Entretiens / Interviews / Entrevistas
Chapter 33
= Pouvez-vous décrire votre site web?
Il y a bientôt trois ans (déjà...) que nous avons créé notre site web (fin novembre 1996, ndlr). "Vous aimez les livres? l'art? la photo? la littérature? les polars? Vous êtes au bon endroit. Bienvenue!" C'est avec ces mots que nous accueillons les visiteurs de notre site où nous tentons de faire partager nos coups de coeur et nos passions. Tous nos titres récents y sont présentés, on peut contacter nos auteurs, participer à un jeu-concours, consulter le début - parfois le texte intégral - des nouveautés. Le texte intégral? Oui, nous croyons à la survie du livre dans son format classique parallèlement au format électronique. Le livre, ce n'est pas seulement un texte. C'est aussi un objet que l'on aime toucher, montrer, emmener en voyage, prêter... Nous pensons que le fait de pouvoir consulter le texte incite à se procurer le livre (si on a aimé bien sûr).
= Quelle est votre activité sur le réseau?
La maintenance et les mises à jour du site, le courrier électronique, etc. sont devenus pour moi une tâche quotidienne s'ajoutant aux autres: mise en page des textes, correction, création des couvertures, rapport avec les auteurs, avec les médias, suivi de la distribution-diffusion, etc. Car comme dans d'autres petites maisons d'édition nous faisons tout nous-mêmes (sauf l'impression). A la suite de la mise en ligne de Corrida, l'exposition virtuelle Lorca-Puig, et plus récemment du site pour la recherche de sponsors pour Mon copain de Pékin, un livre de photographies dédié à Pékin, il semblerait que nous soyons amenés à créer des sites ayant un rapport avec l'art et/ou le livre.
= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?
A part les réalisations citées plus haut, nous avons acquis un nom de domaine choucas.com - l'ancienne URL teaser.fr/choucas reste cependant toujours valable. Nous avons mis le début de chaque livre en format PDF et pour quelques livres le texte intégral en ligne. Un jeu-concours qui remporte un certain succès a aussi été mis en place. On peut gagner le livre de son choix. Beaucoup de nos visiteurs nous reprochaient de ne pouvoir acheter en ligne sur notre site. Après pas mal d'hésitations nous avons choisi Alapage pour la qualité de son service et pour la fiabilité de leur base de données. Néanmoins la page des librairies en ligne est toujours sur notre site si l'on préfère acheter ailleurs. Nous avons déjà quelques interviews d'auteurs disponibles en RealAudio sur une de nos pages. Nous allons essayer d'en faire d'autres avec de la vidéo. Enfin une alternative du site en DHTML, Javascript, Flash, existe. Nous la mettrons parallèlement en ligne à l'automne (1999).
= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?
Je me demande s'il faut un droit particulier pour le web. Les lois existent déjà. Et les contrevenants existaient bien avant la popularisation de l'internet. Enfin, si ces débats plaisent au ministère de la Culture... Le soutien à la publication, à la distribution, à l'existence du livre me semblent plus importants, si l'on veut éviter que l'édition, dans le futur, ne soit l'apanage de deux ou trois grands groupes. Évidemment cette action-là est moins médiatique.
= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?
Chaque langue possède son génie propre. La difficulté, c'est de ne pas le perdre en route.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Un message enthousiaste d'un prêtre bouddhiste du Tibet qui a adoré l'exposition Lorca.
= Et votre pire souvenir?
Un orage tandis que j'envoyais l'image de la couverture à un auteur. Plus rien... le néant. Plus d'ordinateur. Heureusement que je sauvegarde tout au fur et à mesure. Chez l'auteur tout a "sauté" aussi, et il n'y avait pas d'orage. Dans la présentation du livre Sanguine sur Toile (d'Alain Bron), on lit: "Les images ne sont pas si sages. On peut s'en servir pour agir, voire pour tuer..." Le contexte m'avait fait ressentir une peur instinctive, jusqu'à ce que la logique reprenne le dessus.
*Entretien du 30 juillet 2000
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Notre activité d'éditeur s'est comme prévu enrichie d'activités liées à l'internet.
Nous venons de mettre en ligne la version française d'un site de montagne et de vacances. D'autres sites sont en cours de réalisation et nous intervenons souvent en tant que consultants (référencements, veille concurrentielle, design, etc.).
Nous avons trois titres en format électronique disponibles en partenariat avec 00h00.com: Perles noires (ouvrage collectif), Les Banquiers du temps, de Daniel Ichbiah, et Sanguine sur toile, d'Alain Bron (Prix du Lions Club International 2000). D'autres devraient suivre.
Bientôt trois autres titres en partenariat avec MobiPocket seront disponibles en format MobiPocket Reader compatible Palm OS, Psion, Windows CE: Un, et autres mécomptes, de Daniel Bouillot, On achève bien les cadavres, de Fred Belin, et Loto Meurtrier, de François Quentin (Prix Edmond Locard 1999).
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Nous en utilisons bien sûr. Le livre papier, lorsque l'impression avec les techniques modernes sera meilleur marché, devrait devenir l'allié du livre électronique.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Cela dépend de quel domaine il s'agit. Je pense que le temps des dictionnaires et encyclopédies et autres ouvages de références techniques et scientifiques "papier" est compté. Pour les romans ou les beaux livres, cela dépend de l'évolution des deux supports.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
Je pense qu'on est loin des formats et des techniques définitifs. Beaucoup de recherches sont en cours, et un format et un support idéal verront certainement le jour sous peu.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et mal-voyants?
Je n'ai pas de suggestion particulière à formuler. Sauf peut-être que l'on donne plus de moyens pour une meilleure accessibilité. Cela vaut pour l'accès à l'internet en général, d'ailleurs.
= Comment définissez-vous le cyberespace?
Je reprendrai volontiers une phrase d'Alain Bron, ami et auteur de Sanguine sur Toile (publié en 1999 par les éditions du Choucas): "un formidable réservoir de réponses quand on cherche une information et de questions quand on n'en cherche pas. C'est ainsi que l'imaginaire peut se développer (Ma correspondante en Nouvelle-Zélande est-elle jolie? L'important, c'est qu'elle ait de l'esprit.)"
= Et la société de l'information?
Une société qui pourrait apporter beaucoup, si l'on empêche qu'elle ne rime trop avec "consommation" et tout ce qui accompagne ce mot. Mais il est déjà trop tard peut-être...
*Entretien du 14 juin 2001
= Quoi de neuf depuis notre dernier entretien?
Je disais en réponse à une de vos questions: "Je me demande s'il faut un droit particulier pour le web. Les lois existent déjà. Et les contrevenants existaient bien avant la popularisation de l'internet. Enfin, si ces débats plaisent au ministère de la Culture... Le soutien à la publication, à la distribution, à l'existence du livre me semblent plus importants, si l'on veut éviter que l'édition, dans le futur, ne soit l'apanage de deux ou trois grands groupes. Evidemment c'est moins médiatique."
Et ainsi, comme si je le prévoyais, notre distributeur a déposé son bilan. Et malheureusement les éditions du Choucas (ainsi que d'autres éditeurs) ont cessé leur activité éditoriale. Je maintiens gracieusement le site web pour témoignage de mon savoir-faire d'éditeur on- et off-line. L'incompétence des différents ministres de la Culture et la nullité de ce ministère me sidèrent. Une sorte de "franc-maçonnerie" au sens large du terme: il est catastrophique de ne pas en faire partie et - à mon avis - désastreux pour son éthique personnelle d'en faire partie. Ces gens n'oeuvrent que pour eux-mêmes avec les deniers des contribuables...
Enfin je ne regrette pas ces dix années de lutte de satisfactions et de malheurs passés aux éditions du Choucas. J'ai connu des auteurs intéressants dont certains sont devenus des amis... Maintenant je fais des publications et des sites internet pour d'autres. En ce moment pour une ONG (organisation non gouvernementale) internationale caritative; je suis ravi de participer (modestement) à leur activité à but non lucratif. Enfin on ne parle plus de profit ou de manque à gagner, c'est reposant.
HERVE PONSOT [FR]
[FR] Hervé Ponsot (Toulouse)
#Webmestre du site web des éditions du Cerf, spécialisées en théologie
*Entretien du 8 juin 1998
= En quoi consiste le site web du Cerf?
Pour les éditions du Cerf dont je m'occupe sur le plan internet, le site existe en lien avec les éditions, mais marginalement quand même: le serveur se trouve en dehors du Cerf, et il est géré par une personne extérieure au Cerf, moi-même. Bref, il s'agit plutôt d'un service rendu, dont on ne peut dire qu'il ait bouleversé la maison Cerf. Il reste que, par la grâce de Dieu, de plus en plus de consultants arrivent sur ce site, et que des commandes me sont adressées de plus en plus régulièrement, sans que nous les ayons cherchées, puisque le site a été créé en priorité pour rendre service aux chercheurs, et secondairement pour faire de la publicité pour la maison et renouveler son image...
Mais j'ai constaté, et beaucoup de personnes m'ont confirmé, que les sites de service pouvaient se révéler rentables, parfois plus facilement et plus rapidement que les sites commerciaux: l'exemple le plus connu est fourni par les sites de recherche sur internet. La suite envisagée pour le site Cerf ne devrait pas fondamentalement changer par rapport à ce qui se passe aujourd'hui: rendre service aux chercheurs, faire connaître la maison en lui donnant une image dynamique. Nous pensons certes un jour faire du site, ou d'un site voisin, un site commercial: mais la maison ne peut se permettre, compte tenu de sa faible surface financière, d'être leader en ce domaine; les pas seront donc comptés et très prudents.
OLIVIER PUJOL [FR]
[FR] Olivier Pujol (Paris)
#PDG de la société Cytale et promoteur du Cybook, livre électronique
Conçu par la société Cytale, le Cybook est le premier livre électronique européen à être mis sur le marché (date exacte de commercialisation: 23 janvier 2001). Il a les caractéristiques suivantes: 21 x 16 cm, 1 kg, un écran couleur 10 pouces, tactile, rétro-éclairé, à cristaux liquides (LCD), avec une résolution de 600*800, quatre boutons de commande, une mémoire de 32 Mo permettant de stocker 15.000 pages de texte, soit 30 livres de 500 pages, une batterie lithium-ion d'une autonomie de 5 h, un modem 56 K intégré avec un connecteur son, un port infrarouge, des extensions pour carte PCMCIA et port USB permettant de brancher des périphériques, et enfin un prix: 867 euros. Il suffit d'une prise téléphonique pour connecter le Cybook à l'internet et télécharger des livres à partir de la librairie électronique située sur le site de Cytale, qui a conclu des partenariats avec plusieurs éditeurs et sociétés de presse et qui espère constituer rapidement un catalogue de plusieurs milliers de titres.
*Entretien du 2 décembre 2000
= Pouvez-vous vous présenter?
Olivier Pujol, PDG de Cytale, lecteur frénétique, et internaute. J'ai croisé il y a deux ans le chemin balbutiant d'un projet extraordinaire, le livre électronique. Depuis ce jour, je suis devenu le promoteur impénitent de ce nouveau mode d'accès à l'écrit, à la lecture, et au bonheur de lire. La lecture numérique se développe enfin, grâce à cet objet merveilleux: bibliothèque, librairie nomade, livre "adaptable", et aussi moyen d'accès à tous les sites littéraires (ou non), et à toutes les nouvelles formes de la littérature, car c'est également une fenêtre sur le web. Et ceci n'aurait pu exister sans internet!
= Pouvez-vous décrire l'activité de Cytale?
Conception et commercialisation d'un livre électronique, conception, développement et gestion d'un site internet de diffusion de livres numériques, préparation et formatage de livres numériques.
= Pouvez-vous décrire son site web?
- Le premier site - "institutionnel" - a été créé en octobre 1999, à destination des professionnels et des investisseurs.
- Le deuxième site (relookage du premier) a été créé en mai 2000, pour tester un look différent.
- Le troisième site - "libraire" - est en cours de réalisation.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Développer la lecture numérique en France, Europe, et plus.
= Comment voyez-vous l'avenir?
L'utilisation d'internet pour le transport de contenu est un secteur de développement majeur. La société a pour vocation de développer une base de contenu en provenance d'éditeurs, et de les diffuser vers des supports de lecture sécurisés.
= Utilisez-vous encore beaucoup de documents papier?
Oui.
= Les jours du papier sont-ils comptés?
Les jours du papier ne sont pas comptés. Le support papier est parfaitement adapté à certains usages: la lecture numérique sur ordinateur n'est pas pratique, et ce pour de nombreuses raisons. Elle ne s'est d'ailleurs pas développée du tout depuis dix ans.
Par ailleurs, le papier n'est pas seulement un support "obligé". C'est également un matériau noble, agréable, avec des qualités propres (toucher, odeur, flexibilité) qui font que son usage n'est en rien menacé (il s'impose même parfois dans des secteurs inattendus comme la confection!).
Le livre électronique, permettant la lecture numérique, ne concurrence pas le papier. C'est un complément de lecture, qui ouvre de nouvelles perspectives pour la diffusion de l'écrit et des oeuvres mêlant le mot et d'autres médias (image, son, image animée...).
Les projections montrent une stabilité de l'usage du papier pour la lecture, mais une croissance de l'industrie de l'édition, tirée par la lecture numérique, et le livre électronique (de la même façon que la musique numérique a permis aux mélomanes d'accéder plus facilement à la musique, la lecture numérique supprime, pour les jeunes générations commme pour les autres, beaucoup de freins à l'accès à l'écrit).
= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?
Utiliser des balladeurs dédiés et sécurisés pour la musique, et des livres électroniques sécurisés pour la lecture.
Les mesures de protection des droits développées pour l'ordinateur sont systématiquement détournées un jour ou l'autre, et ce, universellement. Une solution de piratage trouvée à un bout de la planète peut être instantanément mise à la disposition de tous, et à portée d'un simple clic. Le PC connecté sur internet aura beaucoup de mal à être sécurisé valablement dans un avenir proche.
Une autre solution serait d'imposer une "police planétaire du web", avec accès égal à tous les pays, et à tous les ordinateurs personnels. C'est orwellien, et un peu inquiétant, mais heureusement peu facile à mettre en place.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure répartition des langues sur le web?
Le concept même de répartition des langues est absurde. Par sa nature ouverte, le web est déjà aujourd'hui le meilleur outil de propagation et donc de préservation de langues qui, sans le web, pourraient être menacées d'extinction. La seule solution pour qu'une langue accroisse sa présence sur le web est que ses promoteurs aient vraiment envie de se bouger!
Il faut se souvenir que l'imprimerie avait été accusée de sonner le glas de toutes les langues autres que le latin! La réalité a été que l'imprimerie, en permettant à toutes les langues de se transmettre plus facilement, a provoqué la mort du latin.
Une suggestion? Les moteurs de recherche multilingues et les traducteurs automatiques.
= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?
Le développement des moteurs de type BrailleSurf associés à de la synthèse vocale, et le respect par les concepteurs de sites de quelques règles (documentation des images, ou association de commentaires textuels à certaines applications telles que les animations flash). Dès que notre site atteindra un niveau opérationnel suffisant, il sera entièrement adapté à cet effet (voir les directives du gouvernement dans ce sens).
= Comment définissez-vous le cyberespace?
J'ai beaucoup de mal à le définir. C'est un fourre-tout qui englobe des machines électroniques interconnectées et des sources d'informations.
= Et la société de l'information?
Une société où l'accès à l'information, l'information elle-même et la capacité à bien utiliser l'information sont des biens plus précieux que les biens matériels. Il faut noter que l'information a toujours été un avantage professionnel considérable. Il fut un temps où un avantage concurrentiel pouvait exister sur un territoire limité, et être protégé pour un temps long, par le secret, ou l'ignorance des autres. Les voyages, la mondialisation des échanges, la performance de la logistique ont énormément affaibli la notion de protection "géographique" d'un avantage concurrentiel. La société de l'information est une société où la protection de l'information est presque impossible, et où son usage devient donc la valeur essentielle.
= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?
Pas de "meilleur souvenir". Découvrir instantanément une réponse à une question qui m'aurait demandé des heures de recherche il y a quelques années est un "meilleur souvenir" quotidien, et recevoir un mail d'un ami brésilien ou hongrois en est un autre.
= Et votre pire souvenir?
De tomber systématiquement sur des sites pornos ou de pédophilie en faisant certaines requêtes anodines.
ANISSA RACHEF [FR]
[FR] Anissa Rachef (Londres)
#Bibliothécaire et professeur de français langue étrangère à l'Institut français de Londres
L'Institut français de Londres est un organisme officiel français destiné à faire connaître la langue et la culture françaises dans la capitale britannique. 5.000 étudiants environ suivent les cours de langue chaque année, ce qui fait de cet institut l'un des plus importants instituts français au monde. Le centre culturel inclut une bibliothèque multimédia, un cinéma, une salle de conférence et un restaurant. Le site web de l'Institut est mis en ligne en 1998, et les pages consacrées à la médiathèque en 2000.
*Entretien du 22 avril 2001
= Pouvez-vous vous présenter?
Je suis bibliothécaire à la médiathèque de l'Institut français de Londres. Je suis chargée du catalogage du fonds documentaire qui est constitué de livres, de vidéos, de disques compacts et de disques optiques ainsi que de périodiques. Avant mon installation à Londres, soit de 1980 à 1983, j'ai travaillé à la bibliothèque universitaire d'Alger en qualité d'attachée de recherche. C'est d'Alger et en deux ans que j'ai préparé le DSB (diplôme supérieur des bibliothèques), diplôme de conservateur assimilé à celui de l'ENSB de Lyon (Ecole nationale supérieure des bibliothèques, devenue ensuite l'ENSSIB - Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques). Recrutée selon un statut local depuis septembre 1987 à l'Institut français de Londres, j'y exerce le métier de bibliothécaire au sein d'une équipe de huit membres. Par ailleurs, titulaire d'un diplôme de FLE (français langue étrangère), j'assure des heures d'enseignement de français dans le même institut.
= Pouvez-vous décrire l'activité de la médiathèque?
La médiathèque de l'Institut français de Londres fut inaugurée en mai 1996 (ainsi que la connexion à l'internet pour le personnel et les usagers, ndlr). L'objectif est double: servir un public s'intéressant à la culture et la langue françaises et "recruter" un public allophone en mettant à disposition des produits d'appel tels que vidéos documentaires, livres audio, CD-Rom. La mise en place récente d'un espace multimédia sert aussi à fidéliser les usagers. L'installation d'un service d'information rapide a pour fonction de répondre dans un temps minimum à toutes sortes de questions posées via courrier électronique, ou par fax. Ce service exploite les nouvelles technologies pour des recherches très spécialisées. Nous élaborons également des dossiers de presse destinés aux étudiants et professeurs préparant des examens de niveau secondaire.
= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?
Je m'occupe essentiellement de catalogage, d'indexation et de cotation. Je suis chargée également du service de prêt inter-bibliothèques. J'anime des ateliers in situ de catalogage UNIMARC (MARC: machine readable catalogue) ainsi que des ateliers d'indexation RAMEAU (répertoire d'autorités matières encyclopédique et alphabétique unifié). J'élabore ponctuellement des aménagements de vedettes matières propres à notre catalogue.
= En quoi consiste exactement votre activité liée à l'internet?
J'utilise internet pour des besoins de base. Recherches bibliographiques, commande de livres, courrier professionnel, prêt inter-bibliothèques. C'est grâce à internet que la consultation de catalogues collectifs, tels SUDOC (Système universitaire de documentation) et OCLC (Online Computer Library Center), a été possible. C'est ainsi que que j'ai pu mettre en place un service de fourniture de documents extérieurs à la médiathèque. Des ouvrages peuvent désormais être acheminés vers la médiathèque pour des usagers ou bien à destination des bibliothèques anglaises.
= Utilisez-vous encore des documents papier?
Le papier est encore présent dans la médiathèque. Cependant l'introduction de documents électroniques, tels que le CD-Rom du Monde par exemple, a permis une épuration de la collection papier.
= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?
C'est assez révolutionnaire, avec un gain de place considérable. Je trouve cela très futuriste.
= Comment définissez-vous la société de l'information?
Actuellement l'information est le produit que la société consomme le plus.
PETER RAGGETT [EN, FR, ES]
[EN] Peter Raggett (Paris)
#Head of the Centre for Documentation and Information (CDI) of the OECD (Organisation for Economic and Co-operation Development)
"The OECD groups 29 member countries in an organisation that, most importantly, provides governments a setting in which to discuss, develop and perfect economic and social policy. They compare experiences, seek answers to common problems and work to co-ordinate domestic and international policies that increasingly in today's globalised world must form a web of even practice across nations. (...) The OECD is a club of like-minded countries. It is rich, in that OECD countries produce two thirds of the world's goods and services, but it is not an exclusive club. Essentially, membership is limited only by a country's commitment to a market economy and a pluralistic democracy. The core of original members has expanded from Europe and North America to include Japan, Australia, New Zealand, Finland, Mexico, the Czech Republic, Hungary, Poland and Korea. And there are many more contacts with the rest of the world through programmes with countries in the former Soviet bloc, Asia, Latin America - contacts which, in some cases, may lead to membership." (extract of the website)
The Centre for Documentation and Information (CDI) is charged with providing information to agents of the OECD in support of their research work. It has about 60,000 monographs and about 2,500 periodical titles in its collections. The CDI also provides information in electronic format from databases, CD-ROMs and the Internet.
Peter Raggett, the Head of the CDI, has been a professional librarian for nearly twenty years, fist working in UK government libraries and now at the OECD since 1994. He has been working with the Internet since 1996. He is in charge of the CDI Intranet pages, which are one of the chief sources of information for OECD personnel.
[Interview 18/06/1998 // Interview 04/08/1999 // Interview 31/07/2000]
*Interview of June 18, 1998
= What exactly do you do on the Internet?