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Chapter 2

Chapter 23,354 wordsPublic domain

Oui, c'est un des questionnements de l'équipe du websoap. A l'heure actuelle, il semble que l'internet soit encore considéré majoritairement comme un outil de travail, ou au mieux, comme un outil de consultation de documentation, d'infos en ligne, ou de services (réservations, prix, achats en ligne). Pas encore de loisir proprement dit, à part pour une minorité d'addicts de jeux, de free TV, de téléchargements musicaux ou de ... sexe virtuel... La principale raison à cet état de fait est technique. La majorité des équipements se trouve dans les bureaux, et les connexions permanentes (câble, ADSL...) sont loin d'être majoritaires. Ce détour pour constater que le meilleur outil de lecture reste le livre, qu'on peut emporter n'importe où. Dans ma pratique professionnelle, et celle de la plupart de mes correspondants dans les médias, toute la création de documents (projets, scénarios, contrats, devis...) passe par l'ordinateur, les textes circulent par e-mail et attachements, mais leur lecture et/ou analyse passe par les tirages papier. Rares sont ceux qui échangent directement les infos sans ce passage obligé. Il faut une tournure d'esprit particulière pour arriver à envisager globalement un document, l'analyser, le corriger, sans l'imprimer. Par mon activité web, je m'y exerce, et ce n'est au fond pas désagréable du tout.

= Les jours du papier sont-ils comptés?

Il n'est pas impossible que, si on assiste à une véritable généralisation de l'e-book, ou à travers les Psion, Palm, Wap, UMTS (universal mobile telecommunications system)... qui sait, le papier finisse par être détrôné. Mais dans l'état actuel, le papier ne me paraît pas mort. Les premiers qui auront à souffrir, me semble-t-il, ce sont les journaux. Puisque la fonction info et service est déjà très répandue sur le net, via les sites des journaux eux-mêmes. Les grands médias sont en train de s'embarquer dans ce train-là, voir les sites de TF1, Canal+, etc... Les autres (l'édition principalement) passeront encore longtemps par l'étape tirage papier... Mais il se passe quelque chose via les sites de webtertainment dont je parlais plus haut, des habitudes se prennent, surtout chez les jeunes. Et là, une initiative comme la nôtre pourrait participer à un changement de la donne. En effet, l'activité proprement mail est un phénomène sociologique incontestable qui s'explique par une certaine dépersonnalisation des contacts permettant aux jeunes d'oser dire plus facilement ce qu'ils ont à dire. Paradoxalement, le texte qu'ils ont écrit leur paraît être une personnalisation de leur discours, puisqu'il existe sous forme écrite. Enfin, les fonctions envoi et retour confirment l'existence de leur discours, puisqu'il est lu, et qu'on y répond. Dans ces échanges là, le papier a déjà complètement disparu. L'exploration de ces formes de discours par nos personnages est donc en pointe. Et leur communication à un large public un réel enjeu.

Enfin, je pense surtout que c'est l'arrivée du fameux "papier électrique" qui changera la donne. Ce projet du MIT (Massachusetts Institute of Technology) qui consiste à charger électriquement une fine couche de "papier" - dont je ne connais pas la formule - permettra de charger la (les) feuille(s) de nouveaux textes, par modification de cette charge électrique. Un e-book sur papier, en somme, ce que le monde de l'édition peut attendre de mieux.

= Quel est votre avis sur les débats relatifs au respect du droit d'auteur sur le web?

Question épineuse s'il en est. Si c'est pour enrichir encore de grosses sociétés multinationales et surtout leurs actionnaires (les fonds de pensions américains que Beigbedder touche du doigt), de nombreux internautes dont je suis se rebellent face au "copyright". Par contre, si c'est pour permettre à des créateurs, des artistes ou des musiciens de vivre de leurs passions, le droit d'auteur au sens noble me paraît légitime. Le débat est le même que celui de l'exception culturelle face au GATS (General Agreement on Trade in Services). Copyright contre droit d'auteur! Mais il règne dans le domaine une confusion soigneusement entretenue, ou les deux sont amalgamés. "On" fait monter au créneau des artistes pour défendre une liberté qui pourrait ne profiter finalement qu'aux multinationales. Firmes qui s'empresseront d'étouffer ces petits soldats de la liberté, si on leur en laisse le pouvoir, sur le net. Et oui, contrairement aux droits d'auteurs qui sont incessibles, le système de "copyright" permet à ses "propriétaires" de modifier les conditions contractuelles aux moments qui les arrangent. On a vu plus d'un artiste parvenir à la vice-présidence de l'une ou l'autre de ces firmes grâce à ses ventes faramineuses, puis perdre jusqu'à leur nom dès que ces ventes ne suivent plus! Il me semble qu'il faut surveiller de très près le fameux accord entre BMG et Napster, par lequel, contre un abonnement assez minime somme toute, n'importe qui pourra charger des fichiers en toute légalité. Certes BMG est une multinationale, certes Napster est en passe de perdre son procès contre les autres multinationales de la musique; mais ce système de forfait peut amener à des solutions originales d'équilibre entre la liberté de l'internaute et la rémunération légitime des artistes. Tenant compte de toutes ces contradictions, valider un modèle économique, puisque c'est le dernier concept à la mode dans le domaine du net, n'est pas des plus évidents...

= Quelles sont vos suggestions pour un véritable multilinguisme sur le web?

J'attends les fameuses traductions simultanées en direct-live... On nous les annonce avec les nouveaux processeurs ultra-puissants, mais on nous les annonçait déjà pour cette génération-ci de processeurs. Alors, le genre: vous/réservé/avion/de le/november 17-2000... Non merci. Plus tard peut-être.

= Quelles sont vos suggestions pour une meilleure accessibilité du web aux aveugles et malvoyants?

Je suis assez proche géographiquement de la société Lernout & Hauspie, qui est tombée en faillite. C'était le leader en matière de reconnaissance vocale... Donc, je ne suis pas très optimiste dans ce secteur non plus, pas avant de plus larges bandes passantes et/ou les processeurs ultra-puissants qu'on nous annonce donc pour très bientôt.

= Comment définissez-vous le cyberespace?

Lequel? Celui des Gibson, inventeur de la formule, des Spinrad ou des Clarke, utopies scientifiques pas toujours traitées comme elles devraient l'être? Ou celui des AOL/Time-Warner, des Microsoft ou des... J6M-Canal/Universal...

Tout ce qu'on peut dire à l'heure actuelle, c'est que ce qu'on peut encore appeler le cyberspace est multiforme, et qu'on ne sait pas qui le domptera. Ni s'il faut le dompter d'ailleurs... En tout cas, les créateurs, artistes, musiciens, les sites scientifiques, les petites "start-up" créatives, voire les millions de pages perso, les chats, les forums, et tout ce qui donne au net sa matière propre ne pourra être ignoré par les grands mangeurs de toile. Sans eux, ils perdraient leurs futurs "abonnés". Ce paradoxe a son petit côté subversif qui me plaît assez.

= Et la société de l'information?

Dans l'idéal, un lieu d'échange, le fameuse agora du village global. Mais l'idéal... Tant que le débat existe entre les fous du net, et les VRP de la VPC, il y a de l'espoir. Le jour où les grands portails se refermeront sur la liberté d'échanger des infos en ligne, ça risque plutôt d'être la société de la désinformation. Ici aussi, des confusions sont soigneusement entretenues. Quelle information, celles du 20 heures à relayer telles quelles sur le net? Celles contenues sur ces fabuleux CD, CD-Rom, DVD chez vous dans les 24 h chrono? Ou toutes les connaissances contenues dans les milliards de pages non répertoriées par les principaux moteurs de recherche. Ceux qui ont de plus en plus tendance à mettre en avant les sites les plus visités, qui le sont dès lors de plus en plus. Là, on ne parle même plus de désinformation, de complot de puissances occultes (financières, politiques ou autres...), mais de surinformation, donc de lassitude, de non-information, et finalement d'uniformisation de la pensée. Sans avoir de définition précise, je vois qu'une société de l'information qui serait figée atteindrait le contraire de sa définition de base. Du mouvement donc...

= Quel est votre meilleur souvenir lié à l'internet?

Incontestablement quand apparaissent mes propositions de mails ou de design de site sur le web. Quand je revois les préparatifs, les brouillons, et que je vois ce que ça donne, c'est comme un flash. Au fond, c'est le même plaisir lorsque sur des Napster ou Gnutella, on trouve enfin LE morceau introuvable qu'on avait perdu d'ouïe depuis dix ans, on le charge, on attend, 1%>50%>99%>file complete, on le lance. Raaaah...

= Et votre pire souvenir?

C'était au tout début, une de mes premières utilisations du médium. Je recherchais dans le cadre d'un projet des sites un peu rebelles, anarchisants, des trucs comme ça. Je tape "cyberpunk" dans Yahoo!, s'affiche la classique liste de sites. "Anarchy on the net, cyberpunk rock the web", ce genre... J'essaye d'en ouvrir quelques uns... Surprise! Un banner "NetNanny" m'interdit l'accès aux sites. Emanation d'un groupuscule de la "majorité morale" américaine, ce "NetNanny" s'autorisait à interdire les sites qui ne lui plaisent pas... Je ne l'ai plus jamais rencontré depuis, mais quelle saleté, ce truc. Enfin, à l'autre extrémité, il y a bien le procédé dit de "l'exit console" où, au moment de sortir d'un site, on vous "propose" une autre page, puis une autre, puis une autre, impossible de sortir. Ça, je n'en ai pas fait l'expérience, mais ça doit être hard. C'est d'ailleurs un procédé de site hard, ai-je lu quelque part...

*Entretien du 25 janvier 2001

La totalité de cet entretien est consacrée à l'e-book.

= Quel est votre sentiment sur l'e-book?

E-book, e-book, ai-je l'air d'utiliser un e-book, avec ses grands yeux qui me regarderaient dans la nuit? En voilà une accroche, isn't it? ("n'est-ce pas" pour les non-polyglottes...). Pour répondre à toute question à propos d'e-book, je n'ai qu'une seule envie, me laisser aller, j'écris sous pseudonyme... D'accord, pas me laisser aller au point de cette intro, un peu, disons, légère..., mais me laisser aller à un exercice auquel j'ai pris goût il y a peu, genre "j'ai testé pour vous...". Encore faut-il pour cela disposer de l'appareil dont on parle. Dites-moi donc, oui, vous aussi, là, ceux qui me lisez: qui possède un e-book? A part peut-être les quelques journalistes qui ont pu bénéficier des différents modèles quelque temps, au moment de leur sortie. Vous voyez... Donc, rabattons-nous sur ce qu'on en dit sur internet (quelques pages en français au hasard, ici, cette page assez bien faite, qui reprend tous les intervenants du secteur, Olympio.com, CyLibris.com et bien sûr 00h00.com). Examinons ce que j'en sais, et ce que je déduis des deux premiers, avec quelques raccourcis, pas la peine d'allonger la sauce. Puis, mais soyons un peu créateur, laissons-nous aller à quelques intuitions... Evidemment, cela va donner une série d'impressions sans doute pas très scientifiques, ni très documentées. Mais faute de grive, pour rester dans une comparaison avicole... Pourtant, cela fait plus d'un an qu'il est sorti, non, l'e-book? Il a fait la vedette du salon de Paris (oui, du livre, pas de l'automobile, qui s'appelle, lui, le mondial), il s'est invité à la foire du livre de Bruxelles (une foire...), il a été un peu éclipsé à celle de Francfort lors du rachat par Spielberg de l'idée du bouquin de Marc Lévy Et si c'était vrai, paru chez Laffont. On attend le film... ou l'e-book. A voir ce qui se vend sur le net, aux USA et en France, il doit y en avoir des e-books, à moins que ce ne soit l'effet Nasdaq d'avant la chute, des investissements en valorisation boursière, sur le futur, paraît-il. Qui pourrait nous dire si ça se vend? La Fnac annonce pour 2000 un excellent chiffre pour les e-books, Franklin aussi. Mais à voir les forums qui y sont consacrés (notamment celui de 00h00), ce secteur n'a pas l'air de décoller franchement...

= Quelle est la problématique?

L'e-book, en fait, pose tout simplement la problématique du terminal dédié... Sans être vraiment nouvelle, elle a été assez peu abordée pendant des années. Pour le terminal de lecture, quelques lignes dans un bouquin de SF de 1977 (La Stratégie Ender, de Orson Scott Card, prix Hugo 1986), sous forme d'ardoise "magique" pour élève studieux, l'auteur appelait cet objet "bureau"... On vient de loin. Pas la peine de faire de grandes recherches, le sujet a été assez peu mis en scène, quoi qu'on en dise. On le rencontre dans les Star Trek et autres Alien 4 où on montre des variantes de l'e-book, au milieu des années 90. Il faut dire que le formidable développement de la micro (merci messieurs Jobs, Allen, Gates et consorts) semblait avoir relégué la problématique du terminal dédié à la période jurassique du développement technologique. A quoi bon inventer le moindre de ces objets utiles à une seule application, alors que tout ce qu'il peut contenir ne représente que le quart du tiers de ce qu'un micro peut faire. Une seule application s'est imposée, liée à l'écran TV, c'est celle "dite" des jeux vidéo qui, elle, s'est largement répandue. De toute façon, les réseaux ne permettaient pas de charger de contenu... Et précisément, la problématique est une question de contenu, mais pas encore. D'ailleurs, pendant des années, le seul débouché des auteurs dans ce secteur a été... l'écriture de jeux vidéo! Depuis dix ans au moins, la micro plafonne. Quelques renouvellements d'appareils, toujours aussi peu pratiques sur les applications pointues puisqu'elles doivent tenir compte de l'ensemble de leurs applications. L'équipement des ménages s'essouffle, ceux qui se sont équipés le sont. Pour les autres, on pénètre le marché, beaucoup plus lentement. Et voici que se gonfle la bulle financière du Nasdaq... L'aubaine, les connexions permettent le contenu! En plus, la com(.com) éclate, processeurs hyperboostés, modems à bande de plus en plus large, start-up, téléphones portables... Tiens, le voilà enfin, le premier terminal dédié qui a éclaté, dépassant même le succès des jeux vidéo! La bulle financière, enfin, ce qu'il en reste, continue à l'exploiter jusqu'à la corde son téléphone portable. Et il donne à réfléchir aux autres secteurs. Organisateurs personnels, e-books, et autres lecteurs MP3 s'engouffrent dans la brêche. Même les jeux vidéo se chargent par internet, de nos jours. Le Nasdaq attend maintenant la langue pendante qu'on valide ces modèles économiques, qui ont déjà englouti des tombereaux de capitaux. Je crains que si en juin, on ne sent pas un sensible frémissement dans ces secteurs, ça ne chauffe sérieusement dans les start-up. Or, sans contenu, pas de marché, c'est le serpent monétaire qui se mord la queue. Tout le monde sait que le contenu met du temps à s'imposer. Qu'il faut tester des idées, prendre des risques, et s'attendre à ne pas s'attendre à celles qui s'imposeront. Qui avait prévu le boum du "texto" (SMS en Belgique), à l'arrivée des téléphones portables? 2 millions de ces petits messages qu'on envoie d'un téléphone portable à l'autre, ou depuis internet, circulent chaque jour en Belgique. Un véritable phénomène de société! Alors, qui va investir dans le contenu, ne fut-ce que pour tenter de reproduire ce hit? La voilà la question du contenu... Mais d'abord, quelles applications permettent de fréquenter des contenus sur les terminaux les plus adaptés? Cette question a un petit parfum de dernière chance. C'est qu'il ne faut pas espérer attirer Billancourt avec un soft inadapté. Je crois que voilà l'heure de mon fameux "j'ai testé pour vous".

= Quels sont les logiciels?

Quels logiciels donc? L'Open eBook, bien sûr, le logiciel qui est censé avoir mis d'accord la plupart des constructeurs, au début. Une manière de dérivé du langage HTML (et XTML) principal langage d'internet (et des Waps et autres UMTS pour l'autre, le x). Ce n'est pas trop la peine de développer, tous ceux qui me lisent ici savent (sûrement mieux que moi) de quoi je parle. Petite remarque fondamentale tout de même sur l'HTML. Pour une lecture classique, il y a une particularité intrinsèque à ce langage. Il s'affiche page par page. Jusque-là, ma foi... Un livre aussi, il n'y a qu'à la tourner, cette page. Seulement, imaginez un livre où, pour tourner la page, il vous faut vous lever, aller chercher la page suivante à la bibliothèque, vous rasseoir, et ne commencer à lire cette page qu'après toutes ces manipulations... Ereintant, non? C'est la démarche qu'effectue pour vous l'HTML. Et parfois, sur internet, c'est long, long... Donc, solution, on allonge la page un maximum, vous permettant de faire du "scrolling" par la barre de droite, ou directement par la souris (ah l'intellimouse, quelle invention...). Autre solution, on crée des raccourcis genre page suivante, qui a intérêt à ne pas être trop lourde à charger. Et enfin, en droite ligne de ce qui précède, on crée les hyperliens, créant de ce fait l'hypertexte. Drôle de détour, pour éviter de se déplacer de son fauteuil virtuel à la bibliothèque tout aussi virtuelle, on invente un nouveau langage qui révolutionne la pensée contemporaine. A quoi ça tient, tout de même, un peu de paresse, un paradoxe, et voilà... Petite remarque complémentaire, comme ça, en passant. Vu l'habitude des Américains de breveter les algorythmes, il semble que BT (British Telecom) ait l'intention de breveter l'hypertexte qu'il aurait inventé, ce qui provoquerait des situations inextricables. Une affaire à suivre assurément! Les premières rencontres que j'ai eues avec l'HTML m'ont un peu dérouté, il y a longtemps déjà. Pour la consultation, soit, mais pour la lecture, la l-e-c-t-u-r-e! Puis, je suis tombé sur le site Anacoluthe.com, celui où Olivier Lefèvre a mis en scène les fameuses Apparitions Inquiétantes d'Anne-Cécile Brandenbourger. Réconciliation immédiate avec l'HTML. Enfin quelque chose à faire avec la matière littéraire qui s'entassait depuis des années dans mon ordinateur complètement autiste. On frise l'approche du contenu, là...

= Et à part l'Open eBook et l'HTML?

Je ne vous ai pas encore parlé de Bill (hi Bill), un comble lorsqu'on aborde une problématique de logiciel, quelle qu'elle soit... Il n'y a rien à faire, il ne peut pas s'empêcher, dès qu'il y a un nouveau logiciel à mettre au point, Microsoft se lance. Incorrigible... Et voici, mesdames et messieurs, "le" logiciel de lecture sensé effacer tout les autres: j'ai nommé Microsoft Reader! C'est quasi comme ça qu'il se présente, comme d'hab. Et comme d'hab, c'est top cool ;-)... C'est qu'ils en ont des dollars, à Seattle. Téléchargez-le et testez, vous verrez, en plus c'est gratuit. Vous aurez même droit à un (tout petit) document de présentation. J'attends tout de même de voir tourner le truc en réel, avec un bon gros bouquin bien lourd, plein de sens... Adobe, l'acrobate, ex-Glassbook, qui, soit dit en passant, va changer de nom d'ici peu, lui, ça fait longtemps qu'il officie dans les réseaux (le PDF, grand classique du genre). C'est un assez bon format de chargement, d'impression, et de lecture. Il est gratuit aussi, chez Barnes & Noble par exemple, qui diversifie ses sources, en 2001. Pas comme Amazon.com qui reste Microsoft Reader pur et dur. Encore qu'ils annonçaient pour janvier la possibilité de commander les eBookman de Franklin. Ils y sont,mais il faut les trouver: rubrique "Electronics", et browser le nom de l'objet. La référence e-book livre du Microsoft Reader, cqfd. Mais tous ces logiciels manquent un peu de fantaisie, et de liberté de choix. Plutôt le format page que le format plan ou normal, ce sont eux qui choisissent pour vous. Or moi, j'aime choisir, varier selon ce que je lis, l'endroit où je suis... Tiens, le Cytale me donne en prime le choix des caractères... Tandis que l'Adobe m'offre un "rotating system", pour lecture sur "notebook computer". Parce que les autres pas? Non, je n'ose l'imaginer. Et si, la plupart des systèmes proposent du format "à la française", plutôt que celui "à l'italienne"; il paraît qu'on le préfère depuis les Egyptiens... Un seul document classique aurait été publié "à l'italienne", en largeur donc, dans l'histoire de l'édition. Mais pourquoi ne pas profiter de la nouveauté pour donner le choix? Surtout si l'on pense aux nombreuses éditions autres que les livres classiques. Livres d'architecture, plans, livres d'art, BD, livres pour enfants, et toute autre application possible. Tiens, un exemple, comment fait-on pour avoir le fameux "tube" éditorial 2000 en e-book: La terre vue du ciel? Il est bien disponible en écran de veille à l'adresse Photoservice.com. Ce manque d'ouverture risque de bloquer un certain nombre de possibilités. Ne dit-on pas que le premier marché visé est celui des applications professionnelles, éducatives ou de documentation? C'est justement dans ces domaines que des demandes particulières peuvent surgir inopinément. Autant le prévoir. Allons bon, nous voilà revenus aux ardoises magiques...

= Le e-book est-il une ardoise magique ou un soft?