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Chapter 30

Chapter 303,667 wordsPublic domain

Pour ma part, je rencontre ce problème car je souhaite faire de la téléformation en langue espagnole, en utilisant la voix et l'image, et mes entreprises clientes ne sont pas habituées à utiliser facilement ces moyens de communication malgré leur caractère pratique (pas de déplacements à faire) et malgré la fiabilité accrue de ces nouveaux moyens de communication par l'internet.

En conclusion, les sociétés de conseil informatique ont encore beaucoup à faire pour familiariser les entreprises à l'utilisation des nouvelles technologies liées aux transferts de données par l'internet.

En ce qui concerne la recherche d'une information précise (technique, juridique ou liée à un domaine particulier), les moteurs de recherche donnent très rarement des réponses pertinentes. D'une manière générale, le problème reste donc qu'il est très difficile d'obtenir une réponse précise à une question précise.

MICHAEL MARTIN [EN, FR]

[EN] Michael Martin (Berkeley, California)

#Founder and president of Travlang, a site dedicated both to travel and languages

Michael Martin created a Foreign Languages for Travelers section on his university website in 1994 when he was a physics student in New York. A year later, after its dizzying growth, he launched Travlang, a site that quickly became a major portal for travel and languages and won a best travel site award in 1997. Martin, now an experimental physics researcher at the Lawrence Berkeley National Laboratory in California, sold it to GourmetMarket.com in February 1999, who sold it to iiGroup in January 2000. By July 2000, the site was pulling in two million visitors a month.

Travlang has two main sections. Foreign Languages for Travelers allows you to learn 70 different languages on the Web. Translating Dictionaries links to free dictionaries in Afrikaans, Czech, Danish, Dutch, Esperanto, Finnish, French, Frisian, German, Hungarian, Italian, Latin, Norwegian, Portuguese, Spanish and Swedish. You can also book your hotel, car or plane ticket, look up exchange rates and browse 7,000 other language and travel sites.

*Interview of August 25, 1998

= How did using the Internet change your professional life?

Well, certainly we've made a little business of our website! The Internet is really a great tool for communicating with people you wouldn't have the opportunity to interact with otherwise. I truly enjoy the global collaboration that has made our Foreign Languages for Travelers pages possible.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

I think the Web is an ideal place to bring different cultures and people together, and that includes being multilingual. Our Travlang site is so popular because of this, and people desire to feel in touch with other parts of the world.

I think computerized full-text translations will become more common, enabling a lot of basic communications with even more people. This will also help bring the Internet more completely to the non-English speaking world.

[FR] Michael Martin (Berkeley, Californie)

#Créateur et président de Travlang, un site consacré aux voyages et aux langues

En 1994, alors qu'il est étudiant en physique, Michael Martin crée une rubrique intitulée Foreign Languages for Travelers sur le site de son université à New York. Cette rubrique s'étoffe rapidement et rencontre un grand succès. L'année suivante, il décide de créer Travlang, devenu depuis un site majeur dans le domaine des voyages et des langues, et nommé meilleur site de voyages en 1997. Michael C. Martin est maintenant chercheur en physique au Lawrence Berkeley National Laboratory (Californie), et il continue d'actualiser son site. Travlang est acquis en février 1999 par GourmetMarket.com, puis racheté en janvier 2000 par iiGroup. En juillet 2000, le site atteint les 2 millions de visiteurs par mois.

Les deux principales rubriques de Travlang sont: a) Foreign Languages for Travelers, qui donne la possibilité d'apprendre 70 langues différentes sur le web, et b) Translating Dictionaries, qui donne accès à des dictionnaires gratuits dans diverses langues (afrikaans, allemand, danois, espagnol, espéranto, finnois, français, frison, hollandais, hongrois, italien, latin, norvégien, portugais, suédois et tchèque). On peut aussi réserver son hôtel, sa voiture ou son billet d'avion, connaître les taux de change, consulter une rubrique de 7.000 liens vers d'autres sites de langues et de voyages, etc.

*Entretien du 25 août 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre activité?

Et bien, nous avons fait de Travlang une petite société! L'internet est vraiment un outil important pour communiquer avec des gens avec lesquels vous n'auriez pas l'occasion de dialoguer autrement. J'apprécie vraiment la collaboration générale qui a rendu possibles les pages de Foreign Languages for Travelers.

= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?

Je pense que le web est un endroit idéal pour rapprocher les cultures et les personnes, et ceci inclut le multilinguisme. Notre site Travlang est très populaire pour cette raison, car les gens aiment être en contact avec d'autres parties du monde.

A mon avis, la traduction informatique intégrale va devenir monnaie courante, et elle permettra de communiquer à la base avec davantage de gens. Ceci aidera aussi à amener davantage l'internet au monde non anglophone.

EMMANUEL MENARD [FR]

[FR] Emmanuel Ménard (Paris)

#Directeur des publications de CyLibris, maison d'édition littéraire en ligne

Cet entretien expose en détail la procédure éditoriale de CyLibris, en complément de la présentation de CyLibris par Olivier Gainon, son fondateur et gérant.

*Entretien du 19 février 2001

= Pouvez-vous décrire en détail la procédure éditoriale de CyLibris?

Si la démarche de commercialisation et de fabrication de CyLibris tranche nettement avec le modèle couramment appliqué dans l'édition française, notre procédure éditoriale est en revanche beaucoup plus classique. Tout au moins dans ses principes, sinon dans sa mise en oeuvre.

Rappelons tout d'abord que la ligne éditoriale de CyLibris repose sur deux axes forts:

(a) Tout d'abord, la découverte, la publication et la promotion de "jeunes auteurs". La notion de "jeune auteur" ne fait bien sûr pas appel à l'état civil, mais désigne plutôt des écrivains qui font leurs premières armes, soit qu'il s'agisse de premières oeuvres, soit qu'ils n'aient jusqu'alors pas été publiés. Naturellement, ce choix littéraire n'a rien d'exclusif; en effet, un auteur déjà publié chez nous et qui souhaite nous proposer un second texte est le bienvenu (Jean Pailler en littérature générale, Jérôme Touzalin en théâtre, Philippe Ward en fantastique pour ne citer que quelques exemples) de même qu'un auteur "reconnu" et déjà édité par ailleurs qui désire travailler avec nous (à titre d'exemple, à nouveau, on peut citer Philippe Raulet, Eyet-Chékib Djaziri ou Jean Millemann entre autres).

(b) Ensuite, étant affranchi d'un certain nombre de contraintes strictement économico-commerciales du fait de son modèle original, CyLibris s'est donné comme vocation de s'intéresser à des textes atypiques, inclassables, hors normes. C'est ainsi que notre catalogue compte aujourd'hui des exemples:

- de mélange des genres (La Table d'Hadès, policier fantastique, ou La Toile (prix 1999 de la Société des gens de lettres), roman policier et de science-fiction, mais aussi réflexion socio-technologique sur l'internet),

- de textes originaux dans leur forme (Racontez!, suite d'hilarantes fausses rédactions, Bruits de Chute, succession de monologues acides ou drôles ou encore Le Style Mode d'Emploi, sur le modèle des Exercices de Style de Queneau),

- de genres délaissés ou peu répandus (Artahé, exemple de "fantastique à la française" résolument démarqué du modèle américain ou La Zone du Dehors, science-fiction politique et philosophique),

- de textes violents et résolument "anti-commerciaux" (comme Journal de l'Apocalypse, récemment racheté et republié par les éditions Baleine, ou Nux Vomica).

On verra par la suite l'impact de cette politique éditoriale sur le fonctionnement pratique de CyLibris.

Le trajet d'un manuscrit envoyé chez CyLibris est le suivant:

(a) La première lecture est assurée par notre comité de lecture, regroupant une quinzaine de lecteurs aux goûts aussi variés que possible. Cette première lecture, éventuellement suivie d'une seconde en cas d'hésitation du lecteur, donne lieu soit à un refus (signifié par lettre et systématiquement argumenté), soit à un premier accord à valider par le directeur des publications. Il nous faut signaler ici les critères d'évaluation du comité de lecture, car elles tranchent ouvertement avec ceux qui sont appliqués dans certaines autres structures. Dès la création de CyLibris, nous avons affiché notre volonté d'être en phase avec l'attente du lectorat, et cela a eu deux conséquences notables: tout d'abord, notre comité de lecture est constitué de lecteurs non professionnels et n'appartenant pas au monde de l' édition, tant nous semblait patent le hiatus entre l'offre des éditeurs et l'attente du public; ensuite, la "règle du jeu" instituée a été de valider ou non le manuscrit en fonction du plaisir pris à sa lecture, sans s'embarrasser des paramètres plus ou moins ésotériques du monde de l'édition, d'ailleurs entourés d'un épais mystère qui ne peuvent que susciter interrogations voire suspicion. Il est à signaler que compte tenu de notre intérêt pour les premières oeuvres, un manuscrit imparfait mais qui nous semble receler un potentiel est généralement accepté, dans l'optique d'un retravail dont il sera question plus loin. Le taux d'acceptation de CyLibris à ce stade oscille entre 2 et 5% selon les périodes, pour une moyenne de moins de 1% dans l'édition.

(b) Le manuscrit ayant passé cette première étape est ensuite validé par le directeur des publications en fonction de sa cohérence avec la ligne éditoriale de CyLibris, et de la somme de retravail nécessaire.

(c) Une fois cette validation obtenue, l'auteur est contacté pour la contractualisation de sa publication. Le contrat d'édition proposé est conforme aux usages de la profession, avec des droits d'auteurs de 10% du prix de vente HT de l'ouvrage. Toutefois, compte tenu du procédé de fabrication de nos livres, le contrat est exempt des conditions habituelles de retirage, qui sont remplacées par une durée fixée de propriété des droits intellectuels.

(d) C'est ensuite que commence la partie la plus intéressante sans doute du processus, à savoir la collaboration avec l'auteur pour retravailler le manuscrit et l'amener à un niveau de qualité conforme aux attentes des deux parties. Cette étape est bien sûr d'une durée variable, entre des oeuvres qui ont été publiées quasiment en l'état, et d'autres dont la maturation a duré jusqu'à un an et demi (notre liberté vis-à-vis du système des offices de mise en place fait qu'il ne s'agit pas d'un problème notable), ce qui aboutit à des délais de publication différents d'un ouvrage à l'autre. Ce retravail, susceptible de porter sur le fond ou la forme, est mené par l' auteur avec un directeur de collection (pour le policier / suspense, le théâtre, le fantastique et la science-fiction) ou un directeur de publication (dans le cas de la "littérature générale").

(e) Lorsque le texte définitif a été obtenu, il reste à réunir et constituer les outils de présentation et de promotion de l'oeuvre:

- résumé (pour le site internet et pour la quatrième de couverture),

- première de couverture,

- argumentaire à destination des points de commercialisation,

- argumentaire figurant sur le site à destination des internautes,

- extraits (trois au total) représentatifs de l'oeuvre, en libre disposition sur le site.

Cette étape est menée conjointement par l'auteur et l'équipe éditoriale.

(f) La promotion se fait de façon classique (par la presse spécialisée et les supports adaptés à l'oeuvre (exemple des romans historiques ou de la littérature de genre) mais aussi à travers l'internet (listes de discussion, sites partenaires). Ce point fait d'ailleurs l'objet, avec la constitution et l'extension d'un réseau de distribution plus vaste, des projets de développements majeurs de CyLibris en 2001.

YOSHI MIKAMI [EN, FR]

[EN] Yoshi Mikami (Fujisawa, Japan)

#Creator of The Languages of the World by Computers and the Internet, and co-author of The Multilingual Web Guide

Set up in December 1995 by Yoshi Mikami, The Languages of the World by Computers and the Internet (known as Logos Home Page or Kotoba Home Page) gives for each language a brief history, its features, writing system and character set and keyboard for computer and Internet processing.

Yoshi Mikami is also the co-author (with Kenji Sekine and Nobutoshi Kohara) of The Multilingual Web Guide, first published in Japanese in August 1997 (O'Reilly Japan, ISBN 4-900900-23-0), and translated into English, French and German.

*Interview of December 17, 1998

= What is your experience with languages?

My native tongue is Japanese. Because I had my graduate education in the US and worked in the computer business, I became bilingual in Japanese and American English. I was always interested in languages and different cultures, so I learned some Russian, French and Chinese along the way. In late 1995, I created on the Web The Languages of the World by Computers and the Internet and tried to summarize there the brief history, linguistic and phonetic features, writing system and computer processing aspects for each of the six major languages of the world, in English and Japanese. As I gained more experience, I invited my two associates to help me write a book on viewing, understanding and creating multilingual web pages, which was published in August 1997 as The Multilingual Web Guide, in a Japanese edition, the world's first book on such a subject.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

Thousands of years ago, in Egypt, China and elsewhere, people were more concerned about communicating their laws and thoughts not in just one language, but in several. In our modern world, most nation states have each adopted one language for their own use. I predict greater use of different languages and multilingual pages on the Internet, not a simple gravitation to American English, and also more creative use of multilingual computer translation. 99% of the websites created in Japan are written in Japanese.

[FR] Yoshi Mikami (Fujisawa, Japon)

#Créateur de The Languages of the World by Computers and the Internet et co-auteur de Pour un web multilingue

Créé en décembre 1995 par Yoshi Mikami, le site "The Languages of the World by Computers and the Internet", communément appelé "Logos Home Page" ou "Kotoba Home Page", donne, pour chaque langue, un bref historique, les caractéristiques, le système d'écriture, le jeu de caractères et la configuration du clavier pour l'utilisation de l'ordinateur et de l'internet dans la langue donnée.

Yoshi est également co-auteur (avec Kenji Sekine et Nobutoshi Kohara) de Pour un web multilingue, paru en japonais, anglais, allemand et français (Paris, Editions O'Reilly, septembre 1998, ISBN 2-84177-055-9).

*Entretien du 17 décembre 1998 (entretien original en anglais)

= Quelle est votre expérience dans le domaine des langues?

Ma langue maternelle est le japonais. Comme j'ai suivi mes études de troisième cycle aux Etats-Unis et que j'ai travaillé dans l'informatique, je suis devenu bilingue japonais/anglais américain. J'ai toujours été intéressé par différentes langues et cultures, aussi j'ai appris le russe, le français et le chinois dans la foulée. A la fin de 1995, j'ai créé sur le web le site "The Languages of the World by Computers and the Internet" et j'ai tenté de donner - en anglais et en japonais - un bref historique de toutes ces langues, ainsi que les caractéristiques propres à chaque langue et à sa phonétique. Suite à l'expérience acquise, j'ai invité mes deux associés à écrire un livre sur la conception, la création et la présentation de pages web multilingues, livre qui fut publié en août 1997 sous le titre : The Multilingual Web Guide (édition japonaise, et traduit ensuite en allemand, anglais et français, ndlr), le premier livre au monde sur un tel sujet.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

Il y a des milliers d'années de cela, en Egypte, en Chine et ailleurs, les gens étaient plus sensibles au fait de communiquer leurs lois et leurs réflexions non seulement dans une langue mais dans plusieurs. Dans notre monde moderne, chaque état a adopté plus ou moins une seule langue de communication. A mon avis, l'internet verra l'utilisation plus grande de langues différentes et de pages multilingues (et pas seulement une gravitation autour de l'anglais américain) et un usage plus créatif de la traduction informatique multilingue. 99% des sites web créés au Japon sont en japonais!

JACKY MINIER [FR]

[FR] Jacky Minier (Orléans)

#Créateur de Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires

"Conçu dès 1997, le site Diamedit (Delta Industries Arts Media) vit le jour l'année suivante, quand son grand frère - le portail historique Royalement Vôtre - fut vraiment lancé, explique Jacky Minier, son créateur. "Le présent a maintenant rattrapé l'histoire, et le nombre sans cesse croissant de nouveaux écrivains sur le web m'a amené à promouvoir beaucoup plus cette année l'édition littéraire. Consacré uniquement aux inédits artistiques et littéraires, Diamedit prend aujourd'hui toute sa dimension. La qualité des auteurs sévèrement sélectionnés pour leur indiscutable talent et leur originalité, la sobriété des écrans, les corrections effectuées, la présentation professionnelle, tout est tourné vers la mise en valeur des textes proposés. Cela apporte à ce site une empreinte de sérieux rarement trouvée ailleurs."

Outre Diamedit, site de promotion d'inédits artistiques et littéraires, Jacky Minier gère Royalement Vôtre, site de promotion des patrimoines historiques régionaux, et Beau Céans, une initiative d'internautes pour une vie nouvelle.

*Entretien du 10 octobre 2000

= Pouvez-vous décrire Diamedit?

J'ai imaginé ce site d'édition virtuelle il y a maintenant plusieurs années, à l'aube de l'ère internautique francophone. A l'époque, il n'y avait aucun site de ce genre sur la toile à l'exception du site québécois Editel de Pierre François Gagnon. J'avais alors écrit un roman et quelques nouvelles que j'aurais aimé publier mais, le système français d'édition classique papier étant ce qu'il est, frileux et à la remorque de l'Audimat, il est devenu de plus en plus difficile de faire connaître son travail lorsqu'on n'est pas déjà connu médiatiquement. J'ai donc imaginé d'utiliser le web pour faire la promotion d'auteurs inconnus qui, comme moi, avaient envie d'être lus. Diamedit est fait pour les inédits. Rien que des inédits. Pour encourager avant tout la création.

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je suis, comme beaucoup de pionniers du net sans doute, autodidacte et multiforme. A la fois informaticien, écrivain, auteur de contenus, webmestre, graphiste au besoin, lecteur, correcteur pour les tapuscrits des autres, et commercial, tout à la fois.

Mon activité est donc un mélange de ces diverses facettes. Toutefois, de plus en plus, je suis amené à me consacrer davantage à la promotion de mes sites que j'avais jusque-là tendance à négliger un peu, et j'envisage de déléguer largement la sélection des tapuscrits aux auteurs eux-mêmes, qui coopteraient ainsi entre eux les nouveaux venus. De cette manière, le cercle grandissant de passionnés de l'écriture devrait maintenir de lui-même un niveau de qualité suffisant pour conserver ou amplifier l'attrait que Diamedit exerce sur ses lecteurs.

= Comment voyez-vous l'avenir?

Souriant. Je le vois très souriant. Je crois que le plus dur est fait et que le savoir-faire cumulé depuis les années de débroussaillage verra bientôt la valorisation de ces efforts. Le nombre des branchés francophones augmente très vite maintenant et, même si en France on a encore beaucoup de retard sur les Amériques, on a aussi quelques atouts spécifiques. En matière de créativité notamment. C'est pile poil le créneau de Diamedit. De plus, je me sens moins seul maintenant qu'il y a seulement deux ans. Des confrères sérieux ont fait leur apparition dans le domaine de la publication d'inédits. Tant mieux! Plus on sera et plus l'expression artistique et créatrice prendra son envol. En la matière, la concurrence n'est à craindre que si on ne maintient pas le niveau d'excellence. Il ne faut pas publier n'importe quoi si on veut que les visiteurs comme les auteurs s'y retrouvent.

= Utilisez-vous encore des documents papier?

Oui, j'en utilise quand même, bien sûr. La lecture directe à l'écran est encore assez vite fatigante pour de nombreuses paires d'yeux, même avec l'amélioration des capacités d'affichage des moniteurs et les lissages de polices d'écran. Et puis, pour un roman par exemple, rien n'en vaut la lecture dans un bon fauteuil au coin de sa cheminée...

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Le livre papier a encore de beaux jours devant lui. Mais l'accès par le net à toutes ces offres inédites est une nouvelle richesse, inimaginable il y a quelques années, tant pour les lecteurs que pour les auteurs. Ça permet de sélectionner beaucoup plus tranquillement que dans une librairie (à condition que l'oeuvre y soit éditée) et surtout d'accéder à des ouvrages qui n'auraient jamais été publiés autrement. Selon moi, le papier n'est pas l'ennemi du net en matière de littérature. Il en est le prolongement et l'aboutissement. En fait, le net peut être considéré comme un formidable moyen de promotion et de relance de la lecture, par les découvertes qu'il permet de faire. Mais c'est maintenant l'internaute lui-même qui décide de ce qu'il veut lire. Il choisit, il imprime, et il lit tranquillement dans son fauteuil au coin de sa cheminée...

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

L'e-book est sans aucun doute un support extraordinaire. Il aura son rôle à jouer dans la diffusion des oeuvres ou des journaux électroniques, mais il ne remplacera jamais le véritable bouquin papier de papa. Il le complétera. A mon sens, il menace beaucoup plus la presse que la librairie. Ce sera certainement un outil de substitution formidable pour les scolaires, étudiants, etc., qui auront beaucoup moins lourd à transporter dans leurs sacs que les tonnes de manuels actuels. Mais quant au plaisir de lire dessus des ouvrages de nature littéraire, poésies, romans, récits, SF, BD, etc., je n'y crois pas dans l'immédiat. Il faudra encore attendre quelques améliorations techniques au plan de l'ergonomie et surtout des changements de comportements humains. Et ça, c'est l'affaire d'au moins une à deux générations. Voyez la monnaie électronique: on ne paie pas encore son boulanger ou ses cigarettes avec sa carte de crédit et on a toujours besoin d'un peu de monnaie dans sa poche, en plus de sa carte Visa. L'achat d'un livre n'est pas un acte purement intellectuel, c'est aussi un acte de sensualité que ne comblera jamais un e-book. Naturellement, l'édition classique devra en tenir compte sur le plan marketing pour se différencier davantage, mais je crois que l'utilisation des deux types de supports sera bien distincte. Le téléphone n'a pas tué le courrier, la radio n'a pas tué la presse, la télévision n'a pas tué la radio ni le cinéma... Il y a de la place pour tout, simplement, ça oblige à chaque fois à une adaptation et à un regain de créativité. Et c'est tant mieux!

= Quelles sont vos suggestions pour un meilleur respect du droit d'auteur sur le web?