tout l’un après l’autre, sans dessein général; le beau et le vilain furent cousus ensemble, le vaste et l’étranglé. Son appartement et celui de la Reine y ont les dernières incommodités, avec les vues de cabinets et de tout ce qui est derrière les plus obscures, les plus enfermées, les plus puantes. Les jardins, dont la magnificence étonne, mais dont le plus léger usage rebute, sont d’aussi mauvais goût. On n’y est conduit dans la fraîcheur de l’ombre que par une vaste zone torride, au bout de laquelle il n’y a plus, où que ce soit, qu’à monter et à descendre; et avec la colline, qui est fort courte, se terminent les jardins. La recoupe y brûle les pieds; mais sans cette recoupe on y enfoncerait ici dans les sables, et là dans la plus noire fange. La violence qui y a été faite partout à la nature repousse et dégoûte malgré soi. L’abondance des eaux forcées et ramassées de toutes parts les rend vertes, épaisses, bourbeuses; elles répandent une humidité malsaine et sensible, une odeur qui l’est encore plus. Leurs effets, qu’il faut pourtant beaucoup ménager, sont incomparables; mais de ce tout, il résulte qu’on admire et qu’on fuit. Du côté de la cour, l’étranglé suffoque, et ces vastes ailes s’enfuient sans tenir à rien. Du côté des jardins, on jouit de la beauté du tout ensemble; mais on croit voir un palais qui a été brûlé, où le dernier étage et les toits manquent encore. La chapelle qui l’écrase, parce que Mansart[68] vouloit engager le Roi à élever le tout d’un étage, a de partout la triste représentation d’un immense catafalque. La main-d’œuvre y est exquise en tous genres, l’ordonnance nulle; tout y a été fait pour la tribune, parce que le Roi n’alloit guères en bas, et celles des côtés sont inaccessibles, par l’unique défilé qui conduit à chacune. On ne finiroit point sur les défauts monstrueux d’un palais si immense et si immensément cher, avec ses accompagnements, qui le sont encore davantage: orangerie, potagers, chenils, grande et petite écuries pareilles, commun prodigieux; enfin une ville entière où il n’y avoit qu’un très misérable cabaret, un moulin à vent, et ce petit château de carte que Louis XIII y avoit fait pour n’y plus coucher sur la paille, qui n’étoit que la contenance étroite et basse autour de la cour de Marbre, qui en faisoit la cour, et dont le bâtiment du fond n’avoit que deux courtes et petites ailes. Mon père l’a vu, et y a couché maintes fois. Encore ce Versailles de Louis XIV, ce chef-d’œuvre si ruineux et de si mauvais goût, et où les changements entiers des bassins et de bosquets ont enterré tant d’or qui ne peut paroître, n’a-t-il pu être achevé.

[68] Jules Hardouin, nephew and pupil of François Mansart or Mansard, whose name he took.

Parmi tant de salons entassés l’un sur l’autre, il n’y a ni salle de comédie, ni salle à banquets, ni de bal; et devant et derrière il reste beaucoup à faire. Les parcs et les avenues, tous en plants, ne peuvent venir. En gibier, il faut y en jeter sans cesse; en rigoles de quatre et cinq lieues de cours, elles sont sans nombre; en murailles enfin, qui par leur immense contour enferment comme une petite province du plus triste et du plus vilain pays du monde.

Trianon, dans ce même parc, et à la porte de Versailles, d’abord maison de porcelaine à aller faire des collations, agrandie après pour y pouvoir coucher, enfin palais de marbre, de jaspe et de porphyre, avec des jardins délicieux; la Ménagerie vis-à-vis, de l’autre côté de la croisée du canal de Versailles, toute de riens exquis, et garnie de toutes sortes d’espèces de bêtes à deux et à quatre pieds les plus rares; enfin Clagny[69], bâti pour Mme de Montespan en son propre, passé au duc du Maine, au bout de Versailles, château superbe avec ses eaux, ses jardins, son parc; des aqueducs dignes des Romains de tous les côtés; l’Asie ni l’antiquité n’offrent rien de si vaste, de si multiplié, de si travaillé, de si superbe, de si rempli de monuments les plus rares de tous les siècles, en marbres les plus exquis de toutes les sortes, en bronzes, en peintures, en sculptures, ni de si achevé des derniers.

[69] Clagny was one of Mansard’s first works and won him the favour of Louis XIV. It no longer exists.

Mais l’eau manquoit quoi qu’on pût faire, et ces merveilles de l’art en fontaines tarissoient, comme elles font encore à tous moments, malgré la prévoyance de ces mers de réservoirs qui avoient coûté tant de millions à établir et à conduire sur le sable mouvant et sur la fange. Qui l’auroit cru? ce défaut devint la ruine de l’infanterie. Mme de Maintenon régnoit; on parlera d’elle à son tour. M. de Louvois alors étoit bien avec elle; on jouissoit de la paix. Il imagina de détourner la rivière d’Eure entre Chartres et Maintenon, et de la faire venir toute entière à Versailles. Qui pourra dire l’or et les hommes que la tentative obstinée en coûta pendant plusieurs années, jusque-là qu’il fut défendu, sous les plus grandes peines, dans le camp qu’on y avoit établi, et qu’on y tint très longtemps, d’y parler des malades, surtout des morts, que le rude travail et plus encore l’exhalaison de tant de terres remuées tuoient[70]? Combien d’autres furent des années à se rétablir de cette contagion! combien n’en ont pu reprendre leur santé pendant le reste de leur vie! Et toutefois, non-seulement les officiers particuliers, mais les colonels, les brigadiers, et ce qu’on y employa d’officiers généraux, n’avoient pas, quels qu’ils fussent, la liberté de s’en absenter un quart d’heure, ni de manquer eux-mêmes un quart d’heure de service sur les travaux. La guerre enfin les interrompit en 1688, sans qu’ils aient été repris depuis; il n’en est resté que d’informes monuments, qui éterniseront cette cruelle folie[71].

[70] The mortality among the workmen was very high.

[71] Nothing now remains but fourteen arches of the aqueduct.

A la fin, le Roi, lassé du beau et de la foule, se persuada qu’il vouloit quelquefois du petit et de la solitude. Il chercha autour de Versailles de quoi satisfaire ce nouveau goût. Il visita plusieurs endroits; il parcourut les coteaux qui découvrent Saint-Germain et cette vaste plaine qui est au bas, où la Seine serpente et arrose tant de gros lieux et de richesses en quittant Paris. On le pressa de s’arrêter à Lucienne, où Cavoye eut depuis une maison dont la vue est enchantée; mais il répondit que cette heureuse situation le ruineroit, et que, comme il vouloit un rien, il vouloit aussi une situation qui ne lui permît pas de songer à y rien faire.

Il trouva derrière Lucienne un vallon étroit, profond, à bords escarpés, inaccessible par ses marécages, sans aucune vue, enfermé de collines de toutes parts, extrêmement à l’étroit, avec un méchant village sur le penchant d’une de ces collines qui s’appeloit Marly. Cette clôture sans vue, ni moyen d’en avoir, fit tout son mérite; l’étroit du vallon où on ne se pouvoit étendre y en ajouta beaucoup. Il crut choisir un ministre, un favori, un général d’armée. Ce fut un grand travail que dessécher ce cloaque de tous les environs que y jetoient toutes leurs voiries, et d’y rapporter des terres. L’ermitage fut fait. Ce n’étoit que pour y coucher trois nuits, du mercredi au samedi, deux ou trois fois l’année, avec une douzaine au plus de courtisans en charges les plus indispensables.

Peu à peu l’ermitage fut augmenté; d’accroissement en accroissement, les collines taillées pour faire place et y bâtir, et celle du bout largement emportée pour donner au moins une échappée de vue fort imparfaite. Enfin, en bâtiments, en jardins, en eaux, en aqueducs, en ce qu’est si connu et si curieux sous le nom de machine de Marly[72], en parcs, en forêt ornée et renfermée, en statues, en meubles précieux, Marly est devenu ce qu’on le voit encore, tout dépouillé qu’il est depuis la mort du Roi: en forêts toutes venues et touffues qu’on y a apportées en grands arbres de Compiègne, et de bien plus loin sans cesse, dont plus des trois quarts mouroient, et qu’on remplaçoit aussitôt; en vastes espaces de bois épais et d’allées obscures, subitement changées en immenses pièces d’eau où on se promenoit en gondoles, puis remises en forêts à n’y pas voir le jour dès le moment qu’on les plantoit, je parle de ce que j’ai vu en six semaines; en bassins changés cent fois; en cascades de même à figures successives et toutes différentes; en séjours de carpes ornés de dorures et de peintures les plus exquises, à peine achevées, rechangées et rétablies autrement par les mêmes maîtres, et cela une infinité de fois; cette prodigieuse machine, dont on vient de parler, avec ses immenses aqueducs, ses conduites et ses réservoirs monstrueux uniquement consacrée à Marly sans plus porter d’eau à Versailles; c’est peu de dire que Versailles tel qu’on l’a vu n’a pas coûté Marly.

[72] This hydraulic machine, so much admired at the time, was really a clumsy affair.

Que si on y ajoute les dépenses de ces continuels voyages, qui devinrent enfin au moins égaux aux séjours de Versailles, souvent presque aussi nombreux, et tout à la fin de la vie du Roi le séjour le plus ordinaire, on ne dira point trop sur Marly seul en comptant par milliards.

Telle fut la fortune d’un repaire de serpents et de charognes, de crapauds et de grenouilles, uniquement choisi pour n’y pouvoir dépenser. Tel fut le mauvais goût du Roi en toutes choses, et ce plaisir superbe de forcer la nature, que ni la guerre la plus pesante, ni la dévotion ne put émousser.

II

MADAME DE MAINTENON[73]

[73] Ed. Chéruel, XII. c. vii; ed. Boislisle, XXVIII. 242-281.

Saint-Simon’s account of Mme de Maintenon (XII. cc. vi-viii) is strongly coloured by prejudice, but this hardly at all affects that part of it which relates to her daily life and habits. To arrive at a fair estimate we should study her in her correspondence, of which there is an excellent selection by A. Geffroy, _Mme de Maintenon d’après sa correspondance_, 2 vols. 1887. See especially II. 43-52 for her _entretien_ with Mme Glapion in 1705, in which she gives a detailed account of her daily round. Further light on her character may be obtained from the memoirs of Mme de Caylus, her niece _à la mode de Bretagne_ (_Souvenirs et correspondance_, ed. E. Raunié, 1889), and of Mlle d’Aumale, a _demoiselle_ of Saint-Cyr (D’Haussonville and Hanotaux, _Souvenirs sur Mme de Maintenon_, I. 1901).

Françoise d’Aubigné was born November 27, 1635, in the prison of Niort, where her father Constant d’Aubigné, the unworthy son of the stout Huguenot leader and distinguished writer Agrippa d’Aubigné, was incarcerated. She was baptised as a Catholic, but she was brought up in the Protestant faith by her aunt the Marquise de Villette, the favourite daughter of Agrippa d’Aubigné. In 1645, her father having been released on the death of Richelieu three years previously, she went with her parents to the Island of Martinique, and nearly died on the voyage. On her father’s death she returned to France with her mother (1647) and was again intrusted to the care of Mme de Villette. But by order of Anne of Austria she was handed over to her godmother, Mme de Neuillant, who tried in vain to convert her to Catholicism. She was then sent to an Ursuline Convent at Paris, where, harshness and persecution having failed, she finally yielded to gentler methods. She now rejoined her mother and shared her poverty till her death in 1650. In 1652 Mme de Neuillant arranged for her a marriage with the poet Scarron, who was forty-two and a helpless cripple. He died in 1660, leaving debts which more than swallowed up his small estate, and all that his widow had to live on was a pension of 2000 _livres_ bestowed on her by the Queen-Mother. As Scarron’s wife she had played hostess to many people of wit and fashion, and with these she kept up her relations. Especially she frequented the salons of Mme d’Albret and Mme de Richelieu, where she made friends with Mme de Montespan, a relative of Mme d’Albret. This led to her accepting the post of governess to the children whom that haughty favourite had borne to Louis XIV. In 1674, with her own savings and with 200,000 _livres_ given her by the King for her services, she bought the estate of Maintenon, which was made a Marquisate in the following year. Her influence over Louis began in January, 1680, when she was appointed second Bedchamber-woman to the Dauphine. In 1683 the Queen Marie Thérèse died of a sudden illness, and in the following year--probably in January, but the exact date is not known--Mme de Maintenon was married in secret to Louis XIV.

Ce grand pas fait de l’expulsion sans retour de Mme de Montespan, Mme de Maintenon prit un nouvel éclat. Ayant manqué pour la seconde fois la déclaration de son mariage, elle comprit qu’il n’y avoit plus à y revenir, et eut assez de force sur elle-même pour couler doucement par-dessus, et ne se pas creuser une disgrâce pour n’avoir pas été déclarée reine. Le Roi, qui se sentit affranchi, lui sut un gré de cette conduite qui redoubla pour elle son affection, sa considération, sa confiance. Elle eût peut-être succombé sous le poids de l’éclat de ce qu’elle avoit voulu paroître, elle s’établit de plus en plus par la confirmation de sa transparente énigme.

Mais il ne faut pas s’imaginer que, pour en user et s’y soutenir, elle n’eût besoin d’aucune adresse. Son règne, au contraire, ne fut qu’un continuel manège, et celui du Roi une perpétuelle duperie. Elle ne voyoit personne chez elle en visite, et n’en rendoit jamais aucune. Cela n’avoit que fort peu d’exceptions. Elle alloit voir la reine d’Angleterre et la recevoit chez elle, quelquefois chez Mme de Montchevreuil[74], sa plus intime amie, qui alloit très ordinairement chez elle. Depuis sa mort elle alla voir quelquefois M. de Montchevreuil, mais rarement, qui entroit chez elle toutes les fois qu’il vouloit, mais des instants. Le duc de Richelieu[75] eut toute sa vie le même privilège. Elle alloit quelquefois encore chez Mme de Caylus[76], sa bonne nièce, qui étoit souvent chez elle. Si, en deux ans une fois, elle alloit chez la duchesse du Lude[77], ou quelque femme aussi marquée, entre trois ou quatre au plus, c’étoit une distinction et une nouvelle, quoique il ne s’agît que d’une simple visite. Mme d’Heudicourt[78], son ancienne amie, alloit aussi chez elle à peu près quand elle vouloit, et sur les fins le maréchal de Villeroy[79], quelquefois Harcourt[80], jamais d’autres. On a vu, lors du brillant voyage de Mme des Ursins[81], qu’elle alloit aussi très souvent chez elle en particulier à Marly; et Mme de Maintenon la fut voir une fois. Jamais elle n’alloit chez aucune princesse du sang, même chez Madame. Aucune d’elles aussi n’alloit chez elle, à moins que ce ne fût par audiences, ce qui étoit extrêmement rare et qui faisoit nouvelle. Mais si elle avoit à parler aux filles du Roi, ce qui n’arrivoit pas souvent, et presque jamais que pour leur laver la tête, elle les envoyoit chercher. Elles y arrivoient tremblantes, et en sortoient en pleurs. Pour le duc du Maine, les portes tombèrent toujours devant lui en quelque lieu qu’il fût; et depuis le mariage du duc de Noailles[82], il la voyoit aussi quand il vouloit, son père avec ménagement, sa mère fort à lèche-doigt[83]; le Roi et elle la craignoient et ne l’aimoient point.

[74] Wife of Henri de Mornay, Marquis de Montchevreuil, the governor of the Duc du Maine. Mme de Caylus describes her as “une femme froide et sèche dans le commerce, d’une figure triste, d’un esprit au-dessous du médiocre, et d’un zèle capable de dégoûter les plus dévots de la piété.” Saint-Simon’s portrait is equally unflattering: “Une grande créature maigre, jaune, qui rioit niais, et montroit de longues vilaines dents, dévote à l’outrance” (IV. 35), and Madame on hearing of her death writes: “ça fait une méchante femme de moins en ce monde” (_Corr._ I. 214).

[75] Armand-Jean Du Plessis, great-nephew of the Cardinal.

[76] Mme de Caylus (Marthe-Marguerite de Valois) was the daughter of the Marquis de Villette, Mme de Maintenon’s first cousin, and was thus her _nièce à la mode de Bretagne_. In her father’s absence in America Mme de Maintenon carried her off and made her a Catholic, and in 1686, when she was in her thirteenth year, married her to the Comte de Caylus, a confirmed drunkard. She was one of the most attractive women of her day, and her memoirs are a lively source of information for Mme de Maintenon and the Court generally. Her stepmother, the Marquise de Villette, married, as his second wife, Henry St John, Viscount Bolingbroke.

[77] Wife of Henri de Daillon, Comte and afterwards Duc du Lude, Grand-Master of the Artillery. In 1696 she was made principal lady-in-waiting (_dame d’honneur_) to the future Duchess of Burgundy. She was a Béthune by birth, the great-granddaughter of Sully.

[78] Bonne de Pons, Marquise d’Heudicourt. Mme de Caylus speaks of her as “bizarre, naturelle, sans jugement, pleine d’imagination, toujours nouvelle et divertissante.” Saint-Simon in reporting her death in 1709 calls her a “démon domestique” and a “mauvaise fée,” but he adds: “On ne pouvoit avoir plus d’esprit ni plus agréable, ni savoir plus de choses, ni être plus plaisante, plus amusante, plus divertissante, sans vouloir l’être” (IV. 345).

[79] See below for his portrait.

[80] Henri, Marquis and afterwards Duc d’Harcourt (1654-1718), of the branch of Beuvron-Harcourt. As a lieutenant-general he had a large share in the victory of Neerwinden. He was appointed Ambassador to Spain in 1697, and it was in a great measure due to him that the Duc d’Anjou was nominated heir to Charles II. After the new king’s accession his influence increased, and as a reward for his services he was created a Duke and a Marshal of France. For portraits of him see III. 210-212, 391-3.

[81] Anne-Marie de La Trémoïlle (_circ._ 1646-1722) married as her second husband Flavio Orsini, Duca di Bracciano (1675), and on his death in 1698 took the title of Princesse des Ursins (Orsini). Appointed _Camarera mayor_ to the Queen of Spain in 1701 in order to support the French influence, she dominated the King, till December, 1714, when she was summarily dismissed by his second wife, Elizabeth Farnese. “La princesse des Ursins gouverne le roi d’Espagne comme moi mon chien Titi,” says Madame. See Saint-Simon, III. 78-81, and XI. 116, where he records a _tête-à-tête_ with her which lasted eight hours. “Ces huit heures de conversation avec une personne qui y fournissoit tant de choses me parurent huit moments.” Part of her correspondence with Mme de Maintenon is preserved in a copy in the British Museum. It has been printed under the title of _Lettres inédites de Mme de Maintenon et Mme des Ursins_, 4 vols. 1826, but the editing is careless and inaccurate. Sainte-Beuve has two good articles on her (_Caus. du Lundi_, V. 401 ff.).

[82] The Duc de Noailles, as Comte d’Ayen, married Mlle d’Aubigné, Mme de Maintenon’s niece.

[83] Rarely.

Le cardinal de Noailles[84], jusqu’à l’affaire de la constitution, la voyoit réglément en particulier le jour qu’il avoit son audience du Roi, une fois la semaine; et après, le cardinal de Bissy[85] à peu près tant qu’il voulut, et le cardinal de Rohan[86] avec mesure. Son frère[87], tant qu’il vécut, la désola. Il entroit chez elle à toute heure, lui tenoit des propos de l’autre monde, et lui faisoit souvent des sorties. De crédit avec elle, pas le moins du monde. Sa belle-sœur ne parut jamais à la cour ni dans le monde; Mme de Maintenon la traitoit bien par pitié, sans que cela allât au plus petit crédit; mais elle dînoit quelquefois avec elle, et ne la laissoit venir à Versailles que le moins qu’elle pouvoit, peut-être deux ou trois fois l’an au plus, et coucher une nuit. Godet[88], évêque de Chartres, et Aubigny[89], archevêque de Rouen, elle ne les voyoit qu’à Saint-Cyr.

[84] Archbishop of Paris from 1695 to 1729 and uncle of the Duc de Noailles. He favoured the Jansenists, and when in answer to the King’s demand for a Constitution against the _Réflexions morales_ of Père Quesnel the Pope (Clement XI) issued the Bull _Unigenitus_, he opposed its reception. His nomination as Archbishop had been warmly supported by Mme de Maintenon, but his attitude to the Constitution made a breach between them in ecclesiastical matters. Saint-Simon’s estimate of him (XII. 138-140) is a fair one.

[85] Henri de Thiard, Cardinal de Bissy, Bishop de Toul and afterwards of Meaux, succeeded to the influence in ecclesiastical matters which the Cardinal de Noailles and Godet Des Marais, Bishop of Chartres, had had with Mme de Maintenon.

[86] He and Cardinal de Bissy were the leaders of the Jesuit party. His high birth, great wealth, and charm of looks and manner gave him great influence. Saint-Simon has a most interesting portrait of him (_Mém._ X. 28-32).

[87] Charles, Comte d’Aubigné, was a hopeless spendthrift, and in spite of the numerous appointments which Mme de Maintenon obtained for him was always out at elbows. On his death (1703) she wrote: “J’ai pleuré M. d’Aubigné; il étoit mon frère, et il m’aimoit fort; il étoit bon dans le fond, mais il avoit vécu dans de si grandes désordres que je puis dire qu’il ne m’a donné de joie que dans la manière dont il est mort.” See Saint-Simon, _Mém._ I. 478-480. “C’étoit un panier percé, fou à enfermer, mais plaisant, avec de l’esprit et des saillies;... avec cela bon homme et honnête homme, poli.” He habitually referred to the king as his brother-in-law.

[88] Godet Des Marais was a Sulpician, a disciple of _Père_ Olier. See Saint-Simon, _Mém._ VII. 123-126.

[89] Claude-Maur d’Aubigny or d’Aubigné was of an old family of Anjou the connexion of which with that of Mme de Maintenon was very doubtful, but they were now glad to claim cousinship with the powerful favourite, whose nobility did not go back beyond her grandfather.