Entretiens / Interviews / Entrevistas
Chapter 38
= What has happened since our 1998 interview?
The nature of the Internet has changed dramatically in the last two years. It is no longer possible to speak of idealistic social or political effects: the Net is entirely commercialised. I find this entirely predictable. I have always described the Internet as a liberal structure, a market of information. It is logical that it is now commercialised.
It is often said the Internet is now like television. Certainly the content is determined by market forces and is increasingly split into very large sites with huge quantities of information. In some ways, these are like television channels, but the metaphor is not completely accurate.
= How do you see the growth of a multilingual Web?
The future multilingualism of the Net will be determined by market forces. At present there's no political will to enforce multilingualism. But it is in the commercial interest of the content providers to have material in local languages. At least in Europe. For small languages in Africa, there is no market potential.
= What is your best experience with the Internet?
I have no illusions about the Internet. I can't remember any positive exception to that.
= And your worst experience?
The worst thing I have seen on the Internet recently is the way thousands of people added the logo of the Belgrade radio B92 to their websites, without asking what it was and what politics it represented. In fact it was already broadcasting from NATO (North Atlantic Treaty Organisation) aircraft. The campaign shows how easy it is to manipulate the new media scene...
[FR] Paul Treanor (Pays-Bas)
#Gère sur son site personnel une section consacrée à l'avenir des langues en Europe
Créé en 1996 par Paul Treanor, ce site web est divisé en six parties: idéologie de l'internet et du cyberespace, géopolitique et nationalisme, avenir de l'Europe, théorie et planification urbaines, libéralisme et éthique, et questions académiques. Certaines pages - dont le contenu prêtant à controverse pourrait donner lieu à des poursuites judiciaires - ne se trouvent que sur le site dupliqué. Ainsi, au cas où celui-ci serait fermé, le premier site se trouverait toujours disponible. Paul Treanor écrit également des articles pour le magazine en ligne allemand Telepolis.
[Entretien 18/08/1998 // Entretien 25/07/1999]
*Entretien du 18 août 1998 (entretien original en anglais)
= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?
Vous parlez du web au singulier. Comme vous l'avez sans doute lu (sur mon site, ndlr), je pense que "le web" est un concept politique, non technologique. Une civilisation est possible avec des ordinateurs très sophistiqués mais pas d'interconnexion. L'idée qu'il devrait exister "un web" est dérivée de la tradition libérale du marché unique ouvert, de préférence mondial.
L'internet devrait être tout simplement découpé en nets multiples, et l'Europe devrait couper ses liens avec les Etats-Unis et construire un autre Net spécifique et incompatible avec le premier. (...) Rappelez-vous qu'il y a quinze ans tout le monde pensait qu'il n'y aurait qu'un émetteur de télévision à l'échelle mondiale, CNN. Or il existe maintenant des chaînes de télévision nationales françaises, allemandes ou espagnoles.
La réponse à votre question est donc que l'entité "un web" sera de toute manière divisée, probablement en quatre parties:
1. un internet propre aux Etats-Unis et au Canada, avec nombre des caractéristiques actuelles;
2. des internets nationaux séparés, avec des liens limités avec l'extérieur;
3. un nouvel internet général pour relier entre eux les nets de la catégorie 2;
4. et peut-être un internet spécifique à l'Union européenne.
Comme vous le voyez, cette structure est parallèle à celle qui existe en géopolitique. Toute l'infrastructure des télécommunications a suivi des modèles similaires. (...)
La politique actuelle de l'Union européenne prétend être neutre, mais en fait elle soutient le développement de l'anglais comme langue de contact pour communiquer.
*Entretien du 25 juillet 1999 (entretien original en anglais)
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
La nature de l'internet a profondément changé durant ces deux dernières années. Il n'est désormais plus possible de parler de manière idéaliste de son impact social ou politique: l'internet est devenu entièrement commercial, ce qui était aisément prévisible. Je l'ai toujours décrit comme une structure libérale et comme un marché de l'information. Cette main-mise du commerce est donc logique.
On dit souvent que l'internet s'apparente maintenant à la télévision. Son contenu est certainement déterminé par les forces du marché, et il consiste de plus en plus en un certain nombre de sites très volumineux qui proposent une quantité considérable d'informations. D'une certaine manière ceux-ci ressemblent à des chaînes de télévision, bien que cette métaphore ne soit pas tout à fait exacte.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un web multilingue?
Le multilinguisme futur de l'internet est déterminé par les forces du marché. A présent il n'existe pas de volonté politique d'imposer le multilinguisme. Le fait d'avoir des informations dans plusieurs langues correspond à un intérêt commercial, au moins pour l'Europe. Par contre, pour les différentes langues de l'Afrique, il n'existe pas de potentiel économique.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Je ne me fais aucune illusion sur l'internet. Il ne me vient à l'esprit aucune exception à citer.
= Et votre pire souvenir?
La pire chose que j'aie vue récemment sur l'internet est le fait que des milliers de personnes aient ajouté le logo de la radio B92 de Belgrade sur leur site, sans se poser de questions sur la nature de cette radio ni sur la politique qu'elle représentait. En fait cette radio émettait déjà d'un avion de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord). La campagne menée montre combien il est facile de manipuler le public de ce nouveau médium.
ZINA TUCSNAK [FR]
[FR] Zina Tucsnak (Nancy)
#Ingénieur d'études en informatique à l'ATILF (Analyses et traitements informatiques du lexique français)
L'ATILF a développé des programmes de recherche sur la langue française, principalement son vocabulaire. Traitées par des systèmes informatiques spécifiques, les données (lexicales et textuelles) portent sur divers registres du français : langue littéraire (du 14e au 20e siècle), langue courante (écrite et parlée), langue scientifique et technique (terminologies), et régionalismes.
Les bases de données de l'ATILF comprennent notamment: (1) Frantext, un corpus à dominante littéraire constitué de textes français qui s'échelonnent du 16e au 20e siècle. Sur l'intégralité du corpus, il est possible d'effectuer des recherches simples ou complexes (base non catégorisée). Sur un sous-ensemble comportant des oeuvres en prose des 19e et 20e siècles, les recherches peuvent également être effectuées selon des critères syntaxiques (base catégorisée); (2) l'Encylopédie de Diderot et d'Alembert, en collaboration avec l'ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French Language) de l'Université de Chicago. Il s'agit de la version internet de la première édition, à savoir 17 volumes de texte et 11 volumes de planches; (3) Dictionnaires d'autrefois (16e-19e siècles): Dictionnaires de l'Académie française, 1re (1694), 5e (1798), et 6e (1835) éditions, Dictionarium latinogallicum de Robert Estienne, Thresor de la langue françoyse (versions ancienne et moderne) de Jean Nicot, Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle; (4) le Catalogue critique des ressources textuelles sur internet (CCRTI), un ensemble de sites qui diffusent des ressources textuelles en ligne sur le web, sélectionnés en fonction de leur sérieux sur le plan du traitement éditorial et du traitement numérique des textes; (5) le Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932).
*Entretien du 23 octobre 2000
= Pouvez-vous présenter votre organisme?
Je fais partie du CNRS (Centre national de la recherche scientifique), plus précisément du département des Sciences de l'homme et de la société (SHS). L'ATILF (Analyses et traitements informatiques du lexique français) participe activement à la valorisation des innovations scientifiques et techniques et au rayonnement de la culture française à l'étranger.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je suis ingénieure informaticienne. Mon travail s'articule autour de deux axes principaux: gérer des bases textuelles informatisées (Encyclopédie Diderot, Dictionnaires d'autrefois) et assurer l'administration des serveurs de notre laboratoire. Je gère plusieurs sites internet: Encyclopédie Diderot, Dictionnaires d'autrefois, Webcourrier et Ressources informatiques à l'INaLF.
= Comment voyez-vous l'avenir?
Je ne conçois pas l'avenir sans internet. C'est une évolution constante.
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Non, pas personnellement. Les dictionnaires électroniques et autres e-books révolutionnent l'accès à la culture. En quelques clics, l'utilisateur peut trouver l'information recherchée.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
L'e-book offre une combinaison d'opportunités: la digitalisation et l'internet. Les éditeurs apportent leur titres à tous les lecteurs du monde. C'est une nouvelle ère de la publication.
= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?
Le droit en informatique et en particulier le droit d'auteur sur la toile est une discipline de plus en plus développée et recherchée. Malgré quelques cas qui ont fait jurisprudence, le législateur n'est pas en mesure de solutionner toute la problématique actuelle. L'absence des frontières est un gros handicap.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?
C'est un vaste problème. Le meilleur moyen sera l'application d'une loi par laquelle on va attribuer un "quota" à chaque langue. Mais est-ce que ce n'est pas une utopie de demander l'application d'une telle loi dans une société de consommation comme la nôtre?
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?
Il faudrait fournir des alternatives équivalentes au contenu visuel et auditif: le texte peut être expédié directement à des synthétiseurs vocaux et à des générateurs de braille et peut être représenté sur du papier.La voix synthétique et le braille sont indispensables aux individus non voyants et mal entendants.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Je crois que, dans le cyberespace, l'information et la quantité de l'information sont gouvernées par des lois mathématiques. Mais les modèles mathématiques n'ont pas trouvé encore leur solution, un peu comme le mouvement perpétuel ou la quadrature du cercle.
= Et la société de l'information?
La société de l'information peut être définie comme un milieu dans lequel se développent la culture et la civilisation par l'intermédiaire de l'informatique, qui restera la base et la théorie de cette société.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Mon meilleur souvenir est lié à la mise en oeuvre d'un serveur qui permet la lecture de son courrier depuis n'importe quel ordinateur muni d'une connexion internet. Le principe d'un tel serveur existait déjà, surtout sur des grandes sites américains. Mais rien ne remplace la sensation du devoir accompli.
= Et votre pire souvenir?
Ce sont les CV bidons, publiés sur des pages personnelles. Surtout quand les auteurs s'appropient des réalisations ou des activités qu'ils n'effectuent pas. Mais cela ouvre un débat plus large sur la répression des fraudes sur internet.
FRANCOIS VADROT [FR, EN, ES]
[FR] François Vadrot (Paris)
#Fondateur et PDG de FTPress (French Touch Press), société de cyberpresse
[Entretien 20/05/2000 // Entretien 25/11/2000]
*Entretien du 20 mai 2000
= Pouvez-vous présenter FTPress?
FTPress (French Touch Press) est une société française de cyberpresse. Elle a donné naissance aux sites suivants:
- www.ftpress.com, le site de la société de presse "maîtresse", qui présente le concept, les produits, l'organisation... et les membres de l'équipe, sous forme de portraits très personnels;
- www.internetactu.com, le site d'Internet Actu, consacré à l'actualité d'internet et des nouvelles technologies, créé le 9 septembre 1999 sous cette forme-là (mais successeur de LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu), qui se trouvait au sein de la Délégation aux systèmes d'information (DSI) du CNRS (Centre national de la recherche scientifique));
- www.pixelactu.com, le site de Pixel Actu, consacré à l'actualité de l'image numérique, créé le 31 janvier 2000;
- www.esanteactu.com, le site de eSanté Actu, consacré à l'actualité de la eSanté, à savoir le croisement de la santé (vue par les professionnels du secteur) et d'internet, lancé le 16 mai 2000;
- www.lafontaine.net, le site de Jean de la Fontaine, qui présente l'intégralité de son oeuvre, ainsi que plein de dessins, pastiches, enregistrements, et publie quotidiennement "La fable du jour";
- www.commissairetristan.com, le site des Aventures du Commissaire Tristan, le premier cyberpolar online (gratuit), coproduit par FTPress et AlloCiné, lancé à mi-juin 2000.
Les projets sont nombreux pour les prochains mois.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
En (très) résumé, cela consiste à développer une société, FTPress, spécialisée dans la presse online (enfin pour l'instant, car tout bouge tellement vite que ce pourrait bien ne plus être le cas dans quelques mois). Le concept de FTPress est de réaliser des médias professionnels spécialisés chacun dans un secteur économique: la santé, l'automobile, l'image numérique, les ressources humaines, la logistique, etc. Chaque média traite de l'économie, de la technologie, des aspects politiques et sociaux, d'un secteur modifié par l'arrivée des nouvelles technologies et d'internet. Le premier a été Internet Actu, créé au CNRS en février 1996, suivi de Pixel Actu (février 2000), puis de eSanté Actu (mai 2000). Nous sommes partis de l'écrit, mais nous allons maintenant vers le multimédia, avec prochainement des émissions de télévision. FTPress réalise aussi des médias pour des tiers.
= Comment voyez-vous votre avenir professionnel?
Mon avenir professionnel, je le vois comme un présent professionnel. Si vous m'aviez posé cette question il y a deux ans, je vous aurais répondu qu'à force de travailler avec internet (en tant que directeur aux systèmes d'information du CNRS) et à propos d'internet (en tant que directeur de la publication LMB Actu), je rêvais de créer une entreprise internet. Mais je me demandais alors comment m'y prendre. Si vous me l'aviez posée il y a un an, je vous aurais répondu que j'avais fait le saut, que les dés étaient jetés, et que j'avais annoncé mon départ de l'administration... pour créer FTPress. Je ne pouvais plus supporter de rester où j'étais. Je devenais aigre. C'était créer mon entreprise ou bien... prendre une année sabbatique à ne rien faire. Et aujourd'hui je suis en plein dedans. J'ai l'impression de vivre les histoires que l'on lit dans la presse sur les start-ups. C'est dur à supporter physiquement, tant le développement est rapide. Alors, mon avenir, je le vois à la plage, sans internet, pour me reposer avec ma femme ;-)
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web? Quelles solutions pratiques suggérez-vous?
Ces débats sont fondés. Certaines personnes, souvent d'ailleurs celles qui ont le pouvoir donné par une institution d'appartenance, s'assoient sur le droit d'auteur, n'hésitant pas à apposer leur nom sur un texte écrit par un autre. Chez FTPress, nous appliquons grosso modo le principe de la GPL (general public licence, licence publique qui sert de fondement à Linux, ndlr) pour les logiciels libres. Nos textes sont reproductibles gratuitement dans la mesure où ce n'est pas fait dans des fins commerciales, et bien sûr sous réserve que la source soit mentionnée. Quant aux auteurs des dits textes, ils sont rémunérés normalement, avec un statut de journalistes, et également intéressés dans l'entreprise, par le jeu de bons de souscription (alias stock options). Cet intéressement aux résultats et à la valeur de l'entreprise complète la rémunération traditionnelle du journaliste pour un texte destiné à une publication déterminée. En contrepartie, FTPress ne paie plus les auteurs si le texte est revendu à un tiers (qui en fait un usage commercial). Je pense que c'est une solution à cette question dans le domaine de la presse. Mais c'est un problème complexe et varié, qui ne peut trouver une seule réponse.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Je ne sais pas répondre, sinon une banalité, comme: "chacun gardera son langage privilégié, avec l'anglais comme langue d'échange". Mais peut-on réellement penser que toute la population du monde va communiquer dans tous les sens? Peut-être? Via des systèmes de traduction instantanée, par écrit ou par oral? J'ai du mal à imaginer qu'on verra de sitôt des outils capables de translater les subtilités des modes de pensée propres à un pays: il faudrait pour lors traduire, non plus du langage, mais établir des passerelles de sensibilité. A moins que la mondialisation n'uniformise tout cela? En résumé, je pense que la bonne question est celle d'un internet multiculturel.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Quand nous avons franchi la barre des 10.000 abonnés à LMB Actu, début 1998.
= Et votre pire souvenir?
Une fois, quand nous avons écrit une bêtise dans Internet Actu, et que les messages incendiaires des abonnés ont commencé à arriver en trombe, dans les dix minutes suivant l'envoi. On a tous commencé à paniquer, car on venait de basculer LMB Actu dans le privé et la société FTPress ne reposait que sur le successeur, Internet Actu. Un désabonnement massif et c'en était fini de nous. Mais finalement, toutes ces réactions nous ont permis de démarrer la tribune des lecteurs, qui a été bien appréciée! Souvent, les erreurs ont du bon, du moment qu'on les avoue, et qu'on l'affiche ouvertement: ces échanges créent des liens entre les lecteurs et les auteurs.
*Entretien du 25 novembre 2000
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Plein de choses! De nouveaux magazines (DRH Actu, NetLocal Actu, Automates intelligents dans quelques jours, Correspond@nces avec la Fondation la Poste, etc.), de la TV (avec un studio propre), un nouveau système d'information (ou de production) très puissant (Reef.com), le kiosque de presse (avec des partenaires presse externe, à commencer par Diora), etc.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Ça n'a pas changé: j'imprime souvent nos propres publications pour les lire dans les transports en commun. Je n'ai pas beaucoup le temps de lire, hormis des romans.
= Le papier a-t-il encore de beaux jours devant lui?
Oui, il a encore de l'avenir, il y aura toujours du papier, ou si ce n'est pas le papier (matériau) que l'on connaît, ce sera un support souple, léger et fin comme lui (pour dans dix ans en principe).
= Quel est votre sentiment sur le livre électronique?
Ce n'est rien d'autre qu'un ordinateur portable dédié. Je ne vois pas bien pourquoi on se priverait des autres fonctions de l'ordinateur, quitte à transporter un écran.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?
Ne pas abuser des interfaces purement graphiques, et conserver une distribution en texte simple (il n'y a d'ailleurs pas que les aveugles qui apprécient).
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Rien d'original... Je ne vois pas très bien quoi rajouter au sens des deux mots qui composent ce terme.
= Et la société de l'information?
Une société dont l'information est le moteur, dans tous les sens du terme.
[EN] François Vadrot (Paris)
#Founder, chairman and managing director of FTPress (French Touch Press), a cybermedia company
*Interview of May 20, 2000 (original interview in French)
= What is FTPress?
FTPress (French Touch Press) is a French cyberpress company. It has created the following websites:
-- www.ftpress.com, which describes the concept, products and structure of the media company, and gives very informal portraits of the team members.
-- www.internetactu.com, Internet Actu's website, which carries news about the Internet and new technology. It was launched on 9 September 1999 in its present form. It replaced LMB Actu (Le Micro Bulletin Actu - The Micro News Bulletin), published by the Information Systems Department (Délégation aux systèmes d'information (DSI)) at France's National Centre for Scientific Research (Centre national de la recherche scientifique (CNRS)).
-- www.pixelactu.com, Pixel Actu's website, giving news about digital pictures, set up on 31 January 2000.
-- www.esanteactu.com, eSanté Actu's website, with news about eHealth -- the interface between health (as seen by professionals) and the Internet -- launched on 16 May 2000.
- www.lafontaine.net, the website of Jean de la Fontaine (a 17th century French poet and writer, renowned for his Fables), containing all his works, as well as many drawings, pastiches and recordings. It also features a "Daily Fable".
- www.commissairetristan.com, the website of Superintendant Tristan's adventures (Les aventures du Commissaire Tristan), the first (free) online crime novel, co-produced by FTPress and AlloCiné and launched in mid-June 2000.
Many projects are planned in the next months.
= What exactly do you do professionally?
Very briefly, developing a company, FTPress, that specializes in the online press -- for the moment, that is, because things are moving so fast that it might not be doing that any more in a few months time. The idea of FTPress is to create professional media, each specialized in an economic area, such as health, cars, digital pictures, human resources and logistics. Each medium deals with the economic, technological, political and social aspects of a sector being changed by the arrival of new technology and the Internet. The first one was Internet Actu, set up at France's National Centre for Scientific Research in February 1996, followed by Pixel Actu (February 2000) and eSanté Actu (May 2000). We began with written products, but we're now focusing on multimedia, including TV programmes in the near future. FTPress also sets up media for outside customers.
= How do you see your professional future?
I see my professional future as a professional "here and now." If you'd asked me that two years ago, I would have said that through working with the Internet (as head of information systems at the CNRS) and writing things about the Internet (as editor of LMB Actu), I was dreaming of creating an Internet start-up. But I was wondering how to do that. If you'd asked me the question a year ago, I would have answered that I'd made the jump, was all set and had told my bosses I was leaving, to go off and create FTPress. I just didn't want to stay where I was any more. I was becoming bitter. I wanted to start my own company or else take a year's sabbatical to do nothing. Today, I'm fully involved in the firm. I feel I'm living some of the stories we read in the press about start-ups. It's hard to do physically because it's all growing so fast. So I see my future on the beach, without the Internet, relaxing with my wife ;-)
= What do you think of the debate about copyright on the Web? What practical suggestions do you have?