Lives of the most eminent literary and scientific men of France, Vol. 1 (of 2)
Part 24
[Footnote 61: Roger de Rabutin, comte de Bussy, was one of those unfortunate men who, from some malconformity in the structure of their minds, inherit infamy from the use they make of their talents. His youth was spent in gambling, dissipation, duels, and all the disorders of a disorderly period. He was in the army during his early years, and became attached to the great Condé. He served under him when that prince blockaded Paris, and was one of the faction of young men of quality who attempted to govern the court on its return, and who received the name of _Petits-Maîtres_ from the witty Parisians, a name afterwards preserved to designate young coxcombs of fashion in almost all countries. When Condé was arrested, he made war against the king in Berri. When liberated, he abandoned him. Insolent and presumptuous, he made an enemy of this great man as well as of Turenne. Bussy attacked the latter in a dull epigram. Turenne's reply was far more witty: he wrote to the king, that "Bussy was the best officer, for songs, that he had in his troop." In like manner, he at first paid his court to Fouquet, and afterwards caballed against him. He had frequently been imprisoned in the Bastille. In 1569 he was exiled. He amused himself during his banishment by writing his "Amours des Gaules," a scandalous history of the time, whose wit cannot redeem the infamy attached to his becoming the betrayer and chronicler of the faults and misfortunes of his friends. Allowed to return to court, he entered into a cabal for the ruin of the duchesse de la Vallière--his own was the consequence. Deprived of his employment, imprisoned in the Bastille, and afterwards exiled, he drank deep of the cup of disappointment and mortification. He continued his work in his retreat; but the exercise of malice and calumny did not compensate for being driven from the arena on which he delighted to figure. Sixteen years after, wards he was allowed to return to court; but it had then lost its charms, especially as the king did not regard him with an eye of favour, so he returned once again to his country retreat. He died in 1693, aged seventy-one. Ill brought up and uneducated, wit, sharpened by malice, was his chief talent. He wrote a pure style, but his letters are stiff and dull; and his chief work is remarkable for its license and malice rather than for talent.]
[Footnote 62: "J'admire comment j'eus le courage de vous y mettre (au couvent); la pensée de vous voir souvent, et de vous en retirer me fit résoudre à cette barbarie, qui étoit trouvée alors une bonne conduite, et une chose nécessaire à votre éducation."--_Lettre à Mad. de Grignan_, 6 _May_, 1676.]
[Footnote 63: Il faut que je vous conte ce que j'ai fait. Imaginez vous que des dames m'ont proposé d'aller dans une maison qui regarde droit dans l'arsenal pour voir revenir notre pauvre ami. J'étais masquée; je l'ai vu venir d'assez loin. M. d'Artagnan étoit auprès de lui; cinquante mousquetaires à trente à quarante pas dernière. Il parroissoit assez rêveur. Pour moi, quand je l'ai apperçu, les jambes m'ont tremblé, et le cœur m'a battu si fort, que je ne pouvois plus. En s'approchant de nous pour entrer dans son trou M. d'Artagnan l'a pousse, et lui a fait remarquer que nous étions là. Il nous a donc saluées, et pris cette mine riante que vous lui connoissez. Je ne croie pas qu'il m'a reconnue, mais je vous avoue que j'ai été étrangement saisie quand je l'ai vu entrer dans cette petite porte. Si vous saviez combien on est malheureux quand on a le cœur fait comme je l'ai, je suis assurée que vous auriez pitié de moi; mais je pense que vous n'en etes pas quitte à meilleur marché de la manière dont je vous connois. J'ai été voir votre chère voisine, je vous plains autant de ne l'avoir plus, que nous nous trouvons heureux de l'avoir. Nous avons bien parlé de notre cher ami: elle a vu Sapho (mademoiselle de Scuderi) qui lui a redonné du courage. Pour moi, j'irai demain le reprendre chez elle car de temps en temps, je sens que j'ai besoin de réconfort: ce n'est pas que, l'on ne dise mille choses qui doivent donner de l'espérance; mais mon dieu, j'ai l'imagination si vive, que tout ce qui est incertain me fait mourir."--_Lettre à M. de Pomponne_, 27 _Novembre_, 1664.]
[Footnote 64: On the 3d April, 1680, Madame de Sévigné writes to her daughter, "My dear child, M. Fouquet is dead. I am grieved. Mademoiselle de Scuderi is deeply afflicted. Thus ends a life which it cost so much to preserve." Gourville, in his memoirs, speaks of his being liberated from prison as a certain thing: "M. Fouquet, being some time after set at liberty, heard how I had acted towards his wife, to whom I had lent more than a hundred thousand livres, for her subsistence, for the suit, and even to gain over some of the judges. After having written to thank me," &c. This seems to set the matter at rest. Voltaire says, in the "Siècle de Louis XIV.," that the countess de Vaux (Fouquet's daughter-in-law) confirmed the fact of his liberation: a portion of his family, however, believed differently in after times. His return, if set free, was secret, and did not take place long before his death.]
[Footnote 65: Voltaire, Siècle de Louis XIV. chap. XXV.]
[Footnote 66: In the verses made on this occasion the poet alludes also to the beauty of her mother:--
"Vous travestir ainsi, c'est bien ingénu, Amour, c'est comme si, pour n'être pas connu, Avec une innocence extreme Vous vous déguisez en vous-meme Elle a vos traits, vos yeux, votre air engageant, Et de même que vous, sourit en égorgéant; Enfin qui fit l'un a fait l'autre, Et jusque à sa mère, elle est comme la votre."]
[Footnote 67: At the age of seventy-six, madame de Sévigné's grandson, the young marquis de Grignan, sought lier friendship; thus, in some sort, she reigned over three generations of the same family. The one fault of Ninon so unsexes her that we must regard her character rather as belonging to a man than a woman. "I saw the disadvantages women labour under," she said, "and I chose to assume the position of a man (et je me fis homme)." She regulated her conduct by what was considered honourable in a man--honourable, not moral. Her talents and generous qualities caused her to be respected and loved by a large circle of distinguished friends. Madame de Maintenon was her early and intimate friend: even when she became devout she continued to prize Ninon's friendship, and wrote to her to give good lessons to her incorrigible brother.]
[Footnote 68: His song, excusing his idleness, is very good: it is in dialogue between himself and the chief among those who blamed him, the count de Bussy-Rabutin.
"AIR.--'_Or nous dites, Marie._'
BUSSY.
"Or nous dites, Coulanges, Magistrat sans pareil, Par quel destin étrange Quittez-vous le conseil?
COULANGES.
"Lisez, lisez l'histoire: Vous verrez qu'avant nous Les héros, las de gloire. Allaient planter des choux.
BUSSY.
"Le bel exemple à suivre Que Dioclétien! Est-ce ainsi qu'il faut vivre? Il n'étoit pas chrétien.
COULANGES.
"Charles-Quint, qu'on admire. En a bien fait autant: Quitta-t'-il pas l'empire Pour être plus content?
BUSSY.
"Oui, mais dans la retraite Savez-vous ce qu'il fit? Chagrin dans sa chambrette, Souvent s'en repentit.
COULANGES.
"La savante Christine Ne s'en repentit pas; Et de cette héroïne Je veut suivre les pas.
BUSSY.
"Mais d'Azolin dans Rome Ignorez-vous les bruits? Et que ce galant homme Sut charmer ses ennuis?
COULANGES.
"Du feu roi de Pologne, Monsieur, que dites-vous? Tranquille et sans vergogne Il vient parmi nous.
BUSSY.
"Oui, mais son inconstance. Moine, roi, cardinal, Le fit venir en France Mourir à l'hôpital.
COULANGES.
"Le diable vous emporte. Monsieur, et vos raisons! Je vivrois de la sorte Et ferai des chansons."]
[Footnote 69: At the time of the dauphin's marriage, when madame de Coulanges was presented to the dauphine, the latter received her with a compliment on her wit and letters, of which she had heard in Germany. At this time madame de Sévigné writes,--"Madame de Coulanges is at St. Germain: she does wonders at court: she is with her three friends (mesdames de Richelieu, de Maintenon, and de Rochefort) at their private hours. Her wit is a qualification of dignity at court."--April 5. 1680.]
[Footnote 70: The best known of his couplets are the following philosophic ones:--
"D'Adam nous sommes tous enfans: La chose est très-connue, Et que tous nos premiers parens Ont mené la charrue; Mais, las de cultiver enfin Sa terre labourée, L'un a dételé le matin, L'autre l'après-dînée."]
[Footnote 71: Turning over her pages, we frequently find reflections such as the following, which, from its gentleness and feeling, is singularly characteristic of the amiable writer:--"Vous savez que je suis toujours un peu entêtée de mes lectures Ceux à qui je parle ont intérêt que je lise de bons livres: celui dont il s'agit présentement, c'est cette Morale de Nicole: il y a un traité sur les moyens d'entretenir la paix entre les hommes, qui me ravit: je n'ai jamais rien vu de plus utile, ni si plein d'esprit et de lumières. Si vous ne l'avez pas lu, lisez-le; si vous l'avez lu, relisez-le avec une nouvelle attention: je crois que tout le monde s'y trouve; pour moi, je suis persuadée qu'il a été fait à mon intention; j'espère aussi d'en profiter; j'y ferai mes efforts. Vous savez que je ne puis souffrir que les vieilles gens disent, 'Je suis trop vieux pour me corriger:' je pardonnerois plutôt aux jeunes gens de dire, 'Je suis trop jeune.' La jeunesse est si aimable, qu'il faudrait l'adorer, si l'âme et l'esprit étoient aussi parfaits que le corps; mais quand on n'est plus jeune, c'est alors qu'il faudrait se perfectionner, et tâcher de regagner par les bonnes qualités ce qu'on perd du côté des agréable. Il y a longtemps que j'ai fait ces réflexions, et pour cette raison je veux tous les jours travailler à mon esprit, à mon âme, à mon cœur, à mes sentimens. Voilà de quoi je suis pleine, et de quoi je remplis cette lettre, n'ayant pas beaucoup d'autres sujets."--Aux Rochers, 7. Oct. 1671. With regard to the book that gave rise to these reflections, M. de Sévigné, her son, who had a more enlightened taste as to style, by no means approved it. He says, "Et moi, je vous dirai que le premier tome des Essais de Morale vous paroitroit tout comme à moi, si la Marans et l'abbé Têtu ne vous avoient accoutumée aux choses fines et distillées. Ce n'est pas aujourd'hui que le galimathias vous parois clair et aisé: de tout ce qui a parlé de l'homme, et l'intérieur de l'homme, je n'ai rien vu de moins agréable; ce ne sont point là ces portraits où tout le monde se reconnoit. Pascal, la logique de Port Royal, et Plutarque, et Montaigne, parlent autrement: celui-ci parle parce qu'il veut parler, et souvent il n'a pas grand' chose à dire."]
[Footnote 72: Take, for instance, the following extracts on the subject of his death:--"Ne croyez point, ma fille, que le souvenir de M. de Turenne soit déjà finit dans ce pays-ci; ce fleuve, qui entraine tout, n'entraine pas sitôt une telle mémoire; elle est consacrée à l'immortalité. J'étais l'autre jour chez M. de la Rochefoucauld, avec madame de Lavardin, madame de la Fayette, et M. de Marsillac. M. le Premier y vint. La conversation dura deux heures sur les divines qualités de ce véritable héros: tous les yeux étaient baignés de larmes, et vous ne sauriez croire comme la douleur de sa perte est profondément gravé dans les cœurs. Nous remarquions une chose, c'est que ce n'est pas depuis sa mort que l'on admire la grandeur de son cœur, l'étendue de ses lumières, et l'élévation de son âme; tout le monde en étoit plein pendant sa vie, et vous pouvez penser ce que fait sa perte par-dessus ce qu'on étoit déjà: enfin, ne croyez point que cette mort soit ici comme celle des autres. Vous pouvez en parler tant qu'il vous plaira, sans croire que la dose de votre douleur l'emporte sur la nôtre. Pour son âme, c'est encore un miracle qui vient de l'estime parfaite qu'on avoit pour lui; il n'est pas tombé dans la tête d'aucun dévot qu'elle ne fut pas en bon état: on ne sauroit comprendre que le mal et le péché pussent être dans son cœur: sa conversion si sincère nous a paru comme un baptême; chacun conte l'innocence de ses mœurs, la pureté de ses intentions, son humilité, éloignée de toute sorte d'affectation; la solide gloire dont il étoit plein, sans faste et sans ostentation; aimant la vertu pour elle-même, sans se soucier de l'approbation des hommes; une charité généreuse et chrétienne. Vous ai-je dit comme il l'habilla ce régiment anglois? il lui coûta quatorze mille francs, et il resta sans argent. Les Anglois ont dit à M. de Lorges qu'ils achéveroient de servir cette campagne, pour venger la mort de M. de Turenne, mais qu'après cela ils se retireroient, ne pouvant obéir à d'autres que lui. Il y avoit de jeunes soldats qui s'impatientoient un peu dans les marais, où ils étoient dans l'eau jusqu'aux genoux; et les vieux soldats leur disoient 'Quoi, vous vous plaignez!' On voit bien que vous ne connoissez pas M. de Turenne: il est plus fâché que nous quand nous sommes mal; il ne songe, à l'heure qu'il est, qu'à nous tirer d'ici; il veille quand nous dormons; c'est notre père: on voit bien que vous êtes jeunes. Et c'est ainsi qu'ils les rassuroient. Tout ce que je vous mande est vrai; je ne me charge point des fadaises dont on croit faire plaisir aux gens éloignés: c'est abuser d'eux, et je choisis bien plus ce que je vous écris, que ce que je vous dirois, si vous étiez ici. Je reviens à son âme: c'est donc une chose à remarquer, que nul dévot ne s'est avisé de douter que Dieu ne l'eût reçue à bras ouverts, comme une des plus belles et des meilleures qui soient jamais sorties de ses mains. Méditez sur cette confiance générale sur son salut, et vous trouverez que c'est une espèce de miracle qui n'est que pour lui. Vous verrez dans les nouvelles les effets de cette grande perte."--15 Août, 1675.
"M. de Barillon soupa ici hier: on ne parla que de M. de Turenne, il en est véritablement très-affligé. Il nous contoit la solidité de ses vertus, combien il étoit vrai, combien il aimoit la vertu pour elle-même, combien pour elle seule il se trouvoit récompensé, et puis finit par dire que l'on ne pouvoit pas l'aimer, ni être touché de son mérite, sans en être plus honnête homme. Sa société communiquoit une horreur pour la friponnerie, pour la duplicité, qui mettoit ses amis au-dessus des autres hommes. Bien de siècles n'en donneront pas un pareil. Je ne trouve pas qu'on soit tout-à-fait aveugle en celui-ci, au moins les gens que je vois. Je crois que c'est vanter d'être en bonne compagnie."--28 Août, 1675.]
[Footnote 73: "Voici un changement de scène qui vous paroitra aussi agréable qu'à tout le monde. Je fus samedi à Versailles avec les Villars. Vous connoissez la toilette de la reine, la messe, le dîner: mais il n'est pas besoin de se faire étouffer pendant que leurs majestés sont à table; car à trois heures le roi, la reine, monsieur, madame, mademoiselle, tout ce qu'il y a de princes et de princesses, madame de Montespan, toute sa suite, tous les courtisans, toutes les dames, enfin ce qui s'appelle la cour de France, se trouve dans ce bel appartement du roi que vous connoissez. Tout est meublé devinement--tout est magnifique. On ne sait ce que c'est d'y avoir chaud; on passe d'un lieu à l'autre sans avoir presse nulle part. Un jeu de reverse donne la forme, et fixe tout. Le roi est auprès de madame de Montespan, qui tient la carte; monsieur, la reine, et madame de Soubise, Dangeau et compagnie, Langlée et compagnie. Mille louis sont répandus sur le tapis. Il n'y a point d'autres jetons. Je voyois Dangeau, et j'admirois combien nous sommes sots au jeu auprès de lui. Il ne songe qu'à son affaire, et gagne où les autres perdent: il ne néglige rien, il profite de tout; il n'est point distrait: en un mot, sa bonne conduite défie la fortune; aussi les deux cent mille francs en deux jours, les cent mille écus en un mois, tout cela se met sur le livre de sa recette. Il dit que je prenois part à son jeu, de sorte que je fus assise très-agréablement et très-commodément. Je saluai le roi, ainsi que vous me l'avez appris: il me rendit mon salut, comme si j'avois été jeune et belle. La reine me parla aussi longtemps de ma maladie que si c'eût été une couche. M. le duc me fit mille de ces caresses, à quoi il ne pense pas. Le maréchal de Lorges m'attaqua sous le nom du chevalier de Grignan, enfin _tutti quanti_. Vous savez ce que c'est que de recevoir un mot de tout ce que l'on trouve en son chemin. Madame de Montespan me parla de Bourbon: elle me pria de lui conter Vichi, et comment je m'en étois portée. Elle me dit que Bourbon, au lieu de guérir un genou, lui a fait mal aux deux. Je lui trouvai le dos bien plat, comme disoit la maréchale de la Meilleraie; mais sérieusement, c'est une chose surprenante que sa beauté; sa taille n'est pas la moitié si grosse qu'elle étoit, sans que son teint, ni ses yeux, ni ses lèvres en sont moins bien. Elle étoit habillée de point de France, coiffée de mille boucles: les deux des tempes lui tombent fort bas sur les joues; des rubans noirs à sa tète, des perles de la maréchale d'Hôpital, embellies de boucles et de pendeloques de diamants de la dernière beauté, trois ou quatre poinçons, point de coiffe; en un mot, une triomphante beauté, à faire admirer tous les ambassadeurs. Elle a su qu'on se plaignoit qu'elle empèchoit à toute la France de voir le roi; elle l'a redonné, comme vous voyez; et vous ne sauriez croire la joie que tout le monde en a, ni de quelle beauté cela rend la cour. Cette agréable confusion, sans confusion, de tout ce qu'il y a de plus choisi, dure depuis trois heures jusqu'à six. S'il vient des courriers, le roi se retire un moment pour lire ses lettres, puis revient. Il y a toujours quelque musique qu'il écoute, et qui fait un très bon effet. Il cause avec les dames qui ont accoutumé d'avoir cet honneur. Enfin, on quitte le jeu à six heures. On n'a point du tout de peine à faire les comptes--il n'y a point de jetons ni de marques. Les poules sont au moins de cinq, six, à sept cent louis, les grosses de mille, de douze cents. On parle sans cesse, et rien ne demeure sur le cœur. Combien avez-vous de cœurs? J'en ai deux, j'en ai trois, j'en ai un, j'en ai quatre: il n'en a donc que trois, que quatre; et Dangeau est ravi de tout ce caquet: il découvre le jeu, il tire ses conséquences, il voit à qui il a affaire; enfin, j'étois bien aise de voir cet excès d'habilité: vraiment c'est bien lui qui sait le dessous des cartes. On monte donc à six heures en calèches, le roi, madame de Montespan, M. et madame de Thianges, et la bonne d'Hendicourt sur le strapontin, c'est-à-dire comme en paradis, ou dans la gloire de Niquée. Vous savez comme ces calèches sont faites: on ne se regarde point, on est tourné du même côté. La reine étoit dans une autre avec les princesses, et ensuite tout le monde attroupé selon sa fantaisie. On va sur le canal dans des gondoles; on trouve de la musique; on revient à dix heures, on trouve la comédie; minuit sonne, on fait _media noche_. Voilà comme se passe le samedi. De vous dire combien de fois on me parla de vous, combien on me fit de questions sans attendre la réponse, combien j'en épargnai, combien on s'en soucie peu, combien je m'en souciois encore moins, vous reconnoitrez au naturel _l'iniqua corte_. Cependant il ne fut jamais si agréable, et on souhaite fort que cela continue."]
[Footnote 74: It is curious to find her earnestly recommending maternal affection to her daughter. One poor little girl was wholly sacrificed--shut up in a convent, waiting for a vocation; the other was saved by her grandmother from a similar fate. She writes, "Mais parlons de cette Pauline; l'aimable, la jolie petite créature! Ai-je jamais été si jolie qu'elle? on dit que je l'étais beaucoup. Je suis ravie qu'elle vous fasse souvenir de moi: je sais bien qu'il n'est pas besoin de cela; mais, enfin, j'ai une joie sensible: vous me la dépeignez charmante, et je crois précisément tout ce que vous me dites: je suis étonnée qu'elle ne soit devenue sotte et ricaneuse dans ce couvent: ah, que vous avez fait bien de l'en retirer! Gardez-la, ma fille, ne vous privez pas rie ce plaisir; la Providence en aura soin."--Oct. 4, 1679. In another letter she says, "Aimez, _aimez_ Pauline; croyez-moi, tâtez, tâtez de l'amour maternel."]
[Footnote 75: It is in these letters from her _château_ that we find her penetration into the human heart, and her sympathy with all that is upright and good. She writes to her daughter, "Vous verrez comme tous les vices et toutes les vertus sont jetés pêle-mêle dans le fond de ces provinces; car je trouve des âmes de paysans plus droites que les lignes, aimant la vertu comme naturellement les chevaux trottent." As to her jansenism, it was very sincere, though not mingled with the spirit of party. She believed in the election of grace, and the few that were to be saved; and, though somewhat puzzled when she tried to reconcile this doctrine with the free will of man, she has recourse to St. Augustin, the jansenian saint, and says, "Lisez un peu le livre de la prédestination des saints de St. Augustin, et du don de la persévérance: je ne cherche pas à être davantage éclaircie sur ce point; et je veux me tenir, si je puis, dans l'humilité et dans la dépendance. Le onzième chapitre du don de la persévérance me tomba hier sous la main: lisez-le, et lisez tout le livre: c'est où j'ai puisé mes erreurs: je ne suis pas seule, cela me console; et en vérité je suis tentée à croire qu'on ne dispute aujourd'hui sur cet matière avec tant de chaleur, que faute de s'entendre."]