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Chapter 20

Chapter 203,738 wordsPublic domain

= Pourquoi des fables? Pourquoi l'an 2000?

Je m'explique dans la préface de mon recueil:

"Trois siècles après le grand La Fontaine, que peut-on ajouter à une oeuvre aussi pleine de nuances et de richesse psychologique?

Si depuis tous les temps, la nature humaine est restée toujours la même, par contre la connaissance et la vision du monde ont beaucoup changé. Et le rôle des fables est de révéler aux hommes, un peu comme un miroir fantastique, cette image d'eux-mêmes que leurs habitudes journalières dissimulent à leur vue. La fable permet aussi d'aborder les problèmes de société, comme de courtes comédies très proches de la nature. Mais depuis peu les hommes ont acquis un immense pouvoir: celui de détruire le monde, soit d'une façon violente, soit petit à petit en l'empoisonnant et le surexploitant.

Arrivés en l'an 2000, après plus de cinq siècles d'humanisme rationnel et scientifique cherchant à faire reculer le mystère, voilà qu'ils découvrent (...) qu'ils n'en viendraient jamais à bout et qu'il fait partie de leur propre nature. (...) Le prochain millénaire sera-t-il celui de la révélation mystique comme certains l'ont prédit? Ou bien, la violence destructrice l'emportant, le monde pourrait-il être détruit par les hommes eux-mêmes?

C'est peu probable, si chacun peut s'exprimer sans provoquer d'intransigeantes réactions et qu'enfin arrivés à la tolérance, les fabulistes puissent à leur manière - sans être rejetés comme des moralistes démodés - contribuer à travers l'humour, à une meilleure connaissance les uns des autres. N'oublions pas que La Fontaine a reçu les honneurs du Roi, qu'il n'avait pourtant pas plus ménagé que les autres dans le personnage du Lion.

Les éditeurs ont aussi leur rôle à jouer afin que la culture soit la plus diversifiée possible, pour repousser le mythe de la culture unique et mondiale qui nous menace.

Le troisième millénaire c'est demain. C'est une page blanche dont le début est déjà écrit, mais où le présent n'étant toujours qu'un court passage entre deux infinis, rend si difficile la réflexion humaine."

= Avez-vous une fable préférée?

Ma fable préférée est Les borgnes. Puis viennent La République des grenouilles et Les animaux malades de la violence. Mais à chacun de retirer la conclusion qui lui convient à chacune des fables, car toute opinion est respectable. Seul est intolérable de vouloir l'imposer aux autres d'une façon contrainte ou détournée.

= Que représente l'internet pour vous?

Internet représente pour moi un formidable outil de communication qui nous affranchit des intermédiaires, des barrages doctrinaires et des intérêts des médias en place. Soumis aux mêmes lois cosmiques, les hommes, pouvant mieux se connaître, acquerront peu à peu cette conscience du collectif, d'appartenir à un même monde fragile pour y vivre en harmonie sans le détruire.

Internet est absolument comme la langue d'Esope, la meilleure et la pire des choses, selon l'usage qu'on en fait, et j'espère qu'il ne permettra de m'affranchir en partie de l'édition et de la distribution traditionnelle qui, refermée sur elle-même, souffre d'une crise d'intolérance pour entrer à reculons dans le prochain millénaire (voir à ce sujet la fable Le poète et l'éditeur, ndlr).

= Quel est votre meilleur souvenir de l'année 1999?

La démonstration faite par vous de la possibilité de publier les Fables pour l'an 2000 sur internet (publiées sur le site des éditions du Choucas en décembre 1999, avec un design de Nicolas Pewny, ndlr). Mes meilleurs instants de bonheur sont aussi ceux qui naissent après avoir terminé l'écriture d'une fable ou d'un poème.

= Et votre pire souvenir?

Mon pire souvenir est celui de ma post-réanimation après un pontage coronarien en juillet.

= Quels sont vos souhaits pour l'an 2000 et les années suivantes?

Une meilleure tolérance et une plus grande pluralité des cultures.

*Entretien du 26 janvier 2001

= Quoi de neuf depuis notre premier entretien?

J'ai rencontré le président du Centre régional des lettres de Basse-Normandie, qui s'est vivement intéressé aux Fables pour les années 2000. Il a proposé une aide de la région Basse-Normandie pour une édition imprimée sous forme de recueil. Le travail est très avancé et la publication pourrait avoir lieu au printemps.

= Pourquoi avoir modifié le titre, devenu Fables pour les années 2000 au lieu de Fables de l'an 2000?

Tout simplement parce que, les ayant écrites avant l'an 2000, je pensais qu'elles seraient publiées avant le changement de millénaire, et que maintenant en voilà pour mille ans avant le prochain. Cela donne le vertige au-delà de toute imagination.

= Avez-vous quelque chose à ajouter à vos propos de 1999 relatifs à l'internet?

Non. Sauf qu'il serait indispensable pour moi d'y être raccordé le plus vite possible pour mes besoins en documentation et aussi pour la communication.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Non, pas du tout! Le papier est un support qui va subsister encore très longtemps et qui garde certains avantages. Il est cependant gourmand en matière première, le bois. Les autres supports sont complémentaires, et présentent des avantages, surtout pour la circulation et la reproduction à longue distance.

= Quelle est votre opinion sur le livre électronique?

Je ne l'ai pas encore utilisé. Je pense qu'il a cependant beaucoup d'intérêt. Il économise le papier. Je l'imagine dans les bibliothèques pour la lecture au public. L'usage et le temps nous apporteront une réponse, mais l'informatique n'a pas fini de nous étonner.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Le cyberespace est un moyen pour supprimer l'espace.

= Et la société de l'information ?

La société de l'information est un moyen de satisfaire l'appétit de connaissances et de curiosité qu'ont les hommes de par le monde.

MURIEL GOIRAN [FR]

[FR] Muriel Goiran (Rhône-Alpes)

#Libraire à la librairie Decitre

En région Rhône-Alpes, les huit librairies Decitre sont particulièrement dynamiques dans le domaine des nouvelles technologies et de l'internet. Decitre propose aussi une librairie en ligne de 430.000 titres.

*Entretien du 8 juin 1998

= Que représente l'internet pour vous?

C'est pour l'instant juste un moyen de communication de plus (mail) avec nos clients des magasins et nos clients bibliothèques et centres de documentation. Nous avons découvert son importance en organisant DOCForum, le premier forum de la documentation et de l'édition spécialisée, qui s'est tenu à Lyon en novembre 1997 (la prochaine édition est fixée en novembre 1999). Il nous est apparu clairement qu'en tant que libraires, nous devions avoir un pied dans le Net.

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?

Internet est très important pour notre avenir. Nous allons mettre en ligne notre base de 400.000 livres français à partir de fin juillet 1998, et elle sera en accès gratuit pour des recherches bibliographiques (l'achat des livres sera payant bien sûr!). Ce ne sera pas une n-ième édition de la base de Planète Livre, mais notre propre base de gestion, que nous mettons sur internet.

MARCEL GRANGIER [FR, EN]

[FR] Marcel Grangier (Berne)

#Responsable de la section française des services linguistiques centraux de l'Administration fédérale suisse

[Entretien 14/01/1999 // Entretien 25/01/2000]

*Entretien du 14 janvier 1999

= Quel est l'apport de l'internet dans un service de traduction?

Travailler sans internet est devenu tout simplement impossible: au-delà de tous les outils et commodités utilisés (messagerie électronique, consultation de la presse électronique, activités de services au profit de la profession des traducteurs), internet reste pour nous une source indispensable et inépuisable d'informations dans ce que j'appellerais le "secteur non structuré" de la toile. Pour illustrer le propos, lorsqu'aucun site comportant de l'information organisée ne fournit de réponse à un problème de traduction, les moteurs de recherche permettent dans la plupart des cas de retrouver le chaînon manquant quelque part sur le réseau.

= Comment voyez-vous l'expansion du multilinguisme sur le web?

Le multilinguisme sur internet peut être considéré comme une fatalité heureuse et surtout irréversible. C'est dans cette optique qu'il convient de creuser la tombe des rabat-joie dont le seul discours est de se plaindre d'une suprématie de l'anglais. Cette suprématie n'est pas un mal en soi, dans la mesure où elle résulte de réalités essentiellement statistiques (plus de PC par habitant, plus de locuteurs de cette langue, etc.). La riposte n'est pas de "lutter contre l'anglais" et encore moins de s'en tenir à des jérémiades, mais de multiplier les sites en d'autres langues. Notons qu'en qualité de service de traduction, nous préconisons également le multilinguisme des sites eux-mêmes.

La multiplication des langues présentes sur internet est inévitable, et ne peut que bénéficier aux échanges multiculturels. Pour que ces échanges prennent place dans un environnement optimal, il convient encore de développer les outils qui amélioreront la compatibilité. La gestion complète des diacritiques ne constitue qu'un exemple de ce qui peut encore être entrepris.

*Entretien du 25 janvier 2000

= En quoi consiste votre site web?

Conçu d'abord comme un service intranet, notre site web se veut au service d'abord des traducteurs opérant en Suisse, qui souvent travaillent sur la même matière que les traducteurs de l'administration fédérale, mais également, par certaines rubriques, au service de n'importe quel autre traducteur où qu'il se trouve. Les dictionnaires électroniques ne sont qu'une partie de l'ensemble, et d'autres secteurs documentaires ont trait à l'administration, au droit, à la langue française, etc., sans parler des informations générales. Le site abrite par ailleurs les pages de la CST (Conférence des services de traduction des états européens).

= En quoi consiste exactement votre activité professionnelle?

Je suis responsable de la section française des services linguistiques centraux (SLC-f) de la Chancellerie fédérale suisse, c'est-à-dire en charge des questions organisationnelles de la traduction pour l'ensemble des services linguistiques du gouvernement suisse.

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

Le problème est réel même si la solution n'est pas évidente. On peut toutefois regretter que la lutte contre ce genre de fraude finira par justifier, avec d'autres dérives, une "police du WWW" malheureusement bien éloignée de l'esprit dans lequel la toile a été créée.

= Comment voyez-vous l'évolution vers un internet multilingue?

Nous y sommes, à l'internet multilingue: reste à le consolider et à veiller à l'égalité des chances d'accès, ce qui prendra probablement un peu plus de temps.

[EN] Marcel Grangier (Bern)

#Head of the French Section of the Swiss Federal Government's Central Linguistic Services

[Interview 14/01/1999 // Interview 25/01/2000]

*Interview of January 14, 1999 (original interview in French)

= How did using the Internet change your professional life?

To work without the Internet is simply impossible now. Apart from all the tools used (e-mail, the electronic press, services for translators), the Internet is for us a vital and endless source of information in what I'd call the "non-structured sector" of the Web. For example, when the answer to a translation problem can't be found on websites presenting information in an organized way, in most cases search engines allow us to find the missing link somewhere on the network.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

We can see multilingualism on the Internet as a happy and irreversible inevitability. So we have to laugh at the doomsayers who only complain about the supremacy of English. Such supremacy isn't wrong in itself, because it's mainly based on statistics (more PCs per inhabitant, more people speaking English, etc.). The answer isn't to "fight English," much less whine about it, but to build more sites in other languages. As a translation service, we also recommend that websites be multilingual.

= How do you see the future?

The increasing number of languages on the Internet is inevitable and can only boost multicultural exchanges. For this to happen in the best possible circumstances, we still need to develop tools to improve compatibility. Fully coping with accents and other characters is only one example of what can be done.

*Interview of January 25, 2000 (original interview in French)

= Can you tell us about your website?

Our website was first conceived as an Intranet service for translators in Switzerland, who often deal with the same kind of material as the federal government's translators. Some parts of it are useful to any translators, wherever they are. The electronic dictionaries (Dictionnaires électroniques) are only one section of the website. Other sections deal with administration, law, the French language and general information. The site also hosts the pages of the Conference of Translation Services of European States (COTSOES).

= What exactly is your professional activity?

I'm head of the French Section of the Swiss Federal Government's Central Linguistic Services, which means I'm in charge of organising translation matters for all the linguistic services of the Swiss government.

= What do you think of the debate about copyright on the Web?

There's a problem here and the solution isn't obvious. It's a pity the battle against this kind of fraud will eventually justify, along with other abuses, a "Web police," which sadly is very far from the spirit in which the Web was created.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

We now have a multilingual Internet. We have to build it up and ensure it's easy to access, which'll probably take a bit longer.

BARBARA GRIMES [EN, FR]

[EN] Barbara Grimes (Hawaii)

#Editor of Ethnologue: Languages of the World

The Ethnologue is a catalogue of more than 6,700 languages. A paper version and a CD-ROM are also available.

[Interview 18/08/1998 // Interview 15/01/2000]

*Interview of August 18, 1998

= How did using the Internet change your professional life?

We have found the Internet to be useful, convenient, and supplementary to our work. Our main use of it is for e-mail. It is a convenient means of making information more widely available to a wider audience than the printed Ethnologue provides.

On the other hand, many people in the audience we wish to reach do not have access to computers, so in some ways the Ethnologue on the Internet reaches a limited audience who own computers. I am particularly thinking of people in the so-called "third world".

= How do you see the growth of a multilingual Web?

Multilingual web pages are more widely useful, but much more costly to maintain. We have had requests for the Ethnologue in a few other languages, but we do not have the personnel or funds to do the translation or maintenance, since it is constantly being updated.

*Interview of January 15, 2000

= Can you tell us about the Ethnologue?

It is a catalog of the languages of the world, with information about where they are spoken, an estimate of the number of speakers, what language family they are in, alternate names, names of dialects, other sociolinguistic and demographic information, dates of published Bibles, a name index, a language family index, and language maps.

= What exactly is your professional activity?

I am the editor of the 8th to 14th editions, 1971-2000.

= What do you think of the debate about copyright on the Web?

Any copyrights should be respected, just as with print matter.

= What is your best experience with the Internet?

Receiving corrections and new reliable information.

= And your worst experience?

Unkind criticism or that which does not include corrections.

[FR] Barbara Grimes (Hawaii)

#Directrice de publication de l'Ethnologue, une encyclopédie des langues

Cette encyclopédie très documentée, qui en est à sa 14e édition, existe en version web, sur CD-Rom et en version imprimée. Elle répertorie 6.700 langues, avec de multiples critères de recherche. Barbara F. Grimes en est la directrice de publication.

[Entretien 18/08/1998 // Entretien 15/01/2000]

*Entretien du 18 août 1998 (entretien original en anglais)

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?

L'internet nous est utile, c'est un outil pratique qui apporte un complément à notre travail. Nous l'utilisons principalement pour le courrier électronique. C'est aussi un moyen commode pour mettre notre documentation à la disposition d'une audience plus large que celle de l'Ethnologue imprimé.

D'un autre côté, l'Ethnologue sur l'internet n'atteint en fait qu'une audience limitée disposant d'ordinateurs. Or, dans les personnes que nous souhaitons atteindre, nombreux sont ceux qui n'ont pas accès à des ordinateurs. Je pense particulièrement aux habitants du dit "Tiers-monde".

= Envisagez-vous des pages web multilingues?

Les pages web multilingues sont de plus en plus utiles, mais elles sont plus onéreuses à gérer. Nous avons eu des demandes nous demandant l'accès à l'Ethnologue dans plusieurs autres langues, mais nous n'avons pas le personnel ni les fonds pour la traduction ou la réactualisation, indispensables puisque notre site est constamment mis à jour.

*Entretien du 15 janvier 2000 (entretien original en anglais)

= En quoi consiste exactement l'Ethnologue?

Il s'agit d'un catalogue des langues dans le monde, avec des informations sur les endroits où elles sont parlées, une estimation du nombre de personnes qui les parlent, la famille linguistique à laquelle elles appartiennent, les autres noms utilisés pour ces langues, les noms de dialectes, d'autres informations socio-linguistiques et démographiques, les dates des Bibles publiées, un index des noms de langues, un index des familles linguistiques et des cartes géographiques relatives aux langues.

= Quelle est exactement votre activité?

Je suis la directrice de publication de l'Ethnologue, depuis 1971 et jusqu'en 2000 (8e-14e éditions).

= Que pensez-vous des débats liés au respect du droit d'auteur sur le web?

Tous les copyrights doivent être respectés, de la même façon que pour l'imprimé.

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Le fait de recevoir des corrections et de nouvelles informations fiables.

= Et votre pire souvenir?

Des critiques peu aimables sans proposition de corrections.

MICHAEL HART [EN, FR, ES]

[EN] Michael Hart (Illinois)

#Founder of Project Gutenberg, the oldest digital library on the Internet

Project Gutenberg, set up by Michael Hart in 1971 when he was a student at the University of Illinois (USA), was the Internet's first information provider. From the beginning, its mission has been to put at everybody's disposal, free, as many books as possible whose copyright has expired. It is now the biggest digital library on the Web in terms of the number of books (3,700 e-texts in July 2001) that have been patiently digitized in text format by 600 volunteers from all over the world. Some old documents are typed line by line, mainly because the originals are unclear, but most works are scanned using OCR (optical character recognition) software. Then they are read and corrected twice, sometimes by two different people. At first they were just books in English, but now ones in other languages are being digitized.

[Interview 23/08/1998 // Interview 23/07/1999]

*Interview of August 23, 1998

= How do you see the relationship between the print media and the Internet?

We consider e-text to be a new medium, with no real relationship to paper, other than presenting the same material, but I don't see how paper can possibly compete once people each find their own comfortable way to e-texts, especially in schools.

= How did using the Internet change your professional life?

My career couldn't have happened without the Internet, and neither could Project Gutenberg have happened. I presume you know that Project Gutenberg was the first information provider on the Net.

= What are your new projects?

My own personal goal is to put 10,000 Etext on the Net, and if I can get some major support, I would like to expand that to 1,000,000 and to also expand our potential audience for the average Etext from 1.x% of the world population to over 10%, thus changing our goal from giving away 1,000,000,000,000 Etexts to 1,000 time as many, a trillion and a quadrillion in US terminology.

*Interview of July 23, 1999

= What do you think of the debate about copyright on the Web?

The kind of copyright debate going on is totally impractical. It is run by and for the "Landed Gentry of the Information Age." Information Age? For whom? No one has said more against copyright extensions that I have, but Hollywood and the big publishers have seen to it that our Congress won't even mention it in public.

= What are exactly these copyright extensions?

Nothing will expire for another 20 years. We used to have to wait 75 years. Now it is 95 years. And it was 28 years (+ a possible 28 year extension, only on request before that) and 14 years (+ a possible 14 year extension before that). So, as you can see, this is a serious degrading of the public domain, as a matter of continuing policy.

= How do you see the growth of a multilingual Web?

We will eventually have a really good Babelfish (AltaVista's translation software). I am publishing in one new language per month right now, and will continue as long as possible.

= What is your best experience with the Internet?

The notes I get that tell me people appreciate that I have spent my life putting books, etc., on the Internet. Some are quite touching, and can make my whole day.

= And your worst experience?

Getting called on the Chancellor's carpet because Oxford University call him and really shook him up... but I had a team of 6 lawyers, half from the University of Illinois, who backed me up, so we made Oxford back down. You might say that was a good memory, but I hate that kind of politicking... the Chancellor was Tom Cruise's uncle, so that was fun.

[FR] Michael Hart (Illinois)

#Fondateur du Projet Gutenberg, la plus ancienne bibliothèque numérique sur l'internet

Créé par Michael Hart en 1971 alors qu'il était étudiant à l'Université d'Illinois (Etats-Unis), le Projet Gutenberg s'est donné comme mission de mettre à la disposition de tous le plus grand nombre possible d'oeuvres du domaine public. La plus ancienne bibliothèque numérique sur l'internet est aussi la plus importante puisqu'elle propose en téléchargement libre et gratuit 3.700 oeuvres (chiffres de juillet 2001) patiemment numérisées en mode texte par 600 volontaires de nombreux pays. Un total de 1.000 nouveaux livres devrait être traité en 2001. Si certains documents anciens sont parfois saisis ligne après ligne, le plus souvent parce que le texte original manque de clarté, les oeuvres sont en général scannées en utilisant un logiciel OCR (optical character recognition), puis elles sont relues et corrigées à double reprise, parfois par deux personnes différentes. D'abord essentiellement anglophones, les collections deviennent peu à peu multilingues. Michael Hart se définit lui-même comme un fou de travail dédiant toute sa vie à son projet, qu'il voit comme étant à l'origine d'une révolution néo-industrielle.

[Entretien 23/08/1998 // Entretien 23/07/1999]

*Entretien du 23 août 1998 (entretien original en anglais)

= Comment voyez-vous la relation entre l'imprimé et l'internet?

Nous considérons le texte électronique comme un nouveau médium, sans véritable relation avec le papier. Le seul point commun est que nous diffusons les mêmes oeuvres, mais je ne vois pas comment le papier peut concurrencer le texte électronique une fois que les gens y sont habitués, particulièrement dans les établissements d'enseignement.

= Quel est l'apport de l'internet dans votre vie professionnelle?